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Les ContemplationsPart 6 of 16

Victor Hugo

French original · English translation

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XXI

A PAUL M.

Auteur du drame PARIS

Tu graves au fronton sévère de ton oeuvre

Un nom proscrit que mord en sifflant la couleuvre;

Au malheur, dont le flanc saigne et dont l'oeil sourit,

A la proscription, et non pas au proscrit,

--Car le proscrit n'est rien que de l'ombre, moins noire

Que l'autre ombre qu'on nomme éclat, bonheur, victoire;--

A l'exil pâle et nu, cloué sur des débris,

Tu donnes ton grand drame où vit le grand Paris,

Cette cité de feu, de nuit, d'airain, de verre,

Et tu fais saluer par Rome le Calvaire.

Sois loué, doux penseur, toi qui prends dans ta main

Le passé, l'avenir, tout le progrès humain,

La lumière, l'histoire, et la ville, et la France,

Tous les dictâmes saints qui calment la souffrance,

Raison, justice, espoir, vertu, foi, vérité,

Le parfum poésie et le vin liberté,

Et qui sur le vaincu, coeur meurtri, noir fantôme,

Te penches, et répands l'idéal comme un baume!

Paul, il me semble, grâce à ce fier souvenir

Dont tu viens nous bercer, nous sacrer, nous bénir,

Que dans ma plaie, où dort la douleur, ô poëte!

Je sens de la charpie avec un drapeau faite.

Marine-Terrace, août 1855.

XXII

Je payai le pêcheur qui passa son chemin,

Et je pris cette bête horrible dans ma main;

C'était un être obscur comme l'onde en apporte,

Qui, plus grand, serait hydre, et, plus petit, cloporte;

Sans forme comme l'ombre, et, comme Dieu, sans nom.

Il ouvrait une bouche affreuse, un noir moignon

Sortait de son écaille; il tâchait de me mordre;

Dieu, dans l'immensité formidable de l'ordre,

Donne une place sombre à ces spectres hideux;

Il tâchait de me mordre, et nous luttions tous deux;

Ses dents cherchaient mes doigts qu'effrayait leur approche;

L'homme qui me l'avait vendu tourna la roche;

Comme il disparaissait, le crabe me mordit;

Je lui dis: «Vis! et sois béni, pauvre maudit!»

Et je le rejetai dans la vague profonde,

Afin qu'il allât dire à l'océan qui gronde,

Et qui sert au soleil de vase baptismal,

Que l'homme rend le bien au monstre pour le mal.

Jersey, grève d'Azette, juillet 1855.

XXIII

PASTEURS ET TROUPEAUX

A MADAME LOUISE C.

Le vallon où je vais tous les jours est charmant;

Serein, abandonné, seul sous le firmament,

Plein de ronces en fleurs; c'est un sourire triste.

Il vous fait oublier que quelque chose existe,

Et, sans le bruit des champs remplis de travailleurs.

On ne saurait plus là si quelqu'un vit ailleurs.

Là, l'ombre fait l'amour; l'idylle naturelle

Rit; le bouvreuil avec le verdier s'y querelle,

Et la fauvette y met de travers son bonnet;

C'est tantôt l'aubépine et tantôt le genêt;

De noirs granits bourrus, puis des mousses riantes;

Car Dieu fait un poëme avec des variantes;

Comme le vieil Homère, il rabâche parfois,

Mais c'est avec les fleurs, les monts, l'onde et les bois!

Une petite mare est là, ridant sa face,

Prenant des airs de flot pour la fourmi qui passe,

Ironie étalée au milieu du gazon,

Qu'ignore l'océan grondant à l'horizon.

J'y rencontre parfois sur la roche hideuse

Un doux être; quinze ans, yeux bleus, pieds nus, gardeuse

De chèvres, habitant, au fond d'un ravin noir,

Un vieux chaume croulant qui s'étoile le soir;

Ses soeurs sont au logis et filent leur quenouille;

Elle essuie aux roseaux ses pieds que l'étang mouille;

Chèvres, brebis, béliers, paissent; quand, sombre esprit,

J'apparais, le pauvre ange a peur, et me sourit;

Et moi, je la salue, elle étant l'innocence.

Ses agneaux, dans le pré plein de fleurs qui l'encense,

Bondissent, et chacun, au soleil s'empourprant,

Laisse aux buissons, à qui la bise le reprend,

Un peu de sa toison, comme un flocon d'écume.

Je passe; enfant, troupeau, s'effacent dans la brume;

Le crépuscule étend sur les longs sillons gris

Ses ailes de fantôme et de chauve-souris;

J'entends encore au loin dans la plaine ouvrière

Chanter derrière moi la douce chevrière,

Et, là-bas, devant moi, le vieux gardien pensif

De l'écume, du flot, de l'algue, du récif,

Et des vagues sans trêve et sans fin remuées,

Le pâtre promontoire au chapeau de nuées,

S'accoude et rêve au bruit de tous les infinis,

Et dans l'ascension des nuages bénis,

Regarde se lever la lune triomphale,

Pendant que l'ombre tremble, et que l'âpre rafale

Disperse à tous les vents avec son souffle amer

La laine des moulons sinistres de la mer.

Jersey, Gronville, avril 1855.

XXIV

J'ai cueilli cette fleur pour toi sur la colline.

Dans l'âpre escarpement qui sur le flot s'incline,

Que l'aigle connaît seul et peut seul approcher,

Paisible, elle croissait aux fentes du rocher.

L'ombre baignait les flancs du morne promontoire

Je voyais, comme on dresse au lieu d'une victoire

Un grand arc de triomphe éclatant et vermeil,

A l'endroit où s'était englouti le soleil,

La sombre nuit bâtir un porche de nuées.

Des voiles s'enfuyaient, au loin diminuées

Quelques toits, s'éclairant au fond d'un entonnoir,

Semblaient craindre de luire et de se laisser voir.

J'ai cueilli cette fleur pour toi, ma bien-aimée.

Elle est pâle et n'a pas de corolle embaumée.

Sa racine n'a pris sur la crête des monts

Que l'amère senteur des glauques goëmons;

Moi, j'ai dit: «Pauvre fleur, du haut de cette cime,

Tu devais t'en aller dans cet immense abîme

Où l'algue et le nuage et les voiles s'en vont.

Va mourir sur un coeur, abîme plus profond.

Fane-toi sur ce sein en qui palpite un monde.

Le ciel, qui te créa pour t'effeuiller dans l'onde,

Te fit pour l'océan, je te donne à l'amour.»

Le vent mêlait les flots; il ne restait du jour

Qu'une vague lueur, lentement effacée.

Oh! comme j'étais triste au fond de ma pensée

Tandis que je songeais, et que le gouffre noir

M'entrait dans l'âme avec tous les frissons du soir!

Ile de Serk, août 1855.

XXV

O strophe du poëte, autrefois, dans les fleurs,

Jetant mille baisers à leurs mille couleurs,

Tu jouais, et d'avril tu pillais la corbeille,

Papillon pour la rose et pour la ruche abeille,

Tu semais de l'amour et tu faisais du miel;

Ton âme bleue était presque mêlée au ciel;

Ta robe était d'azur et ton oeil de lumière;

Tu criais aux chansons, tes soeurs: «Venez chaumière,

Hameau, ruisseau, forêt, tout chante. L'aube a lui!»

Et, douce, tu courais et tu riais. Mais lui,

Le sévère habitant de la blême caverne

Qu'en haut le jour blanchit, qu'en bas rougit l'Averne,

Le poëte qu'ont fait avant l'heure vieillard

La douleur dans la vie et le drame dans l'art,

Lui, le chercheur du gouffre obscur, le chasseur d'ombres,

Il a levé la tête un jour hors des décombres,

Et t'a saisie au vol dans l'herbe et dans les blés,

Et, malgré tes effrois et tes cris redoublés,

Toute en pleurs, il t'a prise à l'idylle joyeuse;

Il t'a ravie aux champs, à la source, à l'yeuse,

Aux amours dans les bois près des nids palpitants;

Et maintenant, captive et reine en même temps,

Prisonnière au plus noir de son âme profonde,

Parmi les visions qui flottent comme l'onde,

Sous son crâne à la fois céleste et souterrain,

Assise, et t'accoudant sur un trône d'airain,

Voyant dans ta mémoire, ainsi qu'une ombre vaine,

Fuir l'éblouissement du jour et de la plaine,

Par le maître gardée, et calme et sans espoir,

Tandis que, près de toi, les drames, groupe noir,

Des sombres passions feuillettent le registre,

Tu rêves dans sa nuit, Proserpine sinistre.

Jersey, novembre 1854.

XXVI

LES MALHEUREUX

A MES ENFANTS

Puisque déjà l'épreuve aux luttes vous convie,

O mes enfants! parlons un peu de cette vie.

Je me souviens qu'un jour, marchant dans un bois noir

Où des ravins creusaient un farouche entonnoir,

Dans un de ces endroits où sous l'herbe et la ronce

Le chemin disparaît et le ruisseau s'enfonce,

Je vis, parmi les grès, les houx, les sauvageons,

Fumer un toit bâti de chaumes et de joncs.

La fumée avait peine à monter dans les branches;

Les fenêtres étaient les crevasses des planches;

On eût dit que les rocs cachaient avec ennui

Ce logis tremblant, triste, humble; et que c'était lui

Que les petits oiseaux, sous le hêtre et l'érable,

Plaignaient, tant il était chétif et misérable!

Pensif, dans les buissons j'en cherchais le sentier.

Comme je regardais ce chaume, un muletier

Passa, chantant, fouettant quelques bêtes de somme.

«Qui donc demeure là?» demandai-je à cet homme.

L'homme, tout en chantant, me dit: «Un malheureux.»

J'allai vers la masure au fond du ravin creux;

Un arbre, de sa branche où brillait une goutte,

Sembla se faire un doigt pour m'en montrer la route,

Et le vent m'en ouvrit la porte; et j'y trouvai

Un vieux, vêtu de bure, assis sur un pavé.

Ce vieillard, près d'un âtre où séchaient quelques toiles,

Dans ce bouge aux passants ouvert, comme aux étoiles,

Vivait, seul jour et nuit, sans clôture, sans chien,

Sans clef; la pauvreté garde ceux qui n'ont rien.

J'entrai; le vieux soupait d'un peu d'eau, d'une pomme;

Sans pain; et je me mis à plaindre ce pauvre homme.

--Comment pouvait-il vivre ainsi? Qu'il était dur

De n'avoir même pas un volet à son mur;

L'hiver doit être affreux dans ce lieu solitaire;

Et pas même un grabat! il couchait donc à terre?

Là, sur ce tas de paille, et dans ce coin étroit!

Vous devez être mal, vous devez avoir froid,

Bon père, et c'est un sort bien triste que le vôtre!

«--Fils,» dit-il doucement, «allez en plaindre un autre.

Je suis dans ces grands bois et sous le ciel vermeil,

Et je n'ai pas de lit, fils, mais j'ai le sommeil.

Quand l'aube luit pour moi, quand je regarde vivre

Toute cette forêt dont la senteur m'enivre,

Ces sources et ces fleurs, je n'ai pas de raison

De me plaindre, je suis le fils de la maison.

Je n'ai point fait de mal. Calme, avec l'indigence

Et les haillons, je vis en bonne intelligence,

Et je fais bon ménage avec Dieu mon voisin.

Je le sens près de moi dans le nid, dans l'essaim,

Dans les arbres profonds où parle une voix douce,

Dans l'azur où la vie à chaque instant nous pousse,

Et dans cette ombre vaste et sainte où je suis né.

Je ne demande à Dieu rien de trop, car je n'ai

Pas grande ambition, et, pourvu que j'atteigne

Jusqu'à la branche où pend la mûre ou la châtaigne,

Il est content de moi, je suis content de lui.

Je suis heureux.»

J'étais jadis, comme aujourd'hui,

Le passant qui regarde en bas, l'homme des songes.

Mes enfants, à travers les brumes, les mensonges,

Les lueurs des tombeaux, les spectres des chevets,

Les apparences d'ombre et de clarté, je vais

Méditant, et toujours un instinct me ramène

A connaître le fond de la souffrance humaine.

L'abîme des douleurs m'attire. D'autres sont

Les sondeurs frémissants de l'océan profond;

Ils fouillent, vent des cieux, l'onde que tu balaies;

Ils plongent dans les mers; je plonge dans les plaies.

Leur gouffre est effrayant, mais pas plus que le mien.

Je descends plus bas qu'eux, ne leur enviant rien,

Sachant qu'à tout chercheur Dieu garde une largesse,

Content s'ils ont la perle et si j'ai la sagesse.

Or, il semble, à qui voit tout ce gouffre en rêvant,

Que les justes, parmi la nuée et le vent,

Sont un vol frissonnant d'aigles et de colombes.

J'ai souvent, à genoux que je suis sur les tombes,

La grande vision du sort; et par moment

Le destin m'apparaît, ainsi qu'un firmament

Où l'on verrait, au lieu des étoiles, des âmes.

Tout ce qu'on nomme angoisse, adversité, les flammes,

Les brasiers, les billots, bien souvent tout cela

Dans mon noir crépuscule, enfants, étincela.

J'ai vu, dans cette obscure et morne transparence,

Passer l'homme de Rome et l'homme de Florence,

Caton au manteau blanc, et Dante au fier sourcil,

L'un ayant le poignard au flanc, l'autre l'exil;

Caton était joyeux et Dante était tranquille.

J'ai vu Jeanne au poteau qu'on brûlait dans la ville,

Et j'ai dit: Jeanne d'Arc, ton noir bûcher fumant

A moins de flamboiement que de rayonnement.

J'ai vu Campanella songer dans la torture,

Et faire à sa pensée une âpre nourriture

Des chevalets, des crocs, des pinces, des réchauds

Et de l'horreur qui flotte au plafond des cachots.

J'ai vu Thomas Morus, Lavoisier, Loiserolle,

Jane Gray, bouche ouverte ainsi qu'une corolle,

Toi, Charlotte Corday, vous, madame Roland,

Camille Desmoulins, saignant et contemplant,

Robespierre à l'oeil froid, Danton aux cris superbes;

J'ai vu Jean qui parlait au désert, Malesherbes,

Egmont, André Chénier, rêveur des purs sommets,

Et mes yeux resteront éblouis à jamais

Du sourire serein de ces têtes coupées.

Coligny, sous l'éclair farouche des épées,

Resplendissait devant mon regard éperdu.

Livide et radieux, Socrate m'a tendu

Sa coupe en me disant:--As-tu soif? bois la vie.

Huss, me voyant pleurer, m'a dit:--Est-ce d'envie?

Et Thraséas, s'ouvrant les veines dans son bain,

Chantait:--Rome est le fruit du vieux rameau sabin;

Le soleil est le fruit de ces branches funèbres

Que la nuit sur nous croise et qu'on nomme ténèbres,

Et la joie est le fruit du grand arbre douleur.--

Colomb, l'envahisseur des vagues, l'oiseleur

Du sombre aigle Amérique, et l'homme que Dieu mène,

Celui qui donne un monde et reçoit une chaîne,

Colomb aux fers criait:--Tout est bien. En avant!

Saint-Just sanglant m'a dit:--Je suis libre et vivant.

Phocion m'a jeté, mourant, cette parole:

--Je crois, et je rends grâce aux Dieux!--Savonarole,

Comme je m'approchais du brasier d'où sa main

Sortait, brûlée et noire et montrant le chemin,

M'a dit, en faisant signe aux flammes de se taire:

--Ne crains pas de mourir. Qu'est-ce que cette terre?

Est-ce ton corps qui fait ta joie et qui t'est cher?

La véritable vie est où n'est plus la chair.

Ne crains pas de mourir. Créature plaintive,

Ne sens-tu pas en toi comme une aile captive?

Sous ton crâne, caveau muré, ne sens-tu pas

Comme un ange enfermé qui sanglote tout bas?

Qui meurt, grandit. Le corps, époux impur de l'âme,

Plein des vils appétits d'où naît le vice infâme,

Pesant, fétide, abject, malade à tous moments,

Branlant sur sa charpente affreuse d'ossements,

Gonflé d'humeurs, couvert d'une peau qui se ride,

Souffrant le froid, le chaud, la faim, la soif aride,

Traîne un ventre hideux, s'assouvit, mange et dort.

Mais il vieillit enfin, et, lorsque vient la mort,

L'âme, vers la lumière éclatante et dorée,

S'envole, de ce monstre horrible délivrée.--

Une nuit que j'avais, devant mes yeux obscurs,

Un fantôme de ville et des spectres de murs,

J'ai, comme au fond d'un rêve où rien n'a plus de forme,

Entendu, près des tours d'un temple au dôme énorme,

Une voix qui sortait de dessous un monceau

De blocs noirs d'où le sang coulait en long ruisseau;

Cette voix murmurait des chants et des prières.

C'était le lapidé qui bénissait les pierres;

Étienne le martyr, qui disait:--O mon front,

Rayonne! Désormais les hommes s'aimeront;

Jésus règne. O mon Dieu, récompensez les hommes!

Ce sont eux qui nous font les élus que nous sommes.

Joie! amour! pierre à pierre, ô Dieu, je vous le dis,

Mes frères m'ont jeté le seuil du paradis!

Elle était là debout, la mère douloureuse.

L'obscurité farouche, aveugle, sourde, affreuse,

Pleurait de toutes parts autour du Golgotha.

Christ, le jour devint noir quand on vous en ôta,

Et votre dernier souffle emporta la lumière.

Elle était là debout près du gibet, la mère!

Et je me dis: Voilà la douleur! et je vins.

--Qu'avez-vous donc, lui dis-je, entre vos doigts divins?

Alors, aux pieds du fils saignant du coup de lance,

Elle leva sa droite et l'ouvrit en silence,

Et je vis dans sa main l'étoile du matin.

Quoi! ce deuil-là, Seigneur, n'est pas même certain!

Et la mère, qui râle au bas de la croix sombre,

Est consolée, ayant les soleils dans son ombre,

Et, tandis que ses yeux hagards pleurent du sang,

Elle sent une joie immense en se disant:

--Mon fils est Dieu! mon fils sauve la vie au monde!--

Et pourtant où trouver plus d'épouvante immonde,

Plus d'effroi, plus d'angoisse et plus de désespoir

Que dans ce temps lugubre où le genre humain noir,

Frissonnant du banquet autant que du martyre,

Entend pleurer Marie et Trimalcion rire!

Mais la foule s'écrie:--Oui, sans doute, c'est beau,

Le martyre, la mort, quand c'est un grand tombeau!

Quand on est un Socrate, un Jean Huss, un Messie!

Quand on s'appelle vie, avenir, prophétie!

Quand l'encensoir s'allume au feu qui vous brûla,