Cinq-Mars — Tome I Cap. 1/4 · 0%

Cinq-Mars — Tome IParte 5 de 21

Alfred de Vigny

Original em francês · tradução para inglês

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—Eh bien, mon père Guillaume Leroux, lui dit-il, vous aussi, vous quittez votre ferme de la Chênaie pour la ville quand ce n’est pas jour de marché? C’est comme si vos bons bœufs se dételaient pour aller à la chasse aux étourneaux, et abandonnaient le labourage pour voir forcer un pauvre lièvre.

—Ma fine, monsieur le comte du Lude, reprit le fermier, quelquefois le lièvre se vient jeter devant iceux; il m’est advis qu’on veut nous jouer, et je v’nons voir un peu comment.

—Brisons là, mon ami, reprit le comte; voici M. Fournier, l’avocat, qui ne vous trompera pas, car il s’est démis de sa charge de procureur du roi hier au soir, et dorénavant son éloquence ne servira plus qu’à sa noble pensée: vous l’entendrez peut-être aujourd’hui; mais je le crains autant pour lui que je le souhaite pour l’accusé.

—N’importe, monsieur, la vérité est une passion pour moi, dit Fournier.

C’était un jeune homme d’une extrême pâleur, mais dont le visage était plein de noblesse et d’expression; ses cheveux blonds, ses yeux bleus, mobiles et très clairs, sa maigreur et sa taille mince lui donnaient l’air d’être plus jeune qu’il n’était; mais son visage pensif et passionné annonçait beaucoup de supériorité, et cette maturité précoce de l’âme que donnent l’étude et l’énergie naturelle. Il portait un habit et un manteau noirs assez courts, à la mode du temps, et, sous son bras gauche, un rouleau de papiers, qu’en parlant il prenait et serrait convulsivement de la main droite, comme un guerrier en colère saisit le pommeau de son épée. On eût dit qu’il voulait le dérouler et en faire sortir la foudre sur ceux qu’il poursuivait de ses regards indignés. C’étaient trois capucins et un récollet qui passaient dans la foule.

—Père Guillaume, poursuivit M. du Lude, pourquoi n’avez-vous amené que vos enfants mâles avec vous, et pourquoi ces bâtons?

—Ma fine, monsieur, c’est que je n’aimerions pas que nos filles apprinsent à danser comme les religieuses; et puis, pa’ l’temps qui court, les garçons savons mieux se remuer que les femmes.

—Ne nous remuons pas, mon vieux ami, croyez-moi, dit le comte, rangez-vous tous plutôt pour voir la procession qui vient à nous, et souvenez-vous que vous avez soixante et dix ans.

—Ah! ah! dit le vieux père, tout en faisant ranger ses douze enfants comme des soldats, j’avons fait la guerre avec le feu roi Henri, et j’savons jouer du pistolet tout aussi bien que les ligueux faisiont. Et il branla la tête et s’assit sur une borne, son bâton noueux entre les jambes, ses mains croisées dessus et son menton à barbe blanche par-dessus ses mains. Là, il ferma à demi les yeux comme s’il se livrait tout entier à ses souvenirs d’enfance.

On voyait avec étonnement son habit rayé comme du temps du roi béarnais, et sa ressemblance avec ce prince dans les derniers temps de sa vie, quoique ses cheveux eussent été privés par le poignard de cette blancheur que ceux du paysan avaient paisiblement acquise. Mais un grand bruit de cloches attira l’attention vers l’extrémité de la grande rue de Loudun.

On voyait venir de loin une longue procession dont la bannière et les piques s’élevaient au-dessus de la foule qui s’ouvrit en silence pour examiner cet appareil à moitié ridicule et à moitié sinistre.

Des archers, à barbe pointue, portant de larges chapeaux à plumes, marchaient d’abord sur deux rangs avec de longues hallebardes, puis, se partageant en deux files de chaque côté de la rue, renfermaient dans cette double ligne deux lignes pareilles de pénitents gris; du moins donnerons-nous ce nom, connu dans quelques provinces du midi de la France, à des hommes revêtus d’une longue robe de cette couleur, qui leur couvre entièrement la tête en forme de capuchon, et dont le masque de la même étoffe se termine en pointe sous le menton comme une longue barbe, et n’a que trois trous pour les yeux et le nez. On voit encore de nos jours quelques enterrements suivis et honorés par des costumes semblables, surtout dans les Pyrénées. Les pénitents de Loudun avaient des cierges énormes à la main, et leur marche lente, et leurs yeux qui semblaient flamboyants sous le masque, leur donnaient un air de fantômes qui attristait involontairement.

Les murmures en sens divers commencèrent dans le peuple.

—Il y a bien des coquins cachés sous ce masque, dit un bourgeois.

—Et dont la figure est plus laide encore que lui, reprit un jeune homme.

—Ils me font peur! s’écriait une jeune femme.

—Je ne crains que pour ma bourse, répondit un passant.

—Ah! Jésus! voilà donc nos saints frères de la Pénitence, disait une vieille en écartant sa mante noire. Voyez-vous quelle bannière ils portent? quel bonheur qu’elle soit avec nous! certainement elle nous sauvera: voyez-vous dessus le diable dans les flammes, et un moine qui lui attache une chaîne au cou? Voici actuellement les juges qui viennent: ah! les honnêtes gens! voyez leurs robes rouges, comme elles sont belles! Ah! sainte Vierge! qu’on les a biens choisis!

—Ce sont les ennemis personnels du curé, dit tout bas le comte du Lude à l’avocat Fournier, qui prit une note.

—Les reconnaissez-vous bien tous? continua la vieille en distribuant des coups de poing à ses voisines, et en pinçant le bras à ses voisins jusqu’au sang pour exciter leur attention: voici ce bon M. Mignon qui parle tout bas à messieurs les conseillers du présidial de Poitiers; que Dieu répande sa sainte bénédiction sur eux!

—C’est Roatin, Richard et Chevalier, qui voulaient le faire destituer il y a un an, continuait à demi-voix M. du Lude au jeune avocat, qui écrivait toujours sous son manteau, entouré et caché par le groupe noir des bourgeois.

—Ah! voyez, voyez, rangez-vous donc! voici M. Barré, le curé de Saint-Jacques de Chinon, dit la vieille.

—C’est un saint, dit un autre.

—C’est un hypocrite, dit une voix d’homme.

—Voyez comme le jeûne l’a rendu maigre!

—Comme les remords le rendent pâle!

—C’est lui qui fait fuir les diables.

—C’est lui qui les souffle.

Ce dialogue fut interrompu par un cri général:—Qu’elle est belle!

La supérieure des Ursulines s’avançait suivie de toutes ses religieuses; son voile blanc était relevé. Pour que le peuple pût voir les traits des possédées, on avait voulu que cela fût ainsi pour elle et six autres sœurs. Rien ne la distinguait dans son costume qu’un immense rosaire à grains noirs tombant de son cou à ses pieds, et se terminant par une croix d’or; mais la blancheur éclatante de son visage, que relevait encore la couleur brune de son capuchon, attirait d’abord tous les regards; ses yeux noirs semblaient porter l’empreinte d’une profonde et brûlante passion; ils étaient couverts par les arcs parfaits de deux sourcils que la nature avait dessinés avec autant de soin que les Circassiennes en mettent à les arrondir avec le pinceau; mais un léger pli entre eux deux révélait une agitation forte et habituelle dans les pensées. Cependant elle affectait un grand calme dans tous ses mouvements et dans tout son être; ses pas étaient lents et cadencés; ses deux belles mains étaient réunies, aussi blanches et aussi immobiles que celles des statues de marbre qui prient éternellement sur les tombeaux.

—Oh! remarquez-vous, ma tante, dit la jeune Martine, sœur Agnès et sœur Claire qui pleurent auprès d’elle?

—Ma nièce, elles se désolent d’être la proie du démon.

—Ou se repentent, dit la même voix d’homme, d’avoir joué le ciel.

Cependant un silence profond s’établit partout, et nul mouvement n’agita le peuple; il sembla glacé tout à coup par quelque enchantement, lorsque à la suite des religieuses parut, au milieu des quatre pénitents qui le tenaient enchaîné, le curé de l’église de Sainte-Croix, revêtu de la robe du pasteur; la noblesse de son visage était remarquable et rien n’égalait la douceur de ses traits; sans affecter un calme insultant, il regardait avec bonté et semblait chercher à droite et à gauche s’il ne rencontrerait pas le regard attendri d’un ami; il le rencontra, il le reconnut, et ce dernier bonheur d’un homme qui voit approcher son heure dernière ne lui fut pas refusé: il entendit même quelques sanglots; il vit des bras s’étendre vers lui, et quelques-uns n’étaient pas sans armes; mais il ne répondit à aucun signe; il baissa les yeux, ne voulant pas perdre ceux qui l’aimaient et leur communiquer par un coup d’œil la contagion de l’infortune. C’était Urbain Grandier.

Tout à coup la procession s’arrêta à un signe du dernier homme qui la suivait et qui semblait commander à tous. Il était grand, sec, pâle, revêtu d’une longue robe noire, la tête couverte d’une calotte de même couleur; il avait la figure d’un Basile, avec le regard de Néron. Il fit signe aux gardes de l’entourer, voyant avec effroi le groupe noir dont nous avons parlé, et que les paysans se serraient de près pour l’écouter; les chanoines et les capucins se placèrent près de lui, et il prononça d’une voix glapissante ce singulier arrêt:

«Nous, sieur de Laubardemont, maître des requêtes étant envoyé et subdélégué, revêtu du pouvoir discrétionnaire relativement au procès du magicien Urbain Grandier, pour le juger sur tous les chefs d’accusation, assisté des révérends pères Mignon, chanoine; Barré, curé de Saint-Jacques de Chinon; du père Lactance et de tous les juges appelés à juger icelui magicien; avons préalablement décrété ce qui suit: Primo, la prétendue assemblée de propriétaires nobles, bourgeois de la ville et des terres environnantes est cassée, comme tendant à une sédition populaire; ses actes seront déclarés nuls, et sa prétendue lettre au roi contre nous, juges, interceptée et brûlée en place publique, comme calomniant les bonnes Ursulines et les révérends pères et juges. Secundo, il sera défendu de dire publiquement ou en particulier que les susdites religieuses ne sont point possédées du malin esprit, et de douter du pouvoir des exorcistes, à peine de vingt mille livres d’amende et de punition corporelle.

«Les baillis et échevins s’y conformeront. Ce 18 juin de l’an de grâce 1639.»

A peine eut-il fini cette lecture, qu’un bruit discordant de trompettes partit avant la dernière syllabe de ces paroles, et couvrit, quoique imparfaitement, les murmures qui le poursuivaient: il pressa la marche de la procession, qui entra dans le grand bâtiment qui tenait à l’église, ancien couvent dont les étages étaient tous tombés en ruine, et qui ne formait plus qu’une seule et immense salle propre à l’usage qu’on en voulait faire. Laubardemont ne se crut en sûreté que lorsqu’il y fut entré, et qu’il entendit les lourdes et doubles portes se refermer en criant sur la foule qui hurlait encore.

CHAPITRE III

LE BON PRÊTRE

L’homme de paix me parla ainsi.

Vicaire savoyard.

A présent que la procession diabolique est entrée dans la salle de son spectacle, et tandis qu’elle arrange sa sanglante représentation, voyons ce qu’avait fait Cinq-Mars au milieu des spectateurs en émoi. Il était naturellement doué de beaucoup de tact, et sentit qu’il ne parviendrait pas facilement à son but de trouver l’abbé Quillet dans un moment où la fermentation des esprits était à son comble. Il resta donc à cheval avec ses quatre domestiques dans une petite rue fort obscure qui donnait dans la grande, et d’où il put voir facilement tout ce qui s’était passé. Personne ne fit d’abord attention à lui; mais, lorsque la curiosité publique n’eut pas d’autre aliment, il devint le but de tous les regards. Fatigués de tant de scènes, les habitants le voyaient avec assez de mécontentement, et se demandaient à demi-voix si c’était encore un exorciseur qui leur arrivait; quelques paysans même commençaient à trouver qu’il embarrassait la rue avec ses cinq chevaux. Il sentit qu’il était temps de prendre son parti, et, choisissant sans hésiter les gens les mieux mis, comme ferait chacun à sa place, il s’avança avec sa suite le chapeau à la main vers le groupe noir dont nous avons parlé, et, s’adressant au personnage qui lui parut le plus distingué:

—Monsieur, dit-il, où pourrais-je voir M. l’abbé Quillet?

A ce nom, tout le monde le regarda avec un air d’effroi, comme s’il eût prononcé celui de Lucifer. Cependant personne n’en eut l’air offensé; il semblait, au contraire, que cette demande fît naître sur lui une opinion favorable dans les esprits. Du reste le hasard l’avait bien servi dans son choix. Le comte du Lude s’approcha de son cheval en le saluant:

—Mettez pied à terre, monsieur, lui dit-il, et je vous pourrai donner sur son compte d’utiles renseignements.

Après avoir parlé fort bas, tous deux se quittèrent avec la cérémonieuse politesse du temps. Cinq-Mars remonta sur son cheval noir, et, passant dans plusieurs petites rues, fut bientôt hors de la foule avec sa suite.

—Que je suis heureux! disait-il chemin faisant: je vais voir du moins un instant ce bon et doux abbé qui m’a élevé; je me rappelle encore ses traits, son air calme et sa voix pleine de bonté.

Comme il pensait tout ceci avec attendrissement, il se trouva dans une petite rue noire qu’on lui avait indiquée; elle était si étroite, que les genouillères de ses bottes touchaient aux deux murs. Il trouva au bout une maison de bois à un seul étage, et, dans son empressement, frappa à coups redoublés.

—Qui va là? cria une voix furieuse.

Et presque aussitôt la porte s’ouvrant laissa voir un petit homme gros, court et tout rouge, portant une calotte noire, une immense fraise blanche, des bottes à l’écuyère qui engloutissaient ses petites jambes dans leurs énormes tuyaux, et deux pistolets d’arçon à sa main.

—Je vendrai chèrement ma vie! cria-t-il, et...

—Doucement, l’abbé, doucement, lui dit son élève en lui prenant le bras: ce sont vos amis.

—Ah! mon pauvre enfant, c’est vous! dit le bonhomme, laissant tomber ses pistolets, que ramassa avec précaution un domestique armé aussi jusqu’aux dents. Eh? que venez vous faire ici? L’abomination y est venue, et j’attends la nuit pour partir. Entrez vite, mon ami, vous et vos gens; je vous ai pris pour les archers de Laubardemont et, ma foi, j’allais sortir un peu de mon caractère. Vous voyez ces chevaux; je vais en Italie rejoindre notre ami le duc de Bouillon. Jean, Jean, fermez vite la grande porte par dessus ces braves domestiques et recommandez leur de ne pas faire trop de bruit, quoiqu’il n’y ait pas d’habitation près de celle-ci.

Grandchamp obéit à l’intrépide petit abbé, qui embrassa quatre fois Cinq-Mars en s’élevant sur la pointe de ses bottes pour atteindre le milieu de sa poitrine. Il le conduisit bien vite dans une étroite chambre, qui semblait un grenier abandonné, et, s’asseyant avec lui sur une malle de cuir noir, il lui dit avec chaleur:

—Eh! mon enfant, où allez-vous? A quoi pense madame la maréchale de vous laisser venir ici? Ne voyez-vous pas bien tout ce qui se fait contre un malheureux qu’il faut perdre? Ah! bon Dieu! était-ce là le premier spectacle que mon cher élève devait avoir sous les yeux? Ah! ciel! quand vous voilà à cet âge charmant où l’amitié, les tendres affections, la douce confiance, devaient vous entourer, quand tout devait vous donner une bonne opinion de votre espèce, à votre entrée dans le monde! quel malheur! ah! mon Dieu! pourquoi êtes-vous venu?

Quand le bon abbé eut ainsi gémi en serrant affectueusement les deux mains du jeune voyageur dans ses mains rouges et ridées, son élève eut enfin le temps de lui dire:

—Mais ne devinez-vous pas, mon cher abbé, que c’est parce que vous étiez à Loudun que je suis venu? Quant à ces spectacles dont vous parlez, ils ne m’ont paru que ridicules, et je vous jure que je n’en aime pas moins l’espèce humaine, dont vos vertus et vos leçons m’ont donné une excellente idée; et parce que cinq ou six folles...

—Ne perdons pas de temps; je vous dirai cette folie, je vous l’expliquerai. Mais répondez, où allez-vous? que faites-vous?

—Je vais à Perpignan, où le Cardinal-duc doit me présenter au roi.

Ici le bon et vif abbé se leva de sa malle, et, marchant ou plutôt courant de long en large dans la chambre en frappant du pied:

—Le Cardinal! le Cardinal! répéta-t-il en étouffant, devenant tout rouge et les larmes dans les yeux, pauvre enfant! ils vont le perdre! Ah! mon Dieu! quel rôle veulent-ils lui faire jouer là! que lui veulent-ils? Ah! qui vous gardera, mon ami, dans ce pays dangereux? dit-il en se rasseyant et reprenant les deux mains de son élève dans les siennes avec une sollicitude paternelle, et cherchant à lire dans ses regards.

—Mais je ne sais trop, dit Cinq-Mars en regardant au plafond; je pense que ce sera le cardinal de Richelieu, qui était l’ami de mon père.

—Ah! mon cher Henri, vous me faites trembler, mon enfant; il vous perdra si vous n’êtes pas son instrument docile. Ah! que ne puis-je aller avec vous! Pourquoi faut-il que j’aie montré une tête de vingt ans dans cette malheureuse affaire?... Hélas! non, je vous serais dangereux; au contraire, il faut que je me cache. Mais vous aurez M. de Thou près de vous, mon fils, n’est-ce pas? dit-il en cherchant à se calmer; c’est votre ami d’enfance, un peu plus âgé que vous; écoutez-le, mon enfant; c’est un sage jeune homme: il a réfléchi, il a des idées à lui.

—Oh! oui, mon cher abbé, comptez sur mon tendre attachement pour lui; je n’ai pas cessé de l’aimer...

—Mais vous avez sûrement cessé de lui écrire, n’est-ce pas? reprit en souriant un peu le bon abbé.

—Je vous demande pardon, mon bon abbé; je lui ai écrit une fois, et hier, pour lui annoncer que le Cardinal m’appelle à la cour.

—Quoi! lui-même a voulu vous voir!

Alors Cinq-Mars montra la lettre du Cardinal-duc à sa mère, et peu à peu son ancien gouverneur se calma et s’adoucit.

—Allons, allons, disait-il tout bas, allons, ce n’est pas mal, cela promet: capitaine aux gardes à vingt ans, ce n’est pas mal.

Et il sourit.