Romans et contesPart 20 of 35
French original · English translation
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«Oui, se disait-il, ce Napolitain, ce beau comte qu’elle dédaigne, est véritablement amoureux. Sa passion fait honte à la mienne: pour sauver Alicia, il n’a pas craint de m’attaquer, de me provoquer, moi, un jettatore, c’est-à-dire, dans ses idées, un être aussi redoutable qu’un démon. Tout en me parlant, il jouait avec ses amulettes, et le regard de ce duelliste célèbre qui a couché trois hommes sur le carreau, se baissait devant le mien!»
Rentré à l’hôtel de Rome, Paul écrivit quelques lettres, fit un testament par lequel il laissait à miss Alicia Ward tout ce qu’il possédait, sauf un legs pour Paddy, et prit les dispositions indispensables à un galant homme qui doit avoir un duel à mort le lendemain.
Il ouvrit les boîtes de palissandre où ses armes étaient renfermées dans les compartiments garnis de serge verte, remua épées, pistolets, couteaux de chasse, et trouva enfin deux stylets corses parfaitement pareils qu’il avait achetés pour en faire don à des amis.
C’étaient deux lames de pur acier, épaisses près du manche, tranchantes des deux côtés vers la pointe, damasquinées, curieusement terribles et montées avec soin. Paul choisit aussi trois foulards et fit du tout un paquet.
Puis il prévint Scazziga de se tenir prêt de grand matin pour une excursion dans la campagne.
«Oh! dit-il, en se jetant tout habillé sur son lit, Dieu fasse que ce combat me soit fatal! Si j’avais le bonheur d’être tué,—Alicia vivrait!»
XIII
Pompeï, la ville morte, ne s’éveille pas le matin comme les cités vivantes, et quoiqu’elle ait rejeté à demi le drap de cendre qui la couvrait depuis tant de siècles, même quand la nuit s’efface, elle reste endormie sur sa couche funèbre.
Les touristes de toutes nations qui la visitent pendant le jour sont à cette heure encore étendus dans leur lit, tout moulus des fatigues de leurs excursions, et l’aurore, en se levant sur les décombres de la ville-momie, n’y éclaire pas un seul visage humain. Les lézards seuls, en frétillant de la queue, rampent le long des murs, filent sur les mosaïques disjointes, sans s’inquiéter du cave canem inscrit au seuil des maisons désertes, et saluent joyeusement les premiers rayons du soleil. Ce sont les habitants qui ont succédé aux citoyens antiques, et il semble que Pompeï n’ait été exhumée que pour eux.
C’est un spectacle étrange de voir à la lueur azurée et rose du matin ce cadavre de ville saisie au milieu de ses plaisirs, de ses travaux et de sa civilisation, et qui n’a pas subi la dissolution lente des ruines ordinaires; on croit involontairement que les propriétaires de ces maisons conservées dans leurs moindres détails vont sortir de leurs demeures avec leurs habits grecs ou romains; les chars, dont on aperçoit les ornières sur les dalles, se remettre à rouler; les buveurs entrer dans ces thermopoles où la marque des tasses est encore empreinte sur le marbre du comptoir.—On marche comme dans un rêve au milieu du passé; on lit en lettres rouges, à l’angle des rues, l’affiche du spectacle du jour!—seulement le jour est passé depuis plus de dix-sept siècles.—Aux clartés naissantes de l’aube, les danseuses peintes sur les murs semblent agiter leurs crotales, et du bout de leur pied blanc soulever comme une écume rose le bord de leur draperie, croyant sans doute que les lampadaires se rallument pour les orgies du triclinium; les Vénus, les Satyres, les figures héroïques ou grotesques, animées d’un rayon, essayent de remplacer les habitants disparus, et de faire à la cité morte une population peinte. Les ombres colorées tremblent le long des parois, et l’esprit peut quelques minutes se prêter à l’illusion d’une fantasmagorie antique. Mais ce jour-là, au grand effroi des lézards, la sérénité matinale de Pompeï fut troublée par un visiteur étrange: une voiture s’arrêta à l’entrée de la voie des Tombeaux; Paul en descendit et se dirigea à pied vers le lieu du rendez-vous.
Il était en avance, et, bien qu’il dût être préoccupé d’autre chose que d’archéologie, il ne pouvait s’empêcher, tout en marchant, de remarquer mille petits détails qu’il n’eût peut-être pas aperçus dans une situation habituelle. Les sens que ne surveille plus l’âme, et qui s’exercent alors pour leur compte, ont quelquefois une lucidité singulière. Des condamnés à mort, en allant au supplice, distinguent une petite fleur entre les fentes du pavé, un numéro au bouton d’un uniforme, une faute d’orthographe sur une enseigne, ou toute autre circonstance puérile qui prend pour eux une importance énorme.—M. d’Aspremont passa devant la villa de Diomède, le sépulcre de Mammia, les hémicycles funéraires, la porte antique de la cité, les maisons et les boutiques qui bordent la voie Consulaire, presque sans y jeter les yeux, et pourtant des images colorées et vives de ces monuments arrivaient à son cerveau avec une netteté parfaite; il voyait tout, et les colonnes cannelées enduites à mi-hauteur de stuc rouge ou jaune, et les peintures à fresque, et les inscriptions tracées sur les murailles; une annonce de location à la rubrique s’était même écrite si profondément dans sa mémoire, que ses lèvres en répétaient machinalement les mots latins sans y attacher aucune espèce de sens.
Était-ce donc la pensée du combat qui absorbait Paul à ce point? Nullement, il n’y songeait même pas; son esprit était ailleurs:—Dans le parloir de Richmond. Il tendait au commodore sa lettre de recommandation, et miss Ward le regardait à la dérobée; elle avait une robe blanche, et des fleurs de jasmin étoilaient ses cheveux. Qu’elle était jeune, belle et vivace... alors!
Les bains antiques sont au bout de la voie Consulaire, près de la rue de la Fortune; M. d’Aspremont n’eut pas de peine à les trouver. Il entra dans la salle voûtée qu’entoure une rangée de niches formées par des atlas de terre cuite, supportant une architrave ornée d’enfants et de feuillages. Les revêtements de marbre, les mosaïques, les trépieds de bronze ont disparu. Il ne reste plus de l’ancienne splendeur que les atlas d’argile et des murailles nues comme celles d’un tombeau; un jour vague provenant d’une petite fenêtre ronde qui découpe en disque le bleu du ciel, glisse en tremblant sur les dalles rompues du pavé.
C’était là que les femmes de Pompeï venaient, après le bain, sécher leurs beaux corps humides, rajuster leurs coiffures, reprendre leurs tuniques et se sourire dans le cuivre bruni des miroirs. Une scène d’un genre bien différent allait s’y passer, et le sang devait couler sur le sol où ruisselaient jadis les parfums.
Quelques instants après, le comte Altavilla parut: il tenait à la main une boîte à pistolets, et sous le bras deux épées, car il ne pouvait croire que les conditions proposées par M. Paul d’Aspremont fussent sérieuses; il n’y avait vu qu’une raillerie méphistophélique, un sarcasme infernal.
«Pourquoi faire ces pistolets et ces épées, comte? dit Paul en voyant cette panoplie; n’étions-nous pas convenus d’un autre mode de combat?
—Sans doute; mais je pensais que vous changeriez peut-être d’avis; on ne s’est jamais battu de cette façon.
—Notre adresse fût-elle égale, ma position me donne sur vous trop d’avantages, répondit Paul avec un sourire amer; je n’en veux pas abuser. Voilà des stylets que j’ai apportés; examinez-les; ils sont parfaitement pareils; voici des foulards pour nous bander les yeux.—Voyez, ils sont épais, et mon regard n’en pourra percer le tissu.»
Le comte Altavilla fit un signe d’acquiescement.
«Nous n’avons pas de témoins, dit Paul, et l’un de nous ne doit pas sortir vivant de cette cave. Écrivons chacun un billet attestant la loyauté du combat; le vainqueur le placera sur la poitrine du mort.
—Bonne précaution!» répondit avec un sourire le Napolitain en traçant quelques lignes sur une feuille du carnet de Paul qui remplit à son tour la même formalité.
Cela fait, les adversaires mirent bas leurs habits, se bandèrent les yeux, s’armèrent de leurs stylets, et saisirent chacun par une extrémité le mouchoir, trait d’union terrible entre leurs haines.
—Êtes-vous prêt? dit M. d’Aspremont au comte Altavilla.
—Oui,» répondit le Napolitain d’une voix parfaitement calme.
Don Felipe Altavilla était d’une bravoure éprouvée, il ne redoutait au monde que la jettature, et ce combat aveugle, qui eût fait frissonner tout autre d’épouvante, ne lui causait pas le moindre trouble; il ne faisait ainsi que jouer sa vie à pile ou face, et n’avait pas le désagrément de voir l’œil fauve de son adversaire darder sur lui son regard jaune.
Les deux combattants brandirent leurs couteaux, et le mouchoir qui les reliait l’un à l’autre dans ces épaisses ténèbres se tendit fortement. Par un mouvement instinctif, Paul et le comte avaient rejeté leur torse en arrière, seule parade possible dans cet étrange duel; leurs bras retombèrent sans avoir atteint autre chose que le vide.
Cette lutte obscure, où chacun pressentait la mort sans la voir venir, avait un caractère horrible. Farouches et silencieux, les deux adversaires reculaient, tournaient, sautaient, se heurtaient quelquefois, manquant ou dépassant le but; on n’entendait que le trépignement de leurs pieds et le souffle haletant de leurs poitrines.
Une fois Altavilla sentit la pointe de son stylet rencontrer quelque chose; il s’arrêta croyant avoir tué son rival, et attendit la chute du corps:—il n’avait frappé que la muraille!
«Pardieu! je croyais bien vous avoir percé de part en part, dit-il en se remettant en garde.
—Ne parlez pas, dit Paul, votre voix me guide.»
Et le combat recommença.
Tout à coup les deux adversaires se sentirent détachés.—Un coup du stylet de Paul avait tranché le foulard.
«Trêve! cria le Napolitain; nous ne nous tenons plus, le mouchoir est coupé.
—Qu’importe! continuons,» dit Paul.
Un silence morne s’établit. En loyaux ennemis, ni M. d’Aspremont ni le comte ne voulaient profiter des indications données par leur échange de paroles.—Ils firent quelques pas pour se dérouter, et se remirent à se chercher dans l’ombre.
Le pied de M. d’Aspremont déplaça une petite pierre; ce léger choc révéla au Napolitain, agitant son couteau au hasard, dans quel sens il devait marcher. Se ramassant sur ses jarrets pour avoir plus d’élan, Altavilla s’élança d’un bond de tigre et rencontra le stylet de M. d’Aspremont.
Paul toucha la pointe de son arme et la sentit mouillée... des pas incertains résonnèrent lourdement sur les dalles; un soupir oppressé se fit entendre et un corps tomba tout d’une pièce à terre.
Pénétré d’horreur, Paul abattit le bandeau qui lui couvrait les yeux, et il vit le comte Altavilla pâle, immobile, étendu sur le dos et la chemise tachée à l’endroit du cœur d’une large plaque rouge.
Le beau Napolitain était mort!
M. d’Aspremont mit sur la poitrine d’Altavilla le billet qui attestait la loyauté du duel, et sortit des bains antiques plus pâle au grand jour qu’au clair de lune le criminel que Prud’hon fait poursuivre par les Erynnis vengeresses.
XIV
Vers deux heures de l’après-midi, une bande de touristes anglais, guidée par un cicerone, visitait les ruines de Pompeï; la tribu insulaire, composée du père, de la mère, de trois grandes filles, de deux petits garçons et d’un cousin, avait déjà parcouru d’un œil glauque et froid, où se lisait ce profond ennui qui caractérise la race britannique, l’amphithéâtre, le théâtre de tragédie et de chant, si curieusement juxtaposés; le quartier militaire, crayonné de caricatures par l’oisiveté du corps de garde; le Forum, surpris au milieu d’une réparation, la basilique, les temples de Vénus et de Jupiter, le Panthéon et les boutiques qui les bordent. Tous suivaient en silence dans leur Murray les explications bavardes du cicerone et jetaient à peine un regard sur les colonnes, les fragments de statues, les mosaïques, les fresques et les inscriptions.
Ils arrivèrent enfin aux bains antiques, découverts en 1824, comme le guide le leur faisait remarquer. «Ici étaient les étuves, là le four à chauffer l’eau, plus loin la salle à température modérée;» ces détails donnés en patois napolitain mélangé de quelques désinences anglaises paraissaient intéresser médiocrement les visiteurs, qui déjà opéraient une volte-face pour se retirer, lorsque miss Ethelwina, l’aînée des demoiselles, jeune personne aux cheveux blonds filasse, et à la peau truitée de taches de rousseur, fit deux pas en arrière, d’un air moitié choqué, moitié effrayé, et s’écria: «Un homme!
—Ce sera sans doute quelque ouvrier des fouilles à qui l’endroit aura paru propice pour faire la sieste; il y a sous cette voûte de la fraîcheur et de l’ombre: n’ayez aucune crainte, mademoiselle, dit le guide en poussant du pied le corps étendu à terre. Holà! réveille-toi, fainéant, et laisse passer Leurs Seigneuries.»
Le prétendu dormeur ne bougea pas.
«Ce n’est pas un homme endormi, c’est un mort,» dit un des jeunes garçons, qui, vu sa petite taille, démêlait mieux dans l’ombre l’aspect du cadavre.
Le cicerone se baissa sur le corps et se releva brusquement, les traits bouleversés.
«Un homme assassiné! s’écria-t-il.
—Oh! c’est vraiment désagréable de se trouver en présence de tels objets; écartez-vous, Ethelwina, Kitty, Bess, dit mistress Bracebridge, il ne convient pas à de jeunes personnes bien élevées de regarder un spectacle si impropre. Il n’y a donc pas de police dans ce pays-ci! Le coroner aurait dû relever le corps.
«Un papier! fit laconiquement le cousin, roide, long et embarrassé de sa personne comme le laird de Dumbidike de la Prison d’Édimbourg.
—En effet, dit le guide en prenant le billet placé sur la poitrine d’Altavilla, un papier avec quelques lignes d’écriture.
—Lisez, dirent en chœur les insulaires, dont la curiosité était surexcitée.
«Qu’on ne recherche ni n’inquiète personne pour ma mort. Si l’on trouve ce billet sur ma blessure, j’aurai succombé dans un duel loyal.
«Signé Felipe, comte d’Altavilla.»
—C’était un homme comme il faut; quel dommage! soupira mistress Bracebridge, que la qualité de comte du mort impressionnait.
—Et un joli garçon, murmura tout bas Ethelwina, la demoiselle aux taches de rousseur.
—Tu ne te plaindras plus, dit Bess à Kitty, du manque d’imprévu dans les voyages: nous n’avons pas, il est vrai, été arrêtés par des brigands sur la route de Terracine à Fondi; mais un jeune seigneur percé d’un coup de stylet dans les ruines de Pompeï, voilà une aventure. Il y a sans doute là-dessous une rivalité d’amour;—au moins nous aurons quelque chose d’italien, de pittoresque et de romantique à raconter à nos amies. Je ferai de la scène un dessin sur mon album, et tu joindras au croquis des stances mystérieuses dans le goût de Byron.
—C’est égal, fit le guide, le coup est bien donné, de bas en haut, dans toutes les règles; il n’y a rien à dire.»
Telle fut l’oraison funèbre du comte Altavilla.
Quelques ouvriers, prévenus par le cicerone, allèrent chercher la justice, et le corps du pauvre Altavilla fut reporté à son château, près de Salerne.
Quant à M. d’Aspremont, il avait regagné sa voiture, les yeux ouverts comme un somnambule et ne voyant rien. On eût dit une statue qui marchait. Quoiqu’il eût éprouvé à la vue du cadavre cette horreur religieuse qu’inspire la mort, il ne se sentait pas coupable, et le remords n’entrait pour rien dans son désespoir. Provoqué de manière à ne pouvoir refuser, il n’avait accepté ce duel qu’avec l’espérance d’y laisser une vie désormais odieuse. Doué d’un regard funeste, il avait voulu un combat aveugle pour que la fatalité seule fût responsable. Sa main même n’avait pas frappé; son ennemi s’était enferré! Il plaignait le comte Altavilla comme s’il eût été étranger à sa mort. «C’est mon stylet qui l’a tué, se disait-il, mais si je l’avais regardé dans un bal, un lustre se fût détaché du plafond et lui eût fendu la tête. Je suis innocent comme la foudre, comme l’avalanche, comme le mancenillier, comme toutes les forces destructives et inconscientes. Jamais ma volonté ne fut malfaisante, mon cœur n’est qu’amour et bienveillance, mais je sais que je suis nuisible. Le tonnerre ne sait pas qu’il tue; moi, homme, créature intelligente, n’ai-je pas un devoir sévère à remplir vis-à-vis de moi-même? je dois me citer à mon propre tribunal et m’interroger. Puis-je rester sur cette terre où je ne cause que des malheurs? Dieu me damnerait-il si je me tuais par amour pour mes semblables? Question terrible et profonde que je n’ose résoudre; il me semble que, dans la position où je suis, la mort volontaire est excusable. Mais si je me trompais? pendant l’éternité, je serais privé de la vue d’Alicia, qu’alors je pourrais regarder sans lui nuire, car les yeux de l’âme n’ont pas le fascino.—C’est une chance que je ne veux pas courir.»
Une idée subite traversa le cerveau du malheureux jettatore et interrompit son monologue intérieur. Ses traits se détendirent; la sérénité immuable qui suit les grandes résolutions dérida son front pâle: il avait pris un parti suprême.
«Soyez condamnés, mes yeux, puisque vous êtes meurtriers; mais, avant de vous fermer pour toujours, saturez-vous de lumière, contemplez le soleil, le ciel bleu, la mer immense, les chaînes azurées de montagnes, les arbres verdoyants, les horizons indéfinis, les colonnades des palais, la cabane du pêcheur, les îles lointaines du golfe, la voile blanche rasant l’abîme, le Vésuve, avec son aigrette de fumée; regardez, pour vous en souvenir, tous ces aspects charmants que vous ne verrez plus; étudiez chaque forme et chaque couleur, donnez-vous une dernière fête. Pour aujourd’hui, funestes ou non, vous pouvez vous arrêter sur tout; enivrez-vous du splendide spectacle de la création! Allez, voyez, promenez-vous. Le rideau va tomber entre vous et le décor de l’univers!»
La voiture, en ce moment, longeait le rivage; la baie radieuse étincelait, le ciel semblait taillé dans un seul saphir; une splendeur de beauté revêtait toutes choses.
Paul dit à Scazziga d’arrêter; il descendit, s’assit sur une roche et regarda longtemps, longtemps, longtemps, comme s’il eût voulu accaparer l’infini. Ses yeux se noyaient dans l’espace et la lumière, se renversaient comme en extase, s’imprégnaient de lueurs, s’imbibaient de soleil! La nuit qui allait suivre ne devait pas avoir d’aurore pour lui.