Les Filles du feuParte 27 de 50
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6e LETTRE.
Le jour des Morts.—Senlis.—Les tours des Romains,—Les jeunes filles.—Delphine.
C'est le jour des Morts que je vous écris;—pardon de ces idées mélancoliques. Arrivé à Senlis la veille, j'ai passé par les paysages les plus beaux et les plus tristes qu'on puisse voir dans cette saison. La teinte rougeâtre des chênes et des trembles sur le vert foncé des gazons, les troncs blancs des bouleaux se détachant du milieu des bruyères et des broussailles,—et surtout la majestueuse longueur de cette route de Flandre, qui l'élève parfois de façon à vous faire admirer un vaste horizon de forêts brumeuses, tout cela m'avait porté à la rêverie. En arrivant à Senlis, j'ai vu la ville en fête. Les cloches,—dont Rousseau aimait tant le son lointain,—résonnaient de tous côtés; les jeunes filles se promenaient par compagnies dans la ville, ou se tenaient devant les portes des maisons en souriant et caquetant. Je ne sais si je suis victime d'une illusion: je n'ai pu rencontrer encore une fille laide à Senlis; celles-là peut-être ne se montrent pas!
Non:—le sang est beau généralement, ce qui tient sans doute à l'air pur, à la nourriture abondante, à la qualité des eaux. Senlis est une ville isolée de ce grand mouvement du chemin de fer du Nord qui entraîne les populations vers l'Allemagne.—Je n'ai jamais su pourquoi le chemin de fer du Nord ne passait pas par nos pays,—et faisait un coude énorme qui encadre en partie Montmorency, Luzarches, Gonesse et autres localités, privées du privilège qui leur aurait assuré un trajet direct. Il est probable que les personnes qui ont institué ce chemin auront tenu à le faire passer par leurs propriétés.—Il suffit de consulter la carte pour apprécier la justesse de cette observation.
Il est naturel, un jour de fête à Senlis, d'aller voir la cathédrale. Elle est fort belle, et nouvellement restaurée, avec l'écusson semé de fleurs de lis qui représente les armes de la ville, et qu'on a eu soin de replacer sur la porte latérale. L'évêque officiait en personne,—et la nef était remplie des notabilités châtelaines et bourgeoises qui se rencontrent encore dans cette localité.
LES JEUNES FILLES.
En sortant, j'ai pu admirer, sous un rayon de soleil couchant, les vieilles tours des fortifications romaines, à demi démolies et revêtues de lierre.
—En passant près du prieuré, j'ai remarqué un groupe de petites filles qui s'étaient assises sur les marches de la porte.
Elles chantaient sous la direction de la plus grande, qui, debout devant elles, frappait des mains en réglant la mesure.
—Voyons, mesdemoiselles, recommençons; les petites ne vont pas!... Je veux entendre cette petite-là qui est à gauche, la première sur la seconde marche:—Allons, chante toute seule.
Et la petite se met à chanter avec une voix faible, mais bien timbrée:
Les canards dans la rivière... etc.
Encore un air avec lequel j'ai été bercé. Les souvenirs d'enfance se ravivent quand on a atteint la moitié de la vie.—C'est comme un manuscrit palympseste dont on fait reparaître les lignes par des procédés chimiques.
Les petites filles reprirent ensemble une autre chanson, encore un souvenir:
Trois filles dedans un pré... Mon cœur vole (bis)! Mon cœur vole à votre gré!
«Scélérats d'enfants! dit un brave paysan qui s'était arrêté près de moi à les écouter... Mais vous êtes trop gentilles!... Il faut danser à présent.»
Les petites filles se levèrent de l'escalier et dansèrent une danse singulière qui m'a rappelé celle des filles grecques dans les îles.
Elles se mettent toutes,—comme on dit chez nous,—à la queue leleu; puis un jeune garçon prend les mains de la première et la conduit en reculant, pendant que les autres se tiennent les bras, que chacune saisit derrière sa compagne. Cela forme un serpent qui se meut d'abord en spirale et ensuite en cercle, et qui se resserre de plus en plus autour de l'auditeur, obligé d'écouter le chant, et quand la ronde se resserre, d'embrasser les pauvres enfants, qui font cette gracieuseté à l'étranger qui passe.
Je n'étais pas un étranger, mais j'étais ému jusqu'aux larmes en reconnaissant, dans ces petites voix, des intonations, des roulades, des finesses d'accent, autrefois entendues,—et qui, des mères aux filles, se conservent les mêmes...
La musique, dans cette contrée, n'a pas été gâtée par l'imitation des opéras parisiens, des romances de salon ou des mélodies exécutées par les orgues. On en est encore, à Senlis, à la musique du seizième siècle, conservée traditionnellement depuis les Médicis. L'époque de Louis XIV a aussi laissé des traces. Il y a dans les souvenirs des filles de la campagne, des complaintes—d'un mauvais goût ravissant.
On trouve là des restes de morceaux d'opéras, du seizième siècle, peut-être,—ou d'oratorios du dix-septième.
DELPHINE.
J'ai assisté autrefois à une représentation, donnée à Senlis dans une pension de demoiselles.
On jouait un mystère,—comme aux temps passés.—La vie du Christ avait été représentée dans tous ses détails, et la scène dont je me souviens était celle où l'on attendait la descente du Christ dans les enfers.
Une très-belle fille blonde parut avec une robe blanche, une coiffure de perles, une auréole et une épée dorée, sur un demi globe, qui figurait un astre éteint.
Elle chantait:
Anges! descendez promptement, Au fond du purgatoire!...
Et elle parlait de la gloire du Messie, qui allait visiter ces sombres lieux.—Elle ajoutait:
Vous le verrez distinctement Avec une couronne... Assis dessus un trône!..
Ceci se passait dans une époque monarchique. La demoiselle blonde était d'une des plus grandes familles du pays et s'appelait Delphine.—Je n'oublierai jamais ce nom!
Le sire de Longueval dit à ses gens: «Fouillez ce traître, car il a des lettres de ma fille,»—et il ajoutait en lui parlant: «Dis, perfide, d'où venais-tu quand tu sortais si bonne heure de la grand'salle?»
«Je venais, disait-il, de la chambre de M. de La Porte, et ne sais ce que vous voulez me dire de lettres.»
Heureusement La Corbinière avait brûlé les lettres précédemment reçues, de sorte qu'on ne trouva rien. Cependant le comte de Longueval dit à son fils,—en tenant toujours le pistolet à la main:—Coupe-lui la moustache et les cheveux!
Le comte s'imaginait qu'après cette opération, La Corbinière ne plairait plus à sa fille.
Voici ce qu'elle a écrit à ce sujet:
«Ce garçon se voyant de cette sorte, voulut mourir, car il croyait, en effet, que je ne l'aimerais plus; mais, au contraire, lorsque je le vis en cet état pour l'amour de moi, mon affection redoubla de telle sorte que j'avais juré, si mon père le traitait plus mal, de me tuer devant lui;—lequel usa de prudence, comme homme d'esprit qu'il était, car, sans éclater davantage, il l'envoya avec un bon cheval en Beauvoisis, avertir ces Messieurs les gendarmes de se tenir prêts à venir en garnison à Orbaix.»
La demoiselle ajoute:
«Le mauvais traitement que lui avait fait mon père, et le commandement qu'il lui avait enjoint de se tenir dans les bornes de son devoir, ne purent empêcher qu'il ne passât toute cette nuit-là avec moi par cette invention: mon père lui ayant commandé de s'en aller en Beauvoisis, il monta à cheval, et au lieu de s'en aller vivement, il s'arrêta dans le bois de Guny jusqu'à ce qu'il fût nuit, et alors il s'en vint chez Tancar, à Coucy-la-Ville, et lorsqu'il eut soupé, il prit ses deux pistolets et s'en vint à Verneuil, grimper par le petit jardin, où je l'attendais avec assurance et sans peur, sachant qu'on croyait qu'il fût bien loin. Je le menai dans ma chambre; alors il me dit: «Il ne faut pas perdre cette bonne occasion sans nous embrasser: c'est pourquoi il faut nous déshabiller... Il n'y a nul danger.»
La Corbinière fit une maladie, ce qui rendit le comte moins sévère envers lui,—mais pour l'éloigner de sa fille, il lui dit: «Il vous en faut aller à la garnison à Orbaix, car déjà les autres gendarmes y sont.»
Ce qu'il fit avec grand déplaisir.
A Orbaix, le fauconnier du comte ayant envoyé à Verneuil son valet, nommé Toquette, La Corbinière lui donna une lettre pour Angélique de Longueval. Mais, craignant qu'elle ne fût vue, il lui recommanda de la mettre sous une pierre avant d'entrer au château, afin que si on le fouillait, on ne trouvât rien.
Une fois admis, il devenait très-simple d'aller quérir la lettre sous la pierre, et de la remettre à la demoiselle. Le petit garçon fit bien son message, et, s'approchant d'Angélique de Longueval, lui dit: «J'ai quelque chose pour vous.»
Elle eut un grand contentement de cette lettre. Il témoignait qu'il avait quitté de grands avantages en Allemagne pour venir la voir, et qu'il lui était impossible de vivre sans qu'elle lui donnât commodité de la voir.
Ayant été menée par son frère au château de la Neuville, Angélique dit à un laquais qui était à sa mère et qui s'appelait Court-Toujours: «Oblige-moi d'aller trouver La Corbinière, lequel est revenu d'Allemagne, et lui porte cette lettre de ma part bien secrètement.»
7e LETTRE.
Observations.—Le roi Loys.—Dessous les rosiers blancs.
Avant de parler des grandes résolutions d'Angélique de Longueval, je demande la permission de placer encore un mot. Ensuite, je n'interromprai plus que rarement le récit. Puisqu'il nous est défendu de faire du roman historique, nous sommes forcé de servir la sauce sur un autre plat que le poisson;—c'est-à-dire les descriptions locales, le sentiment de l'époque, l'analyse des caractères,—en dehors du récit matériellement vrai.
Je me rends compte difficilement du voyage qu'a fait La Corbinière en Allemagne. La demoiselle de Longueval n'en dit qu'un mot. A cette époque, on appelait l'Allemagne les pays situés dans la haute Bourgogne,—où nous avons vu que M. de Longueville avait été malade de la dyssenterie. Probablement La Corbinière était allé quelque temps près de lui.
Quant au caractère des pères de la province que je parcours, il a été éternellement le même si j'en crois les légendes que j'ai entendu chanter dans ma jeunesse. C'est un mélange de rudesse et de bonhomie tout patriarcal. Voici une des chansons que j'ai pu recueillir dans ce vieux pays de l'Ile de France, qui, du Parisis, s'étend jusqu'aux confins de la Picardie:
Le roi Loyt est sur son pont Tenant sa fille en son giron. Elle lui demande un cavalier... Qui n'a pas vaillant six deniers! —Oh! oui, mon père, je l'aurai Malgré ma mère qui m'a porté. Aussi malgré tous mes parents Et vous, mon père ... que j'aime tant! —Ma fille, il faut changer d'amour, Ou vous entrerez dans la tour... —J'aime mieux rester dans la tour, Mon père! que de changer d'amour! —Vite ... où sont mes estafiers. Aussi bien que mes gens de pied? Qu'on mène ma fille à la tour, Elle n'y verra jamais le jour! Elle y resta sept ans passés Sans que personne pût la trouver: Au bout de la septième année Son père vint la visiter. —Bonjour, ma fille! comme vous en va? —Ma foi, mon père ... ça va bien mal; J'ai les pieds pourris dans la terre. Et les côtés mangés des vers. —Ma fille, il faut changer d'amour... Ou vous resterez dans la tour. —J'aime mieux rester dans la tour, Mon père, que de changer d'amour!
Nous venons de voir le père féroce;—voici maintenant le père indulgent.
Il est malheureux de ne pouvoir vous faire entendre les airs,—qui sont aussi poétiques que ces vers, mêlés d'assonances, dans le goût espagnol, sont musicalement rhythmés:
Dessous le rosier blanc La belle se promène... Blanche comme la neige, Belle comme le jour: Au jardin de son père Trois cavaliers l'ont pris.
On a gâté depuis cette légende en y refaisant des vers, et en prétendant qu'elle était du Bourbonnais. On l'a même dédiée, avec de jolies illustrations, à l'ex-reine des Français... Je ne puis vous la donner entière; voici encore les détails dont je me souviens:
Trois capitaines passent à cheval près du rosier blanc:
Le plus jeune des trois La prit par sa main blanche: —Montez, montez la belle, Dessus mon cheval gris.
On voit encore, par ces quatre vers, qu'il est possible de ne pas rimer en poésie;—c'est ce que savent les Allemands, qui, dans certaines pièces, emploient seulement les longues et les brèves, à la manière antique.
Les trois cavaliers et la jeune fille, montée en croupe derrière le plus jeune, arrivent à Senlis. «Aussitôt arrivés, l'hôtesse la regarde:»
Entrez, entrez, la belle; Entrez sans plus de bruit, Avec trois capitaines Vous passerez la nuit!
Quand la belle comprend qu'elle a fait une démarche un peu légère,—après avoir présidé au souper, elle fait la morte, et les trois cavaliers sont assez naïfs pour se prendre à cette feinte.—Ils se disent: «Quoi! notre mie est morte!» et se demandent où il faut la reporter:
Au jardin de son père!—
dit le plus jeune; et c'est sous le rosier blanc qu'ils s'en vont déposer le corps.
Le narrateur continue:
Et au bout des trois jours La belle ressuscite! —Ouvrez, ouvrez, mon père, Ouvrez, sans plus tarder; Trois jours j'ai fait la morte Pour mon honneur garder.
Le père est en train de souper avec toute la famille. On accueille avec joie la jeune fille dont l'absence avait beaucoup inquiété ses parents depuis trois jours,—et il est probable qu'elle se maria plus tard fort honorablement.
Revenons à Angélique de Longueval.
«Mais pour parler de la résolution que je fis de quitter ma patrie, elle fut en cette sorte: lorsque celui qui était allé au Maine fut revenu à Verneuil, mon père lui demanda avant le souper: «Avez-vous force d'argent?» à quoi il répondit: «J'ai tant.» Mon père non content, prit un couteau sur la table, parce que le couvert était mis, et se jetant sur lui pour le blesser, ma mère et moi y accourûmes; mais déjà celui qui devait être cause de tant de peine, s'était blessé lui-même au doigt en voulant ôter le couteau à mon père ... et encore qu'il ait reçu ce mauvais traitement, l'amour qu'il avait pour moi l'empêchait de s'en aller, comme était son devoir.
»Huit jours se passèrent que mon père ne lui disait ni bien ni mal, pendant lequel temps il me sollicitait par lettres de prendre résolution de nous en aller ensemble, à quoi je n'étais encore résolue, mais les huit jours étant passés, mon père lui dit dans le jardin: «Je m'étonne de votre effronterie, que vous restiez encore dans ma maison après ce qui s'est passé; allez vous-en vitement, et ne venez jamais à pas une de mes maisons, car vous ne serez jamais le bienvenu.»
Il s'en vint donc vitement faire seller un cheval qu'il avait, et monta à sa chambre pour y prendre ses hardes; il m'avait fait signe de monter à la chambre d'Haraucourt, où dans l'antichambre il y avait une porte fermée, où l'on pouvait néanmoins parler. Je m'y en allai vitement et il me dit ces paroles: «C'est cette fois qu'il faut prendre résolution, ou bien vous ne me verrez jamais.»
«Je lui demandai trois jours pour y penser; il s'en alla donc à Paris et revint au bout de trois jours à Verneuil, pendant lequel temps je fis tout ce que je pus pour me pouvoir résoudre à laisser cette affection, mais il me fut impossible, encore que toutes les misères que j'ai souffertes se présentèrent devant mes yeux avant de partir. L'amour et le désespoir passèrent sur toutes ces considérations; me voilà donc résolue.».
Au bout de trois jours, La Corbinière vint au château et entra par le petit jardin. Angélique de Longueval l'attendait dans le petit jardin et entra par la chambre basse, où il fut ravi de joie en apprenant la résolution de la demoiselle.
Le départ fut fixé au premier dimanche de carême, et elle lui dit, sur l'observation qu'il fit, «qu'il fallait avoir de l'argent et un cheval», qu'elle ferait ce qu'elle pourrait.
Angélique chercha dans son esprit le moyen d'avoir de la vaisselle d'argent, car pour de la monnaie il n'y fallait pas songer, le père ayant tout son argent avec lui à Paris.
Le jour venu elle dit à un palefrenier nommé Breteau:
«Je voudrais bien que tu me prêtasses un cheval pour envoyer à Soissons, cette nuit, quérir du taffetas pour me faire un corps-de-cotte, te promettant que le cheval sera ici avant que maman se lève; et ne félonne pas si je te le demande pour la nuit, car c'est afin qu'elle ne te crie.»
Le palefrenier consentit à la volonté de sa demoiselle. Il s'agissait encore d'avoir la clef de la première porte du château. Elle dit au portier qu'elle voulait faire sortir quelqu'un de nuit pour aller chercher quelque chose à la ville et qu'il ne fallait pas que madame le sût.... qu'ainsi il ôtât du trousseau de clefs celle de la première porte, et qu'elle ne s'en apercevrait pas.
Le principal était d'avoir l'argenterie. La comtesse qui, ainsi que le dit sa fille, semblait en ce moment «inspirée de Dieu,» dit au souper à celle qui l'avait en garde: «Huberde, à cette heure que M. d'Haraucourt n'est point ici, serrez presque toute la vaisselle d'argent dans ce coffre et m'apportez la clef.»
La demoiselle changea de couleur,—et il fallut remettre le jour du départ. Cependant, sa mère étant allée se promener dans la campagne le dimanche suivant, elle eut l'idée de faire venir un maréchal du village pour lever la serrure du coffre,—sous prétexte que la clef était perdue.
«Mais, dit-elle, ce ne fut pas tout, car mon frère le chevalier, qui était seul resté avec moi, et qui était petit, me dit, lorsqu'il vit que j'avais donné des commissions à tous, et que j'avais fermé moi-même la première porte du château: «Ma sœur, si vous voulez voler papa et maman, pour moi, je ne le veux pas faire; je m'en vais trouver vitement maman.—Va, lui dis-je, petit impudent, car aussi bien le saura-t-elle de ma bouche; et si elle ne me fait raison, je me la ferai bien moi-même.»—Mais c'était au plus loin de ma pensée que je disais ces paroles. Cet enfant s'en courait pour aller dire ce que je voulais tenir caché; mais se retournant toujours pour voir si je ne le regardais pas, il s'imagina que je ne m'en souciais guère, ce qui le fit revenir. Je le faisais exprès, sachant qu'aux enfans tant plus on leur montre de crainte, et plus ils ont d'ardeur à dire ce qu'on leur prie de taire.