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Vingt ans aprèsParte 14 de 95

Alexandre Dumas

Original em francês · tradução para inglês

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— Baron? n'est-ce pas? dit d'Artagnan achevant la phrase de son ami.

— Ah! s'écria Porthos dont les traits s'épanouirent, ah! si j'étais baron!

— Bon! pensa d'Artagnan, je réussirai ici.

Puis tout haut:

— Eh bien! cher ami, c'est ce titre que vous souhaitez que je viens vous apporter aujourd'hui.

Porthos fit un bond qui ébranla toute la salle; deux ou trois bouteilles en perdirent l'équilibre et roulèrent à terre, où elles furent brisées. Mousqueton accourut au bruit, et l'on aperçut à la perspective Planchet la bouche pleine et la serviette à la main.

— Monseigneur m'appelle? demanda Mousqueton.

Porthos fit signe de la main à Mousqueton de ramasser les éclats de bouteilles.

— Je vois avec plaisir, dit d'Artagnan, que vous avez toujours ce brave garçon.

— Il est mon intendant, dit Porthos.

Puis haussant la voix:

— Il a fait ses affaires, le drôle, on voit cela; mais, continua- t-il plus bas, il m'est attaché et ne me quitterait pour rien au monde.

— Et il l'appelle monseigneur, pensa d'Artagnan.

— Sortez, Mouston, dit Porthos.

— Vous dites Mouston? Ah! oui! par abréviation: Mousqueton était trop long à prononcer.

— Oui, dit Porthos, et puis cela sentait son maréchal des logis d'une lieue. Mais nous parlions affaire quand ce drôle est entré.

— Oui, dit d'Artagnan; cependant remettons la conversation à plus tard, vos gens pourraient soupçonner quelque chose; il y a peut- être des espions dans le pays. Vous devinez, Porthos, qu'il s'agit de choses sérieuses.

Peste! dit Porthos. Eh bien! pour faire la digestion promenons- nous dans mon parc.

— Volontiers.

Et comme tous deux avaient suffisamment déjeuné, ils commencèrent à faire le tour d'un jardin magnifique; des allées de marronniers et de tilleuls enfermaient un espace de trente arpents au moins; au bout de chaque quinconce bien fourré de taillis et d'arbustes, on voyait courir des lapins disparaissant dans les glandées et se jouant dans les hautes herbes.

— Ma foi, dit d'Artagnan, le parc correspond à tout le reste; et s'il y a autant de poissons dans votre étang que de lapins dans vos garennes, vous êtes un homme heureux, mon cher Porthos, pour peu que vous ayez conservé le goût de la chasse et acquis celui de la pêche.

— Mon ami, dit Porthos, je laisse la pêche à Mousqueton, c'est un plaisir de roturier; mais je chasse quelquefois; c'est-à-dire que quand je m'ennuie, je m'assieds sur un de ces bancs de marbre, je me fais apporter mon fusil, je me fais amener Gredinet, mon chien favori, et je tire des lapins.

— Mais c'est fort divertissant! dit d'Artagnan.

— Oui, répondit Porthos avec un soupir, c'est fort divertissant.

D'Artagnan ne les comptait plus.

— Puis, ajouta Porthos, Gredinet va les chercher et les porte lui-même au cuisinier; il est dressé à cela.

— Ah! la charmante petite bête! dit d'Artagnan.

— Mais, reprit Porthos, laissons là Gredinet, que je vous donnerai si vous en avez envie, car je commence à m'en lasser, et revenons à notre affaire.

— Volontiers, dit d'Artagnan; seulement je vous préviens, cher ami, pour que vous ne disiez pas que je vous ai pris en traître, qu'il faudra bien changer d'existence.

— Comment cela?

— Reprendre le harnais, ceindre l'épée, courir les aventures, laisser, comme dans le temps passé, un peu de sa chair par les chemins; vous savez, la manière d'autrefois, enfin.

— Ah diable! fit Porthos.

— Oui, je comprends, vous vous êtes gâté, cher ami; vous avez pris du ventre, et le poignet n'a plus cette élasticité dont les gardes de M. le cardinal ont eu tant de preuves.

— Ah! le poignet est encore bon, je vous le jure, dit Porthos en étendant une main pareille à une épaule de mouton.

— Tant mieux.

— C'est donc la guerre qu'il faut que nous fassions?

— Eh! mon Dieu, oui!

— Et contre qui?

— Avez-vous suivi la politique, mon ami?

— Moi! pas le moins du monde.

— Alors, êtes-vous pour le Mazarin ou pour les princes?

— Moi, je ne suis pour personne.

— C'est-à-dire que vous êtes pour nous. Tant mieux, Porthos, c'est la bonne position pour faire ses affaires. Eh bien, mon cher, je vous dirai que je viens de la part du cardinal.

Ce mot fit son effet sur Porthos, comme si on eût encore été en 1640 et qu'il se fût agi du vrai cardinal.

— Oh, oh! dit-il, que me veut Son Éminence?

— Son Éminence veut vous avoir à son service.

— Et qui lui a parlé de moi?

— Rochefort. Vous rappelez-vous?

— Oui, pardieu! celui qui nous a donné tant d'ennui dans le temps et qui nous a fait tant courir par les chemins, le même à qui vous avez fourni successivement trois coups d'épée, qu'il n'a pas volés, au reste.

— Mais vous savez qu'il est devenu notre ami? dit d'Artagnan.

— Non, je ne le savais pas. Ah! il n'a pas de rancune!

— Vous vous trompez, Porthos, dit d'Artagnan à son tour: c'est moi qui n'en ai pas.

Porthos ne comprit pas très bien; mais, on se le rappelle, la compréhension n'était pas son fort.

— Vous dites donc, continua-t-il, que c'est le comte de Rochefort qui a parlé de moi au cardinal?

— Oui, et puis la reine.

— Comment, la reine?

— Pour nous inspirer confiance, elle lui a même remis le fameux diamant, vous savez, que j'avais vendu à M. des Essarts, et qui, je ne sais comment, est rentré en sa possession.

— Mais il me semble, dit Porthos avec son gros bon sens, qu'elle eût mieux fait de le remettre à vous.

— C'est aussi mon avis, dit d'Artagnan; mais que voulez-vous! les rois et les reines ont quelquefois de singuliers caprices. Au bout du compte, comme ce sont eux qui tiennent les richesses et les honneurs, qui distribuent l'argent et les titres, on leur est dévoué.

— Oui, on leur est dévoué! dit Porthos. Alors vous êtes donc dévoué, dans ce moment-ci?…

— Au roi, à la reine et au cardinal, et j'ai de plus répondu de votre dévouement.

— Et vous dites que vous avez fait certaines conditions pour moi?

— Magnifiques, mon cher, magnifiques! D'abord vous avez de l'argent, n'est-ce pas? Quarante mille livres de rente, vous me l'avez dit.

Porthos entra en défiance.

— Eh! mon ami, lui dit-il, on n'a jamais trop d'argent. Madame du Vallon a laissé une succession embrouillée; je ne suis pas grand clerc, moi, en sorte que je vis un peu au jour le jour.

— Il a peur que je ne sois venu pour lui emprunter de l'argent, pensa d'Artagnan. Ah! mon ami, dit-il tout haut, tant mieux si vous êtes gêné!

— Comment, tant mieux? dit Porthos.

— Oui, car Son Éminence donnera tout ce que l'on voudra, terres, argent et titres.

— Ah! ah! ah! fit Porthos écarquillant les yeux à ce dernier mot.

— Sous l'autre cardinal, continua d'Artagnan, nous n'avons pas su profiter de la fortune; c'était le cas pourtant; je ne dis pas cela pour vous qui avez vos quarante mille livres de rente, et qui me paraissez l'homme le plus heureux de la terre.

Porthos soupira.

— Toutefois, continua d'Artagnan, malgré vos quarante mille livres de rente, et peut-être même à cause de vos quarante mille livres de rente, il me semble qu'une petite couronne ferait bien sur votre carrosse. Eh! eh!

— Mais oui, dit Porthos.

— Eh bien! mon cher, gagnez-la; elle est au bout de votre épée. Nous ne nous nuirons pas. Votre but à vous, c'est un titre; mon but, à moi, c'est de l'argent. Que j'en gagne assez pour faire reconstruire Artagnan, que mes ancêtres appauvris par les croisades ont laissé tomber en ruine depuis ce temps, et pour acheter une trentaine d'arpents de terre autour, c'est tout ce qu'il faut; je m'y retire, et j'y meurs tranquille.

— Et moi, dit Porthos, je veux être baron.

— Vous le serez.

— Et n'avez-vous donc point pensé aussi à nos autres amis? demanda Porthos.

— Si fait, j'ai vu Aramis.

— Et que désire-t-il, lui? d'être évêque?

— Aramis, dit d'Artagnan, qui ne voulait pas désenchanter Porthos; Aramis, imaginez-vous, mon cher, qu'il est devenu moine et jésuite, qu'il vit comme un ours: il renonce à tout, et ne pense qu'à son salut. Mes offres n'ont pu le décider.

— Tant pis! dit Porthos, il avait de l'esprit. Et Athos?

— Je ne l'ai pas encore vu, mais j'irai le voir en vous quittant. Savez-vous où je le trouverai, lui?

— Près de Blois, dans une petite terre qu'il a héritée, je ne sais de quel parent.

— Et qu'on appelle?

— Bragelonne. Comprenez-vous, mon cher, Athos qui était noble comme l'empereur et qui hérite d'une terre qui a titre de comté! que fera-t-il de tous ces comtés-là? Comté de la Fère, comté de Bragelonne?

— Avec cela qu'il n'a pas d'enfants, dit d'Artagnan.

— Heu! fit Porthos, j'ai entendu dire qu'il avait adopté un jeune homme qui lui ressemble par le visage.

— Athos, notre Athos, qui était vertueux comme Scipion? l'avez- vous revu?

— Non.

— Eh bien! j'irai demain lui porter de vos nouvelles. J'ai peur, entre nous, que son penchant pour le vin ne l'ait fort vieilli et dégradé.

— Oui, dit Porthos, c'est vrai; il buvait beaucoup.

— Puis c'était notre aîné à tous, dit d'Artagnan.

— De quelques années seulement, reprit Porthos; son air grave le vieillissait beaucoup.

— Oui, c'est vrai. Donc, si nous avons Athos, ce sera tant mieux: si nous ne l'avons pas, eh bien! nous nous en passerons. Nous en valons bien douze à nous deux.

— Oui, dit Porthos souriant au souvenir de ses anciens exploits; mais à nous quatre nous en aurions valu trente-six; d'autant plus que le métier sera dur, à ce que vous dites.

— Dur pour des recrues, oui; mais pour nous, non.

— Sera-ce long?

— Dame! cela pourra durer trois ou quatre ans.

— Se battra-t-on beaucoup?

— Je l'espère.

— Tant mieux, au bout du compte, tant mieux! s'écria Porthos: vous n'avez point idée, mon cher, combien les os me craquent depuis que je suis ici! Quelquefois le dimanche, en sortant de la messe, je cours à cheval dans les champs et sur les terres des voisins pour rencontrer quelque bonne petite querelle, car je sens que j'en ai besoin; mais rien, mon cher! Soit qu'on me respecte, soit qu'on ne craigne, ce qui est bien plus probable, on me laisse fouler les luzernes avec mes chiens, passer sur le ventre à tout le monde, et je reviens, plus ennuyé, voilà tout. Au moins, dites- moi, se bat-on un peu plus facilement à Paris?

— Quant à cela, mon cher, c'est charmant; plus d'édits, plus de gardes du cardinal, plus de Jussac ni d'autres limiers. Mon Dieu! voyez-vous, sous une lanterne, dans une auberge, partout; êtes- vous frondeur, on dégaine et tout est dit. M. de Guise a tué M. de Coligny en pleine place Royale, et il n'en a rien été.

— Ah! voilà qui va bien, alors, dit Porthos.

— Et puis avant peu, continua d'Artagnan, nous aurons des batailles rangées, du canon, des incendies, ce sera très varié.

— Alors, je me décide.

— J'ai donc votre parole?

— Oui, c'est dit. Je frapperai d'estoc et de taille pour Mazarin. Mais…

— Mais?

— Mais il me fera baron.

— Eh pardieu! dit d'Artagnan, c'est arrêté d'avance; je vous l'ai dit et je vous le répète, je réponds de votre baronnie.

Sur cette promesse, Porthos, qui n'avait jamais douté de la parole de son ami, reprit avec lui le chemin du château.

XIV. Où il est démontré que, si Porthos était mécontent de son état, Mousqueton était fort satisfait du sien

Tout en revenant vers le château et tandis que Porthos nageait dans ses rêves de baronnie, d'Artagnan réfléchissait à la misère de cette pauvre nature humaine, toujours mécontente de ce qu'elle a, toujours désireuse de ce qu'elle n'a pas. À la place de Porthos, d'Artagnan se serait trouvé l'homme le plus heureux de la terre, et pour que Porthos fût heureux, il lui manquait, quoi? cinq lettres à mettre avant tous ses noms et une petite couronne à faire peindre sur les panneaux de sa voiture.

— Je passerai donc toute ma vie, disait en lui-même d'Artagnan, à regarder à droite et à gauche sans voir jamais la figure d'un homme complètement heureux.

Il faisait cette réflexion philosophique, lorsque la Providence sembla vouloir lui donner un démenti. Au moment où Porthos venait de le quitter pour donner quelques ordres à son cuisinier, il vit s'approcher de lui Mousqueton. La figure du brave garçon, moins un léger trouble qui, comme un nuage d'été, gazait sa physionomie plutôt qu'elle ne la voilait, paraissait celle d'un homme parfaitement heureux.

— Voilà ce que je cherchais, se dit d'Artagnan; mais, hélas! le pauvre garçon ne sait pas pourquoi je suis venu.

Mousqueton se tenait à distance. D'Artagnan s'assit sur un banc et lui fit signe de s'approcher.

— Monsieur, dit Mousqueton profitant de la permission, j'ai une grâce à vous demander.

— Parle, mon ami, dit d'Artagnan.

— C'est que je n'ose, j'ai peur que vous ne pensiez que la prospérité m'a perdu.

— Tu es donc heureux, mon ami, dit d'Artagnan.

— Aussi heureux qu'il est possible de l'être, et cependant vous pouvez me rendre plus heureux encore.

— Eh bien, parle! et si la chose dépend de moi, elle est faite.

— Oh! monsieur, elle ne dépend que de vous.

— J'attends.

— Monsieur, la grâce que j'ai à vous demander, c'est de m'appeler non plus Mousqueton, mais bien Mouston. Depuis que j'ai l'honneur d'être intendant de monseigneur, j'ai pris ce dernier nom, qui est plus digne et sert à me faire respecter de mes inférieurs. Vous savez, monsieur, combien la subordination est nécessaire à la valetaille.

D'Artagnan sourit; Porthos allongeait ses noms, Mousqueton raccourcissait le sien.

— Eh bien, monsieur? dit Mousqueton tout tremblant.

— Eh bien, oui, mon cher Mouston, dit d'Artagnan; sois tranquille, je n'oublierai pas ta requête, et si cela te fait plaisir je ne te tutoierai même plus.

— Oh! s'écria Mousqueton rouge de joie, si vous me faisiez un pareil honneur, monsieur, j'en serais reconnaissant toute ma vie, mais ce serait trop demander peut-être?

— Hélas! dit en lui-même d'Artagnan, c'est bien peu en échange des tribulations inattendues que j'apporte à ce pauvre diable qui m'a si bien reçu.

— Et monsieur reste longtemps avec nous? dit Mousqueton, dont la figure, rendue à son ancienne sérénité, s'épanouissait comme une pivoine.

— Je pars demain, mon ami, dit d'Artagnan.

— Ah, monsieur! dit Mousqueton, c'était donc seulement pour nous donner des regrets que vous étiez venu?

— J'en ai peur, dit d'Artagnan, si bas que Mousqueton, qui se retirait en saluant, ne put l'entendre.

Un remords traversait l'esprit de d'Artagnan, quoique son coeur ce fût fort racorni.

Il ne regrettait pas d'engager Porthos dans une route où sa vie et sa fortune allaient être compromises, car Porthos risquait volontiers tout cela pour le titre de baron, qu'il désirait depuis quinze ans d'atteindre; mais Mousqueton, qui ne désirait rien que d'être appelé Mouston, n'était-il pas bien cruel de l'arracher à la vie délicieuse de son grenier d'abondance? Cette idée-là le préoccupait lorsque Porthos reparut.

— À table! dit Porthos.

— Comment, à table? dit d'Artagnan, quelle heure est-il donc?

— Eh! mon cher, il est une heure passée.

— Votre habitation est un paradis, Porthos, on y oublie le temps. Je vous suis, mais je n'ai pas faim.

— Venez, si l'on ne peut pas toujours manger, l'on peut toujours boire; c'est une des maximes de ce pauvre Athos dont j'ai reconnu la solidité depuis que je m'ennuie.

D'Artagnan, que son naturel gascon avait toujours fait sobre, ne paraissait pas aussi convaincu que son ami de la vérité de l'axiome d'Athos; néanmoins il fit ce qu'il put pour se tenir à la hauteur de son hôte.

Cependant, tout en regardant manger Porthos et en buvant de son mieux, cette idée de Mousqueton revenait à l'esprit de d'Artagnan, et cela avec d'autant plus de force que Mousqueton, sans servir lui-même à table, ce qui eût été au-dessous de sa nouvelle position, apparaissait de temps en temps à la porte et trahissait sa reconnaissance pour d'Artagnan par l'âge et le cru des vins qu'il faisait servir.

Aussi, quand au dessert, sur un signe de d'Artagnan, Porthos eut renvoyé ses laquais et que les deux amis se trouvèrent seuls:

— Porthos, dit d'Artagnan, qui vous accompagnera donc dans vos campagnes?

— Mais, répondit naturellement Porthos, Mouston, ce me semble.

Ce fut un coup pour d'Artagnan; il vit déjà se changer en grimace de douleur le bienveillant sourire de l'intendant.

— Cependant, répliqua d'Artagnan, Mouston n'est plus de la première jeunesse, mon cher; de plus, il est devenu très gros et peut-être a-t-il perdu l'habitude du service actif.

— Je le sais, dit Porthos. Mais je me suis accoutumé à lui; et d'ailleurs il ne voudrait pas me quitter, il m'aime trop.

— Oh! aveugle amour-propre! pensa d'Artagnan.

— D'ailleurs, vous-même, demanda Porthos, n'avez-vous pas toujours à votre service votre même laquais: ce bon, ce grave, cet intelligent… comment l'appelez-vous donc?

— Planchet. Oui, je l'ai retrouvé, mais il n'est plus laquais.

— Qu'est-il donc?

— Eh bien! avec ses seize cents livres, vous savez, les seize cents livres qu'il a gagnées au siège de La Rochelle en portant la lettre à lord de Winter, il a élevé une petite boutique rue des Lombards, et il est confiseur.

— Ah! il est confiseur rue des Lombards! Mais comment vous sert- il?

— Il a fait quelques escapades, dit d'Artagnan, et il craint d'être inquiété.

Et le mousquetaire raconta à son ami comment il avait retrouvé Planchet.