Le Fantôme de l'OpéraParte 11 de 33
Original em francês · tradução para inglês
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... La salle, d'un seul mouvement, s'est levée... Dans leur loge, les deux directeurs ne peuvent retenir une exclamation d'horreur... Spectateurs et spectatrices se regardent comme pour se demander les uns aux autres l'explication d'un aussi inattendu phénomène... Le visage de la Carlotta exprime la plus atroce douleur, ses yeux semblent hantés par la folie. La pauvre femme s'est redressée, la bouche encore entr'ouverte, ayant fini de laisser passer «cette voix solitaire qui chantait dans son cœur...» Mais cette bouche ne chantait plus... elle n'osait plus une parole, plus un son...
Car cette bouche créée pour l'harmonie, cet instrument agile qui n'avait jamais failli, organe magnifique, générateur des plus belles sonorités, des plus difficiles accords, des plus molles modulations, des rythmes les plus ardents, sublime mécanique humaine à laquelle il ne manquait, pour être divine, que le feu du ciel qui, seul, donne la véritable émotion et soulève les âmes... cette bouche avait laissé passer...
De cette bouche s'était échappé...
... Un crapaud!
Ah! l'affreux, le hideux, le squameux, venimeux, écumeux, écumant, glapissant crapaud!...
Par où était-il entré? Comment s'était-il accroupi sur la langue? Les pattes de derrière repliées, pour bondir plus haut et plus loin, sournoisement, il était sorti du larynx, et... couac!
Couac! Couac!... Ah! le terrible couac!
Car vous pensez bien qu'il ne faut parler du crapaud qu'au figuré. On ne le voyait pas mais, par l'enfer! on l'entendait. Couac!
La salle en fut comme éclaboussée. Jamais batracien, au bord des mares retentissantes, n'avait déchiré la nuit d'un plus affreux couac.
Et certes, il était bien inattendu de tout le monde. La Carlotta n'en croyait encore ni sa gorge ni ses oreilles. La foudre, en tombant à ses pieds, l'eût moins étonnée que ce crapaud couaquant qui venait de sortir de sa bouche...
Et elle ne l'eût pas déshonorée. Tandis qu'il est bien entendu qu'un crapaud blotti sur la langue, déshonore toujours une chanteuse. Il y en a qui en sont mortes.
Mon Dieu! qui eût cru cela?... Elle chantait si tranquillement: «Et je comprends cette voix solitaire qui chante dans mon cœur!» Elle chantait sans effort, comme toujours, avec la même facilité, que vous, dites: «Bonjour, madame, comment vous portez-vous?
On ne saurait nier qu'il existe des chanteuses présomptueuses, qui ont le grand tort de ne point mesurer leurs forces, et qui, dans leur orgueil, veulent atteindre, avec la faible voix que le ciel leur départit, à des effets exceptionnels et lancer des notes qui leur ont été défendues en venant au monde. C'est alors que le ciel pour les punir, leur envoie, sans qu'elles le sachent, dans la bouche, un crapaud, un crapaud qui fait couac! Tout le monde sait cela. Mais personne ne pouvait admettre qu'une Carlotta, qui avait au moins deux octaves dans la voix, y eût encore un crapaud.
On ne pouvait, avoir oublié ses contre-fa stridents, ses staccati inouïs dans La flûte enchantée. On se souvenait de Don Juan, où elle était Elvire et où elle remporta le plus retentissant triomphe, certain soir, en donnant elle-même le si bémol que ne pouvait donner sa camarade dona Anna. Alors, vraiment, que signifiait ce couac, au bout de cette tranquille, paisible, toute petite «voix solitaire qui chantait dans son cœur»?
Ça n'était pas naturel. Il y avait là-dessous du sortilège. Ce crapaud sentait le roussi. Pauvre, misérable, désespérée, anéantie Carlotta!...
Dans la salle, la rumeur grandissait. C'eût été une autre que la Carlotta à qui serait survenue semblable aventure, on l'eût huée! Mais avec celle-là, dont on connaissait le parfait instrument, on ne montrait point de colère, mais de la consternation et de l'effroi. Ainsi les hommes ont-ils dû subir cette sorte d'épouvante s'il en est qui ont assisté à la catastrophe qui brisa les bras de la Vénus de Milo!... et encore ont-ils pu voirie coup qui frappait... et comprendre...
Mais là? Ce crapaud était incompréhensible!...
Si bien qu'après quelques secondes passées à se demander si vraiment elle avait entendu elle-même, sortir de sa bouche même, cette note,—était-ce une note, ce son?—pouvait-on appeler cela un son? Un son, c'est encore de la musique—ce bruit infernal, elle voulut se persuader qu'il n'en avait rien été; qu'il y avait eu là, un instant, une illusion de son oreille, et non point une criminelle trahison de l'organe vocal...
Elle jeta, éperdue, les yeux autour d'elle comme pour chercher un refuge, une protection, ou plutôt l'assurance spontanée de l'innocence de sa voix. Ses doigts crispés s'étaient portés à sa gorge en un geste de défense et de protestation. Non! non! ce couac n'était pas à elle! Et il semblait bien que Carolus Fonta lui-même fût de cet avis, qui la regardait avec une expression inénarrable de stupéfaction enfantine et gigantesque. Car enfin, il était près d'elle, lui. Il ne l'avait pas quittée. Peut-être pourrait-il lui dire comment une pareille chose était arrivée! Non, il ne le pouvait pas! Ses yeux étaient stupidement rivés à la bouche de la Carlotta comme les yeux des tout petits considérant le chapeau inépuisable du prestidigitateur. Comment une si petite bouche avait-elle pu contenir un si grand couac?
Tout cela, crapaud, couac, émotion, terreur-rumeur de la salle, confusion de la scène, des coulisses,—quelques comparses montraient des têtes effarées,—tout cela que je vous décris dans le détail dura quelques secondes.
Quelques secondes affreuses qui parurent surtout interminables aux deux directeurs là-haut, dans la loge n° 5. Moncharmin et Richard étaient très pâles. Cet épisode inouï et qui restait inexplicable les remplissait d'une angoisse d'autant plus mystérieuse qu'ils étaient depuis un instant sous l'influence directe du fantôme.
Ils avaient senti son souffle. Quelques cheveux de Moncharmin s'étaient dressés sous ce souffle-là... Et Richard avait passé son mouchoir sur son front en sueur... Oui, il était là... autour d'eux... derrière eux, à côté d'eux, ils le sentaient sans le voir!... Ils entendaient sa respiration... et si près d'eux, si près d'eux!... On sait quand quelqu'un est présent... Eh bien, ils savaient maintenant!... ils étaient sûrs d'être trois dans la loge... Ils en tremblaient... Ils avaient l'idée de fuir... Ils n'osaient pas... Ils n'osaient pas faire un mouvement, échanger une parole qui eût pu apprendre au fantôme qu'ils savaient qu'il était là!... Qu'allait-il arriver? Qu'allait-il se produire?
Se produisit le couac! Au-dessus de tous les bruits de la salle on entendit leur double exclamation d'horreur. Ils se sentaient sous les coups du fantôme. Penchés au-dessus de leur loge, ils regardaient la Carlotta comme s'ils ne la reconnaissaient plus. Cette fille de l'enfer devait avoir donné avec son couac le signal de quelque catastrophe. Ah! la catastrophe, ils l'attendaient! Le fantôme la leur avait promise! La salle était maudite! Leur double poitrine directoriale haletait déjà sous le poids de la catastrophe. On entendit la voix étranglée de Richard qui criait à la Carlotta:
—Eh bien! continuez!
Non! La Carlotta ne continua pas... Elle recommença bravement, héroïquement, le vers fatal au bout duquel était apparu le crapaud.
Un silence effrayant succède à tous les bruits. Seule la voix de la Carlotta emplit à nouveau lie vaisseau sonore.
J'écoute!...
—La salle aussi écoute—
... Et je comprends cette voix solitaire (couac!) Couac!... qui chante dans mon... couac!
Le crapaud lui aussi a recommencé.
La salle éclate en un prodigieux tumulte. Retombés sur leurs sièges, les deux directeurs n'osent même pas se retourner; ils n'en ont pas la force. Le fantôme leur rit dans le cou! Et enfin ils entendent distinctement dans l'oreille droite sa voix, l'impossible voix, la voix sans bouche, la voix qui dit:
—Elle chante ce soir à décrocher le lustre!
D'un commun mouvement, ils levèrent la tête au plafond et poussèrent un cri terrible. Le lustre, l'immense masse du lustre glissait, venait à eux, à l'appel de cette voix satanique. Décroché, le lustre plongeait des hauteurs de la salle et s'abîmait au milieu de l'orchestre, parmi mille clameurs. Ce fut une épouvante, un sauve-qui-peut général. Mon dessein n'est point de faire revivre ici une heure historique. Les curieux n'ont qu'à ouvrir les journaux de l'époque. Il y eut de nombreux blessés et une morte.
Le lustre s'était écrasé sur la tête de la malheureuse qui était venue ce soir-là, à l'Opéra, pour la première fois de sa vie, sur celle que M. Richard avait désignée comme devant remplacer dans ses fonctions d'ouvreuse Mame Giry, l'ouvreuse du fantôme! Elle était morte sur le coup et le lendemain, un journal paraissait avec cette manchette: Deux cent mille kilos sur la tête d'une concierge! Ce fut toute son oraison funèbre.
IX
LE MYSTÉRIEUX COUPÉ
Cette soirée tragique fut mauvaise pour tout le monde. La Carlotta était tombée malade. Quant à Christine Daaé, elle avait disparu après la représentation. Quinze jours s'étaient écoulés sans qu'on l'eût revue au théâtre, sans qu'elle se fût montrée hors du théâtre.
Il ne faut pas confondre cette première disparition qui se passa sans scandale, avec le fameux enlèvement qui, à quelque temps de là, devait se produire dans des conditions si inexplicables et si tragiques.
Raoul fut le premier, naturellement, à ne rien comprendre à l'absence de la diva. Il lui avait écrit à l'adresse de Mme Valérius et n'avait pas reçu de réponse. Il n'en avait pas d'abord été autrement étonné, connaissant son état d'esprit et la résolution où elle était de rompre avec lui toute relation sans que, du reste, il en eût pu encore deviner la raison.
Sa douleur n'en avait fait que grandir, et il finit par s'inquiéter de ne voir la chanteuse sur aucun programme. On donna Faust sans elle. Un après-midi, vers cinq heures, il fut s'enquérir auprès de la direction des causes de cette disparition de Christine Daaé. Il trouva des directeurs fort préoccupés. Leurs amis eux-mêmes ne les reconnaissaient plus: ils avaient perdu toute joie et tout entrain. On les voyait traverser le théâtre, tête basse, le front soucieux, et les joues pâles comme s'ils étaient poursuivis par quelque abominable pensée, ou en proie à quelque malice du destin qui vous prend son homme et ne le lâche plus.
La chute du lustre avait entraîné bien des responsabilités, mais il était difficile de faire s'expliquer MM. les directeurs à ce sujet.
L'enquête avait conclu à un accident, survenu pour cause d'usure des moyens de suspension, mais encore aurait-il été du devoir des anciens directeurs ainsi que des nouveaux de constater cette usure et d'y remédier avant qu'elle ne déterminât la catastrophe.
Et il me faut bien dire que MM. Richard et Moncharmin apparurent à cette époque si changés, si lointains... si mystérieux... si incompréhensibles, qu'il y eut beaucoup d'abonnés pour imaginer que quelque événement plus affreux encore que la chute du lustre, avait modifié l'état d'âme de MM. les directeurs.
Dans leurs relations quotidiennes, ils se montraient fort impatients, excepté cependant avec Mme Giry qui avait été réintégrée dans ses fonctions. On se doute de la façon dont ils reçurent le vicomte de Chagny quand celui-ci vint leur demander des nouvelles de Christine. Ils se bornèrent à lui répondre qu'elle était en congé. Il demanda combien de temps devait durer ce congé; il lui fut répliqué assez sèchement qu'il était illimité, Christine Daaé l'ayant demandé pour cause de santé.
—Elle est donc malade! s'écria-t-il, qu'est-ce qu'elle a?
—Nous n'en savons rien!
—Vous ne lui avez donc pas envoyé le médecin du théâtre?
—Non! elle ne l'a point réclamé et, comme nous avons confiance en elle, nous l'avons crue sur parole.
L'affaire ne parut point naturelle à Raoul, qui quitta l'Opéra en proie aux plus sombres pensées. Il résolut, quoi qu'il pût arriver, d'aller aux nouvelles chez la maman Valérius. Sans doute se rappelait-il les termes énergiques de la lettre de Christine, qui lui défendait de tenter quoi que ce fût pour la voir. Mais ce qu'il avait vu à Perros, ce qu'il avait entendu derrière la porte de la loge, la conversation qu'il avait eue avec Christine au bord de la lande, lui faisait pressentir quelque machination qui, pour être tant soit peu diabolique, n'en restait pas moins humaine. L'imagination exaltée de la jeune fille, son âme tendre et crédule, l'éducation primitive qui avait entouré ses jeunes années d'un cercle de légendes, la continuelle pensée de son père mort, et surtout l'état de sublime extase où la musique la plongeait dès que cet art se manifestait à elle dans certaines conditions exceptionnelles—n'avait-il point été à même d'en juger ainsi lors de la scène du cimetière?—tout cela lui apparaissait comme devant constituer un terrain moral propice aux entreprises malfaisantes de quelque personnage mystérieux et sans scrupules. De qui Christine Daaé était-elle la victime? Voilà la question fort sensée que Raoul se posait en se rendant en toute hâte chez la maman Valérius.
Car le vicomte avait un esprit des plus sains. Sans doute, il était poète et aimait la musique dans ce qu'elle a de plus ailé, et il était grand amateur des vieux contes bretons où dansent les korrigans, et par-dessus tout il était amoureux de cette petite fée du Nord qu'était Christine Daaé; il n'empêche qu'il ne croyait au surnaturel qu'en matière de religion et que l'histoire la plus fantastique du monde n'était pas capable de lui faire oublier que deux et deux font quatre.
Qu'allait-il apprendre chez la maman Valérius? Il en tremblait en sonnant à la porte d'un petit appartement de la rue Notre-Dame-des-Victoires.
La soubrette qui, un soir, était sortie devant lui de la loge de Christine, vint lui ouvrir. Il demanda, si Mme Valérius était visible. On lui répondit qu'elle était souffrante, dans son lit, et incapable de «recevoir».
—Faites passer ma carte, dit-il.
Il n'attendit point longtemps. La soubrette revint et l'introduisit dans un petit salon assez sombre et sommairement meublé où les deux portraits du professeur Valérius et du père Daaé se faisaient vis-à-vis.
—Madame s'excuse auprès de monsieur le vicomte, dit la domestique. Elle ne pourra le recevoir que dans sa chambre, car ses pauvres jambes ne la soutiennent plus.
Cinq minutes plus tard, Raoul était introduit dans une chambre quasi obscure, où il distingua tout de suite, dans la pénombre d'une alcôve, la bonne figure de la bienfaitrice de Christine. Maintenant, les cheveux de la maman Valérius étaient tout blancs, mais ses yeux n'avaient pas vieilli: jamais, au contraire, son regard n'avait été aussi clair, ni aussi pur, ni aussi enfantin.
—M. de Chagny! fit-elle joyeusement en tendant les deux mains au visiteur... Ah! c'est le ciel qui vous envoie!... nous allons pouvoir parler d'elle.
Cette dernière phrase sonna aux oreilles du jeune homme bien lugubrement. Il demanda tout de suite:
—Madame... où est Christine?
Et la vieille dame lui répondit tranquillement:
—Mais, elle est avec son «bon génie»!
Quel bon génie? s'écria le pauvre Raoul.
—Mais l'ange de la musique!
Le vicomte de Chagny, consterné, tomba sur un siège. Vraiment, Christine était avec l'ange de la musique! Et la maman Valérius, dans son lit, lui souriait en mettant un doigt sur sa bouche, pour lui recommander le silence. Elle ajouta:
—Il ne faut le répéter à personne!
—Vous pouvez compter sur moi! répliqua Raoul sans savoir bien ce qu'il disait, car ses idées sur Christine, déjà fort troubles, s'embrouillaient de plus en plus et il semblait que tout commençait à tourner autour de lui, autour de la chambre, autour de cette extraordinaire brave dame en cheveux blancs, aux yeux de ciel bleu pâle, aux yeux de ciel vide... Vous pouvez compter sur moi...»
—Je sais! je sais! fit-elle avec un bon rire heureux. Mais approchez-vous donc de moi, comme lorsque vous étiez tout petit. Donnez-moi vos mains comme lorsque vous me rapportiez l'histoire de la petite Lotte que vous avait contée le père Daaé. Je vous aime bien, vous savez, monsieur Raoul. Et Christine aussi vous aime bien!
—... Elle m'aime bien... soupira le jeune homme, qui rassemblait difficilement sa pensée autour du génie de la maman Valérius, de l'ange dont lui avait parlé si étrangement Christine, de la tête de mort qu'il avait entrevue dans une sorte de cauchemar sur les marches du maître-autel de Perros et aussi du fantôme de l'Opéra, dont la renommée était venue jusqu'à son oreille, un soir qu'il s'était attardé sur le plateau, à deux pas d'un groupe de machinistes qui rappelaient la description cadavérique qu'en avait faite avant sa mystérieuse fin le pendu Joseph Buquet...
Il demanda à voix basse:
—Qu'est-ce qui vous fait croire, madame, que Christine m'aime bien?
—Elle me parlait de vous tous les jours!
—Vraiment?... Et qu'est-ce qu'elle vous disait?...
—Elle m'a dit que vous lui aviez fait une déclaration?...
Et la bonne vieille se prit à rire avec éclat, en montrant toutes ses dents, qu'elle avait jalousement conservées. Raoul se leva, le rouge au front, souffrant atrocement.
—Eh bien! où allez-vous?... Voulez-vous bien vous asseoir?... Vous croyez que vous allez me quitter comme ça?... Vous êtes fâché parce que j'ai ri, je vous en demande pardon... Après tout, ce n'est point de votre faute, ce qui est arrivé... Vous ne saviez pas... Vous êtes jeune... et vous croyiez que Christine était libre...
—Christine est fiancée? demanda d'une voix étranglée le malheureux Raoul.
—Mais non! mais non!... Vous savez bien que Christine,—le voudrait-elle—ne peut pas se marier!...
—Quoi! mais je ne sais rien!... Et pourquoi Christine ne peut-elle pas se marier?
—Mais à cause du génie de la musique!...
—Encore...
—Oui, il le lui défend!...
—Il le lui défend!... Le génie de la musique lui défend de se marier!...
Raoul se penchait sur la maman Valérius, la mâchoire avancée, comme pour la mordre. Il eût eu envie de la dévorer qu'il ne l'eût point regardée avec des yeux plus féroces. Il y a des moments où la trop grande innocence d'esprit apparaît tellement monstrueuse qu'elle en devient haïssable. Raoul trouvait Mme Valérius par trop innocente.