Cinq-Mars — Tome IParte 10 de 21
Original em francês · tradução para inglês
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- O sentido de cada trecho
- Notas sobre expressões e gramática
- Todos os livros do catálogo
Voyez la Méditerranée, qui étend, non loin de là, ses flots bleuâtres sur des rives sablonneuses. Pénétrez dans cette cité semblable à celle d’Athènes; mais pour trouver celui qui y règne, suivez cette rue inégale et obscure, montez les degrés du vieux archevêché, et entrons dans la première et la plus grande des salles.
Elle était fort longue, mais éclairée par une suite de hautes fenêtres en ogive, dont la partie supérieure seulement avait conservé les vitraux bleus, jaunes et rouges, qui répandaient une lueur mystérieuse dans l’appartement. Une table ronde énorme la remplissait dans toute sa largeur, du côté de la grande cheminée; autour de cette table, couverte d’un tapis bariolé et chargée de papiers et de portefeuilles, étaient assis et courbés sous leurs plumes huit secrétaires occupés à copier des lettres qu’on leur passait d’une table plus petite. D’autres hommes debout rangeaient les papiers dans les rayons d’une bibliothèque, que les livres reliés en noir ne remplissaient pas tout entière, et ils marchaient avec précaution sur le tapis dont la salle était garnie.
Malgré cette quantité de personnes réunies, on eût entendu les ailes d’une mouche. Le seul bruit qui s’élevât était celui des plumes qui couraient rapidement sur le papier, et une voix grêle qui dictait, en s’interrompant pour tousser. Elle sortait d’un immense fauteuil à grands bras, placé au coin du feu, allumé en dépit des chaleurs de la saison et du pays. C’était un de ces fauteuils qu’on voit encore dans quelques vieux châteaux, et qui semblent faits pour s’endormir en lisant sur eux, quelque livre que ce soit, tant chaque compartiment est soigné: un croissant de plumes y soutient les reins; si la tête se penche, elle trouve ses joues reçues par des oreillers couverts de soie, et le coussin du siège déborde tellement les coudes, qu’il est permis de croire que les prévoyants tapissiers de nos pères avaient pour but d’éviter que le livre ne fît du bruit et ne les réveillât en tombant.
Mais quittons cette digression pour parler de l’homme qui s’y trouvait et qui n’y dormait pas. Il avait le front large et quelques cheveux fort blancs, des yeux grands et doux, une figure pâle et effilée à laquelle une petite barbe blanche et pointue donnait cet air de finesse que l’on remarque dans tous les portraits du siècle de Louis XIII. Une bouche presque sans lèvres, et nous sommes forcé d’avouer que Lavater regarde ce signe comme indiquant la méchanceté à n’en pouvoir douter; une bouche pincée, disons-nous, était encadrée par deux petites moustaches grises et par une royale, ornement alors à la mode, et qui ressemble assez à une virgule par sa forme. Ce vieillard avait sur la tête une calotte rouge et était enveloppé dans une vaste robe de chambre et portait des bas de soie pourprée, et n’était rien moins qu’Armand Duplessis, cardinal de Richelieu.
Il avait très près de lui, autour de la plus petite table dont il a été question, quatre jeunes gens de quinze à vingt ans: ils étaient pages ou domestiques, selon l’expression du temps, qui signifiait alors familier, ami de la maison. Cet usage était un reste de patronage féodal demeuré dans nos mœurs. Les cadets gentilshommes des plus hautes familles recevaient des gages des grands seigneurs, et leur étaient dévoués en toute circonstance, allant appeler en duel le premier venu au moindre désir de leur patron. Les pages dont nous parlons rédigeaient des lettres dont le Cardinal leur avait donné la substance; et, après un coup d’œil du maître, ils les passaient aux secrétaires, qui les mettaient au net. Le Cardinal-duc, de son côté, écrivait sur son genou des notes secrètes sur de petits papiers, qu’il glissait dans presque tous les paquets avant de les fermer de sa propre main.
Il y avait quelques instants qu’il écrivait, lorsqu’il aperçut, dans une glace placée en face de lui, le plus jeune de ses pages traçant quelques lignes interrompues, sur une feuille d’une taille inférieure à celle du papier ministériel; il se hâtait d’y mettre quelques mots, puis la glissait rapidement sous la grande feuille qu’il était chargé de remplir à son grand regret; mais, placé derrière le Cardinal, il espérait que sa difficulté à se retourner l’empêcherait de s’apercevoir du petit manège qu’il semblait exercer avec assez d’habitude. Tout à coup, Richelieu, lui adressant la parole sèchement, lui dit:
—Venez ici, monsieur Olivier.
Ces deux mots furent comme un coup de foudre pour ce pauvre enfant, qui paraissait n’avoir que seize ans. Il se leva pourtant très vite, et vint se placer debout devant le ministre, les bras pendants et la tête baissée.
Les autres pages et les secrétaires ne remuèrent pas plus que des soldats lorsque l’un d’eux tombe frappé d’une balle, tant ils étaient accoutumés à ces sortes d’appels. Celui-ci pourtant s’annonçait d’une manière plus vive que les autres.
—Qu’écrivez-vous là?
—Monseigneur... ce que Votre Éminence me dicte.
—Quoi?
—Monseigneur... la lettre à don Juan de Bragance.
—Point de détours, monsieur, vous faites autre chose.
—Monseigneur, dit alors le page les larmes aux yeux, c’était un billet à une de mes cousines.
—Voyons-le.
Alors un tremblement universel l’agita, et il fut obligé de s’appuyer sur la cheminée en disant à demi-voix:
—C’est impossible.
—Monsieur le vicomte Olivier d’Entraigues, dit le ministre sans marquer la moindre émotion, vous n’êtes plus à mon service.
Et le page sortit, il savait qu’il n’y avait pas à répliquer; il glissa son billet dans sa poche, et, ouvrant la porte à deux battants, justement assez pour qu’il y eût place pour lui, il s’y glissa comme un oiseau qui s’échappe de sa cage.
Le ministre continua les notes qu’il traçait sur son genou.
Les secrétaires redoublaient de silence et d’ardeur, lorsque la porte s’ouvrant rapidement de chaque côté, on vit paraître, entre les deux battants, un capucin qui, s’inclinant les bras croisés sur la poitrine, semblait attendre l’aumône ou l’ordre de se retirer. Il avait un teint rembruni, profondément sillonné par la petite vérole; des yeux assez doux, mais un peu louches et toujours couverts par des sourcils qui se joignaient au milieu du front; une bouche dont le sourire était rusé, malfaisant et sinistre; une barbe plate et rousse à l’extrémité, et le costume de l’ordre de Saint-François dans toute son horreur, avec des sandales et des pieds nus qui paraissaient fort indignes de s’essuyer sur un tapis.
Tel qu’il était, ce personnage parut faire une grande sensation dans toute la salle; car, sans achever la phrase, la ligne ou le mot commencé, chaque écrivain se leva et sortit par la porte, où il se tenait toujours debout, les uns le saluant en passant, les autres détournant la tête, les jeunes pages se bouchant le nez, mais par derrière lui, car ils paraissaient en avoir peur en secret. Lorsque tout le monde eut défilé, il entra enfin, faisant une profonde révérence, parce que la porte était encore ouverte; mais, sitôt qu’elle fut fermée, marchant sans cérémonie, il vint s’asseoir auprès du Cardinal, qui, l’ayant reconnu au mouvement qui se faisait, lui fit une inclination de tête sèche et silencieuse, le regardant fixement comme pour attendre une nouvelle, et ne pouvant s’empêcher de froncer le sourcil, comme à l’aspect d’une araignée ou de quelque autre animal désagréable.
Le Cardinal n’avait pu résister à ce mouvement de déplaisir, parce qu’il se sentait obligé, par la présence de son agent, à rentrer dans ces conversations profondes et pénibles dont il s’était reposé pendant quelques jours dans un pays dont l’air lui était favorable, et dont le calme avait un peu ralenti les douleurs de la maladie; elle s’était changée en une fièvre lente; mais ses intervalles étaient assez longs pour qu’il pût oublier, pendant son absence, qu’elle devait revenir. Donnant donc un peu de repos à son imagination jusqu’alors infatigable, il attendait sans impatience, pour la première fois de ses jours peut-être, le retour des courriers qu’il avait fait partir dans toutes les directions, comme les rayons d’un soleil qui donnait seul la vie et le mouvement à la France. Il ne s’attendait pas à la visite qu’il recevait alors, et la vue d’un de ces hommes qu’il trempait dans le crime, selon sa propre expression, lui rendit toutes les inquiétudes habituelles de sa vie plus présentes, sans dissiper le nuage de mélancolie qui venait d’obscurcir ses pensées.
Le commencement de sa conversation fut empreint de la couleur sombre de ses dernières rêveries; mais bientôt il en sortit plus vif et plus fort que jamais, quand la vigueur de son esprit rentra forcément dans le monde réel.
Son confident, voyant qu’il devait rompre le silence le premier, le fit assez brusquement.
—Eh bien! monseigneur, à quoi pensez-vous?
—Hélas! Joseph, à quoi devons-nous penser tous tant que nous sommes, sinon à notre bonheur futur dans une vie meilleure que celle-ci? Je songe, depuis plusieurs jours, que les intérêts humains m’ont trop détourné de cette unique pensée: et je me repens d’avoir employé quelques instants de loisir à des ouvrages profanes, tels que mes tragédies d’Europe et de Mirame, malgré la gloire que j’en ai tirée déjà parmi nos plus beaux esprits, gloire qui se répandra dans l’avenir.
Le père Joseph, plein des choses qu’il avait à dire, fut d’abord surpris de ce début; mais il connaissait trop son maître pour en rien témoigner, et sachant bien par où il le ramènerait à d’autres idées, il entra dans les siennes sans hésiter.
—Le mérite en est pourtant bien grand, dit-il avec un air de regret, et la France gémira de ce que ces œuvres immortelles ne sont pas suivies de productions semblables.
—Oui, mon cher Joseph, c’est en vain que des hommes tels que Boisrobert, Claveret, Colletet, Corneille, et surtout le célèbre Mairet, ont proclamé ces tragédies les plus belles de toutes celles que les temps présents et passés ont vu représenter; je me les reproche, je vous jure, comme un vrai péché mortel, et je ne m’occupe, dans mes heures de repos, que de ma Méthode des controverses et du livre sur la Perfection du chrétien. Je songe que j’ai cinquante-six ans et une maladie qui ne pardonne guère.
—Ce sont des calculs que vos ennemis font aussi exactement que Votre Éminence, dit le père, à qui cette conversation commençait à donner de l’humeur, et qui voulait en sortir au plus vite.
Le rouge monta au visage du Cardinal.
—Je le sais, je le sais bien, dit-il, je connais toute leur noirceur, et je m’attends à tout. Mais qu’y a-t-il donc de nouveau?
—Nous étions convenus déjà, monseigneur, de remplacer mademoiselle d’Hautefort; nous l’avons éloignée comme mademoiselle de La Fayette, c’est fort bien; mais sa place n’est pas remplie, et le Roi...
—Eh bien?
—Le Roi a des idées qu’il n’avait pas eues encore.
—Vraiment? et qui ne viennent pas de moi? Voilà qui va bien, dit le ministre avec ironie.
—Aussi, monseigneur, pourquoi laisser six jours entiers la place de favori vacante? Ce n’est pas prudent, permettez que je le dise.
—Il a des idées, des idées! répétait Richelieu avec une sorte d’effroi; et lesquelles?
—Il a parlé de rappeler la Reine-Mère, dit le Capucin à voix basse, de la rappeler de Cologne.
—Marie de Médicis! s’écria le Cardinal en frappant sur les bras de son fauteuil avec ses deux mains. Non, par le Dieu vivant! elle ne rentrera pas sur le sol de France, d’où je l’ai chassée pied par pied! L’Angleterre n’a pas osé la garder exilée par moi; la Hollande a craint de crouler sous elle, et mon royaume la recevrait! Non, non, cette idée n’a pu lui venir par lui-même. Rappeler mon ennemie, rappeler sa mère, quelle perfidie! non, il n’aurait jamais osé y penser...
Puis, après avoir rêvé un instant, il ajouta en fixant un regard pénétrant et encore plein du feu de sa colère sur le père Joseph:
—Mais... dans quels termes a-t-il exprimé ce désir? Dites-moi les mots précis.
—Il a dit assez publiquement, et en présence de Monsieur: «Je sens bien que l’un des premiers devoirs d’un chrétien est d’être bon fils, et je ne résisterai pas longtemps aux murmures de ma conscience.»
—Chrétien! conscience! ce ne sont pas ses expressions; c’est le père Caussin, c’est son confesseur qui me trahit! s’écria le Cardinal. Perfide jésuite! je t’ai pardonné ton intrigue de La Fayette mais je ne te passerai pas tes conseils secrets. Je ferai chasser ce confesseur, Joseph, il est l’ennemi de l’État, je le vois bien. Mais aussi j’ai agi avec négligence depuis quelques jours; je n’ai pas assez hâté l’arrivée de ce petit d’Effiat, qui réussira, sans doute: il est bien fait et spirituel, dit-on. Ah! quelle faute! je mériterais une bonne disgrâce moi-même. Laisser près du Roi ce renard jésuite, sans lui avoir donné mes instructions secrètes, sans avoir un otage, un gage de sa fidélité à mes ordres! quel oubli! Joseph, prenez une plume et écrivez vite ceci pour l’autre confesseur que nous choisirons mieux. Je pense au père Sirmond...
Le père Joseph se mit devant la grande table, prêt à écrire, et le Cardinal lui dicta ces devoirs de nouvelle nature, que, peu de temps après, il osa faire remettre au Roi, qui les reçut, les respecta, et les apprit par cœur comme les commandements de l’Église. Ils nous sont demeurés comme un monument effrayant de l’empire qu’un homme peut arracher à force de temps, d’intrigues et d’audace:
I. Un prince doit avoir un premier ministre, et ce premier ministre trois qualités: 1o qu’il n’ait pas d’autre passion que son prince; 2o qu’il soit habile et fidèle; 3o qu’il soit ecclésiastique.
II. Un prince doit parfaitement aimer son premier ministre.
III. Ne doit jamais changer son premier ministre.
IV. Doit lui dire toutes choses.
V. Lui donner libre accès auprès de sa personne.
VI. Lui donner une souveraine autorité sur le peuple.
VII. De grands honneurs et de grands biens.
VIII. Un prince n’a pas de plus riche trésor que son premier ministre.
IX. Un prince ne doit pas ajouter foi à ce qu’on dit contre son premier ministre, ni se plaire à en entendre médire.
X. Un prince doit révéler à son premier ministre tout ce qu’on a dit contre lui, quand même on aurait exigé du prince qu’il garderait le secret.
XI. Un prince doit non seulement préférer le bien de son État, mais son premier ministre à tous ses parents.
Tels étaient les commandements du dieu de la France, moins étonnants encore que la terrible naïveté qui lui fait léguer lui-même ses ordres à la postérité, comme si, elle aussi, devait croire en lui.
Tandis qu’il dictait son instruction, en lisant sur un petit papier écrit de sa main, une tristesse profonde paraissait s’emparer de lui à chaque mot; et, lorsqu’il fut au bout, il tomba au fond de son fauteuil, les bras croisés et la tête penchée sur son estomac.
Le père Joseph, interrompant son écriture, se leva, et allait lui demander s’il se trouvait mal, lorsqu’il entendit sortir du fond de sa poitrine ces paroles lugubres et mémorables:
—Quel ennui profond! quelles interminables inquiétudes! Si l’ambitieux me voyait, il fuirait dans un désert. Qu’est-ce que ma puissance? Un misérable reflet du pouvoir royal; et que de travaux pour fixer sur mon étoile ce rayon qui flotte sans cesse! Depuis vingt ans je le tente inutilement. Je ne comprends rien à cet homme! il n’ose pas me fuir; mais on me l’enlève: il me glisse entre les doigts... Que de choses j’aurais pu faire avec ses droits héréditaires, si je les avais eus! Mais employer tant de calculs à se tenir en équilibre! que reste-t-il de génie pour les entreprises? J’ai l’Europe dans ma main, et je suis suspendu à un cheveu qui tremble. Qu’ai-je affaire de porter mes regards sur les cartes du monde, si tous mes intérêts sont renfermés dans mon étroit cabinet? Ses six pieds d’espace me donnent plus de peine à gouverner que toute la terre. Voilà donc ce qu’est un premier ministre! Enviez-moi mes gardes à présent!
Ses traits étaient décomposés de manière à faire craindre quelque accident, et il lui prit une toux violente et longue qui finit par un léger crachement de sang. Il vit que le père Joseph, effrayé, allait saisir une clochette d’or posée sur la table, et, se levant tout à coup avec la vivacité d’un jeune homme, il l’arrêta et lui dit:
—Ce n’est rien, Joseph, je me laisse quelquefois aller au découragement; mais ces moments sont courts, et j’en sors plus fort qu’avant. Pour ma santé, je sais parfaitement où j’en suis; mais il ne s’agit pas de cela. Qu’avez-vous fait à Paris? Je suis content de voir le Roi arrivé dans le Béarn comme je le voulais: nous le veillerons mieux. Que lui avez-vous montré pour le faire partir?
—Une bataille à Perpignan.
—Allons, ce n’est pas mal. Eh bien, nous pouvons la lui arranger: autant vaut cette application qu’une autre à présent. Mais la jeune Reine, la jeune Reine, que dit-elle?
—Elle est encore furieuse contre vous. Sa correspondance découverte, l’interrogatoire que vous lui fîtes subir!
—Bah! un madrigal et un moment de soumission lui feront oublier que je l’ai séparée de sa maison d’Autriche et du pays de son Buckingham. Mais que fait-elle?
—D’autres intrigues avec Monsieur. Mais, comme toutes ses confidentes sont à nous, en voici les rapports jour par jour.
—Je ne me donnerai pas la peine de les lire: tant que le duc de Bouillon sera en Italie, je ne crains rien de là; elle peut rêver de petites conjurations avec Gaston au coin du feu; il s’en tient toujours aux aimables intentions qu’il a quelquefois, et n’exécute bien que ses sorties du royaume; il en est à la troisième. Je lui procurerai la quatrième quand il voudra; il ne vaut pas le coup de pistolet que tu fis donner au comte de Soissons. Ce pauvre comte n’avait cependant guère plus d’énergie.
Ici le cardinal, se rasseyant dans son fauteuil, se mit à rire assez gaîment pour un homme d’État.
—Je rirai toute ma vie de leur expédition d’Amiens. Ils me tenaient là tous les deux. Chacun avait bien cinq cents gentilshommes autour de lui, armés jusqu’aux dents, et tout prêts à m’expédier comme Concini: mais le grand Vitry n’était plus là; ils m’ont laissé parler une heure fort tranquillement avec eux de la chasse et de la Fête-Dieu, et ni l’un ni l’autre n’a osé faire un signe à tous ces coupe-jarrets. Nous avons su depuis par Chavigny, qu’ils attendaient depuis deux mois cet heureux moment. Pour moi, en vérité, je ne remarquai rien du tout, si ce n’est ce petit brigand d’abbé de Gondi qui rôdait autour de moi et avait l’air de cacher quelque chose dans sa manche; ce fut ce qui me fit monter en carrosse.
—A propos, monseigneur, la reine veut le faire coadjuteur absolument.