Quatrevingt-TreizeParte 25 de 38
Original em francês · tradução para inglês
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Disons-le, ces deux hommes, le marquis et le prêtre, étaient jusqu'à un certain point le même homme. Le masque de bronze de la guerre civile a deux profils, l'un tourné vers le passé, l'autre tourné vers l'avenir, mais aussi tragiques l'un que l'autre. Lantenac était le premier de ces profils, Cimourdain était le second; seulement l'amer rictus de Lantenac était couvert d'ombre et de nuit, et sur le front fatal de Cimourdain il y avait une lueur d'aurore.
Cependant la Tourgue assiégée avait un répit.
Grâce à l'intervention de Gauvain, on vient de le voir, une sorte de trêve de vingt-quatre heures avait été convenue.
L'Imânus, du reste, était bien renseigné, et, par suite des réquisitions de Cimourdain, Gauvain avait maintenant sous ses ordres quatre mille cinq cents hommes, tant garde nationale que troupe de ligne, avec lesquels il cernait Lantenac dans la Tourgue, et il avait pu braquer contre la forteresse douze pièces de canon, six du côté de la tour, sur la lisière de la forêt, en batterie enterrée, et six du côté du pont, sur le plateau, en batterie haute. Il avait pu faire jouer la mine, et la brèche était ouverte au pied de la tour.
Ainsi, sitôt les vingt-quatre heures de trêve expirées, la lutte allait s'engager dans les conditions que voici:
Sur le plateau et dans la forêt, on était quatre mille cinq cents.
Dans la tour, dix-neuf.
Les noms de ces dix-neuf assiégés peuvent être retrouvés par l'histoire dans les affiches de mise hors la loi. Nous les rencontrerons peut-être.
Pour commander à ces quatre mille cinq cents hommes qui étaient presque une armée, Cimourdain aurait voulu que Gauvain se laissât faire adjudant général. Gauvain avait refusé, et avait dit:—Quand Lantenac sera pris, nous verrons. Je n'ai encore rien mérité.
Ces grands commandements avec d'humbles grades étaient d'ailleurs dans les moeurs républicaines. Bonaparte, plus tard, fut en même temps chef d'escadron d'artillerie et général en chef de l'armée d'Italie.
La Tour-Gauvain avait une destinée étrange: un Gauvain l'attaquait, un Gauvain la défendait. De là, une certaine réserve dans l'attaque, mais non dans la défense, car M. de Lantenac était de ceux qui ne ménagent rien, et d'ailleurs il avait surtout habité Versailles et n'avait aucune superstition pour la Tourgue, qu'il connaissait à peine. Il était venu s'y réfugier, n'ayant plus d'autre asile, voilà tout; mais il l'eût démolie sans scrupule. Gauvain était plus respectueux.
Le point faible de la forteresse était le pont; mais dans la bibliothèque, qui était sur le pont, il y avait les archives de la famille; si l'assaut était donné là, l'incendie du pont était inévitable; il semblait à Gauvain que brûler les archives, c'était attaquer ses pères. La Tourgue était le manoir de famille des Gauvain; c'est de cette tour que mouvaient tous leurs fiefs de Bretagne, de même que tous les fiefs de France mouvaient de la tour du Louvre: les souvenirs domestiques des Gauvain étaient là; lui-même, il y était né; les fatalités tortueuses de la vie l'amenaient à attaquer, homme, cette muraille vénérable qui l'avait protégé enfant. Serait-il impie envers cette demeure jusqu'à la mettre en cendres? Peut-être son propre berceau, à lui Gauvain, était-il dans quelque coin du grenier de la bibliothèque. Certaines réflexions sont des émotions. Gauvain, en présence de l'antique maison de famille, se sentait ému. C'est pourquoi il avait épargné le pont. Il s'était borné à rendre toute sortie ou toute évasion impossible par cette issue et à tenir le pont en respect par une batterie, et il avait choisi pour l'attaque le côté opposé. De là, la mine et la sape au pied de la tour.
Cimourdain l'avait laissé faire; il se le reprochait; car son âpreté fronçait le sourcil devant toutes ces vieilleries gothiques, et il ne voulait pas plus l'indulgence pour les édifices que pour les hommes. Ménager un château, c'était un commencement de clémence. Or la clémence était le côté faible de Gauvain. Cimourdain, on le sait, le surveillait et l'arrêtait sur cette pente, à ses yeux funeste. Pourtant lui-même, et en ne se l'avouant qu'avec une sorte de colère, il n'avait pas revu la Tourgue sans un secret tressaillement; il se sentait attendri devant cette salle studieuse où étaient les premiers livres qu'il eût fait lire à Gauvain; il avait été curé du village voisin, Parigné; il avait, lui Cimourdain, habité les combles du châtelet du pont; c'est dans la bibliothèque qu'il tenait entre ses genoux le petit Gauvain épelant l'alphabet; c'est entre ces vieux quatre murs-là qu'il avait vu son élève bien-aimé, le fils de son âme, grandir comme homme et croître comme esprit. Cette bibliothèque, ce châtelet, ces murs pleins de ses bénédictions sur l'enfant, allait-il les foudroyer et les brûler? Il leur faisait grâce. Non sans remords.
Il avait laissé Gauvain entamer le siège sur le point opposé. La Tourgue avait son côté sauvage, la tour, et son côté civilisé, la bibliothèque. Cimourdain avait permis à Gauvain de ne battre en brèche que le côté sauvage.
Du reste, attaquée par un Gauvain, défendue par un Gauvain, cette vieille demeure revenait, en pleine révolution française, à ses habitudes féodales. Les guerres entre parents sont toute l'histoire du moyen-âge; les Etéocles et les Polynices sont gothiques aussi bien que grecs, et Hamlet fait dans Elseneur ce qu'Oreste a fait dans Argos.
XII. LE SAUVETAGE S'EBAUCHE
Toute la nuit se passa de part et d'autre en préparatifs.
Sitôt le sombre pourparler qu'on vient d'entendre terminé, le premier soin de Gauvain fut d'appeler son lieutenant.
Guéchamp, qu'il faut un peu connaître, était un homme de second plan, honnête, intrépide, médiocre, meilleur soldat que chef, rigoureusement intelligent jusqu'au point où c'est le devoir de ne plus comprendre, jamais attendri, inaccessible à la corruption, quelle qu'elle fût, aussi bien à la vénalité qui corrompt la conscience qu'à la pitié qui corrompt la justice. Il avait sur l'âme et sur le coeur ces deux abat-jour, la discipline et la consigne, comme un cheval a ses garde-vue sur les deux yeux, et il marchait devant lui dans l'espace que cela lui laissait libre. Son pas était droit, mais sa route était étroite.
Du reste, homme sûr; rigide dans le commandement, exact dans l'obéissance.
Gauvain adressa vivement la parole à Guéchamp.
—Guéchamp, une échelle.
—Mon commandant, nous n'en avons pas.
—Il faut en avoir une.
—Pour escalade?
—Non. Pour sauvetage.
Guéchamp réfléchit et répondit:
—Je comprends. Mais pour ce que vous voulez, il la faut très haute.
—D'au moins trois étages.
—Oui, mon commandant, c'est à peu près la hauteur.
Et il faut dépasser cette hauteur, car il faut être sûr de réussir.
—Sans doute.
—Comment se fait-il que vous n'ayez pas d'échelle?
—Mon commandant, vous n'avez pas jugé à propos d'assiéger la Tourgue par le plateau; vous vous êtes contenté de la bloquer de ce côté-là; vous avez voulu attaquer, non par le pont, mais par la tour. On ne s'est plus occupé que de la mine, et l'on a renoncé à l'escalade. C'est pourquoi nous n'avons pas d'échelles.
—Faites-en faire une sur-le-champ.
—Une échelle de trois étages ne s'improvise pas.
—Faites ajouter bout à bout plusieurs échelles courtes.
—Il faut en avoir.
—Trouvez-en.
—On n'en trouvera pas. Partout les paysans détruisent les échelles, de même qu'ils démontent les charrettes et qu'ils coupent les ponts.
—Ils veulent paralyser la république, c'est vrai.
—Ils veulent que nous ne puissions ni traîner un charroi, ni passer une rivière, ni escalader un mur.
—Il me faut une échelle, pourtant.
—J'y songe, mon commandant, il y a à Javené, près de Fougères, une grande charpenterie. On peut en avoir une là.
—Il n'y a pas une minute à perdre.
—Quand voulez-vous avoir l'échelle?
—Demain, à pareille heure, au plus tard.
—Je vais envoyer à Javené un exprès à franc-étrier. Il portera l'ordre de réquisition. Il y a à Javené un poste de cavalerie qui fournira l'escorte. L'échelle pourra être ici demain avant le coucher du soleil.
—C'est bien, cela suffira, dit Gauvain, faites vite. Allez.
Dix minutes après, Guéchamp revint et dit à Gauvain:
—Mon commandant, l'exprès est parti pour Javené.
Gauvain monta sur le plateau et demeura longtemps l'il fixé sur le pont-châtelet qui était en travers du ravin. Le pignon du châtelet, sans autre baie que la basse entrée fermée par le pont-levis dressé, faisait face à l'escarpement du ravin. Pour arriver du plateau au pied des piles du pont, il fallait descendre le long de cet escarpement, ce qui n'était pas impossible, de broussaille en broussaille. Mais une fois dans le fossé, l'assaillant serait exposé à tous les projectiles pouvant pleuvoir des trois étages. Gauvain acheva de se convaincre qu'au point où le siège en était, la véritable attaque était par la brèche de la tour.
Il prit toutes ses mesures pour qu'aucune fuite ne fût possible; il compléta l'étroit blocus de la Tourgue; il resserra les mailles de ses bataillons de façon que rien ne pût passer au travers. Gauvain et Cimourdain se partagèrent l'investissement de la forteresse; Gauvain se réserva le côté de la forêt et donna à Cimourdain le côté du plateau. Il fut convenu que, tandis que Gauvain, secondé par Guéchamp, conduirait l'assaut par la sape, Cimourdain, toutes les mèches de la batterie haute allumées, observerait le pont et le ravin.
XIII. CE QUE FAIT LE MARQUIS
Pendant qu'au dehors tout s'apprêtait pour l'attaque, au dedans tout s'apprêtait pour la résistance.
Ce n'est pas sans une réelle analogie qu'une tour se nomme une douve, et l'on frappe quelquefois une tour d'un coup de mine comme une douve d'un coup de poinçon. La muraille se perce comme une bonde. C'est ce qui était arrivé à la Tourgue.
Le puissant coup de poinçon donné par deux ou trois quintaux de poudre avait troué de part en part le mur énorme. Ce trou partait du pied de la tour, traversait la muraille dans sa plus grande épaisseur et venait aboutir en arcade informe dans le rez-de-chaussée de la forteresse. Du dehors, les assiégeants, afin de rendre ce trou praticable à l'assaut, l'avaient élargi et façonné à coups de canon.
Le rez-de-chaussée où pénétrait cette brèche était une grande salle ronde toute nue, avec pilier central portant la clef de voûte. Cette salle, qui était la plus vaste de tout le donjon, n'avait pas moins de quarante pieds de diamètre. Chacun des étages de la tour se composait d'une chambre pareille, mais moins large, avec des logettes dans les embrasures des meurtrières. La salle du rez-de-chaussée n'avait pas de meurtrières, pas de soupiraux, pas de lucarnes; juste autant de jour et d'air qu'une tombe.
La porte des oubliettes, faite de plus de fer que de bois, était dans la salle du rez-de-chaussée. Une autre porte de cette salle ouvrait sur un escalier qui conduisait aux chambres supérieures. Tous les escaliers étaient pratiqués dans l'épaisseur du mur.
C'est dans cette salle basse que les assiégeants avaient chance d'arriver par la brèche qu'ils avaient faite. Cette salle prise, il leur restait la tour à prendre.
On n'avait jamais respiré dans cette salle basse. Nul n'y passait vingt-quatre heures sans être asphyxié. Maintenant, grâce à la brèche, on y pouvait vivre.
C'est pourquoi les assiégés ne fermèrent pas la brèche.
D'ailleurs, à quoi bon? Le canon l'eût rouverte.
Ils piquèrent dans le mur une torchère de fer, y plantèrent une torche, et cela éclaira le rez-de-chaussée.
Maintenant comment s'y défendre?
Murer le trou était facile, mais inutile. Une retirade valait mieux. Une retirade, c'est un retranchement à angle rentrant, sorte de barricade chevronnée qui permet de faire converger les feux sur les assaillants, et qui, en laissant à l'extérieur la brèche ouverte, la bouche à l'intérieur. Les matériaux ne leur manquaient pas; ils construisirent une retirade, avec fissures pour le passage des canons de fusil. L'angle de la retirade s'appuyait au pilier central; les deux ailes touchaient le mur des deux côtés. Cela fait, on disposa dans les bons endroits des fougasses.
Le marquis dirigeait tout. Inspirateur, ordonnateur, guide et maître, âme terrible. Lantenac était de cette race d'hommes de guerre du dix-huitième siècle qui, à quatre-vingts ans, sauvaient des villes. Il ressemblait à ce comte d'Alberg qui, presque centenaire, chassa de Riga le roi de Pologne.
—Courage, amis! disait le marquis, au commencement de ce siècle, en 1715, à Bender, Charles XII, enfermé dans une maison, a tenu tête, avec trois cents suédois, à vingt mille turcs.
On barricada les deux étages d'en bas, on fortifia les chambres, on crénela les alcôves, on contrebuta les portes avec des solives enfoncées à coups de maillet, qui faisaient comme des arcs-boutants; seulement on dut laisser libre l'escalier en spirale qui communiquait à tous les étages, car il fallait pouvoir y circuler; et l'entraver pour l'assiégeant, c'eût été l'entraver pour l'assiégé. La défense des places a toujours ainsi un côté faible.
Le marquis, infatigable, robuste comme un jeune homme, soulevant des poutres, portant des pierres, donnait l'exemple, mettait la main à la besogne, commandait, aidait, fraternisait, riait avec ce clan féroce, toujours le seigneur pourtant, haut, familier, élégant, farouche.
Il ne fallait pas lui répliquer. Il disait: Si une moitié de vous se révoltait, je la ferais fusiller par l'autre, et je défendrais la place avec le reste. Ces choses-là font qu'on adore un chef.
XIV. CE QUE FAIT L'IMANUS
Pendant que le marquis s'occupait de la brèche et de la tour, l'Imânus s'occupait du pont. Dès le commencement du siège, l'échelle de sauvetage suspendue transversalement en dehors et au-dessous des fenêtres du deuxième étage, avait été retirée par ordre du marquis, et placée par l'Imânus dans la salle de la bibliothèque. C'est peut-être à cette échelle-là que Gauvain voulait suppléer. Les fenêtres du premier étage entre-sol, dit salle des gardes, étaient défendues par une triple armature de barreaux de fer scellés dans la pierre, et l'on ne pouvait ni entrer ni sortir par là.
Il n'y avait point de barreaux aux fenêtres de la bibliothèque, mais elles étaient très hautes.
L'Imânus se fit accompagner de trois hommes, comme lui capables de tout et résolus à tout. Ces hommes étaient Hoisnard, dit Branche-d'Or, et les deux frères Pique-en-Bois. L'Imânus prit une lanterne sourde, ouvrit la porte de fer, et visita minutieusement les trois étages du châtelet du pont. Hoisnard Branche-d'Or était aussi implacable que l'Imânus, ayant eu un frère tué par les républicains.
L'Imânus examina l'étage d'en haut, regorgeant de foin et de paille, et l'étage d'en bas, dans lequel il fit apporter quelques pots à feu, qu'il ajouta aux tonnes de goudron; il fit mettre le tas de fascines de bruyères en contact avec les tonnes de goudron, et il s'assura du bon état de la mèche soufrée dont une extrémité était dans le pont et l'autre dans la tour. Il répandit sur le plancher, sous les tonnes et sous les fascines, une mare de goudron où il immergea le bout de la mèche soufrée; puis il fit placer dans la salle de la bibliothèque, entre le rez-de-chaussée où était le goudron et le grenier où était la paille, les trois berceaux où étaient René-Jean, Gros-Alain et Georgette, plongés dans un profond sommeil. On apporta les berceaux très doucement pour ne point réveiller les petits.
C'étaient de simples petites crèches de campagne, sorte de corbeilles d'osier très basses qu'on pose à terre, ce qui permet à l'enfant de sortir du berceau seul et sans aide. Près de chaque berceau, l'Imânus fit placer une écuelle de soupe avec une cuiller de bois. L'échelle de sauvetage décrochée de ses crampons avait été déposée sur le plancher, contre le mur; l'Imânus fit ranger les trois berceaux bout à bout le long de l'autre mur en regard de l'échelle. Puis, pensant que des courants d'air pouvaient être utiles, il ouvrit toutes grandes les six fenêtres de la bibliothèque. C'était une nuit d'été, bleue et tiède.
Il envoya les frères Pique-en-Bois ouvrir les fenêtres de l'étage inférieur et de l'étage supérieur. Il avait remarqué, sur la façade orientale de l'édifice, un grand vieux lierre desséché, couleur d'amadou, qui couvrait tout un côté du pont du haut en bas et encadrait les fenêtres des trois étages. Il pensa que ce lierre ne nuirait pas. L'Imânus jeta partout un dernier coup d'oeil; après quoi, ces quatre hommes sortirent du châtelet et rentrèrent dans le donjon. L'Imânus referma la lourde porte de fer à double tour, considéra attentivement la serrure énorme et terrible, et examina, avec un signe de tête satisfait, la mèche soufrée qui passait par le trou pratiqué par lui, et était désormais la seule communication entre la tour et le pont. Cette mèche partait de la chambre ronde, passait sous la porte de fer, entrait sous la voussure, descendait l'escalier du rez-de-chaussée du pont, serpentait sur les degrés en spirale, rampait sur le plancher du couloir entre-sol, et allait aboutir à la mare de goudron sous le tas de fascines sèches. L'Imânus avait calculé qu'il fallait environ un quart d'heure pour que cette mèche, allumée dans l'intérieur de la tour, mit le feu à la mare de goudron sous la bibliothèque. Tous ces arrangements pris, et toutes ces inspections faites, il rapporta la clef de la porte de fer au marquis de Lantenac, qui la mit dans sa poche.
Il importait de surveiller tous les mouvements des assiégeants. L'Imânus alla se poster en vedette, sa trompe de bouvier à la ceinture, dans la guérite de la plate-forme, au haut de la tour. Tout en observant, un oeil sur la forêt, un oeil sur le plateau, il avait près de lui, dans l'embrasure de la lucarne de la guérite, une poire à poudre, un sac de toile plein de balles de calibre, et de vieux journaux qu'il déchirait, et il faisait des cartouches.
Quand le soleil parut, il éclaira dans la forêt huit bataillons, le sabre au côté, la giberne au dos, la bayonnette au fusil, prêts à l'assaut; sur le plateau, une batterie de canons, avec caissons, gargousses et boîtes à mitraille; dans la forteresse, dix-neuf hommes chargeant des tromblons, des mousquets, des pistolets et des espingoles; et dans les trois berceaux trois enfants endormis.