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Voyage au centre de la TerreParte 4 de 23

Jules Verne

Original em francês · tradução para inglês

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«Eh bien, je te dirai que de véritables savants, Poisson entre autres, ont prouvé que, si une chaleur de deux millions de degrés existait à l'intérieur du globe, les gaz incandescents provenant des matières fondues acquerraient une élasticité telle que l'écorce terrestre ne pourrait y résister et éclaterait comme les parois d'une chaudière sous l'effort de la vapeur.

—C'est l'avis de Poisson, mon oncle, voilà tout.

—D'accord, mais c'est aussi l'avis d'autres géologues distingués, que l'intérieur du globe n'est formé ni de gaz ni d'eau, ni des plus lourdes pierres que nous connaissions, car, dans ce cas, la terre aurait un poids deux fois moindre.

—Oh! avec les chiffres on prouve tout ce qu'on veut!

—Et avec les faits, mon garçon, en est-il de même? N'est-il pas constant que le nombre des volcans a considérablement diminué depuis les premiers jours du monde, et, si chaleur centrale il y a, ne peut-on en conclure qu'elle tend à s'affaiblir?

—Mon oncle, si vous entrez dans le champ des suppositions, je n'ai plus à discuter.

—Et moi j'ai à dire qu'à mon opinion se joignent les opinions de gens fort compétents. Te souviens-tu d'une visite que me fit le célèbre chimiste anglais Humphry Davy en 1825?

—Aucunement, car je ne suis venu au monde que dix-neuf ans après.

—Eh bien, Humphry Davy vint me voir à son passage à Hambourg. Nous discutâmes longtemps, entre autres questions, l'hypothèse de la liquidité du noyau intérieur de la terre. Nous étions tous deux d'accord que cette liquidité ne pouvait exister, par une raison à laquelle la science n'a jamais trouvé de réponse.

—Et laquelle? dis-je un peu étonné.

—C'est que cette masse liquide serait sujette comme l'Océan, à l'attraction de la lune, et conséquemment, deux fois par jour, il se produirait des marées intérieures qui, soulevant l'écorce terrestre, donneraient lieu à des tremblements de terre périodiques!

—Mais il est pourtant évident que la surface du globe a été soumise à la combustion, et il est permis de supposer que la croûte extérieure s'est refroidie d'abord, tandis que la chaleur se réfugiait au centre.

—Erreur, répondit mon oncle; la terre a été échauffée par la combustion de sa surface, et non autrement. Sa surface était composée d'une grande quantité de métaux, tels que le potassium, le sodium, qui ont la propriété de s'enflammer au seul contact de l'air et de l'eau; ces métaux prirent feu quand les vapeurs atmosphériques se précipitèrent en pluie sur le sol, et peu à peu, lorsque les eaux pénétrèrent dans les fissures de l'écorce terrestre, elles déterminèrent de nouveaux incendies avec explosions et éruptions. De là les volcans si nombreux aux premiers jours du monde.

—Mais voilà une ingénieuse hypothèse! m'écriai-je un peu malgré moi.

—Et qu'Humphry Davy me rendit sensible, ici même, par une expérience bien simple. Il composa une boule métallique faite principalement des métaux dont je viens de parler, et qui figurait parfaitement notre globe; lorsqu'on faisait tomber une fine rosée à sa surface, celle-ci se boursouflait, s'oxydait et formait une petite montagne; un cratère s'ouvrait à son sommet; l'éruption avait lieu et communiquait à toute la boule une chaleur telle qu'il devenait impossible de la tenir à la main.»

Vraiment, je commençais à être ébranlé par les arguments du professeur; il les faisait valoir d'ailleurs avec sa passion et son enthousiasme habituels.

«Tu le vois, Axel, ajouta-t-il, l'état du noyau central a soulevé des hypothèses diverses entre les géologues; rien de moins prouvé que ce fait d'une chaleur interne; suivant moi, elle n'existe pas; elle ne saurait exister; nous le verrons, d'ailleurs, et, comme Arne Saknussemm, nous saurons à quoi nous en tenir sur cette grande question.

Eh bien! oui, répondis-je en me sentant gagner à cet enthousiasme; oui, nous le verrons, si on y voit toutefois.

—Et pourquoi pas? Ne pouvons-nous compter sur des phénomènes électriques pour nous éclairer, et même sur l'atmosphère, que sa pression peut rendre lumineuse en s'approchant du centre?

—Oui, dis-je, oui! cela est possible, après tout,

—Cela est certain, répondit triomphalement mon oncle; mais silence, entends-tu! silence sur tout ceci, et que personne n'ait idée de découvrir avant nous le centre de la terre.»

VII

Ainsi se termina cette mémorable séance. Cet entretien me donna la fièvre. Je sortis du cabinet de mon oncle comme étourdi, et il n'y avait pas assez d'air dans les rues de Hambourg pour me remettre, je gagnai donc les bords de l'Elbe, du côté du bac à vapeur qui met la ville en communication avec le chemin de fer de Harbourg.

Étais-je convaincu de ce que je venais d'apprendre? N'avais-je pas subi la domination du professeur Lidenbrock? Devais-je prendre au sérieux sa résolution d'aller au centre du massif terrestre? Venais-je d'entendre les spéculations insensées d'un fou ou les déductions scientifiques d'un grand génie? En tout cela, où s'arrêtait la vérité, où commençait l'erreur?

Je flottais entre mille hypothèses contradictoires, sans pouvoir m'accrocher à aucune.

Cependant je me rappelais avoir été convaincu, quoique mon enthousiasme commençât à se modérer; mais j'aurais voulu partir immédiatement et ne pas prendre le temps de la réflexion. Oui, le courage ne m'eût pas manqué pour boucler ma valise en ce moment.

Il faut pourtant l'avouer, une heure après, cette surexcitation tomba; mes nerfs se détendirent, et des profonds abîmes de la terre je remontai à sa surface.

«C'est absurde! m'écriai-je; cela n'a pas le sens commun! Ce n'est pas une proposition sérieuse à faire à un garçon sensé. Rien de tout cela n'existe. J'ai mal dormi, j'ai fait un mauvais rêve.»

Cependant j'avais suivi les bords de l'Elbe et tourné la ville. Après avoir remonté le port, j'étais arrivé à la route d'Altona. Un pressentiment me conduisait, pressentiment justifié, car j'aperçus bientôt ma petite Graüben qui, de son pied leste, revenait bravement à Hambourg.

«Graüben!» lui criai-je de loin.

La jeune fille s'arrêta, un peu troublée, j'imagine, de s'entendre appeler ainsi sur une grande route. En dix pas je fus près d'elle.

«Axel! fit-elle surprise. Ah! tu es venu à ma rencontre! C'est bien cela, monsieur.»

Mais, en me regardant, Graüben ne put se méprendre à mon air inquiet, bouleversé.

«Qu'as-tu donc? dit-elle en me tendant la main.

—Ce que j'ai, Graüben!» m'écriai-je.

En deux secondes et en trois phrases ma jolie Virlandaise était au courant de la situation. Pendant quelques instants elle garda le silence. Son coeur palpitait-il à l'égal du mien? je l'ignore, mais sa main ne tremblait pas dans la mienne. Nous fîmes une centaine de pas sans parler.

«Axel! me dit-elle enfin.

—Ma chère Graüben!

—Ce sera là un beau voyage.»

Je bondis à ces mots.

«Oui, Axel, et digne du neveu d'un savant. Il est bien qu'un homme se soit distingué par quelque grande entreprise!

—Quoi! Graüben, tu ne me détournes pas de tenter une pareille expédition?

—Non, cher Axel, et ton oncle et toi, je vous accompagnerais volontiers, si une pauvre fille ne devait être un embarras pour vous.

—Dis-tu vrai?

—Je dis vrai.»

Ah! femmes, jeunes filles, coeurs féminins toujours incompréhensibles! Quand vous n'êtes pas les plus timides des êtres, vous en êtes les plus braves! La raison n'a que faire auprès de vous. Quoi! cette enfant m'encourageait à prendre part a cette expédition! Elle n'eût pas craint de tenter l'aventure. Elle m'y poussait, moi qu'elle aimait cependant!

J'étais déconcerté et, pourquoi ne pas le dire, honteux.

«Graüben, repris-je, nous verrons si demain tu parleras de cette manière.

—Demain, cher Axel, je parlerai comme aujourd'hui.»

Graüben et moi, nous tenant par la main, mais gardant un profond silence, nous continuâmes notre chemin, j'étais brisé par les émotions de la journée.

«Après tout, pensai-je, les calendes de juillet sont encore loin et, d'ici là, bien des événements se passeront qui guériront mon oncle de sa manie de voyager sous terre.»

La nuit était venue quand nous arrivâmes à la maison de König-strasse. Je m'attendais à trouver la demeure tranquille, mon oncle couché suivant son habitude et la bonne Marthe donnant à la salle à manger le dernier coup de plumeau du soir.

Mais j'avais compté sans l'impatience du professeur. Je le trouvai criant, s'agitant au milieu d'une troupe de porteurs qui déchargeaient certaines marchandises dans l'allée; la vieille servante ne savait où donner de la tête.

«Mais viens donc, Axel; hâte-toi donc, malheureux! s'écria mon oncle du plus loin qu'il m'aperçut, et ta malle qui n'est pas faite, et mes papiers qui ne sont pas en ordre, et mon sac de voyage dont je ne trouve pas la clef, et mes guêtres qui n'arrivent pas!»

Je demeurai stupéfait. La voix me manquait pour parler. C'est à peine si mes lèvres purent articuler ces mots:

«Nous partons donc?

—Oui, malheureux garçon, qui vas te promener au lieu d'être là!

—Nous partons? répétai-je d'une voix affaiblie.

—Oui, après-demain matin, à la première heure.»

Je ne pus en entendre davantage, et je m'enfuis dans ma petite chambre.

Il n'y avait plus à en douter; mon oncle venait d'employer son après-midi à se procurer une partie des objets et ustensiles nécessaires à son voyage; l'allée était encombrée d'échelles de cordes à noeuds, de torches, de gourdes, de crampons de fer, de pics, de bâtons ferrés, de pioches, de quoi charger dix hommes au moins.

Je passai une nuit affreuse. Le lendemain je m'entendis appeler de bonne heure. J'étais décidé à ne pas ouvrir ma porte. Mais le moyen de résistera la douce voix qui prononçait ces mots: «Mon cher Axel?»

Je sortis de ma chambre. Je pensai que mon air défait, ma pâleur, mes yeux rougis par l'insomnie allaient produire leur effet sur Graüben et changer ses idées.

«Ah! mon cher Axel, me dit-elle, je vois que tu te portes mieux et que la nuit t'a calmé.

—Calmé!» m'écriai-je.

Je me précipitai vêts mon miroir. Eh bien, j'avais moins mauvaise mine que je ne le supposais. C'était à n'y pas croire.

«Axel, me dit Graüben, j'ai longtemps causé avec mon tuteur. C'est un hardi savant, un homme de grand courage, et tu te souviendras que son sang coule dans tes veines. Il m'a raconté ses projets, ses espérances, pourquoi et comment il espère atteindre son but. Il y parviendra, je n'en doute pas. Ah! cher Axel, c'est beau de se dévouer ainsi à la science! Quelle gloire attend M. Lidenbrock et rejaillira sur son compagnon! Au retour, Axel, tu seras un homme, son égal, libre de parler, libre d'agir, libre enfin de…»

La jeune fille, rougissante, n'acheva pas. Ses paroles me ranimaient. Cependant je ne voulais pas croire encore à notre départ. J'entraînai Graüben vers le cabinet du professeur.

«Mon oncle, dis-je, il est donc bien décidé que nous partons?

—Comment! tu en doutes?

—Non, dis-je afin de ne pas le contrarier. Seulement, je vous demanderai ce qui nous presse.

—Mais le temps! le temps qui fuit avec une irréparable vitesse!

—Cependant nous ne sommes qu'au 26 mai, et jusqu'à la fin de juin …

—Eh! crois-tu donc, ignorant, qu'on se rende si facilement en Islande? Si tu ne m'avais pas quitté comme un fou, je t'aurais emmené au bureau-office de Copenhague, chez Liffender et Co. Là, tu aurais vu que de Copenhague à Reykjawik il n'y a qu'un service.

—Eh bien?

—Eh bien! si nous attendions au 22 juin, nous arriverions trop tard pour voir l'ombre du Scartaris caresser le cratère du Sneffels; il faut donc gagner Copenhague au plus vite pour y chercher un moyen de transport. Va faire ta malle!»

Il n'y avait pas un mot à répondre. Je remontai dans ma chambre. Graüben me suivit. Ce fut elle qui se chargea de mettre en ordre, dans une petite valise, les objets nécessaires à mon voyage. Elle n'était pas plus émue que s'il se fût agi d'une promenade à Lubeck ou à Heligoland; ses petites mains allaient et venaient sans précipitation; elle causait avec calme; elle me donnait les raisons les plus sensées en faveur de notre expédition. Elle m'enchantait, et je me sentais une grosse colère contre elle. Quelquefois je voulais m'emporter, mais elle n'y prenait garde et continuait méthodiquement sa tranquille besogne.

Enfin la dernière courroie de la valise fut bouclée. Je descendis au rez-de-chaussée.

Pendant cette journée les fournisseurs d'instruments de physique, d'armes, d'appareils électriques s'étaient multipliés. La bonne Marthe en perdait la tête.

«Est-ce que Monsieur est fou?» me dit-elle.

Je fis un signe affirmatif.

«Et il vous emmène avec lui?»

Même affirmation.

«Où cela? dit-elle.»

J'indiquai du doigt le centre de la terre.

«À la cave? s'écria la vieille servante.

—Non, dis-je enfin, plus bas!»

Le soir arriva. Je n'avais plus conscience du temps écoulé.

«À demain matin, dit mon oncle, nous partons à six heures précises.»

A dix heures je tombai sur mon lit comme une masse inerte.

Pendant la nuit mes terreurs me reprirent.

Je la passai à rêver de gouffres! J'étais en proie au délire. Je me sentais étreint par la main vigoureuse du professeur, entraîné, abîmé, enlisé! Je tombais au fond d'insondables précipices avec cette vitesse croissante des corps abandonnés dans l'espace. Ma vie n'était plus qu'une chute interminable.

Je me réveillai à cinq heures, brisé de fatigue et d'émotion. Je descendis à la salle à manger. Mon oncle était à table. Il dévorait. Je le regardai avec un sentiment d'horreur. Mais Graüben était là. Je ne dis rien. Je ne pus manger.

À cinq heures et demie, un roulement se fit entendre dans la rue. Une large voiture arrivait pour nous conduire au chemin de fer d'Altona. Elle fut bientôt encombrée des colis de mon oncle.

«Et ta malle? me dit-il.

—Elle est prête, répondis-je en défaillant.

—Dépêche-toi donc de la descendre, ou tu vas nous faire manquer le train!»

Lutter contre ma destinée me parut alors impossible. Je remontai dans ma chambre, et, laissant glisser ma valise sur les marches de l'escalier, je m'élançai à sa suite.

En ce moment mon oncle remettait solennellement entre les mains de Graüben «les rênes» de sa maison. Ma jolie Virlandaise conservait son calme habituel. Elle embrassa son tuteur, mais elle ne put retenir une larme en effleurant ma joue de ses douces lèvres.

«Graüben! m'écriai-je.

—Va, mon cher Axel, va, me dit-elle, tu quittes ta fiancée, mais tu trouveras ta femme au retour.»

Je serrai Graüben dans mes bras, et pris place dans la voiture. Marthe et la jeune fille, du seuil de la porte, nous adressèrent un dernier adieu; puis les deux chevaux, excités par le sifflement de leur conducteur, s'élancèrent au galop sur la route d'Altona.

VIII

Altona, véritable banlieue de Hambourg, est tête de ligne du chemin de fer de Kiel qui devait nous conduire au rivage des Belt. En moins de vingt minutes, nous entrions sur le territoire du Holstein.

A six heures et demie la voiture s'arrêta devant la gare; les nombreux colis de mon oncle, ses volumineux articles de voyage furent déchargés, transportés, pesés, étiquetés, rechargés dans le wagon de bagages, et à sept heures nous étions assis l'un vis-à-vis de l'autre dans le même compartiment. La vapeur siffla, la locomotive se mit en mouvement. Nous étions partis.

Étais-je résigné? Pas encore. Cependant l'air frais du matin, les détails de la route rapidement renouvelés par la vitesse du train me distrayaient de ma grande préoccupation.

Quant à la pensée du professeur, elle devançait évidemment ce convoi trop lent au gré de son impatience. Nous étions seuls dans le wagon, mais sans parler. Mon oncle revisitait ses poches et son sac de voyage avec une minutieuse attention. Je vis bien que rien ne lui manquait des pièces nécessaires à l'exécution de ses projets.

Entre autres, une feuille de papier, pliée avec soin, portait l'entête de la chancellerie danoise, avec la signature de M. Christiensen, consul à Hambourg et l'ami du professeur. Cela devait nous donner toute facilité d'obtenir à Copenhague des recommandations pour le gouverneur de l'Islande.

J'aperçus aussi le fameux document précieusement enfoui dans la plus secrète poche du portefeuille. Je le maudis du fond du coeur, et je me remis à examiner le pays. C'était une vaste suite de plaines peu curieuses, monotones, limoneuses et assez fécondes: une campagne très favorable à l'établissement d'un railway et propice à ces lignes droites si chères aux compagnies de chemins de fer.

Mais cette monotonie n'eut pas le temps de ma fatiguer, car, trois heures après notre départ, le train s'arrêtait à Kiel, à deux pas de la mer.

Nos bagages étant enregistrés pour Copenhague, il n'y eut pas à s'en occuper. Cependant le professeur les suivit d'un oeil inquiet pendant leur transport au bateau à vapeur. Là ils disparurent à fond de cale.

Mon oncle, dans sa précipitation, avait si bien calculé les heures de correspondance du chemin de fer et du bateau, qu'il nous restait une journée entière à perdre. Le steamer l'Ellenora, ne partait pas avant la nuit. De là une fièvre de neuf heures, pendant laquelle l'irascible voyageur envoya à tous les diables l'administration des bateaux et des railways et les gouvernements qui toléraient de pareils abus. Je dus faire chorus avec lui quand il entreprit le capitaine de l'Ellenora à ce sujet. Il voulait l'obliger à chauffer sans perdre un instant. L'autre l'envoya promener.

A Kiel, comme ailleurs, il faut bien qu'une journée se passe. A force de nous promener sur les rivages verdoyants de la baie au fond de laquelle s'élève la petite ville, de parcourir les bois touffus qui lui donnent l'apparence d'un nid dans un faisceau de branches, d'admirer les villas pourvues chacune de leur petite maison de bain froid, enfin de courir et de maugréer, nous atteignîmes dix heures du soir.

Les tourbillons de la fumée de l'Ellenora, se développaient dans le ciel; le pont tremblotait sous les frissonnements de la chaudière; nous étions à bord et propriétaires de deux couchettes étagées dans l'unique chambre du bateau.