ChériParte 3 de 13
Original em francês · tradução para inglês
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Un soir de juin, qui rassemblait sous la serre de Neuilly Mme Peloux, Léa et Chéri, changea les destins du jeune homme et de la femme mûre. Le hasard dispersant pour un soir les "amis" de Chéri,—un petit liquoriste en gros, le fils Boster, et le vicomte Desmond, parasite à peine majeur, exigeant et dédaigneux,—ramenait Chéri à la maison maternelle où l'habitude conduisait aussi Léa.
Vingt années, un passé fait de ternes soirées semblables, le manque de relations, cette défiance aussi, et cette veulerie qui isolent vers la fin de leur vie les femmes qui n'ont aimé que d'amour, tenaient l'une devant l'autre, encore un soir, en attendant un autre soir, ces deux femmes, l'une à l'autre suspectes. Elles regardaient toutes deux Chéri taciturne, et Mme Peloux, sans force et sans autorité pour soigner son fils, se bornait à haïr un peu Léa, chaque fois qu'un geste penchait, près de la joue pâle, de l'oreille transparente de Chéri, la nuque blanche et la joue sanguine de Léa. Elle eût bien saigné ce cou robuste de femme, où les colliers de Vénus commençaient de meurtrir la chair, pour teindre de rosé le svelte lis verdissant,—mais elle ne pensait pas même à conduire son bien-aimé aux champs.
"Chéri, pourquoi bois-tu de la fine? grondait Léa.
—Pour ne pas faire affront à Mame Peloux qui boirait seule, répondait Chéri.
—Qu'est-ce que tu fais, demain?
—Sais pas, et toi?
—Je vais partir pour la Normandie.
—Avec?
—Ça ne te regarde pas.
—Avec notre brave Spéleïeff?
—Penses-tu, il y a deux mois que c'est fini, tu retardes. Il est en Russie, Spéleïeff.
—Mon Chéri, où as-tu la tête! soupira Mme Peloux. Tu oublies le charmant dîner de rupture que nous a offert Léa le mois dernier. Léa, tu ne m'as pas donné la recette des langoustines qui m'avaient tellement plu!"
Chéri se redressa, fit briller ses yeux :
"Oui, oui, des langoustines avec une sauce crémeuse, oh! j'en voudrais!
—Tu vois, reprocha Mme Peloux, lui qui a si peu d'appétit, il aurait mangé des langoustines….
—La paix! commanda Chéri. Léa, tu vas sous les ombrages avec Patron?
—Mais non, mon petit; Patron et moi, c'est de l'amitié. Je pars seule.
—Femme riche, jeta Chéri.
—Je t'emmène, si tu veux, on ne fera que manger, boire, dormir….
—C'est où, ton patelin?"
Il s'était levé et planté devant elle.
"Tu vois Honfleur? la côte de Grâce? Oui? … Assieds-toi, tu es vert. Tu sais bien, sur la côte de Grâce, cette porte charretière devant laquelle nous disions toujours en passant, ta mère et moi…. "
Elle se tourna du côté de Mme Peloux : Mme Peloux avait disparu. Ce genre de fuite discrète, cet évanouissement étaient si peu en accord avec les coutumes de Charlotte Peloux, que Léa et Chéri se regardèrent en riant de surprise. Chéri s'assit contre Léa.
"Je suis fatigué, dit-il.
—Tu t'abîmes", dit Léa.
Il se redressa, vaniteux :
"Oh! tu sais, je suis encore assez bien.
—Assez bien… peut-être pour d'autres… mais pas… pas pour moi, par exemple.
—Trop vert?
—Juste le mot que je cherchais. Viens-tu à la campagne, en tout bien tout honneur? Des bonnes fraises, de la crème fraîche, des tartes, des petits poulets grillés…. Voilà un bon régime, et pas de femmes!"
Il se laissa glisser sur l'épaule de Léa et ferma les yeux.
"Pas de femmes…. Chouette…. Léa, dis, es-tu un frère? Oui? Eh bien, partons, les femmes… j'en suis revenu…. Les femmes… je les ai vues."
Il disait ces choses basses d'une voix assoupie, dont Léa écoutait le son plein et doux et recevait le souffle tiède sur son oreille. Il avait saisi le long collier de Léa et roulait les grosses perles entre ses doigts. Elle passa son bras sous la tête de Chéri et le rapprocha d'elle, sans arrière-pensée, confiante dans l'habitude qu'elle avait de cet enfant, et elle le berça.
"Je suis bien, soupira-t-il. T'es un frère, je suis bien…."
Elle sourit comme sous une louange très précieuse. Chéri semblait s'endormir. Elle regardait de tout près les cils brillants, comme mouillés, rabattus sur la joue, et cette joue amaigrie qui portait les traces d'une fatigue sans bonheur. La lèvre supérieure, rasée du matin, bleuissait déjà, et les lampes roses rendaient un sang factice à la bouche….
"Pas de femmes! déclara Chéri comme en songe. Donc… embrasse-moi!"
Surprise, Léa ne bougea pas.
"Embrasse-moi, je te dis!"
Il ordonnait, les sourcils joints, et l'éclat de ses yeux soudain rouverts gêna Léa comme une lumière brusquement rallumée. Elle haussa les épaules et mit un baiser sur le front tout proche. Il noua ses bras au cou de Léa et la courba vers lui.
Elle secoua la tête, mais seulement jusqu'à l'instant où leurs bouches se touchèrent; alors, elle demeura tout à fait immobile et retenant son souffle comme quelqu'un qui écoute. Quand il la lâcha, elle le détacha d'elle, se leva, respira profondément et arrangea sa coiffure qui n'était pas défaite. Puis elle se retourna un peu pâle et les yeux assombris, et sur un ton de plaisanterie :
"C'est intelligent!" dit-elle.
Il gisait au fond d'un rocking et se taisait en la couvant d'un regard actif, si plein de défi et d'interrogations qu'elle dit, après un moment :
"Quoi?
—Rien, dit Chéri, je sais ce que je voulais savoir."
Elle rougit, humiliée, et se défendit adroitement :
"Tu sais quoi? que ta bouche me plaît? Mon pauvre petit, j'en ai embrassé de plus vilaines. Qu'est-ce que ça te prouve? Tu crois que je vais tomber à tes pieds et crier : prends-moi! Mais tu n'as donc connu que des jeunes filles? Penser que je vais perdre la tête pour un baiser!…"
Elle s'était calmée en parlant et voulait montrer son sang-froid.
"Dis, petit, insista-t-elle en se penchant sur lui, crois-tu que ce soit quelque chose de rare dans mes souvenirs, une bonne bouche?"
Elle lui souriait de haut, sûre d'elle, mais elle ne savait pas que quelque chose demeurait sur son visage, une sorte de palpitation très faible, de douleur attrayante, et que son sourire ressemblait à celui qui vient après une crise de larmes.
"Je suis bien tranquille, continua-t-elle. Quand même je te rembrasserais, quand même nous…."
Elle s'arrêta et fit une moue de mépris.
"Non, décidément, je ne nous vois pas dans cette attitude-là.
—Tu ne nous voyais pas non plus dans celle de tout à l'heure, dit Chéri sans se presser. Et pourtant, tu l'as gardée un bon bout de temps. Tu y penses donc, à l'autre? Moi, je ne t'en ai rien dit."
Ils se mesurèrent en ennemis. Elle craignit de montrer un désir qu'elle n'avait pas eu le temps de nourrir ni de dissimuler, elle en voulut à cet enfant, refroidi en un moment et peut-être moqueur.
"Tu as raison, concéda-t-elle légèrement. N'y pensons pas. Je t'offre, nous disions donc, un pré pour t'y mettre au vert, et une table…. La mienne, c'est tout dire.
—On peut voir, répondit Chéri. J'amènerais la Renouhard découverte?
—Naturellement, tu ne la laisserais pas à Charlotte.
—Je paierai l'essence, mais tu nourriras le chauffeur."
Léa éclata de rire.
"Je nourrirai le chauffeur! Ah! ah! fils de Madame Peloux, va! Tu n'oublies rien…. Je ne suis pas curieuse, mais je voudrais entendre ce que ça peut être entre une femme et toi, une conversation amoureuse!"
Elle tomba assise et s'éventa. Un sphinx, de grands moustiques à longues pattes tournaient autour des lampes, et l'odeur du jardin, à cause de la nuit venue, devenait une odeur de campagne. Une bouffée d'acacia entra, si distincte, si active, qu'ils se retournèrent tous deux comme pour la voir marcher.
"C'est l'acacia à grappes rosées, dit Léa à demi-voix.
—Oui, dit Chéri. Mais comme il en a bu, ce soir, de la fleur d'oranger!"
Elle le contempla, admirant vaguement qu'il eût trouvé cela. Il respirait le parfum en victime heureuse, et elle se détourna, craignant soudain qu'il ne l'appelât; mais il l'appela quand même, et elle vint.
Elle vint à lui pour l'embrasser, avec un élan de rancune et d'égoïsme et des pensées de châtiment : "Attends, va…. C'est joliment vrai que tu as une bonne bouche, cette fois-ci, je vais en prendre mon content, parce que j'en ai envie, et je te laisserai, tant pis, je m'en moque, je viens…."
Elle l'embrassa si bien qu'ils se délièrent ivres, assourdis, essoufflés, tremblant comme s'ils venaient de se battre…. Elle se remit debout devant lui qui n'avait pas bougé, qui gisait toujours au fond du fauteuil et elle le défiait tout bas : "Hein? … Hein? …" et elle s'attendait à être insultée. Mais il lui tendit les bras, ouvrit ses belles mains incertaines, renversa une tête blessée et montra entre ses cils l'étincelle double de deux larmes, tandis qu'il murmurait des paroles, des plaintes, tout un chant animal et amoureux où elle distinguait son nom, des "chérie…" des "viens…" des "plus te quitter…" un chant qu'elle écoutait penchée et pleine d'anxiété, comme si elle lui eût, par mégarde, fait très mal.
Quand Léa se souvenait du premier été en Normandie, elle constatait avec équité : "Des nourrissons méchants, j'en ai eu de plus drôles que Chéri. De plus aimables aussi et de plus intelligents. Mais tout de même, je n'en ai pas eu comme celui-là."
"C'est rigolo, confiait-elle, à la fin de cet été de 1906, à Berthellemy- le-Desséché, il y a des moments où je crois que je couche avec un nègre ou un chinois.
—Tu as déjà eu un chinois et un nègre?
—Jamais.
—Alors?
—Je ne sais pas. Je ne peux pas t'expliquer. C'est une impression."
Une impression qui lui était venue lentement, en même temps qu'un étonnement qu'elle n'avait pas toujours su cacher. Les premiers souvenirs de leur idylle n'abondaient qu'en images de mangeaille fine, de fruits choisis, en soucis de fermière gourmette. Elle revoyait, plus pâle au grand soleil, un Chéri exténué qui se traînait sous les charmilles normandes, s'endormait sur les margelles chaudes des pièces d'eau. Léa le réveillait pour le gaver de fraises, de crème, de lait mousseux et de poulets de grain. Comme assommé, il suivait d'un grand oeil vide, à dîner, le vol des éphémères autour de la corbeille de roses, regardait sur son poignet l'heure d'aller dormir, tandis que Léa, déçue et sans rancune, songeait aux promesses que n'avait pas tenues le baiser de Neuilly et patientait bonnement :
"Jusqu'à fin août, si on veut, je le garde à l'épinette. Et puis, à Paris, ouf! je le rends à ses chères études…."
Elle se couchait miséricordieusement de bonne heure pour que Chéri, réfugié contre elle, poussant du front et du nez, creusant égoïstement la bonne place de son sommeil, s'endormît. Parfois, la lampe éteinte, elle suivait une flaque de lune miroitante sur le parquet. Elle écoutait, mêlés au clapotis du tremble et aux grillons qui ne s'éteignent ni nuit ni jour, les grands soupirs de chien de chasse qui soulevaient la poitrine de Chéri.
"Qu'est-ce que j'ai donc que je ne dors pas? se demandait-elle vaguement. Ce n'est pas la tête de ce petit sur mon épaule, j'en ai porté de plus lourdes…. Comme il fait beau…. Pour demain matin, je lui ai commandé une bonne bouillie. On lui sent déjà moins les côtes. Qu'est-ce que j'ai donc que je ne dors pas? Ah! oui, je me rappelle, je vais faire venir Patron le boxeur, pour entraîner ce petit. Nous avons le temps, Patron d'un côté, moi de l'autre, de bien épater Madame Peloux…. "
Elle s'endormait, longue dans les draps frais, bien à plat sur le dos, la tête noire du nourrisson méchant couchée sur son sein gauche. Elle s'endormait, réveillée quelquefois—mais si peu!—par une exigence de Chéri, vers le petit jour.
Le deuxième mois de retraite avait en effet amené Patron, sa grande valise, ses petites haltères d'une livre et demie et ses trousses noires, ses gants de quatre onces, ses brodequins de cuir lacés sur les doigts de pieds;—Patron à la voix de jeune fille, aux longs cils, couvert d'un si beau cuir bruni, comme sa valise, qu'il n'avait pas l'air nu quand il retirait sa chemise. Et Chéri, tour à tour hargneux, veule, ou jaloux de la puissance sereine de Patron, commençait l'ingrate et fructueuse gymnastique des mouvements lents et réitérés.
"Un…sss… deux…sss…. je vous entends pas respirer… trois…sss… Je le vois, votre genou qui trich…sss…."
Le couvert de tilleuls tamisait le soleil d'août. Un tapis rouge épais, jeté sur le gravier, fardait de reflets violets les deux corps nus du moniteur et de l'élève. Léa suivait des yeux la leçon, très attentive. Pendant les quinze minutes de boxe, Chéri, grisé de ses forces neuves, s'emballait, risquait des coups traîtres et rougissait de colère. Patron recevait les swings comme un mur et laissait tomber sur Chéri, du haut de sa gloire olympique, des oracles plus pesants que son poing célèbre.
"Heu là! que vous avez l'oeil gauche curieux. Si je ne l'aurais pas empêché, il venait voir comment qu'il est cousu, mon gant gauche.
—J'ai glissé, rageait Chéri.
—Ça ne provient pas de l'équilibre, poursuivait Patron. Ça provient du moral. Vous ne ferez jamais un boxeur.
—Ma mère s'y oppose, quelle tristesse!
—Même si votre mère ne s'y opposerait pas, vous ne feriez pas un boxeur, parce que vous êtes méchant. La méchanceté, ça ne va pas avec la boxe. Est-ce pas, madame Léa?"
Léa souriait et goûtait le plaisir d'avoir chaud, de demeurer immobile et d'assister aux jeux des deux hommes nus, jeunes, qu'elle comparait en silence : "Est-il beau, ce Patron! Il est beau comme un immeuble. Le petit se fait joliment. Des genoux comme les siens, ça ne court pas les rues, et je m'y connais. Les reins aussi sont… non, seront merveilleux…. Où diable la mère Peloux a-t-elle pêché…. Et l'attache du cou! une vraie statue. Ce qu'il est mauvais! Il rit, on jurerait un lévrier qui va mordre…." Elle se sentait heureuse et maternelle, et baignée d'une tranquille vertu. "Je le changerais bien pour un autre", se disait-elle devant Chéri nu l'après-midi sous les tilleuls, ou Chéri nu le matin sur la couverture d'hermine, ou Chéri nu le soir au bord du bassin d'eau tiède. "Oui, tout beau qu'il est, je le changerais bien, s'il n'y avait pas une question de conscience." Elle confiait son indifférence à Patron.
"Pourtant, objectait Patron, il est d'un bon modèle. Vous lui voyez déjà des muscles comme à des types qui ne sont pas d'ici, des types de couleur, malgré qu'il n'y a pas plus blanc. Des petits muscles qui ne font pas d'épate. Vous ne lui verrez jamais des biceps comme des cantaloups.
—Je l'espère bien, Patron! Mais je ne l'ai pas engagé pour la boxe, moi!
—Évidemment, acquiesçait Patron en abaissant ses longs cils. Il faut compter avec le sentiment."
Il supportait avec gêne les allusions voluptueuses non voilées et le sourire de Léa, cet insistant sourire des yeux qu'elle appuyait sur lui quand elle parlait de l'amour.
"Évidemment, reprenait Patron, s'il ne vous donne pas toutes satisfactions…."
Léa riait :
"Toutes, non… mais je puise ma récompense aux plus belles sources du désintéressement, comme vous, Patron.
—Oh! moi…."
Il craignait et souhaitait la question qui ne manquait pas de suivre :
—Toujours de même, Patron? Vous vous obstinez?
—Je m'obstine, madame Léa, j'ai encore eu une lettre de Liane, au courrier de midi. Elle dit qu'elle est seule, que je n'ai pas de raisons de m'obstiner, que ses deux amis sont éloignés.
—Alors?
—Alors, je pense que ce n'est pas vrai…. Je m'obstine parce qu'elle s'obstine. Elle a honte, qu'elle dit, d'un homme qui a un métier, surtout un métier qui oblige de se lever à bon matin, de faire son entraînement tous les jours, de donner des leçons de boxe et de gymnastique raisonnée. Pas plus tôt qu'on se retrouve, pas plus tôt que c'est la scène. "On croirait "vraiment, qu'elle crie, que je ne suis pas "capable de nourrir l'homme que j'aime!" C'est d'un beau sentiment, je ne contredis pas, mais ce n'est pas dans mes idées. Chacun a ses bizarreries. Comme vous dites si bien, madame Léa : c'est une affaire de conscience."
Ils causaient à demi-voix sous les arbres; lui pudique et nu, elle vêtue de blanc, les joues colorées d'un rose vigoureux. Ils savouraient leur amitié réciproque, née d'une inclination pareille vers la simplicité, vers la santé, vers une sorte de gentilhommerie du monde bas. Pourtant Léa ne se fût point choquée que Patron reçût, d'une belle Liane haut cotée, des cadeaux de poids. "Donnant, donnant." Et elle essayait de corrompre, avec des arguments d'une équité antique, la "bizarrerie" de Patron. Leurs causeries lentes, qui réveillaient un peu chaque fois les deux mêmes dieux,—l'amour, l'argent,—s'écartaient de l'argent et de l'amour pour revenir à Chéri, à sa blâmable éducation, à sa beauté "inoffensive au fond", disait Léa; à son caractère "qui n'en est pas un", disait Léa. Causeries où se satisfaisaient leur besoin de confiance et leur répugnance pour des mots nouveaux ou des idées nouvelles, causeries troublées par l'apparition saugrenue de Chéri qu'ils croyaient endormi ou roulant sur une route chaude, Chéri qui surgissait, demi-nu mais armé d'un livre de comptes et le stylo derrière l'oreille.
"Voyez accolade! admirait Patron. Il a tout du caissier.
—Qu'est-ce que je vois? s'écriait de loin Chéri, trois cent vingt francs d'essence? On la boit! nous sommes sortis quatre fois depuis quinze jours! et soixante-dix-sept francs d'huile!
—L'auto va au marché tous les jours, répondait Léa. A propos ton chauffeur a repris trois fois du gigot à déjeuner, il paraît. Tu ne trouves pas que ça excède un peu nos conventions? … Quand tu ne digères pas une addition, tu ressembles à ta mère."