Colas Breugnon Cap. 1/3 · 0%

Colas BreugnonParte 15 de 23

Romain Rolland

Original em francês · tradução para inglês

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  • O sentido de cada trecho
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J’étais seul, pour veiller, avec la vieille hôtesse. Martine, qu’avaient prise en route les douleurs de gésine, était restée à Dornecy, laissant Glodie à la grand-mère. Quand nous vîmes, au matin, que notre petite martyre allait passer, nous prîmes les grands moyens. J’enlevai dans mes bras son mignon corps brisé, pas plus lourd qu’une plume (il n’avait plus la force même de se débattre, et, la tête pendante, avec des soubresauts, il palpitait à peine, ainsi qu’un passereau). Je regardai par la fenêtre. Il faisait vent et pluie. Une rose sur sa tige se penchait à la vitre, comme si elle voulait entrer. Annonce de la mort. Je fis le signe de croix et, malgré tout, sortis. L’humide vent violent s’engouffra dans la porte. Je cachai sous ma main la tête de mon oiselle, de peur que la bourrasque ne soufflât sa chandelle. Nous allions. Devant, marchait l’hôtesse, qui portait des présents. On entra dans les bois qui bordaient le chemin, et nous vîmes bientôt, sur le bord d’un marais, un tremble qui tremblait. Sur un peuple de joncs aux reins souples, il régnait, haut et droit comme une tour. Nous en fîmes, une fois, deux fois, trois fois, le tour. La petite gémissait, et le vent dans les feuilles, comme elle, des dents claquait. À la menotte de l’enfant nous nouâmes un ruban; l’autre bout à un bras du vieil arbre tremblant; et l’hôtesse édentée et moi, nous répétions:

Tremble, tremble, mon mignon, Prends mon frisson. Je t’en prie et je t’en somme, Par les personnes De la Sainte-Trinité. Mais si tu fais l’entêté, Si tu ne veux m’écouter, Garde à toi! te trancherai.

Puis, entre les racines, la vieille fit un trou, versa une chopine de vin, deux gousses d’ail, une tranche de lard; et par-dessus, mit un liard. Trois tours encore nous fîmes autour de mon chapeau, posé à terre et bourré de roseaux. Et au troisième tour, nous crachâmes dedans, en répétant:

—Crapauds croupissants accroupis, que le croup vous étouffe!

Ensuite, nous en retournant, à la sortie du bois, nous nous agenouillâmes devant une aubépine; au pied nous mîmes l’enfant; et par la Sainte Épine, priâmes le Fils de Dieu.

Lorsque nous rentrâmes enfin à la maison, la petite semblait morte. Du moins, nous avions fait tout ce que nous pouvions.

Pendant ce temps, ma femme, elle, ne voulait pas mourir. L’Amour de sa Glodie l’attachait à la vie. Elle se démenait, criait:

—Non, je ne m’en irai pas, bon Dieu, Jésus, Marie, avant que je ne sache ce que voulez en faire, et si oui ou si non elle doit être guérie. Guérie, elle le sera, vertudieu, je le veux. Je le veux, je le veux, et je le veux: c’est dit.

Ce n’était pas encore dit, sans doute, tout à fait: car après l’avoir dit, elle recommençait. Dieu! quel souffle elle avait! Et moi, qui tout à l’heure croyais qu’elle était près de rendre le dernier! Si c’était le dernier, il avait belle taille... Breugnon, mauvais garçon, tu ris, n’as-tu pas honte?—Que veux-tu, mon ami? Je suis ce que je suis. Rire ne m’empêche pas de souffrir; mais souffrir n’empêchera jamais un bon Français de rire. Et qu’il rie ou larmoie, il faut d’abord qu’il voie. Vive Janus bifrons, aux yeux toujours ouverts!...

Donc, je n’en avais pas moins de peine à l’écouter s’essouffler et souffler, la pauvre vieille commère; et malgré que je fusse aussi angoissé qu’elle, je voulais la calmer, je lui disais des mots comme on dit aux enfants, et je l’emmaillotais dans ses draps, gentiment. Mais elle, se dégageait, furieuse, en criant:

—Bon à rien! Si tu étais un homme, n’aurais-tu pas trouvé moyen de la sauver, toi? À quoi sers-tu? C’est toi qui devrais être mort.

Je répondais:

—Ma foi, je suis de ton avis, ma vieille, tu as raison. Si quelqu’un en voulait, je donnerais ma peau. Mais probable que là-haut elle ne fait pas l’affaire: elle est usée, a trop servi. On n’est plus bon (c’est vrai), comme toi, qu’à souffrir. Souffrons donc, sans parler. Peut-être ce sera autant de pris, autant de moins que, la pauvre innocente, elle aura à porter.

Alors sa vieille tête contre la mienne s’appuya, et le sel de nos yeux se mêla sur nos joues. Dans la chambre, on sentait peser l’ombre des ailes de l’archange funèbre...

Et soudain, il partit. La lumière revint. Qui causa ce prodige? Fut-ce le Dieu d’en haut, ou bien ceux des forêts, mon Jésus pitoyable à tous les malheureux, ou la terre redoutable, qui souffle et boit les maux, fut-ce l’effet des prières, ou la peur de ma femme, ou bien parce qu’au tremble j’avais graissé la patte? Nous ne le saurons jamais; et dans l’incertitude, je rends grâces (c’est plus sûr) à toute la compagnie, en y ajoutant même ceux que je ne connais point (ce sont peut-être les meilleurs). En tout cas, le certain, et le seul qui m’importe, c’est depuis ce moment que la fièvre tomba, le souffle circula dans le frêle gosier, comme un ruisseau léger; et ma petite morte, échappant à l’étreinte de l’archange, ressuscita.

Nous sentîmes se fondre alors notre vieux cœur. Tous deux nous entonnâmes le: Nunc dimittis, Seigneur!... Et ma vieille, s’affaissant, avec des pleurs de joie, laissa sur l’oreiller sa tête retomber, comme une pierre qui s’enfonce, et soupira:

—Enfin, je puis donc m’en aller!...

Aussitôt son regard chavira, sa face se creusa, comme si d’un coup de vent son souffle l’avait quittée. Et moi, penché sur son lit, où elle n’était plus, je regardais ainsi qu’au fond d’un trou dans la rivière, où la forme d’un corps qui vient de disparaître reste un instant empreinte et s’efface en tournant. Je fermai ses paupières, baisai son front cireux, j’enchaînai l’une à l’autre ses mains de travailleuse qui ne s’étaient jamais reposées, en leur vie; et, sans mélancolie, laissant la lampe éteinte dont l’huile était brûlée, j’allai m’asseoir auprès de la flamme nouvelle qui devait maintenant éclairer la maison. Je la regardais dormir; je la veillais, avec un sourire attendri, et je pensais (se peut-on défendre de penser!):

—N’est-il pas bien étrange que l’on s’attache ainsi à cette petite chose? Sans elle rien ne nous est. Avec elle, tout est bien, même le pire, qu’importe? Ah! je puis bien mourir, que le diable m’emporte! Pourvu qu’elle vive, elle, je me moque du reste!... C’est tout de même un peu fort. Quoi, je suis là, je vis et je suis bien portant, maître de mes cinq sens et de quelques autres en plus et du plus beau de tous, qui est monsieur mon bon sens, je n’ai jamais boudé la vie, et je porte en mon ventre dix aulnes de boyaux vides toujours pour la fêter, tête saine, main précise, jarret solide et du mollet, brave ouvrier et Bourguignon salé, et je serais tout prêt à sacrifier cela pour un petit animal que je ne connais même pas! Car enfin qu’est-il donc! Un trognon mignon, un jouet gentillet, perroquet qui s’essaie, un être qui n’est rien, mais qui sera, peut-être... Et c’est pour ce «peut-être» que je dilapiderais mon: «Je suis, et j’y suis, et j’y suis bien, pardi!»... Ah! c’est que ce «peut-être», c’est ma plus belle fleur, celle pour qui je vis. Quand les vers se seront empiffrés de ma chair, quand elle aura fondu dans le gras cimetière, je revivrai, Seigneur, en un autre moi-même, plus beau, plus heureux et meilleur... Eh! qu’en sais-je? Pourquoi vaudrait-il mieux que moi?—Parce qu’il aura mis ses pieds sur mes épaules, et qu’il verra plus loin, marchant sur mon tombeau... Ô vous, sortis de moi, qui boirez la lumière, où mes yeux qui l’aimaient ne se baigneront plus, par vos yeux je savoure la vendange des jours et des nuits à venir, je vois se succéder les années et les siècles, je jouis tout autant de ce que je pressens que de ce que j’ignore. Tout passe autour de moi; mais c’est que, moi, je passe; je vais toujours plus loin, plus haut, porté par vous. Je ne suis plus lié à mon petit domaine. Au-delà de ma vie, au-delà de mon champ s’allongent les sillons, ils embrassent la terre, ils enjambent l’espace; comme une voie lactée, ils couvrent de leur réseau toute la voûte azurée. Vous êtes mon espérance, mon désir, et mon grain, qu’à travers l’infini je sème à pleines mains.

IX

LA MAISON BRÛLÉE

À la mi-août.

Noterons-nous ce jourd’hui? C’est un rude morceau. Il n’est pas encore tout à fait digéré. Allons, vieux, du courage! Ce sera le meilleur moyen de le faire passer.

On dit que pluie d’été ne fait point pauvreté. À ce compte, je devrais être plus riche que Crésus; car il ne cesse de pleuvoir, cet été, sur mon dos, et me voici pourtant sans chemise et sans chausses, ainsi qu’un saint Jeannot. À peine je sortais de cette double épreuve—Glodie était guérie, et ma vieille femme aussi, l’une de sa maladie, et l’autre de la vie—quand je reçus des puissances qui gouvernent l’univers (il doit y avoir là-haut une femme qui m’en veut; que diable lui ai-je fait?... Elle m’aime, parbleu!) un furieux assaut d’où je sors nu, battu et moulu jusqu’aux os, mais (c’est le principal, enfin) avec tous mes os.

Bien que ma petite fille fût à présent remise, je ne me pressais pas de regagner le pays; je restais auprès d’elle, jouissant encore plus qu’elle de sa convalescence. Un enfant qui guérit c’est comme si l’on voyait la création du monde; tout l’univers vous semble frais pondu et laiteux. Donc, je flânais, écoutant distraitement les nouvelles qu’apportaient, s’en allant au marché, les commères. Lorsqu’un jour un propos me fit dresser l’oreille, vieux baudet qui voit venir la trique de l’ânier. On disait que le feu avait pris, à Clamecy, dans le faubourg de Beuvron, et que les maisons flambaient comme des margotins. Je ne pus obtenir aucun autre renseignement. À partir de ce moment, je fus, par sympathie, sur des charbons assis. On avait beau me dire:

—Reste tranquille! Les mauvaises nouvelles sont prestes comme l’hirondelle. S’il s’agissait de toi, tu le saurais déjà. Qui parle de ta maison? Il y a plus d’un âne en Beuvron...

Je ne tenais plus en place, je me disais:

—C’est elle... Elle brûle, je sens le roussi... Je pris mon bâton, je partis. Je pensais:

—Bon Dieu de bête! c’est la première fois que je quitte Clamecy, sans rien mettre à l’abri. Dans tous les autres cas, aux approches de l’ennemi, j’emportais dans les murs, de l’autre côté du pont, mes dieux lares, mon argent, les travaux de mon art dont je suis le plus fier, mes outils et mes meubles, et ces brimborions qui sont laids, encombrants, mais qu’on ne donnerait pas pour tout l’or de la terre parce qu’ils sont les reliques de nos pauvres bonheurs... Cette fois, j’ai tout laissé...

Et j’entendais ma vieille, qui, de l’autre monde, criait contre ma stupidité. Moi, je lui répondais:

—C’est ta faute, c’est pour toi que je me suis tant pressé!

Après nous être bien tous les deux chamaillés (cela m’occupa, du moins, une partie du chemin), je tâchai de nous convaincre que je m’inquiétais pour rien. Mais malgré moi, l’idée revenait, comme une mouche, se poser sur mon nez; je la voyais sans cesse; et une sueur froide me rigolait, le long de l’échine et des reins. Je marchais d’un bon train. J’avais passé Villiers, et je commençais de monter la longue côte boisée, quand je vois sur la pente une carriole qui venait, et dedans le père Jojot, le meunier de Moulot, qui, me reconnaissant, s’arrête, lève son fouet, et crie:

—Mon pauvre gars!

Ce fut comme si je recevais un coup dans l’estomac. Je restais, bouche bée, sur le bord de la route. Il reprend:

—Où tu vas? Rebrousse, mon Colas! N’entre pas dans la ville. Tu te ferais trop de bile. Tout est brûlé, rasé. Il ne te reste plus rien.

L’animal, à chaque mot, me tordait les boyaux. Je voulus faire le brave, j’avalai ma salive, je me raidis, je dis:

—Pardi, je le sais bien!

—Alors, fait-il vexé, qu’est-ce que tu vas chercher? Je réponds:

—Les débris.

—Il ne reste rien, je te dis, rien, rien, pas un radis!

—Jojot, tu exagères; tu ne me feras pas croire que mes deux apprentis et mes braves voisins ont regardé brûler ma maison sans tâcher de retirer du feu quelques marrons, quelques meubles, comme on fait entre frères...

—Tes voisins, malheureux? Ce sont eux qui ont mis le feu!

Du coup, je fus assommé. Il me dit, triomphant:

—Tu vois bien que tu ne sais rien!

Je n’en voulais pas démordre. Mais lui, sûr à présent de me conter le premier la mauvaise nouvelle, il se mit, satisfait et contrit, à narrer la grillade:

—C’est la peste, dit-il. Ils sont tous affolés. Aussi, pourquoi messieurs de la municipalité et de la châtellenie, échevins, procureur, nous ont-ils tous quittés? Plus de bergers! Les moutons sont devenus enragés. De nouveaux cas du mal survenant en Beuvron, on a crié: «Brûlons les maisons empestées!» Sitôt dit, sitôt fait. Comme tu n’étais pas là, ce fut naturellement la tienne qui commença. On y allait de bon cœur, chacun y mettait du sien: on croyait travailler pour le bien de la cité. Puis, on s’excite l’un l’autre. Quand on se met à détruire, je ne sais pas ce qui se produit: on est soûl, tout y passe, on ne peut plus s’arrêter... Quand ils y eurent mis le feu, ils dansèrent autour. C’était comme une folie... «Sur le pont de Beuvron, on y danse...» Si tu les avais vus... «Voyez comme on danse...» si tu les avais vus, peut-être qu’avec eux toi-même aurais dansé. Tu penses si le bois que tu avais à l’atelier flambait, pétaradait... Bref, on a tout brûlé!

—J’aurais voulu voir cela. Cela devait être beau, dis-je.

Et je le pensais. Mais je pensais aussi:

—Je suis mort! Ils m’ont tué. Ceci, je me gardais de le dire à Jojot.

—Alors, ça ne te fait rien? dit-il, l’air mécontent.

(Il m’aimait bien, le brave homme; mais on n’est pas fâché—sacrée espèce humaine!—de voir de temps en temps son voisin dans la peine, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de le consoler.)

Je dis:

—Pour ce beau feu, c’est dommage qu’on n’ait pas attendu la Saint-Jean.

Je fis mine de partir.

—Et tu y vas tout de même?

—J’y vas. Bonjour, Jojot.

—Bougre d’original!

Il fouetta son cheval.

Je marchai, ou plutôt j’avais l’air de marcher, jusqu’à ce que la voiture disparût, au détour. Je n’aurais pu faire dix pas; les jambes m’entraient dans le ventre; je tombai sur une borne, comme assis sur un pot.

Les moments qui suivirent furent de mauvais moments. Je n’avais plus besoin de faire le fanfaron. Je pouvais être malheureux, malheureux, tout mon soûl. Je ne m’en privai point. Je pensais:

—«J’ai tout perdu, mon gîte et l’espérance d’en refaire jamais un autre, mon épargne amassée, jour par jour, sou par sou, avec cette lente peine qui est le meilleur plaisir, les souvenirs de ma vie encrassés dans les murs, les ombres du passé qui semblent des flambeaux. Et j’ai perdu bien plus, perdu ma liberté. Que deviendrai-je maintenant? Il me faudra loger chez un de mes enfants. Je m’étais pourtant juré d’éviter, à tout prix, cette calamité! Je les aime, parbleu; ils m’aiment, c’est entendu. Mais je ne suis pas si sot que je ne sache que tout oiseau doit rester dans son nid, et que les vieux sont gênants pour les jeunes, et gênés. Chacun songe à ses œufs, à ceux qu’il a pondus, et ne se soucie plus de ceux d’où il est venu. Le vieux qui s’obstine à vivre est un intrus, quand il prétend se mêler à la couvée nouvelle; il a beau s’effacer: on lui doit le respect. Au diable le respect! C’est la cause de tout le mal: on n’est plus leur égal. J’ai fait tout mon possible pour que mes cinq enfants ne soient pas étouffés par leur respect pour moi; j’y ai assez réussi; mais quoi que vous fassiez et malgré qu’ils vous aiment, ils vous regardent toujours un peu en étranger: vous venez de contrées où ils n’étaient pas nés, et vous ne connaîtrez pas les contrées où ils vont; comment pourriez-vous donc vous comprendre tout à fait? Vous vous gênez l’un l’autre, et vous vous en irritez... Et puis, c’est terrible à dire: l’homme qui est le plus aimé ne doit que le moins possible mettre l’amour des siens à l’épreuve: c’est tenter Dieu. Il ne faut pas trop demander à notre espèce humaine. De bons enfants sont bons; je n’ai pas à me plaindre. Ils sont encore meilleurs, quand on n’a pas besoin de recourir à eux. J’en dirais long si je voulais... Enfin, j’ai ma fierté. Je n’aime pas reprendre leur pâtée à ceux à qui je l’ai donnée. J’ai l’air de leur dire: «Payez!» Les morceaux que je n’ai pas gagnés me restent dans la gorge; il me semble voir des yeux qui comptent mes bouchées. Je ne veux rien devoir qu’à ma peine. Il me faut être libre, être maître chez moi, y entrer, en sortir, selon ma volonté. Je ne suis bon à rien, quand je me sens humilié. Ah! misère d’être vieux, de dépendre de la charité des siens, c’est encore pis que de ses concitoyens: car ils y sont forcés; on ne peut jamais savoir s’ils le font de plein gré; et l’on aimerait mieux crever que de les gêner.»

Ainsi, je gémissais, souffrant dans mon orgueil, dans mon affection, dans mon indépendance, dans ce que j’avais aimé, les souvenirs du passé envolés en fumée, dans tout ce que j’avais de meilleur et de pire; et je savais que, quoi que je fisse, j’avais beau me révolter, par cette unique voie il me faudrait passer. J’avoue que je n’y apportais aucune philosophie. Je me sentais misérable, tel un arbre qu’on a scié au ras de terre et tranché.