Un bon petit diableParte 8 de 16
Original em francês · tradução para inglês
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«Demain, dit-il, nous ne nous lèverons pas à quatre heures et demie.
—Il le faudra bien, répondit un des enfants; à quatre heures et demie, le sourd sonne la cloche du réveil.
Charles:—Il ne la sonnera pas demain.
Un camarade:—Comment? Pourquoi?
Charles:—Vous le saurez demain. Dormez, dormez votre content.»
Les enfants ne purent rien arracher de Charles; ils se couchèrent pleins de curiosité et ils s'endormirent promptement. Charles veilla longtemps. Quand il vit tout le monde profondément endormi, il se leva, ouvrit sans bruit la fenêtre qui donnait sur la cloche, décrocha le battant, ferma la croisée et alla cacher le battant dans le tas aux ordures. Puis il se recoucha content de son expédition et s'endormit comme ses camarades.
Le lendemain, à quatre heures et demie moins une minute, le sonneur était à son poste; il prit la corde, la tira en cadence, comme il en avait l'habitude, et la raccrocha sans se douter qu'il n'avait produit aucun son.
Cinq heures, six heures sonnèrent; tout dormait encore à Fairy's Hall.
Le sonneur s'étonna enfin de ce calme inaccoutumé: il monta dans le dortoir: tout le monde dormait; chez les surveillants, même silence; chez M. Old Nick, un oeil chassieux entr'ouvert donna au sonneur la hardiesse de demander pourquoi il ne trouvait personne de levé à six heures.
«Six heures, malheureux! s'écria M. Old Nick sautant à bas de son lit. Six heures! et tu n'as pas encore sonné?»
Le sonneur n'entendait pas, mais il comprit que le maître était mécontent.
«Ce n'est pas ma faute, répondit-il au hasard; j'ai sonné comme à l'ordinaire, bien exactement, et personne ne s'est levé.»
M. Old Nick lui fit comprendre par signes qu'il allait être puni pour n'avoir pas sonné. Le sonneur eut beau protester de son innocence et de son exactitude, M. Old Nick lui fit comprendre qu'il aurait à payer une amende de deux francs, somme considérable pour le sonneur, qui ne gagnait que soixante francs par an.
Charles s'était éveillé à quatre heures et demie au bruit léger qu'avait fait le sonneur en décrochant et en accrochant la corde; il se posta à la fenêtre, et dès que le sonneur fut rentré dans sa loge, il raccrocha le battant; de sorte que lorsque M. Old Nick alla examiner la cloche, il la trouva en bon état et sonna lui-même, à tours de bras, pour éveiller les dormeurs. Les élèves furent ravis de se sentir reposés et d'apprendre qu'ils avaient dormi jusqu'à six heures; et les surveillants, tout en feignant un grand mécontentement de cette heure et demie perdue pour le travail, s'en réjouirent intérieurement et se sentirent plus disposés à l'indulgence. Quand on se réunit et que M. Old Nick interrogea maîtres et élèves, personne ne put lui rien dire sur le retard de la cloche. Charles seul dit qu'il avait vu un homme noir traverser le dortoir et disparaître par la fenêtre.
M. Old Nick:—Ah! ah! c'est un indice, ça! Cet homme noir, quelle taille avait-il? N'était-ce pas un de tes camarades?
Charles:—Oh! Monsieur! il était énorme; je n'avais jamais vu un homme aussi grand.
M. Old Nick:—Comment était-il vêtu?
Charles:—Il avait une grande robe noire qui flottait autour de lui.
M. Old Nick:—Et par où a-t-il passé?
Charles:—Ah! Monsieur, je ne sais pas; j'ai eu peur quand je l'ai vu passer à moitié dans la fenêtre, j'ai fermé les yeux, et quand je les ai ouverts il n'y était plus.
M. Old Nick:—Est-ce vrai, ce que tu dis là, polisson?
Charles:—Oh! Monsieur, c'est si vrai que j'ai eu du mal à me rendormir et que j'ai peur encore en y pensant.»
Old Nick le regarda quelques temps, hocha la tête et dit à mi-voix:
«Je ne sais que croire... L'homme noir!... Comment l'aurait-il su?... C'est singulier!... très singulier!» Et il s'en alla.
Charles expliqua l'affaire à ses camarades, en récréation; il avait trouvé aussi moyen de voir Betty, de la mettre au courant des événements et de lui recommander le méchant chat.
«Sois tranquille, lui avait répondu Betty, il ne l'emportera pas en paradis et il ne recommencera pas, je t'en réponds; ne t'effraye pas si tu m'entends crier: ce sera une attrape.»
Le déjeuner sonna, les frères Old Nick et les maîtres mangeaient à part, pour faire un meilleur repas que les élèves, auxquels on servit des haricots, comme la veille, et du fromage à la pie. Mais le repas ne se passa pas sans incident. C'était Betty qui devait apporter la soupe à la table des oppresseurs (c'est ainsi que les avaient surnommés les enfants). Dans le corridor qui précédait la salle à manger et que devait suivre Betty, on entendit un grand cri, puis un second. Un des maîtres allait se lever pour voir d'où provenaient ces cris lorsque Betty entra, tremblante, haletante: elle tenait dans les mains la soupière destinée à assouvir la faim des maîtres, mais elle tremblait si fort, qu'en la passant au dessus de M. Old Nick aîné, elle en répandit sur sa tête et sur son visage, Old Nick cria à son tour; il avait la figure échaudée, il tempêtait, menaçait.
«Pardon, Monsieur, pardon, mon respectable maître, dit Betty d'une voix chevrotante en plaçant la soupière sur la table; j'ai eu si peur dans le corridor!
—Peur de quoi, sotte? répliqua Old Nick. Quand même vous auriez vu le diable, ce n'est pas une raison pour m'échauder la tête et la figure! Je ne suis pas une tête de veau, je suppose!
Betty:—Oh! Monsieur ne croit pas si bien dire!
M. Old Nick:—Comment, insolente? Vous osez me traiter de tête de veau?
Betty, avec indignation:—Jamais, Monsieur! jamais un veau et Monsieur ne se sont accordés dans ma pensée. Non, non, je répondais à ce que Monsieur me disait du diable. C'est que c'est tout juste lui que j'ai vu. Un grand homme noir, énorme, qui m'a barré le passage; j'ai crié, comme Monsieur peut bien penser. Puis il a enlevé le couvercle de ma soupière, il a enfoncé dedans quelque chose de noir comme lui, et il a disparu. C'est alors que j'ai jeté mon second cri. Et il y avait de quoi, comme Monsieur peut bien penser.»
Old Nick enleva le couvercle et vit flotter réellement quelque chose de noir dans la soupière; il piqua avec sa fourchette et retira avec grande peine un chat, un énorme chat, le chat noir du surveillant. Chacun poussa un cri d'horreur et de terreur: horreur pour la fin prématurée et cruelle de leur complice; terreur, à cause de l'homme noir qui faisait sa seconde apparition dans la maison. Personne ne parla; M. Old Nick fit emporter la soupe, que tous regrettaient, mais à laquelle personne n'osa goûter. Betty alla chercher le second plat, qui arriva sain et sauf et qui fut adroitement placé sur la table sans perdre une goutte de son jus. C'était un bon morceau de boeuf braisé dont Betty avait enlevé un bout, qu'elle trouva moyen de glisser à Charles dans la récréation qui suivit le dîner. Elle lui raconta qu'elle avait trouvé le chat mort dans le bûcher, probablement par suite de sa chute, et qu'elle s'en était servie pour faire croire à seconde apparition de l'homme noir.
La récréation fut troublée par cinq ou six exécutions ordonnées par les frères Old Nick. Le sonneur se vengea sur les malheureux enfants de la punition injuste qu'il avait subie. Charles eut soin de n'exciter la colère d'aucun des maîtres; il se réservait pour les grands coups.
XII
DE CHARYBDE EN SCYLLA, ÉVÈNEMENTS TRAGIQUES
A la fin de la journée, les élèves regrettèrent de ne pouvoir, le lendemain, prolonger leur nuit comme la précédente.
«Soyez tranquilles, dit Charles, vous dormirez demain comme aujourd'hui.
—Comment feras-tu?
—Vous verrez, dit Charles; en attendant, dormez.»
On avait déjà confiance dans le génie inventif de Charles; personne ne l'interrogea.
Quand tout le monde fut endormi, il se leva, ouvrit la fenêtre, fixa la corde à un crochet qui se trouvait dans le mur, à un pied au-dessus de la cloche, referma la fenêtre, se recoucha et dormit jusqu'à ce qu'un petit bruit qui se fit sous la fenêtre l'éveilla; il passa la tête à la croisée, vit le sourd qui sonnait tant qu'il pouvait sans amener aucun son; attendit comme la veille que le sonneur fût rentré, et décrocha la corde.
Cinq heures, six heures! et, comme la veille, silence général!
«C'est singulier! se dit le sourd. Comme hier! Personne ne bouge!
Qu'est-ce qui leur arrive donc? Et c'est à moi que s'en prend le maître!
Comme si j'étais fautif de ce qu'ils sont un tas de paresseux... Ma foi, aujourd'hui je ne monte pas, quand ils dormiraient jusqu'à midi! tant pis pour eux! et si on veut me faire payer une nouvelle amende, je me fâche et je m'en vais. C'est qu'ils seraient bien embarrassés sans moi! Je leur suis commode... et pas cher, ma foi!»
Le sonneur sourd fut tiré de ses réflexions par un grand coup de poing dans le dos; il se retourna brusquement: c'était M. Old Nick qui annonçait ainsi une nouvelle explosion de colère. Le sonneur ne lui donna pas le temps de s'exprimer; il cria lui-même contre les maîtres, les élèves, les frères Old Nick, contre tout l'établissement, menaça de s'en aller, de les dénoncer au juge de paix, et termina ce flux de paroles que rien ne put arrêter, en exigeant qu'on lui rendit ses deux francs de la veille, sans quoi il s'en irait de suite et ruinerait la maison, racontant ce qui s'y passait et qu'on y frayait avec les fées.
Old Nick jeta au vent un flot d'injures des plus éloquentes, mais le sonneur ne pouvait en apprécier la valeur puisqu'il n'en avait rien entendu; et finalement Old Nick fut obligé de céder, de tirer deux francs de sa poche et de les mettre dans la main du sourd. Celui-ci se radoucit et fit valoir sa délicatesse de ne réclamer aucune indemnité pour l'accusation injuste dont il avait été l'objet.
Pourtant on avait fini par s'éveiller au son de la cloche sonnée par M. Old Nick en personne; comme la veille, la surprise et la satisfaction furent grandes; on parla beaucoup de l'homme noir et de ses tours; Charles en réservait encore un pour le dîner. Il s'était assuré de l'heure à laquelle le sourd allait à la cave chercher le breuvage. Ce breuvage était un affreux mélange de cidre frelaté, coupé de neuf dixièmes d'eau; il demanda une permission de cabinet, se cacha dans un renfoncement noir à l'entrée de la cave, attendit le passage du sonneur sourd, le suivit hardiment, mais de loin; et quand le breuvage coula à pleins bords dans le pot, Charles s'élança sur le sonneur, et du même bond le jeta par terre, éteignit la chandelle et renversa le pot. Le sourd cria de toute la force de ses poumons; Charles se cacha dans son coin noir; un camarade du sonneur arriva, portant aussi une chandelle; Charles profita du moment où il se baissait et tâchait de savoir ce qui était advenu à son camarade, pour sauter sur lui comme sur le sonneur, le renverser, éteindre la chandelle, et lui souffler dans l'oreille: L'homme noir! Le camarade poussa des cris plus perçants encore que ceux du sourd; M. Old Nick arriva lui-même pour savoir d'où provenait ce tapage. Et lui comme les autres fut renversé, roulé, plongé dans l'obscurité et dans la boue de la boisson. Et lui aussi joignit ses cris à ceux de ses domestiques.
Aussitôt l'expédition terminée, Charles avait prestement fermé la porte, tiré la clef, qu'il lança par-dessus les toits, et s'était dépêché de rentrer à l'étude, pour y reprendre sa place et son travail.
L'heure du souper était passée; personne ne sonnait; dans les études, à la cuisine, on s'étonnait, on s'impatientait; enfin, mistress Old Nick, inquiète de ne pas entendre la cloche et de ne pas voir son mari, appela, chercha et entendit du bruit venant de la cave; elle se dirigea de ce côté et entendit en effet un bruit formidable; les trois prisonniers appelaient, criaient, battaient la porte, des poings et des pieds; mistress Old Nick joignit ses cris à ceux de son mari et de ses compagnons d'infortune; elle appela M. Old Nick junior, Betty, les maîtres, les élèves; tous accoururent, et ce fut alors un vacarme épouvantable; les maîtres donnaient leur avis, les prisonniers demandaient leur délivrance, mistress Old Nick et Betty déploraient cette inconcevable aventure; les élèves accusaient les fées, l'homme noir, et les invoquaient tour à tour. Après une demi-heure de vociférations, Charles eut l'heureuse et intelligente pensée de faire ouvrir la porte par un serrurier; Old Nick junior courut en chercher un, et l'amena non sans difficulté, car il était tard; la journée de travail était finie. Le serrurier eut beaucoup de peine à ouvrir; la serrure était solide et il fallut la faire sauter; enfin la porte céda, et les prisonniers revirent la lumière; elle ne leur fut pas favorable; ils étaient inondés de boisson jaunâtre, couverts de la boue dans laquelle ils s'étaient roulés; elle était formée par le liquide qui coulait toujours et qui détrempait la terre de la cave. Mistress Old Nick se jeta dans les bras de son mari, qui se jeta dans ceux de Betty, qui se jeta dans ceux de Old Nick junior, mais avec une telle expansion de joie que le frère Old Nick trébucha et roula sur l'escalier de la cave; les cris recommencèrent, mais moins aigus, moins assourdissants; les élèves n'y étaient plus. On les retrouva plus tard au réfectoire, où ils attendaient leur souper. Tout le monde avait si faim que M. Old Nick remit au lendemain l'enquête sur l'événement. Betty servit les enfants, qui mangèrent à peine, tant la triste position de M. Old Nick, du sonneur et de son camarade les avait péniblement impressionnés, dirent-ils.
Quand les victimes de Charles furent essuyées, lavées, changées de vêtements, elles vinrent se mettre à table.
Les maîtres mouraient de faim; Betty s'empressa de servir la soupe.
«Pouah! que votre soupe est mauvaise, Betty! dit Old Nick. C'est de l'eau et du sel.
Betty:—C'est Madame qui l'a faite, monsieur.
—Allez nous chercher le plat de viande», dit Old Nick avec humeur.
Le plat de viande fut apporté.
«Horreur! s'écria-t-il. C'est affreux! des nerfs à la chandelle!
Betty:—Ah! je vois! Madame se sera sans doute trompée; elle aura versé dans les plats de ces Messieurs le ragoût des enfants.
Old Nick:—Va voir ça! C'est détestable! Je meurs de faim!»
Betty revint d'un air consterné.
«Il n'y a plus rien, Monsieur; Madame dit que c'est bien le plat des maîtres qu'elle a servi.»
M. Old Nick n'osa pas se laisser aller à sa colère; sa femme avait fait le dîner; c'était elle qui avait versé dans le plat... Il ne disait rien, Betty s'écria:
«C'est l'homme noir, Monsieur; bien sûr c'est l'homme noir!
Old Nick:—Tais-toi! Ne m'ennui pas de tes sornettes! L'homme noir a bon dos. Je finirai bien par découvrir cet affreux homme noir.»
Betty riait sous cape; elle savait bien où avait passé le dîner des maîtres. Il était dans les estomacs des enfants. Profitant des cris poussés à la porte de la cave, Betty avait donné à Charles ses instructions; il les avait mises à profit; les enfants s'étaient éclipsés sans bruit, et l'avaient suivi à la cuisine abandonnée; ils prirent, d'après les indications de Betty, la soupe, la viande, les légumes des maîtres, et mangèrent tout avec délices; ensuite Charles versa dans les casseroles vidées la soupe, la viande, les: légumes destinés aux enfants, et remit le tout au feu comme l'avait laissé Mme Old Nick. Ils allèrent au réfectoire après avoir fini leur repas, et ils y étaient installés depuis peu d'instants quand les maîtres firent leur entrée. Personne ne devina le tour; et pourtant Old Nick avait des soupçons; trop de choses merveilleuses se passaient depuis quelques jours dans sa maison; il ne croyait que vaguement aux fées et à l'homme noir, et il résolut de surveiller plus que jamais les démarches des enfants, surtout celles de Charles, qu'il soupçonnait plus particulièrement. Les surveillants partageaient la méfiance de Old Nick, de sorte qu'à tout hasard ils donnaient à Charles, pour le plus léger manquement, des coups de fouet, des coups de pied, des coups de poing qui le mettaient hors de lui et l'excitaient à la vengeance.
«Nous voici déjà à lundi, pensa Charles en s'éveillant le lendemain à six heures. Aujourd'hui M. Old Nick doit faire une enquête sur les événements; personne des camarades ne me trahira; je suis maître de la position, et demain, mardi, je me ferai renvoyer de cette affreuse maison.» Ce matin encore, la cloche n'avait pas sonné; Charles avait cette fois détaché la cloche elle-même. Quand il fut éveillé à quatre heures et demie par le petit bruit accoutumé, il voulut, comme les jours précédents, remettre la cloche; mais, au moment où il approchait de la fenêtre, il aperçut M. Old Nick qui s'était embusqué au pied du mur pour prendre le malfaiteur; il rentra bien vite la tête, referma sans bruit la fenêtre et se trouva possesseur de la cloche.
«Qu'en ferai-je? pensa-t-il. La cacher dans ma paillasse est impossible; on la trouverait de suite; elle est trop grosse... Ah! une idée!» Charles prit la cloche, la porta dans un cabinet attenant au dortoir et l'y laissa. Tranquille de ce côté, il se recoucha et se rendormit.
XIII
ENQUÊTE—DERNIERS TERRIBLES PROCÉDÉS DE CHARLES
On se réveilla pourtant, on se leva, on s'habilla, on déjeuna, et, en guise de récréation, l'enquête de M. Old Nick en personne fut annoncée, et les enfants furent tous rangés autour de la grande salle d'étude. M. Old Nick entra, grimpa sur l'estrade, parcourut d'un regard majestueux toute l'assemblée, et commença son discours:
«Messieurs! Vous êtes des polissons, des sacripants, des gueux, des filous, des scélérats, du gibier de potence! Vous vous soutenez tous entre vous, contre vos estimables maîtres! Vous leur rendez la vie insupportable! (Un sourire de satisfaction se manifeste dans tout l'auditoire.) Je voudrais pouvoir vous fouetter tous, vous enfermer tous au cachot. C'est malheureusement impossible! Il faut donc que celui ou ceux d'entre vous qui est ou qui sont l'auteur ou les auteurs des scélératesses récemment commises se déclarent; que si leur lâcheté les fait reculer devant la punition exemplaire, terrible, inouïe, qui leur est préparée, j'adjure leurs amis et leurs camarades de les dévoiler, de les nommer, de les abandonner à ma juste colère!... Eh bien! Messieurs, j'attends!... Personne ne dit mot?... Retenue générale jusqu'à ce que le coupable soit nommé et livré. Il y aura punition séparée pour chacun des méfaits, que j'appelle crimes, commis depuis quelques jours: