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FablesPart 7 of 26

Jean de La Fontaine

French original · English translation

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LE PAON SE PLAIGNANT A JUNON.

XVII

LE PAON SE PLAIGNANT A JUNON.

Le paon se plaignoit à Junon. Déesse, disoit-il, ce n’est pas sans raison Que je me plains, que je murmure: Le chant dont vous m’avez fait don Déplaît à toute la nature; Au lieu qu’un rossignol, chétive créature, Forme des sons aussi doux qu’éclatants, Est lui seul l’honneur du printemps. Junon répondit en colère: Oiseau jaloux, et qui devrois te taire, Est-ce à toi d’envier la voix du rossignol, Toi que l’on voit porter à l’entour de ton col Un arc-en-ciel nué de cent sortes de soies; Qui te panades, qui déploies Une si riche queue et qui semble à nos yeux La boutique d’un lapidaire? Est-il quelque oiseau sous les cieux Plus que toi capable de plaire? Tout animal n’a pas toutes propriétés. Nous vous avons donné diverses qualités: Les uns ont la grandeur et la force en partage; Le faucon est léger, l’aigle plein de courage; Le corbeau sert pour le présage; La corneille avertit des malheurs à venir; Tous sont contents de leur ramage. Cesse donc de te plaindre; ou bien, pour te punir, Je t’ôterai ton plumage.


LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE EN FEMME.

XVIII

LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE EN FEMME.

Un homme chérissoit éperdument sa chatte; Il la trouvoit mignonne, et belle, et délicate, Qui miauloit d’un ton fort doux: Il étoit plus fou que les fous. Cet homme donc, par prières, par larmes, Par sortiléges et par charmes, Fait tant qu’il obtient du destin Que sa chatte, en un beau matin, Devient femme; et, le matin même, Maître sot en fait sa moitié. Le voilà fou d’amour extrême, De fou qu’il étoit d’amitié. Jamais la dame la plus belle Ne charma tant son favori Que fait cette épouse nouvelle Son hypocondre de mari. Il l’amadoue; elle le flatte: Il n’y trouve plus rien de chatte; Et, poussant l’erreur jusqu’au bout, La croit femme en tout et partout; Lorsque quelques souris qui rongeoient de la natte Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés. Aussitôt la femme est sur pieds: Elle manqua son aventure. Souris de revenir, femme d’être en posture: Pour cette fois elle accourut à point; Car, ayant changé de figure, Les souris ne la craignoient point. Ce lui fut toujours une amorce: Tant le naturel a de force! Il se moque de tout: certain âge accompli, Le vase est imbibé, l’étoffe a pris son pli. En vain de son train ordinaire On le veut désaccoutumer: Quelque chose qu’on puisse faire, On ne sauroit le réformer. Coups de fourche ni d’étrivières Ne lui font changer de manières; Et, fussiez-vous embâtonnés, Jamais vous n’en serez les maîtres. Qu’on lui ferme la porte au nez, Il reviendra par les fenêtres.


LE LION ET L’ANE CHASSANT .

XIX

LE LION ET L’ANE CHASSANT .

Le roi des animaux se mit un jour en tête De giboyer: il célébroit sa fête. Le gibier du lion, ce ne sont pas moineaux, Mais beaux et bons sangliers, daims et cerfs bons et beaux. Pour réussir dans cette affaire, Il se servit du ministère De l’âne à la voix de Stentor. L’âne à messer lion fit office de cor. Le lion le posta, le couvrit de ramée, Lui commanda de braire, assuré qu’à ce son Les moins intimidés fuiroient de leur maison. Leur troupe n’étoit pas encore accoutumée A la tempête de sa voix; L’air en retentissoit d’un bruit épouvantable: La frayeur saisissoit les hôtes de ces bois; Tous fuyoient, tous tomboient au piége inévitable Où les attendoit le lion. N’ai-je pas bien servi dans cette occasion? Dit l’âne en se donnant tout l’honneur de la chasse.— Oui, reprit le lion, c’est bravement crié: Si je ne connaissois ta personne et ta race, J’en serois moi-même effrayé. L’âne, s’il eût osé, se fût mis en colère, Encor qu’on le raillât avec juste raison; Car qui pourroit souffrir un âne fanfaron? Ce n’est pas là leur caractère.


TESTAMENT EXPLIQUÉ PAR ÉSOPE.

XX

TESTAMENT EXPLIQUÉ PAR ÉSOPE.

Si ce qu’on dit d’Ésope est vrai, C’étoit l’oracle de la Grèce Lui seul avoit plus de sagesse Que tout l’aréopage. En voici pour essai Une histoire des plus gentilles, Et qui pourra plaire au lecteur.

Un certain homme avoit trois filles, Toutes trois de contraire humeur: Une buveuse, une coquette, La troisième, avare parfaite. Cet homme par son testament, Selon les lois municipales, Leur laissa tout son bien par portions égales, En donnant à leur mère tant, Payable quand chacune d’elles Ne posséderoit plus sa contingente part. Le père mort, les trois femelles Courent au testament, sans attendre plus tard. On le lit, on tâche d’entendre La volonté du testateur; Mais en vain: car comment comprendre Qu’aussitôt que chacune sœur Ne possédera plus sa part héréditaire, Il lui faudra payer sa mère? Ce n’est pas un fort bon moyen Pour payer que d’être sans bien. Que vouloit donc dire le père? L’affaire est consultée; et tous les avocats, Après avoir tourné le cas En cent et cent mille manières, Y jettent leur bonnet, se confessent vaincus, Et conseillent aux héritières De partager le bien sans songer au surplus. Quant à la somme de la veuve, Voici, leur dirent-ils, ce que le conseil treuve: Il faut que chaque sœur se charge par traité Du tiers payable à volonté; Si mieux n’aime la mère en créer une rente, Dès le décès du mort courante. La chose ainsi réglée, on composa trois lots: En l’un, les maisons de bouteille, Les buffets dressés sous la treille, La vaisselle d’argent, les cuvettes, les brocs, Les magasins de malvoisie, Les esclaves de bouche, et pour dire en deux mots, L’attirail de la goinfrerie; Dans un autre, celui de la coquetterie, La maison de la ville et les meubles exquis, Les eunuques et les coiffeuses, Et les brodeuses, Les joyaux, les robes de prix; Dans le troisième lot, les fermes, le ménage, Les troupeaux et le pâturage, Valets et bêtes de labeur. Ces lots faits, on jugea que le sort pourroit faire Que peut-être pas une sœur N’auroit ce qui lui pourroit plaire. Ainsi chacune prit son inclination, Le tout à l’estimation. Ce fut dans la ville d’Athènes Que cette rencontre arriva. Petits et grands, tout approuva Le partage et le choix; Ésope seul trouva Qu’après bien du temps et des peines Les gens avoient pris justement Le contre-pied du testament. Si le défunt vivoit, disoit-il, que l’Attique Auroit de reproches de lui! Comment! ce peuple qui se pique D’être le plus subtil des peuples d’aujourd’hui, A si mal entendu la volonté suprême D’un testateur! Ayant ainsi parlé, Il fait le partage lui-même, Et donne à chaque sœur un lot contre son gré; Rien qui pût être convenable, Partant rien aux sœurs d’agréable. A la coquette, l’attirail Qui suit les personnes buveuses, La biberonne eut le bétail; La ménagère eut les coiffeuses. Tel fut l’avis du Phrygien, Alléguant qu’il n’étoit moyen Plus sûr pour obliger ces filles A se défaire de leur bien; Qu’elles se marîroient dans les bonnes familles Quand on leur verroit de l’argent; Paîroient leur mère tout comptant; Ne posséderoient plus les effets de leur père, Ce que disoit le testament. Le peuple s’étonna comme il se pouvoit faire Qu’un homme seul eût plus de sens Qu’une multitude de gens.

FIN DU LIVRE DEUXIÈME.



LE MEUNIER, SON FILS ET L’ANE.

I

LE MEUNIER, SON FILS ET L’ANE.

A M. D. M.

L’invention des arts étant un droit d’aînesse, Nous devons l’apologue à l’ancienne Grèce. Mais ce champ ne se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n’y trouvent à glaner. La feinte est un pays plein de terres désertes, Tous les jours nos auteurs y font des découvertes. Je t’en veux dire un trait assez bien inventé; Autrefois à Racan Malherbe l’a conté. Ces deux rivaux d’Horace, héritiers de sa lyre, Disciples d’Apollon, nos maîtres, pour mieux dire, Se rencontrant un jour tout seuls et sans témoins (Comme ils se confioient leurs pensers et leurs soins), Racan commence ainsi: Dites-moi, je vous prie, Vous qui devez savoir les choses de la vie, Qui par tous ses degrés avez déjà passé, Et que rien ne doit fuir en cet âge avancé; A quoi me résoudrai-je? Il est temps que j’y pense. Vous connoissez mon bien, mon talent, ma naissance: Dois-je dans la province établir mon séjour, Prendre emploi dans l’armée, ou bien charge à la cour? Tout au monde est mêlé d’amertume et de charmes: La guerre a ses douceurs, l’hymen a ses alarmes. Si je suivois mon goût, je saurois où buter; Mais j’ai les miens, la cour, le peuple à contenter. Malherbe là-dessus: Contenter tout le monde! Écoutez ce récit avant que je réponde.

J’ai lu dans quelque endroit qu’un meunier et son fils, L’un vieillard, l’autre enfant, non pas des plus petits, Mais garçon de quinze ans, si j’ai bonne mémoire, Alloient vendre leur âne, un certain jour de foire. Afin qu’il fût plus frais et de meilleur débit, On lui lia les pieds, on vous le suspendit; Puis cet homme et son fils le portent comme un lustre. Pauvres gens! idiots! couple ignorant et rustre! Le premier qui les vit de rire s’éclata. Quelle farce, dit-il, vont jouer ces gens-là? Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense. Le meunier, à ces mots, connoît son ignorance; Il met sur pieds sa bête, et la fait détaler. L’âne, qui goûtoit fort l’autre façon d’aller, Se plaint en son patois. Le meunier n’en a cure; Il fait monter son fils, il suit: et d’aventure Passent trois bons marchands. Cet objet leur déplut. Le plus vieux au garçon s’écria tant qu’il put: Oh là! oh! descendez, que l’on ne vous le dise, Jeune homme, qui menez laquais à barbe grise! C’étoit à vous de suivre, au vieillard de monter.— Messieurs, dit le meunier, il vous faut contenter. L’enfant met pied à terre, et puis le vieillard monte; Quand, trois filles passant, l’une dit: C’est grand’honte Qu’il faille voir ainsi clocher ce jeune fils, Tandis que ce nigaud, comme un évêque assis, Fait le veau sur son âne, et pense être bien sage.— Il n’est, dit le meunier, plus de veaux à mon âge. Passez votre chemin, la fille, et m’en croyez. Après maints quolibets, coup sur coup renvoyés, L’homme crut avoir tort, et mit son fils en croupe. Au bout de trente pas, une troisième troupe Trouve encore à gloser. L’un dit: Ces gens sont fous! Le baudet n’en peut plus, il mourra sous leurs coups. Eh quoi! charger ainsi cette pauvre bourrique! N’ont-ils point de pitié de leur vieux domestique? Sans doute qu’à la foire ils vont vendre sa peau.— Parbleu! dit le meunier, est bien fou du cerveau Qui prétend contenter tout le monde et son père. Essayons toutefois si par quelque manière Nous en viendrons à bout. Ils descendent tous deux. L’âne, se prélassant, marche seul devant eux. Un quidam les rencontre, et dit: Est-ce la mode Que baudet aille à l’aise, et meunier s’incommode? Qui de l’âne ou du maître est fait pour se lasser? Je conseille à ces gens de le faire enchâsser. Ils usent leurs souliers, et conservent leur âne! Nicolas au rebours: car, quand il va voir Jeanne, Il monte sur sa bête; et la chanson le dit. Beau trio de baudets! Le meunier repartit: Je suis âne, il est vrai, j’en conviens, je l’avoue; Mais que dorénavant on me blâme, on me loue, Qu’on dise quelque chose ou qu’on ne dise rien, J’en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien.

Quant à vous, suivez Mars, ou l’Amour, ou le prince; Allez, venez, courez; demeurez en province; Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement: Les gens en parleront, n’en doutez nullement.


LES MEMBRES ET L’ESTOMAC.

II

LES MEMBRES ET L’ESTOMAC.

Je devois par la royauté Avoir commencé mon ouvrage: A la voir d’un certain côté, Messer Gaster en est l’image; S’il a quelque besoin, tout le corps s’en ressent.

De travailler pour lui les membres se lassant, Chacun d’eux résolut de vivre en gentilhomme, Sans rien faire, alléguant l’exemple de Gaster. Il faudroit, disoient-ils, sans nous qu’il vécût d’air. Nous suons, nous peinons comme bêtes de somme; Et pour qui? Pour lui seul: nous n’en profitons pas; Notre soin n’aboutit qu’à fournir ses repas. Chômons, c’est un métier qu’il veut nous faire apprendre. Ainsi dit, ainsi fait. Les mains cessent de prendre, Les bras d’agir, les jambes de marcher. Tous dirent à Gaster qu’il en allât chercher. Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent. Bientôt les pauvres gens tombèrent en langueur; Il ne se forma plus de nouveau sang au cœur; Chaque membre en souffrit; les forces se perdirent. Par ce moyen, les mutins virent Que celui qu’ils croyoient oisif et paresseux A l’intérêt commun contribuoit plus qu’eux. Ceci peut s’appliquer à la grandeur royale. Elle reçoit et donne, et la chose est égale. Tout travaille pour elle, et réciproquement Tout tire d’elle l’aliment. Elle fait subsister l’artisan de ses peines, Enrichit le marchand, gage le magistrat, Maintient le laboureur, donne paie au soldat, Distribue en cent lieux ses grâces souveraines, Entretient seule tout l’État. Ménénius le sut bien dire. La commune s’alloit séparer du sénat: Les mécontents disoient qu’il avoit tout l’empire, Le pouvoir, les trésors, l’honneur, la dignité; Au lieu que tout le mal étoit de leur côté, Les tributs, les impôts, les fatigues de guerre. Le peuple hors des murs étoit déjà posté, La plupart s’en alloient chercher une autre terre, Quand Ménénius leur fit voir Qu’ils étoient aux membres semblables, Et par cet apologue, insigne entre les fables, Les ramena dans leur devoir.


LE LOUP DEVENU BERGER.

III

LE LOUP DEVENU BERGER.

Un loup, qui commençoit d’avoir petite part Aux brebis de son voisinage, Crut qu’il falloit s’aider de la peau du renard, Et faire un nouveau personnage. Il s’habille en berger, endosse un hoqueton, Fait sa houlette d’un bâton, Sans oublier la cornemuse. Pour pousser jusqu’au bout la ruse, Il auroit volontiers écrit sur son chapeau: «C’est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau.» Sa personne étant ainsi faite, Et ses pieds de devant posés sur sa houlette, Guillot le sycophante approche doucement. Guillot, le vrai Guillot, étendu sur l’herbette, Dormoit alors profondément; Son chien dormoit aussi, comme aussi sa musette; La plupart des brebis dormoient pareillement. L’hypocrite les laissa faire; Et, pour pouvoir mener vers son fort les brebis, Il voulut ajouter la parole aux habits, Chose qu’il croyoit nécessaire. Mais cela gâta son affaire: Il ne put du pasteur contrefaire la voix. Le ton dont il parla fit retentir les bois, Et découvrit tout le mystère. Chacun se réveille à ce son, Les brebis, le chien, le garçon. Le pauvre loup, dans cet esclandre, Empêché par son hoqueton, Ne put ni fuir ni se défendre.

Toujours par quelque endroit fourbes se laissent prendre. Quiconque est loup agisse en loup; C’est le plus certain de beaucoup.


LES GRENOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI.

IV

LES GRENOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI.

Les grenouilles, se lassant De l’état démocratique, Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique. Il leur tomba du ciel un roi tout pacifique: Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant, Que la gent marécageuse, Gent fort sotte et fort peureuse, S’alla cacher sous les eaux, Dans les joncs, dans les roseaux, Dans les trous du marécage, Sans oser de longtemps regarder au visage Celui qu’elles croyoient être un géant nouveau. Or c’étoit un soliveau, De qui la gravité fit peur à la première Qui, de le voir s’aventurant, Osa bien quitter sa tanière. Elle approcha, mais en tremblant. Une autre la suivit, une autre en fit autant: Il en vint une fourmilière; Et leur troupe à la fin se rendit familière Jusqu’à sauter sur l’épaule du roi. Le bon sire le souffre et se tient toujours coi. Jupin en a bientôt la cervelle rompue: Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue! Le monarque des dieux leur envoie une grue, Qui les croque, qui les tue, Qui les gobe à son plaisir; Et grenouilles de se plaindre, Et Jupin de leur dire: Eh quoi! votre désir A ses lois croit-il nous astreindre? Vous avez dû premièrement Garder votre gouvernement; Mais, ne l’ayant pas fait, il vous devoit suffire Que votre premier roi fût débonnaire et doux: De celui-ci contentez-vous, De peur d’en rencontrer un pire.


LE RENARD ET LE BOUC.

V

LE RENARD ET LE BOUC.

Capitaine renard alloit de compagnie Avec son ami bouc des plus haut encornés: Celui-ci ne voyoit pas plus loin que son nez; L’autre étoit passé maître en fait de tromperie. La soif les obligea de descendre en un puits: Là, chacun d’eux se désaltère. Après qu’abondamment tous deux en eurent pris, Le renard dit au bouc: Que ferons-nous, compère? Ce n’est pas tout de boire, il faut sortir d’ici. Lève tes pieds en haut, et tes cornes aussi; Mets-les contre le mur: le long de ton échine Je grimperai premièrement, Puis, sur tes cornes m’élevant, A l’aide de cette machine, De ce lieu-ci je sortirai, Après quoi je t’en tirerai.— Par ma barbe, dit l’autre, il est bon; et je loue Les gens bien sensés comme toi. Je n’aurois jamais, quant à moi, Trouvé ce secret, je l’avoue. Le renard sort du puits, laisse son compagnon, Et vous lui fait un beau sermon Pour l’exhorter à patience. Si le ciel t’eût, dit-il, donné par excellence Autant de jugement que de barbe au menton, Tu n’aurois pas, à la légère, Descendu dans ce puits. Or, adieu; j’en suis hors. Tâche de t’en tirer, et fais tous tes efforts; Car, pour moi, j’ai certaine affaire Qui ne me permet pas d’arrêter en chemin.

En toute chose il faut considérer la fin.