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Quatrevingt-TreizeParte 17 de 38

Victor Hugo

Original em francês · tradução para inglês

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II. MARAT DANS LA COULISSE

Comme il l'avait annoncé à Simonne Evrard, Marat, le lendemain de la rencontre de la rue du Paon, alla à la Convention.

Il y avait à la Convention un marquis maratiste, Louis de Montaut, celui qui plus tard offrit à la Convention une pendule décimale surmontée du buste de Marat.

Au moment où Marat entrait, Chabot venait de s'approcher de Montaut.

—Ci-devant…, dit-il.

Montaut leva les yeux.

—Pourquoi m'appelles-tu ci-devant?

—Parce que tu l'es.

—Moi?

—Puisque tu étais marquis.

—Jamais.

—Bah!

—Mon père était soldat, mon grand-père était tisserand.

—Qu'est-ce que tu nous chantes là, Montaut?

—Je ne m'appelle pas Montaut.

—Comment donc t'appelles-tu?

—Je m'appelle Maribon.

—Au fait, dit Chabot, cela m'est égal.

Et il ajouta entre ses dents:

—C'est à qui ne sera pas marquis.

Marat s'était arrêté dans le couloir de gauche et regardait Montaut et Chabot.

Toutes les fois que Marat entrait, il y avait une rumeur; mais loin de lui. Autour de lui on se taisait. Marat n'y prenait pas garde. Il dédaignait le «coassement du marais».

Dans la pénombre des bancs obscurs d'en bas. Coupé de l'Oise, Prunelle, Villars, évêque, qui plus tard fut membre de l'Académie française, Boutroue, Petit, Plaichard, Bonet, Thibaudeau, Valdruche, se le montraient du doigt.

—Tiens! Marat!

—Il n'est donc pas malade?

—Si, puisqu'il est en robe de chambre.

—En robe de chambre?

—Pardieu oui!

—Il se permet tout!

—Il ose venir ainsi à la Convention!

—Puisqu'un jour il y est venu coiffé de lauriers, il peut bien y venir en robe de chambre!

—Face de cuivre et dents de vert-de-gris.

—Sa robe de chambre paraît neuve.

—En quoi est-elle?

—En reps.

—Rayé.

—Regardez donc les revers.

—Ils sont en peau.

—De tigre.

—Non, d'hermine.

—Fausse.

—Et il a des bas!

—C'est étrange.

—Et des souliers à boucles.

—D'argent!

—Voilà ce que les sabots de Camboulas ne lui pardonneront pas.

Sur d'autres bancs on affectait de ne pas voir Marat. On causait d'autre chose. Santhonax abordait Dussaulx.

—Vous savez, Dussaulx?

—Quoi?

—Le ci-devant comte de Brienne?

—Qui était à la Force avec le ci-devant duc de Villeroy?

—Oui.

—Je les ai connus tous les deux. Eh bien?

—Ils avaient si grand'peur qu'ils saluaient tous les bonnets rouges de tous les guichetiers, et qu'un jour ils ont refusé de jouer une partie de piquet parce qu'on leur présentait un jeu de cartes à rois et à reines.

—Eh bien?

—On les a guillotinés hier.

—Tous les deux?

—Tous les deux.

—En somme, comment avaient-ils été dans la prison?

—Lâches.

—Et comment ont-ils été sur l'échafaud?

—Intrépides.

Et Dussaulx jetait cette exclamation:

—Mourir est plus facile que vivre.

Barère était en train de lire un rapport: il s'agissait de la Vendée. Neuf cents hommes du Morbihan étaient partis avec du canon pour secourir Nantes. Redon était menacé par les paysans. Paimboeuf était attaqué. Une station navale croisait à Maindrin pour empêcher les descentes. Depuis Ingrande jusqu'à Maure, toute la rive gauche de la Loire était hérissée de batteries royalistes. Trois mille paysans étaient maîtres de Pornic. Ils criaient Vivent les Anglais! Une lettre de Santerre à la Convention, que Barère lisait, se terminait ainsi: «Sept mille paysans ont attaqué Vannes. Nous les avons repoussés, et ils ont laissé dans nos mains quatre canons…»

—Et combien de prisonniers? interrompit une voix.

Barère continua…—Post-scriptum de la lettre: «Nous n'avons pas de prisonniers, parce que nous n'en faisons plus.»

[Footnote 1: Moniteur, t. XIX, p. 81.]

Marat toujours immobile n'écoutait pas, il était comme absorbé par une préoccupation sévère.

Il tenait dans sa main et froissait entre ses doigts un papier sur lequel quelqu'un qui l'eût déplié eût pu lire ces lignes, qui étaient de l'écriture de Momoro et qui étaient probablement une réponse à une question posée par Marat:

«—Il n'y a rien à faire contre l'omnipotence des commissaires délégués, surtout contre les délégués du Comité de salut public. Génissieux a eu beau dire dans la séance du 6 mai: «Chaque commissaire est plus qu'un Roi», cela n'y fait rien. Ils ont pouvoir de vie et de mort. Massade à Angers, Trullard à Saint-Amand, Nyon près du général Marcé, Parrein à l'armée des Sables, Millier à l'armée de Niort, sont tout-puissants. Le club des Jacobins a été jusqu'à nommer Parrein général de brigade. Les circonstances absolvent tout. Un délégué du Comité de salut public tient en échec un général en chef.»

Marat acheva de froisser le papier, le mit dans sa poche, et s'avança lentement vers Montaut et Chabot qui continuaient à causer et qui ne l'avaient pas vu entrer.

Chabot disait:

—Maribon ou Montaut, écoute ceci: je sors du comité de salut public.

—Et qu'y fait-on?

—On y donne un noble à garder à un prêtre.

—Ah!

—Un noble comme toi…

—Je ne suis pas noble, dit Montaut.

—A un prêtre…

—Comme toi.

—Je ne suis pas prêtre, dit Chabot.

Tous deux se mirent à rire.

—Précise l'anecdote, repartit Montaut.

Voici ce que c'est. Un prêtre appelé Cimourdain est délégué avec pleins pouvoirs près d'un vicomte nommé Gauvain; ce vicomte commande la colonne expéditionnaire de l'armée des Côtes. Il s'agit d'empêcher le noble de tricher et le prêtre de trahir.

—C'est bien simple, répondit Montaut. Il n'y a qu'à mettre la mort dans l'aventure.

—Je viens pour cela, dit Marat.

Ils levèrent la tête.

—Bonjour, Marat, dit Chabot, tu assistes rarement à nos séances.

—Mon médecin me commande les bains, répondit Marat.

—Il faut se défier des bains, reprit Chabot; Sénèque est mort dans un bain.

Marat sourit:

—Chabot, il n'y a pas ici de Néron.

—Il y a toi, dit une voix rude.

C'était Danton qui passait et qui montait à son banc.

Marat ne se retourna pas.

Il pencha sa tête entre les deux visages de Montaut et de Chabot.

—Ecoutez. Je viens pour une chose sérieuse. Il faut qu'un de nous trois propose aujourd'hui un projet de décret à la Convention.

—Pas moi, dit Montaut; on ne m'écoute pas, je suis marquis.

—Moi, dit Chabot, on ne m'écoute pas, je suis capucin.

—Et moi, dit Marat, on ne m'écoute pas, je suis Marat.

Il y eut entre eux un silence.

Marat préoccupé n'était pas aisé à interroger. Montaut pourtant hasarda une question.

—Marat, quel est le décret que tu désires?

—Un décret qui punisse de mort tout chef militaire qui fait évader un rebelle prisonnier.

Chabot intervint.

—Ce décret existe. On a voté cela fin avril.

—Alors c'est comme s'il n'existait pas, dit Marat. Partout, dans toute la Vendée, c'est à qui fera évader les prisonniers, et l'asile est impuni.

—Marat, c'est que le décret est en désuétude.

—Chabot, il faut le remettre en vigueur.

—Sans doute.

—Et pour cela parler à la Convention.

—Marat, la Convention n'est pas nécessaire; le comité de salut public suffit.

—Le but est atteint, ajouta Montaut, si le comité de salut public fait placarder le décret dans toutes les communes de la Vendée, et fait deux ou trois bons exemples.

—Sur les grandes têtes, reprit Chabot. Sur les généraux.

Marat grommela:—En effet, cela suffira.

—Marat, repartit Chabot, va toi-même dire cela au comité de salut public.

Marat le regarda entre les deux yeux, ce qui n'était pas agréable, même pour Chabot.

—Chabot, dit-il, le comité de salut public, c'est chez Robespierre. Je ne vais pas chez Robespierre.

—J'irai, moi, dit Montaut.

—Bien, dit Marat.

Le lendemain était expédié dans toutes les directions un ordre du comité de salut public enjoignant d'afficher dans les villes et villages de Vendée et de faire exécuter strictement le décret portant peine de mort contre toute connivence dans les évasions de brigands et d'insurgés prisonniers.

Ce décret n'était qu'un premier pas. La Convention devait aller plus loin encore. Quelques mois après, le 11 brumaire au 11 novembre 1795, à propos de Laval qui avait ouvert ses portes aux Vendéens fugitifs, elle décréta que toute ville qui donnerait asile aux rebelles serait démolie et détruite.

De leur côté, les princes de l'Europe, dans le manifeste du duc de Brunswick, inspiré par les émigrés et rédigé par le marquis de Linnon, intendant du duc d'Orléans, avaient déclaré que tout français pris les armes à la main serait fusillé, et que, si un cheveu tombait de la tête du roi, Paris serait rasé.

Sauvagerie contre barbarie.

TROISIÈME PARTIE

EN VENDÉE

LIVRE PREMIER

LA VENDÉE

I. LES FORÊTS

Il y avait alors en Bretagne sept forêts horribles. La Vendée, c'est la révolte-prêtre. Cette révolte a eu pour auxiliaire la forêt. Les ténèbres s'entr'aident.

Les sept forêts-Noires de Bretagne étaient la forêt de Fougères qui barre le passage entre Dol et Avranches; la forêt de Princé qui a huit lieues de tour; la forêt de Paimpont, pleine de ravines et de ruisseaux, presque inaccessible du côté de Baignon, avec une retraite facile sur Concornet qui était un bourg royaliste; la forêt de Rennes d'où l'on entendait le tocsin des paroisses républicaines, toujours nombreuses près des villes; c'est là que Puysaye perdit Focard; la forêt de Machecoul qui avait Charette pour bête fauve; la forêt de la Garnache qui était aux La Trémoille, aux Gauvain et aux Rohan; la forêt de Brocéliande qui était aux fées.

Un gentilhomme en Bretagne avait le titre de seigneur des Sept-Forêts. C'était le vicomte de Fontenay, prince breton.

Car le prince breton existait, distinct du prince français. Les Rohan étaient princes bretons. Garnier de Saintes, dans son rapport à la Convention, 13 nivôse an II, qualifie ainsi le prince de Talmont: «Ce Capet des brigands, souverain du Maine et de la Normandie.»

L'histoire des forêts bretonnes, de 1792 à 1800 pourrait être faite à part, et elle se mêlerait de la vaste aventure de la Vendée comme une légende.

L'histoire a sa vérité, la légende a la sienne. La vérité légendaire est d'une autre nature que la vérité historique. La vérité légendaire, c'est l'invention ayant pour résultat la réalité. Du reste, l'histoire et la légende ont le même but, peindre sous l'homme momentané l'homme éternel.

La Vendée ne peut être complètement expliquée que si la légende complète l'histoire; il faut l'histoire pour l'ensemble et la légende pour le détail.

Disons que la Vendée en vaut la peine. La Vendée est un prodige.

Cette Guerre des Ignorants, si stupide et si splendide, abominable et magnifique, a désolé et enorgueilli la France. La Vendée est une plaie qui est une gloire.

A de certaines heures la société humaine a ses énigmes, énigmes qui pour les sages se résolvent en lumière et pour les ignorants en obscurité, en violence et en barbarie. Le philosophe hésite à accuser. Il tient compte du trouble que produisent les problèmes. Les problèmes ne passent point sans jeter au-dessous d'eux une ombre comme les nuages.

Si l'on veut comprendre la Vendée, qu'on se figure cet antagonisme, d'un côté la révolution française, de l'autre le paysan breton. En face de ces évènements incomparables, menace immense de tous les bienfaits à la fois, accès de colère de la civilisation, excès du progrès furieux, amélioration démesurée et inintelligible, qu'on place ce sauvage grave et singulier, cet homme à l'il clair et aux longs cheveux, vivant de lait et de châtaignes, borné à son toit de chaume, à sa haie et à son fossé, distinguant chaque hameau du voisinage au son de la cloche, ne se servant de l'eau que pour boire, ayant sur le dos une veste de cuir avec des arabesques de soie, inculte et brodé, tatouant ses habits, comme ses ancêtres les celtes avaient tatoué leurs visages, respectant son maître dans son bourreau, Parlant une langue morte, ce qui est faire habiter une tombe à sa pensée, piquant ses bufs, aiguisant sa faulx, sarclant son blé noir, pétrissant sa galette de sarrasin, vénérant sa charrue d'abord, sa grand'mère ensuite, croyant à la sainte Vierge et à la Dame blanche, dévot à l'autel et aussi à la haute pierre mystérieuse debout au milieu de la lande, laboureur dans la plaine, pêcheur sur la côte, braconnier dans le hallier, aimant ses rois, ses seigneurs, ses prêtres, ses poux: pensif, immobile souvent des heures entières sur la grande grève déserte, sombre écouteur de la mer.

Et qu'on se demande si cet aveugle pouvait accepter cette clarté.

II. LES HOMMES

Le paysan a deux points d'appui: le champ qui le nourrit, le bois qui le cache.

Ce qu'étaient les forêts bretonnes, on se le figurerait difficilement; c'étaient des villes. Rien de plus sourd, de plus muet et de plus sauvage que ces inextricables enchevêtrements d'épines et de branchages, ces vastes broussailles étaient des gîtes d'immobilité et de silence; pas de solitude d'apparence plus morte et plus sépulcrale; si l'on eût pu, subitement et d'un seul coup pareil à l'éclair, couper les arbres, on eût brusquement vu dans cette ombre un fourmillement d'hommes.

Des puits ronds et étroits, masqués au dehors par des le couvercles de pierre et de branches, verticaux, puis horizontaux, s'élargissant sous terre en entonnoir, et aboutissant à des chambres ténébreuses, voilà ce que Cambyse trouva en Egypte et ce que Westermann trouva en Bretagne; là c'était dans le désert, ici c'était dans la forêt; dans les caves d'Egypte il y avait des morts, dans les caves de Bretagne il y avait des vivants. Une des plus sauvages clairières du bois de Misdon, toute perforée de galeries et de cellules où allait et venait un peuple mystérieux, s'appelait «la Grande ville». Une autre clairière non moins déserte en dessus et non moins habitée en dessous, s'appelait «la Place royale».

Cette vie souterraine était immémoriale en Bretagne. De tout temps l'homme y avait été en fuite devant l'homme. De là les tanières de reptiles creusées sous les racines des arbres. Cela datait des druides, et quelques-unes de ces cryptes étaient aussi anciennes que les dolmens. Les larves de la légende et les monstres de l'histoire, tout avait passé sur ce noir pays. Teutatès, César, Noël, Néomène, Geoffroy d'Angleterre, Alain-gant-de-fer, Pierre Mauclair, la maison française de Blois, la maison anglaise de Montfort, les rois et les ducs, les neuf barons de Bretagne, les juges des Grands-Jours, les comtes de Nantes querellant les comtes de Rennes, les routiers, les malandrins, les grandes compagnies, René II, vicomte de Rohan, les gouverneurs pour le roi, le «bon duc de Chaulnes» branchant les paysans sous les fenêtres de madame de Sévigné, au quinzième siècle les boucheries seigneuriales, au seizième et au dix-septième siècles les guerres de religion, au dix-huitième siècle les trente mille chiens dressés à chasser aux hommes; sous ce piétinement effroyable le peuple avait pris le parti de disparaître. Tour à tour les troglodytes pour échapper aux celtes, les celtes pour échapper aux romains, les bretons pour échapper aux normands, les huguenots pour échapper aux catholiques, les contrebandiers pour échapper aux gabelous, s'étaient réfugiés d'abord dans les forêts, puis sous la terre. Ressource des bêtes. C'est là que la tyrannie réduit les nations. Depuis deux mille ans, le despotisme sous toutes ses espèces, la conquête, la féodalité, le fanatisme, le fisc, traquaient cette misérable Bretagne éperdue, sorte de battue inexorable qui ne cessait sous une forme que pour recommencer sous l'autre. Les hommes se terraient.

L'épouvante, qui est une sorte de colère, était toute prête dans les âmes, et les tanières étaient toutes prêtes dans les bois, quand la république française éclata. La Bretagne se révolta, se trouvant opprimée par cette délivrance de force. Méprise habituelle aux esclaves.

III. CONNIVENCE DES HOMMES ET DES FORÊTS

Les tragiques forêts bretonnes reprirent leur vieux rôle et furent servantes et complices de cette rébellion, comme elles l'avaient été de toutes les autres.

Le sous-sol de telle forêt était une sorte de madrépore percé et traversé en tous sens par une voirie inconnue de sapes, de cellules et de galeries. Chacune de ces cellules aveugles abritait cinq ou six hommes. La difficulté était d'y respirer. On a de certains chiffres étranges qui font comprendre cette puissante organisation de la vaste émeute paysanne. En Ille-et-Vilaine, dans la forêt du Pertre, asile du de Talmont, on n'entendait pas un souffle, on ne trouvait pas une trace humaine, et il y avait six mille hommes avec Focard; en Morbihan, dans la forêt de Meulac, on ne voyait personne, et il avait huit mille hommes. Ces deux forêts, le Pertre et Meulac, ne comptent pourtant pas parmi les grandes forêts bretonnes. Si l'on marchait là-dessus, c'était terrible. Ces halliers hypocrites, pleins de combattants tapis dans une sorte de labyrinthe sous-jacent, étaient comme d'énormes éponges obscures d'où, sous la pression de ce pied gigantesque, la révolution, jaillissait la guerre civile.

Des bataillons invisibles guettaient. Ces armées ignorées serpentaient sous les armées républicaines, sortaient de terre tout à coup et y rentraient, bondissaient innombrables et s'évanouissaient, douées d'ubiquité et de dispersion, avalanche puis poussière, colosses ayant le don de rapetissement, géants pour combattre, nains pour disparaître. Des jaguars ayant des murs de taupes.

Il n'y avait pas que les forêts, il y avait les bois. De même qu'au-dessous des cités il y a les villages, au-dessous des forêts il y avait les broussailles. Les forêts se reliaient entre elles par le dédale, partout épars, des bois. Les anciens châteaux qui étaient des forteresses, les hameaux qui étaient des camps, les fermes qui étaient des enclos faits d'embûches et de pièges, les métairies, ravinées de fossés et palissadées d'arbres, étaient les mailles de ce filet où se prirent les armées républicaines.

Cet ensemble était ce qu'on appelait le Bocage.