Le Fantôme de l'Opéra Ch. 1/4 · 0%

Le Fantôme de l'OpéraPart 9 of 33

Gaston Leroux

French original · Portuguese (Brazil) translation

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  • The meaning of every phrase
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R. Non, monsieur. Ce sont de pauvres pierres tombales qui disparaissaient sous la couche de neige et qui alignaient leurs croix au ras du sol. Les seules ombres étaient celles de ces croix et les deux nôtres. L'église était toute éblouissante de clarté. Je n'ai jamais vu une pareille lumière nocturne. C'était très beau, très transparent et très froid. Je n'étais jamais allé la nuit dans les cimetières, et j'ignorais qu'on pût y trouver une semblable lumière, «une lumière qui ne pèse rien».

D. Vous êtes superstitieux?

R. Non, monsieur, je suis croyant.

D. Dans quel état d'esprit étiez-vous?

R. Très sain et très tranquille, ma foi. Certes, la sortie insolite de Mlle Daaé m'avait tout d'abord profondément troublé; mais aussitôt que je vis la jeune fille pénétrer dans le cimetière, je me dis qu'elle y venait accomplir quelque vœu sur la tombe paternelle, et je trouvai la chose si naturelle que je reconquis tout mon calme. J'étais simplement étonné qu'elle ne m'eût pas encore entendu marcher derrière elle, car la neige craquait sous mes pas. Mais sans doute était-elle toute absorbée par sa pensée pieuse. Je résolus du reste de ne la point troubler et, quand elle fut parvenue à la tombe de son père, je restai à quelques pas derrière elle. Elle s'agenouilla dans la neige, fit le signe de la croix et commença de prier. À ce moment, minuit sonna. Le douzième coup tintait encore à mon oreille quand, soudain, je vis la jeune fille relever la tête; son regard fixa la voûte céleste, ses bras se tendirent vers l'astre des nuits; elle me parut en extase et je me demandais encore quelle avait été la raison subite et déterminante de cette extase quand moi-même je relevai la tête, je jetai autour de moi un regard éperdu et tout mon être se tendit vers l'Invisible, l'invisible qui nous jouait de la musique. Et quelle musique! Nous la connaissions déjà! Christine et moi l'avions déjà entendue en notre jeunesse. Mais jamais sur le violon du père Daaé, elle ne s'était exprimée avec un art aussi divin. Je ne pus mieux faire, en cet instant, que de me rappeler tout ce que Christine venait de me dire de range de la musique, et je ne sus trop que penser de ces sons inoubliables qui, s'ils ne descendaient pas du ciel, laissaient ignorer leur origine sur terre. Il n'y avait point là d'instrument ni de main pour conduire l'archet. Oh! je me rappelai l'admirable mélodie. C'était la Résurrection de Lazare, que le père Daaé nous jouait dans ses heures de tristesse et de foi. L'ange de Christine aurait existé qu'il n'aurait pas mieux joué cette nuit-là avec le violon du défunt ménétrier. L'invocation de Jésus nous ravissait à la terre, et, ma foi, je m'attendis presque à voir se soulever la pierre du tombeau du père de Christine. L'idée me vint aussi que Daaé avait été enterré avec son violon et, en vérité, je ne sais point jusqu'où, dans cette minute funèbre et rayonnante, au fond de ce petit dérobé cimetière de province, à côté de ces têtes de morts qui nous riaient de toutes leurs mâchoires immobiles, non je ne sais point jusqu'où s'en fut mon imagination, ni où elle s'arrêta.

Mais la musique c'était tue et je retrouvai mes sens. Il me sembla entendre du bruit du côté des têtes de morts de l'ossuaire.

D.—Ah! ah! vous avez entendu du bruit du côté de l'ossuaire?

R. Oui, il m'a paru que les têtes de morts ricanaient maintenant et je n'ai pu m'empêcher de frissonner.

D. Vous n'avez point pensé tout de suite que derrière l'ossuaire pouvait se cacher justement le musicien céleste qui venait de tant vous charmer?

R. J'ai si bien pensé cela, que je n'ai plus pensé qu'à cela, monsieur le commissaire, et que j'en oubliai de suivre Mlle Daaé qui venait de se relever et gagnait tranquillement la porte du cimetière. Quant à elle, elle était tellement absorbée, qu'il n'est point étonnant qu'elle, ne m'ait pas aperçu. Je ne bougeai point, les yeux fixés vers l'ossuaire, décidé à aller jusqu'au bout de cette incroyable aventure et d'en connaître le fin mot.

D. Et alors, qu'arriva-t-il pour qu'on vous ait retrouvé au matin, étendu à demi mort, sur les marches du maître-autel?

R. Oh! ce fut rapide... Une tête de mort roula à mes pieds... puis une autre... puis une autre... On eût dit que j'étais le but de ce funèbre jeu de boules. Et j'eus cette imagination qu'un faux mouvement avait dû détruire l'harmonie de l'échafaudage derrière lequel se dissimulait notre musicien. Cette hypothèse m'apparut d'autant plus raisonnable qu'une ombre glissa tout à coup sur le mur éclatant de la sacristie.

Je me précipitai. L'ombre avait déjà, poussant la porte, pénétré dans l'église. J'avais des ailes, l'ombre avait un manteau. Je fus assez rapide pour saisir un coin du manteau de l'ombre. À ce moment, nous étions, l'ombre et moi, juste devant le maître-autel et les rayons de la lune, à travers le grand vitrail de l'abside, tombaient droit devant nous. Comme je ne lâchai point le manteau, l'ombre se retourna et, le manteau dont elle était enveloppée s'étant entr'ouvert, je vis, monsieur le juge, comme je vous vois, une effroyable tête de mort qui dardait sur moi un regard où brûlaient les feux de l'enfer. Je crus avoir affaire à Satan lui-même et, devant cette apparition d'outre-tombe, mon cœur, malgré tout son courage, défaillit, et je n'ai plus souvenir de rien jusqu'au moment où je me réveillai dans ma petite chambre de l'auberge du Soleil-Couchant.

VII

UNE VISITE À LA LOGE N° 5

Nous avons quitté MM. Firmin Richard et Armand Moncharmin dans le moment qu'ils se décidaient à aller faire une petite visite à la première loge n° 5.

Ils ont laissé derrière eux le large escalier qui conduit du vestibule de l'administration à la scène et ses dépendances; ils ont traversé la scène (le plateau), ils sont entrés dans le théâtre par l'entrée des abonnés, puis, dans la salle, par le premier couloir à gauche. Ils se sont alors glissés entre les premiers rangs des fauteuils d'orchestre et ont regardé la première loge n° 5. Ils la virent mal à cause qu'elle était plongée dans une demi-obscurité et que d'immenses housses étaient jetées sur le velours rouge des appuis-mains.

À ce moment, ils étaient presque seuls dans l'immense vaisseau ténébreux et un grand silence les entourait. C'était l'heure tranquille où les machinistes vont boire.

L'équipe avait momentanément vidé le plateau, laissant un décor moitié planté; quelques rais de lumière (une lumière blafarde, sinistre, qui semblait volée à un astre moribond), s'étaient insinués par on ne sait quelle ouverture, jusqu'à une vieille tour qui dressait ses créneaux en carton sur la scène; les choses, dans cette nuit factice, ou plutôt dans ce jour menteur, prenaient d'étranges formes. Sur les fauteuils de l'orchestre, la toile qui les recouvrait avait l'apparence d'une mer en furie, dont les vagues glauques avaient été instantanément immobilisées sur l'ordre secret du géant des tempêtes, qui, comme chacun sait, s'appelle Adamastor. MM. Moncharmin et Richard étaient les naufragés de ce bouleversement immobile d'une mer de toile peinte. Ils avançaient vers les loges de gauche, à grandes brassées, comme des marins qui ont abandonné leur barque et cherchent à gagner le rivage. Les huit grandes colonnes en échaillon poli se dressaient dans l'ombre comme autant de prodigieux pilotis destinés à soutenir la falaise menaçante, croulante et ventrue, dont les assises étaient figurées par les lignes circulaires, parallèles et fléchissantes des balcons des premières, deuxièmes et troisièmes loges. Du haut, tout en haut de la falaise, perdues dans le ciel de cuivre de M. Lenepveu, des figures grimaçaient, ricanaient, se moquaient, se gaussaient de l'inquiétude de MM. Moncharmin et Richard. C'étaient pourtant des figures fort sérieuses à l'ordinaire. Elles s'appelaient: Isis, Amphitrite, Hébé, Flore, Pandore, Psyché, Thétis, Pomone, Daphné, Clythie, Galathée, Aréthuse. Oui, Aréthuse elle-même et Pandore que tout le monde connaît à cause de sa boîte, regardaient les deux nouveaux directeurs de l'Opéra qui avaient fini par s'accrocher à quelque épave, et qui, de là, contemplaient en silence la première loge n° 5. J'ai dit qu'ils étaient inquiets. Du moins, je le présume. M. Moncharmin, en tout cas, avoue qu'il était impressionné. Il dit textuellement: «Cette «balançoire» (quel style!) du fantôme de l'Opéra, sur laquelle on nous avait si gentiment fait monter, depuis que nous avions pris la succession de MM. Poligny et Debienne, avait fini sans doute par troubler l'équilibre de mes facultés imaginatives, et, à tout prendre, visuelles, car (était-ce le décor exceptionnel dans lequel nous nous mouvions, au centre d'un incroyable silence qui nous impressionna à ce point?... fûmes-nous le jouet d'une sorte d'hallucination rendue possible par la quasi-obscurité de la salle et la pénombre qui baignait la loge n° 5?) car j'ai vu et Richard aussi a vu, dans le même moment, une forme dans la loge n° 5. Richard n'a rien dit; moi, non plus, du reste. Mais nous nous sommes pris la main d'un même geste. Puis, nous avons attendu quelques minutes ainsi, sans bouger, les yeux toujours fixés sur le même point: mais la forme avait disparu. Alors, nous sommes sortis et, dans le couloir, nous nous sommes fait part de nos impressions et nous avons parlé de la forme. Le malheur est que ma forme, à moi, n'était pas du tout la forme de Richard. Moi, j'avais vu comme une tête de mort qui était posée sur le rebord de la loge, tandis que Richard avait aperçu une forme de vieille femme qui ressemblait à la mère Giry. Si bien que nous vîmes que nous avions été réellement le jouet d'une illusion et que nous courûmes sans plus tarder et en riant comme des fous à la première loge n° 5, dans laquelle nous entrâmes et dans laquelle nous ne trouvâmes plus aucune forme.»

Et maintenant nous voici dans la loge n° 5.

C'est une loge comme toutes les autres premières loges. En vérité, rien ne distingue cette loge de ses voisines.

MM. Moncharmin et Richard, s'amusant ostensiblement et riant l'un de l'autre, remuaient les meubles de la loge, soulevaient les housses et les fauteuils et examinaient en particulier celui sur lequel la voix avait l'habitude de s'asseoir. Mais ils constatèrent que c'était un honnête fauteuil, qui n'avait rien de magique. En somme, la loge était la plus ordinaire des loges, avec sa tapisserie rouge, ses fauteuils, sa carpette et son appui-mains en velours rouge. Après avoir tâté le plus sérieusement du monde la carpette et n'avoir, de ce côté comme des autres, rien découvert de spécial, ils descendirent dans la baignoire du dessous, qui correspondait à la loge n° 5. Dans la baignoire n°5, qui est juste au coin de la première sortie de gauche des fauteuils d'orchestre, ils ne trouvèrent rien non plus qui méritât d'être signalé.

—Tous ces gens-là se moquent de nous, finit par s'écrier Firmin Richard; samedi, on joue Faust, nous assisterons à la représentation tous les deux dans la première loge n°5!

VIII

OÙ MM. FIRMIN RICHARD, ET ARMAND MONCHARMIN ONT L'AUDACE DE FAIRE REPRÉSENTER «FAUST» DANS UNE SALLE «MAUDITE» ET DE L'EFFROYABLE ÉVÉNEMENT QUI EN RÉSULTA

Mais le samedi matin, en arrivant dans leur bureau, les directeurs trouvèrent une double lettre de F. de l'O. ainsi conçue:

«Mes chers directeurs,

«C'est donc la guerre?

«Si vous tenez encore à la paix, voici mon ultimatum.

«Il est aux quatre conditions suivantes:

«1° Me rendre ma loge—et je veux qu'elle soit à ma libre disposition dès maintenant;

«2° Le rôle de «Marguerite» sera chanté ce soir par Christine Daaé. Ne vous occupez pas de la Carlotta qui sera malade;

«3° Je tiens absolument aux bons et loyaux services de Mme Giry, mon ouvreuse, que vous réintégrerez immédiatement dans ses fonctions;

«4° Faites-moi connaître par une lettre remise à Mme Giry, qui me la fera parvenir, que vous acceptez, comme vos prédécesseurs, les conditions de mon cahier des charges relatives à mon indemnité mensuelle. Je vous ferai savoir ultérieurement dans quelle forme vous aurez à me la verser.

«Sinon, vous donnerez Faust, ce soir, dans une salle maudite.

«À bon entendeur, salut!

«F. DE L'O.»

—Eh bien! il m'embête, moi!... Il m'embête! hurla Richard, en dressant ses poings vengeurs et en les laissant retomber avec fracas sur la table de son bureau.

Sur ces entrefaites, Mercier, l'administrateur entra.

—Lachenal voudrait voir l'un de ces messieurs, dit-il. Il paraît que l'affaire est urgente, et le bonhomme me paraît tout bouleversé.

—Qui est-ce Lachenal? interrogea Richard.

—C'est votre écuyer en chef.

—Comment! mon écuyer en chef?

—Mais oui, monsieur, expliqua Mercier... il y a à l'Opéra plusieurs écuyers, et M. Lachenal est leur chef.

—Et qu'est-ce qu'il fait, cet écuyer?

—Il a la haute direction de l'écurie.

—Quelle écurie?

—Mais la vôtre, monsieur, l'écurie, de l'Opéra.

—Il y a une écurie à l'Opéra? Ma foi, je n'en savais rien! Et où se trouve-t-elle?

—Dans les dessous, du côté de la Rotonde. C'est un service très important, nous avons douze chevaux.

—Douze chevaux! Et pourquoi faire, grand Dieu?

—Mais pour les défilés de la Juive, du Prophète, etc., il faut des chevaux dressés et qui «connaissent les planches». Les écuyers sont chargés de les leur apprendre. M. Lachenal y est fort habile. C'est l'ancien directeur des écuries de Franconi.

—Très bien..., mais, qu'est-ce qu'il me veut?

—Je n'en sais rien... je ne l'ai jamais vu dans un état pareil.

—Faites le entrer!...

M. Lachenal entre. Il a une cravache à la main et en cingle nerveusement l'une de ses bottes.

—Bonjour, monsieur Lachenal, fit Richard impressionné. Qu'est-ce qui nous vaut l'honneur de votre visite?

—Monsieur le directeur, je viens vous demander de mettre toute l'écurie à la porte.

—Comment! vous voulez mettre à la porte nos chevaux?

—Il ne s'agit pas des chevaux, mais des palefreniers!

—Combien avez-vous de palefreniers, monsieur Lachenal?

—Six!

—Six palefreniers! C'est au moins trop de deux!

—Ce sont là des «places», interrompit Mercier, qui ont été créées et qui nous ont été imposées par le sous-secrétariat des Beaux-Arts. Elles sont occupées par des protégés du gouvernement, et si j'ose me permettre...

—Le gouvernement, je m'en fiche!... affirma Richard avec énergie. Nous n'avons pas besoin de plus de quatre palefreniers pour douze chevaux.

—Onze! rectifia M. l'écuyer un chef.

—Douze! répéta Richard.

— Onze! répète Lachenal.

—Ah! c'est M. l'administrateur qui m'avait dit que vous aviez douze chevaux!

—J'en avais douze, mais je n'en ai plus que onze depuis que l'on nous a volé César!

Et M. Lachenal se donne un grand coup de cravache sur la botte.

—On nous a volé César, s'écria M. l'administrateur; César, le cheval blanc du Prophète.

—Il n'y a pas deux Césars! déclara d'un ton sec M. l'écuyer en chef. J'ai été dix ans chez Franconi et j'en ai vu, des chevaux! Eh bien! il n'y a pas deux Césars! Et on nous l'a volé.

—Comment cela?

—Eh! je n'en sais rien! Personne n'en sait rien! Voilà pourquoi je viens vous demander de mettre toute l'écurie à la porte.

—Qu'est-ce qu'ils disent, vos palefreniers?

—Des bêtises... les uns accusent des figurants... les autres prétendent que c'est le concierge de l'administration.

—Le concierge de l'administration? J'en réponds comme de moi-même! protesta Mercier.

—Mais enfin, monsieur le premier écuyer, s'écria Richard, vous devez avoir une idée!...

—Eh bien! oui, j'en ai une! J'en ai une! déclara tout à coup M. Lachenal, et je vais vous la dire. Pour moi, il n'y a pas de doute. —M. le premier écuyer se rapprocha de MM. les directeurs et leur glissa à l'oreille:—C'est le fantôme qui a fait le coup!

Richard sursauta.

—Ah! Vous aussi! Vous aussi!

—Comment? moi aussi? C'est bien la chose la plus naturelle...

—Mais comment donc! monsieur Lachenal! mais comment donc, monsieur le premier écuyer...

—... Que je vous dise ce que je pense, après ce que j'ai vu...

—Et qu'avez-vous vu, monsieur Lachenal?

—J'ai vu, comme je vous vois, une ombre noire qui montait un cheval blanc qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à César!

—Et vous n'avez pas couru après ce cheval blanc et cette ombre noire?

—J'ai couru et j'ai appelé, monsieur le directeur, mais ils se sont enfuis avec une rapidité déconcertante et ont disparu dans la nuit de la galerie...

M. Richard se leva:

—C'est bien, monsieur Lachenal. Vous pouvez vous retirer... nous allons déposer une plainte contre le fantôme...

—Et vous allez fiche mon écurie à la porte!

—C'est entendu! Au revoir, monsieur!

M. Lachenal salua et sortit.

Richard écumait.

—Vous allez régler le compte de cet imbécile!

—C'est un ami de M. le commissaire du gouvernement! osa Mercier...

—Et il prend son apéritif à Tortoni avec Lagréné, Scholl et Pertuiset, le tueur de lions, ajouta Moncharmin. Nous allons nous mettre toute la presse à dos! Il racontera l'histoire du fantôme et tout le monde s'amusera à nos dépens! Si nous sommes ridicules, nous sommes morts!

—C'est bien, n'en parlons plus... concéda Richard, qui déjà songeait à autre chose.

À ce moment la porte s'ouvrit et, sans doute, cette porte n'était-elle point alors défendue par son cerbère ordinaire, car on vit mame Giry entrer tout de go, une lettre à la main, et dire précipitamment:

—Pardon, excuse, messieurs, mais j'ai reçu ce matin une lettre du fantôme de l'Opéra. Il me dit de passer chez vous, que vous avez censément quelque chose à me...