Le Parfum de la dame en noir Cap. 1/24 · 0%

Le Parfum de la dame en noirParte 17 de 35

Gaston Leroux

Original em francês · tradução para inglês

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  • O sentido de cada trecho
  • Notas sobre expressões e gramática
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Mrs. Edith avait raconté son aventure d’une façon si délicieuse et avec tant de charme emprunté à une littérature falote et enfantine que j’en fus tout bouleversé et que je compris combien certaines femmes qui n’ont rien de naturel peuvent l’emporter dans le coeur d’un homme sur d’autres qui n’ont pour elles que la nature.

Le prince ne parut nullement embarrassé de cette petite histoire. Il dit, sans sourire:

«Ce sont mes trois fées. Elles ne m’ont jamais quitté depuis que je suis né au pays de Galitch. Je ne puis travailler ni vivre sans elles. Je ne sors que lorsqu’elles me le permettent et elles veillent sur mon labeur poétique avec une jalousie féroce.»

Le prince n’avait pas fini de nous donner cette fantaisiste explication de la présence des trois vieilles aux jardins de Babylone, que Walter, le valet du vieux Bob, apporta une dépêche à Rouletabille. Celui-ci demanda la permission de l’ouvrir, et lut tout haut:

«— Revenez le plus tôt possible; vous attendons avec impatience. Magnifique reportage à faire à Pétersbourg.»

Cette dépêche était signée du rédacteur en chef de l’Époque.

«Eh! qu’en dites-vous, monsieur Rouletabille? demanda le prince; ne trouvez-vous point, maintenant, que j’étais bien renseigné?»

La Dame en noir n’avait pu retenir un soupir.

«Je n’irai pas à Pétersbourg, déclara Rouletabille.

— On le regrettera à la cour, fit le prince, j’en suis sûr, et permettez-moi de vous dire, jeune homme, que vous manquez l’occasion de votre fortune.»

Le «jeune homme» déplut singulièrement à Rouletabille qui ouvrit la bouche pour répondre au prince, mais qui la referma, à mon grand étonnement, sans avoir répondu. Et le prince continua:

«… Vous eussiez trouvé là-bas un terrain d’expériences digne de vous. On peut tout espérer quand on a été assez fort pour dévoiler un Larsan!…»

Le mot tomba au milieu de nous avec fracas et nous nous réfugiâmes derrière nos vitres noires d’un commun mouvement. Le silence qui suivit fut horrible… Nous restions maintenant immobiles autour de ce silence-là, comme des statues… Larsan!…

Pourquoi ce nom que nous avions prononcé si souvent depuis quarante-huit heures, ce nom qui représentait un danger avec lequel nous commencions de nous familiariser, — pourquoi, à ce moment précis, ce nom nous produisit-il un effet que, pour ma part, je n’avais encore jamais aussi brutalement ressenti? Il me semblait que j’étais sous le coup de foudre d’un geste magnétique. Un malaise indéfinissable se glissait dans mes veines. J’aurais voulu fuir, et il me parut que si je me levais, je n’aurais point la force de me contenir… Le silence que nous continuions à garder contribuait à augmenter cet incroyable état d’hypnose… Pourquoi ne parlait-on pas? … Qu’est-ce que faisait la gaieté du vieux Bob? … On ne l’avait pas entendue au repas? … Et les autres, les autres, pourquoi restaient-ils muets derrière leurs vitres noires? … Tout à coup, je tournai la tête et je regardai derrière moi. Alors, je compris, à ce geste instinctif, que j’étais la proie d’un phénomène tout naturel… Quelqu’un me regardait… Deux yeux étaient fixés sur moi, pesaient sur moi. Je ne vis point ces yeux et je ne sus d’où me venait ce regard… Mais il était là… Je le sentais… Et c’était son regard à lui… Et cependant, il n’y avait personne derrière moi… ni à droite, ni à gauche, ni en face… personne autour de moi que les gens qui étaient assis à cette table, immobiles derrière leurs binocles noirs… Alors… alors, j’eus la certitude que les yeux de Larsan me regardaient derrière l’un de ces binocles là! … Ah! les vitres noires! les vitres noires derrière lesquelles se cachait Larsan!…

Et puis, tout à coup, je ne sentis plus rien… Le regard, sans doute, avait cessé de regarder… je respirai… Un double soupir répondit au mien… Est-ce que Rouletabille? … Est-ce que la Dame en noir auraient, eux aussi, supporté le même poids, dans le même moment, le poids de ses yeux? … Le vieux Bob disait:

«Prince, je ne crois point que votre dernier os à moelle du milieu de la période quaternaire…»

Et tous les binocles noirs remuèrent…

Rouletabille se leva et me fit un signe. Je le rejoignis hâtivement dans la salle du conseil. Aussitôt que je me présentai, il ferma la porte et me dit:

«Eh bien, l’avez-vous senti?…»

J’étouffais; je murmurai:

«Il est là! … il est là! … À moins que nous ne devenions fous!…»

Un silence, et je repris, plus calme:

«Vous savez, Rouletabille, qu’il est très possible que nous devenions fous… Cette hantise de Larsan nous conduira au cabanon, mon ami! … Il n’y a pas deux jours que nous sommes enfermés dans ce château, et voyez déjà dans quel état…»

Rouletabille m’interrompit.

«Non! non! … je le sens! … Il est là! … Je le touche! … Mais où? … Mais quand? … Depuis que je suis entré ici, je sens qu’il ne faut pas que je m’en éloigne! … Je ne tomberai pas dans le piège! … Je n’irai pas le chercher dehors, bien que je l’aie vu dehors! … Bien que vous l’ayez vu, vous-même, dehors!…»

Puis il s’est calmé tout à fait, a froncé les sourcils, a allumé sa bouffarde et a dit comme aux beaux jours, aux beaux jours où sa raison, qui ignorait encore le lien qui l’unissait à la Dame en noir, n’était pas troublée par les mouvements de son coeur:

«Raisonnons!…»

Et il en revint tout de suite à cet argument qu’il nous avait déjà servi et qu’il se répétait sans cesse à lui-même pour ne point, disait-il, se laisser séduire par le côté extérieur des choses. «Ne point chercher Larsan là où il se montre, le chercher partout où il se cache.»

Ceci suivi de cet autre argument complémentaire:

«Il ne se montre si bien là où il paraît être que pour qu’on ne le voie pas là où il est.»

Et il reprit:

«Ah! le côté extérieur des choses! Voyez-vous, Sainclair; il y a des moments où, pour raisonner, je voudrais pouvoir m’arracher les yeux. Arrachons-nous les yeux, Sainclair; cinq minutes… cinq minutes seulement… et nous verrons peut-être clair!»

Il s’assit, posa sa pipe sur la table, se prit la tête dans les mains et dit:

«Voici, je n’ai plus d’yeux. Dites-moi, Sainclair: qu’y a-t-il à l’intérieur des pierres?

— Qu’est-ce que je vois à l’intérieur des pierres? répétai-je.

— Eh non! Eh non! vous n’avez plus d’yeux, vous ne voyez plus rien! Énumérez sans voir! ÉNUMÉREZ-LES TOUS!

— Il y a d’abord vous et moi, fis-je, comprenant enfin où il voulait en venir.

— Très bien.

— Ni vous, ni moi, continuai-je, ne sommes Larsan.

— Pourquoi?

— Pourquoi? … Eh! dites-le donc! … Il faut que vous me disiez pourquoi! J’admets, moi, que je ne suis pas Larsan, j’en suis sûr, puisque je suis Rouletabille; mais, vis-à-vis de Rouletabille, me direz-vous pourquoi vous n’êtes pas Larsan?…

— Parce que vous l’auriez bien vu!…

— Malheureux! hurla Rouletabille, en s’enfonçant avec plus de force les poings dans les yeux! Je n’ai plus d’yeux… Je ne peux pas vous voir! … Si Jarry, de la brigade des jeux, n’avait pas vu s’asseoir à la banque de Trouville le comte de Maupas, il aurait juré, par la seule vertu du raisonnement, que l’homme qui prenait alors les cartes était Ballmeyer! Si Noblet, de la brigade des garnis, ne s’était trouvé face à face, un soir, chez la Troyon, avec un homme qu’il reconnut pour être la vicomte Drouet d’Eslon, il aurait juré que l’homme qu’il venait arrêter et qu’il n’arrêta pas parce qu’il l’avait vu, était Ballmeyer! Si l’inspecteur Giraud, qui connaissait le comte de Motteville comme vous me connaissez, n’avait pas vu, un après-midi, aux courses de Longchamp, causant à deux de ses amis dans le pesage, n’avait pas vu, dis-je, le comte de Motteville, il eût arrêté Ballmeyer! Ah! voyez-vous, Sainclair! ajouta le jeune homme d’une voix sourde et frémissante, mon père est né avant moi! … et il faut être bien fort pour «arrêter» mon père!…»

Ceci fut dit avec tant de désespoir, que le peu de force que j’avais de raisonner s’évanouit tout à fait. Je me bornai à lever les mains au ciel, geste que Rouletabille ne vit point, car il ne voulait plus rien voir!…

«Non! non! il ne faut plus rien voir, répéta-t-il… ni vous, ni M. Stangerson, ni M. Darzac, ni Arthur Rance, ni le vieux Bob, ni le prince Galitch… Mais il faut savoir pourquoi aucun de ceux-là ne peut être Larsan! Seulement alors, seulement, je respirerai derrière les pierres…»

Moi, je ne respirais plus… On entendait, sous la voûte de la poterne, le pas régulier de Mattoni qui montait sa garde.

«Eh bien, et les domestiques? fis-je avec effort… et Mattoni? … et les autres?

— Je sais, je suis sûr qu’ils n’ont point quitté le fort d’Hercule pendant que Larsan apparaissait à Mme Darzac et à M. Darzac, en gare de Bourg…

— Avouez encore, Rouletabille, fis-je, que vous ne vous en occupez pas, parce que tout à l’heure, ils n’étaient point derrière les binocles noirs!»

Rouletabille frappa du pied, et s’écria: «Taisez-vous! Taisez-vous, Sainclair! … Vous allez me rendre plus nerveux que ma mère!»

Cette phrase, dite dans la colère, me frappa étrangement. J’eus voulu questionner Rouletabille sur l’état d’esprit de la Dame en noir, mais il avait repris, posément:

«1° Sainclair n’est pas Larsan puisque Sainclair était au Tréport avec moi pendant que Larsan était à Bourg.

«2° Le professeur Stangerson n’est pas Larsan, puisqu’il était sur la ligne de Dijon à Lyon pendant que Larsan était à Bourg. En effet, arrivés à Lyon, une minute avant lui, M. et Mme Darzac le virent descendre de son train.

«Mais tous les autres, s’il est suffisant de pouvoir être à Bourg à ce moment-là pour être Larsan, peuvent être Larsan, car tous pouvaient être à Bourg.

«D’abord M. Darzac y était; ensuite Arthur Rance a été absent les deux jours qui ont précédé l’arrivée du professeur et de M. Darzac. Il arrivait tout juste à Menton pour les recevoir (Mrs. Edith elle-même, sur mes questions, que je posais à bon escient, m’a avoué que, ces deux jours-là, son mari avait dû s’absenter pour affaires). Le vieux Bob faisait son voyage à Paris. Enfin, le prince Galitch n’a pas été vu aux grottes ni hors des jardins de Babylone…

«Prenons d’abord M. Darzac.

— Rouletabille! m’écriai-je, c’est un sacrilège!

— Je le sais bien!

— Et c’est une stupidité!…

— Je le sais aussi… Mais pourquoi?

— Parce que, fis-je, hors de moi, Larsan a beau avoir du génie; il pourra peut-être tromper un policier, un journaliste, un reporter, et, je le dis: un Rouletabille… il pourra peut-être tromper un ami, quelques instants, je l’admets… Mais il ne pourra jamais tromper une fille au point de se faire passer pour son père — ceci pour vous rassurer sur le cas de M. Stangerson — ni une femme, au point de se faire passer pour son fiancé. Eh! mon ami, Mathilde Stangerson connaissait M. Darzac avant qu’elle n’eût franchi à son bras le fort d’Hercule!…

— Et elle connaissait aussi Larsan! ajouta froidement Rouletabille. Eh bien, mon cher, vos raisons sont puissantes, mais, comme (oh! l’ironie de cela!) je ne sais pas au juste jusqu’où va le génie de mon père, j’aime mieux, pour rendre à M. Robert Darzac une personnalité que je n’ai jamais songé à lui enlever, me baser sur un argument un peu plus solide: Si Robert Darzac était Larsan, Larsan ne serait pas apparu à plusieurs reprises à Mathilde Stangerson, puisque c’est la réapparition de Larsan qui enlève Mathilde Stangerson à Robert Darzac!

— Eh! m’écriai-je… À quoi bon tant de vains raisonnements quand on n’a qu’à ouvrir les yeux? … Ouvrez-les, Rouletabille!»

Il les ouvrit.

«Sur qui? fit-il avec une amertume sans égale. Sur le prince Galitch?

— Pourquoi pas? Il vous plaît, à vous, ce prince de la Terre Noire qui chante des chansons lithuaniennes?

— Non! répondit Rouletabille, mais il plaît à Mrs. Edith.»

Et il ricana. Je serrai les poings. Il s’en aperçut, mais fit tout comme s’il ne s’en apercevait pas.

«Le prince Galitch est un nihiliste qui ne m’occupe guère, fit-il tranquillement.

— Vous en êtes sûr? … Qui vous a dit?…

— La femme de Bernier connaît l’une des trois petites vieilles dont nous a parlé, au déjeuner, Mrs. Edith. J’ai fait une enquête. C’est la mère d’un des trois pendus de Kazan, qui avaient voulu faire sauter l’empereur. J’ai vu la photographie des malheureux. Les deux autres vieilles sont les deux autres mères… Aucun intérêt», fit brusquement Rouletabille.

Je ne pus retenir un geste d’admiration.

«Ah! vous ne perdez pas votre temps!

— L’autre non plus», gronda-t-il.

Je croisai les bras.

«Et le vieux Bob? fis-je.

— Non! mon cher, non! souffla Rouletabille, presque avec rage; celui-là, non! … Vous avez vu qu’il a une perruque, n’est-ce pas? … Eh bien, je vous prie de croire que lorsque mon père met une perruque, cela ne se voit pas!»

Il me dit cela si méchamment que je me disposai à le quitter. Il m’arrêta.

«Eh bien, mais? … Nous n’avons rien dit d’Arthur Rance?…

— Oh! celui-là n’a pas changé… dis-je.

— Toujours les yeux! Prenez garde à vos yeux, Sainclair…»

Et il me serra la main. Je sentis que la sienne était moite et brûlante. Il s’éloigna. Je restai un instant sur place, songeant… songeant à quoi? À ceci, que j’avais tort de prétendre qu’Arthur Rance n’avait pas changé… D’abord, maintenant, il laissait pousser un soupçon de moustache, ce qui était tout à fait anormal pour un Américain routinier de sa trempe… Ensuite, il portait les cheveux plus longs, avec une large mèche collée sur le front… Ensuite, je ne l’avais pas vu depuis deux ans… On change toujours en deux ans… Et puis Arthur Rance, qui ne buvait que de l’alcool, ne boit plus que de l’eau… Mais alors, Mrs. Edith? … Qu’est-ce que Mrs. Edith? … Ah çà! Est-ce que je deviens fou, moi aussi? … Pourquoi dis-je: moi aussi? … comme… comme la Dame en noir? … comme… comme Rouletabille? … Est-ce que je ne trouve pas que Rouletabille devient un peu fou? … Ah! la Dame en noir nous a tous ensorcelés! … Parce que la Dame en noir vit dans le perpétuel frisson de son souvenir, voilà que nous tremblons du même frisson qu’elle… La peur, ça se gagne… comme le choléra.

3° De l’emploi de mon après-midi, jusqu’à cinq heures.

Je profitai de ce que je n’étais point de garde pour aller me reposer dans ma chambre; mais je dormis mal, ayant rêvé tout de suite que le vieux Bob, Mr Rance et Mrs. Edith formaient une affreuse association de bandits qui avaient juré notre perte à Rouletabille et à moi. Et, quand je me réveillai, sous cette impression funèbre, et que je revis les vieilles tours et le vieux château, toutes ces pierres menaçantes, je ne fus pas loin de donner raison à mon cauchemar et je me dis tout haut: «Dans quel repaire sommes-nous venus nous réfugier?» Je mis le nez à la fenêtre. Mrs. Edith passait dans la Cour du Téméraire, s’entretenant négligemment avec Rouletabille et roulant entre ses jolis doigts fuselés une rose éclatante. Je descendis aussitôt. Mais, arrivé dans la cour, je ne la trouvai plus. Je suivis Rouletabille qui entrait faire son tour d’inspection dans la Tour Carrée.

Je le vis très calme et très maître de sa pensée; très maître aussi de ses yeux qu’il ne fermait plus. Ah! C’était toujours un spectacle de le voir regarder les choses autour de lui. Rien ne lui échappait. La Tour Carrée, habitation de la Dame en noir, était l’objet de son constant souci.

Et, à ce propos, je crois opportun, quelques heures avant le moment où va se produire la tant mystérieuse attaque, de donner ici le plan intérieur de l’étage habité de cette tour, étage qui se trouvait de plain-pied avec la Cour de Charles le Téméraire.

Quand on entrait dans la Tour Carrée par la seule porte K, on se trouvait dans un large corridor qui avait fait partie autrefois de la salle des gardes. La salle des gardes prenait autrefois tout l’espace O, O1, O2, O3, et était fermée de murs de pierre qui existaient toujours avec leurs portes donnant sur les autres pièces du Vieux Château. C’est Mrs. Arthur Rance qui, dans cette salle des gardes, avait fait élever des murailles de planches de façon à constituer une pièce assez spacieuse qu’elle avait le dessein de transformer en salle de bains.

Cette pièce même était entourée maintenant par les deux couloirs à angle droit O, O1, et O1, O2. La porte de cette pièce qui servait de loge aux Bernier était située en S. On était dans la nécessité de passer devant cette porte pour se rendre en R, où se trouvait l’unique porte permettant d’entrer dans l’appartement des Darzac. L’un des époux Bernier devait toujours se tenir dans la loge. Et il n’y avait qu’eux qui avaient le droit d’entrer dans leur loge. De cette loge, on surveillait également, par une petite fenêtre pratiquée en Y, la porte V, qui donnait sur l’appartement du vieux Bob. Quand M. et Mme Darzac ne se trouvaient point dans leur appartement, l’unique clef qui ouvrait la porte R était toujours chez les Bernier; et c’était une clef spéciale et toute neuve, fabriquée la veille dans un endroit que seul Rouletabille connaissait. Le jeune reporter avait posé la serrure lui-même.

Rouletabille aurait bien désiré que la consigne qu’il avait imposée pour l’appartement Darzac fût également suivie pour l’appartement du vieux Bob, mais celui-ci s’y était opposé avec un éclat comique auquel il avait fallu céder. Le vieux Bob ne voulait pas être traité comme un prisonnier et il tenait absolument à entrer chez lui et à en ressortir quand il lui en prenait fantaisie sans avoir à demander sa clef au concierge.