Le Rouge et le NoirPart 48 of 57
French original · English translation
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Quelle n'eût pas été l'irritation de son orgueil, si le petit Tanbeau, qui s'était constitué espion volontaire des démarches de Julien, eût pu lui apprendre que toutes ses lettres non décachetées étaient jetées au hasard dans le tiroir de Julien.
Un matin, le portier lui apportait dans la bibliothèque une lettre de la maréchale, Mathilde rencontra cet homme, vit la lettre et l'adresse de l'écriture de Julien. Elle entra dans la bibliothèque comme le portier en sortait, la lettre était encore sur le bord de la table; Julien, fort occupé à écrire, ne l'avait pas placée dans son tiroir.
—Voilà ce que je ne puis souffrir, s'écria Mathilde en s'emparant de la lettre; vous m'oubliez tout à fait, moi qui suis votre épouse. Votre conduite est affreuse, Monsieur.
A ces mots, son orgueil, étonné de l'effroyable inconvenance de sa démarche, la suffoqua; elle fondit en larmes, et bientôt parut à Julien hors d'état de respirer.
Surpris, confondu, Julien ne distinguait pas bien tout ce que cette scène avait d'admirable et d'heureux pour lui. Il aida Mathilde à s'asseoir; elle s'abandonnait presque dans ses bras.
Le premier instant où il s'aperçut de ce mouvement fut de joie extrême. Le second fut une pensée pour Korasoff: je puis tout perdre par un seul mot.
Ses bras se raidirent, tant l'effort imposé par la politique était pénible. Je ne dois pas même me permettre de presser contre mon cœur ce corps souple et charmant, ou elle me méprise et me maltraite. Quel affreux caractère!
Et en maudissant le caractère de Mathilde, il l'en aimait cent fois plus; il lui semblait avoir dans ses bras une reine.
L'impassible froideur de Julien redoubla le malheur d'orgueil qui déchirait l'âme de Mlle de La Mole. Elle était loin d'avoir le sang-froid nécessaire pour chercher à deviner dans ses yeux ce qu'il sentait pour elle en cet instant. Elle ne put se résoudre à le regarder; elle tremblait de rencontrer l'expression du mépris.
Assise sur le divan de la bibliothèque immobile et la tête tournée du côté opposé à Julien, elle était en proie aux plus vives douleurs que l'orgueil et l'amour puissent faire éprouver à une âme humaine. Dans quelle atroce démarche elle venait de tomber!
Il m'était réservé, malheureuse que je suis! de voir repousser les avances les plus indécentes! et repoussées par qui? ajoutait l'orgueil fou de douleur, repoussées par un domestique de mon père.
—C'est ce que je ne souffrirai pas, dit-elle à haute voix.
Et, se levant avec fureur, elle ouvrit le tiroir de la table de Julien placée à deux pas devant elle. Elle resta comme glacée d'horreur en y voyant huit ou dix lettres non ouvertes, semblables en tout à celle que le portier venait de monter. Sur toutes les adresses, elle reconnaissait l'écriture de Julien, plus ou moins contrefaite.
—Ainsi, s'écria-t-elle hors d'elle-même, non seulement vous êtes bien avec elle, mais encore vous la méprisez. Vous, un homme de rien, mépriser Mme la maréchale de Fervaques!
Ah! pardon, mon ami, ajouta-t-elle en se jetant à ses genoux, méprise-moi si tu veux, mais aime-moi, je ne puis plus vivre privée de ton amour. Et elle tomba tout à fait évanouie.
La voilà donc, cette orgueilleuse, à mes pieds! se dit Julien.
CHAPITRE XXX UNE LOGE AUX BOUFFES
As the blackest sky Foretells the heaviest tempest. Don Juan, C. I, st. 75.
Au milieu de tous ces grands mouvements, Julien était plus étonné qu'heureux. Les injures de Mathilde lui montraient combien la politique russe était sage. Peu parler peu agir, voilà mon unique moyen de salut.
Il releva Mathilde, et sans mot dire la replaça sur le divan. Peu à peu les larmes la gagnèrent.
Pour se donner une contenance, elle prit dans ses mains les lettres de Mme de Fervaques; elle les décachetait lentement. Elle eut un mouvement nerveux bien marqué, quand elle reconnut l'écriture de la maréchale. Elle tournait sans les lire les feuilles de ces lettres; la plupart avaient six pages.
—Répondez-moi, du moins, dit enfin Mathilde du ton de voix le plus suppliant, mais sans oser regarder Julien. Vous savez bien que j'ai de l'orgueil; c'est le malheur de ma position et même de mon caractère, je l'avouerai; Mme de Fervaques m'a donc enlevé votre cœur... A-t-elle fait pour vous tous les sacrifices où ce fatal amour m'a entraînée?
Un morne silence fut toute la réponse de Julien. De quel droit pensait-il, me demande-t-elle une indiscrétion indigne d'un honnête homme?
Mathilde essaya de lire les lettres; ses yeux remplis de larmes lui en ôtaient la possibilité.
Depuis un mois elle était malheureuse, mais cette âme hautaine était loin de s'avouer ses sentiments. Le hasard tout seul avait amené cette explosion. Un instant la jalousie et l'amour l'avaient emporté sur l'orgueil. Elle était placée sur le divan et fort près de Julien. Il voyait ses cheveux et son cou d'albâtre, un moment il oublia tout ce qu'il se devait; il passa le bras autour de sa taille, et la serra presque contre sa poitrine.
Elle tourna la tête vers lui lentement: il fut étonné de l'extrême douleur qui était dans ses yeux, c'était à ne pas reconnaître leur physionomie habituelle.
Julien sentit ses forces l'abandonner, tant était mortellement pénible l'acte de courage qu'il s'imposait.
Ces yeux n'exprimeront bientôt que le plus froid dédain, se dit Julien, si je me laisse entraîner au bonheur de l'aimer. Cependant, d'une voix éteinte et avec des paroles qu'elle avait à peine la force d'achever, elle lui répétait, en ce moment l'assurance de tous ses regrets pour des démarches que trop d'orgueil avait pu conseil.
—J'ai aussi de l'orgueil, lui dit Julien d'une voix à peine formée, et ses traits peignaient le point extrême de l'abattement physique.
Mathilde se retourna vivement vers lui. Entendre sa voix était un bonheur à l'espérance duquel elle avait presque renoncé. En ce moment elle ne se souvenait de sa hauteur que pour la maudire, elle eût voulu trouver des démarches insolites, incroyables, pour lui prouver jusqu'à quel point elle l'adorait et se détestait elle-même.
—C'est probablement à cause de cet orgueil, continua Julien, que vous m'avez distingué un instant; c'est certainement à cause de cette fermeté courageuse et qui convient à un homme, que vous m'estimez en ce moment. Je puis avoir de l'amour pour la maréchale...
Mathilde tressaillit; ses yeux prirent une expression étrange. Elle allait entendre prononcer son arrêt. Ce mouvement n'échappa point à Julien; il sentit faiblir son courage.
Ah! se disait-il en écoutant le son des vaines paroles que prononçait sa bouche, comme il eût fait un bruit étranger; si je pouvais couvrir de baisers ces joues si pâles, et que tu ne le sentisses pas!
—Je puis avoir de l'amour pour la maréchale, continuait-il... et sa voix s'affaiblissait toujours; mais certainement, je n'ai de son intérêt pour moi aucune preuve décisive...
Mathilde le regarda; il soutint ce regard, du moins il espéra que sa physionomie ne l'avait pas trahi. Il se sentait pénétré d'amour jusque dans les replis les plus intimes de son cœur. Jamais il ne l'avait adorée à ce point, il était presque aussi fou que Mathilde. Si elle se fût trouvé assez de sang-froid et de courage pour manœuvrer, il fût tombé à ses pieds, en abjurant toute vaine comédie. Il eut assez de force pour pouvoir continuer à parler. Ah! Korasoff, s'écria-t-il intérieurement, que n'êtes-vous ici! quel besoin j'aurais d'un mot pour diriger ma conduite! Pendant ce temps sa voix disait:
—A défaut de tout autre sentiment la reconnaissance suffirait pour m'attacher à la maréchale; elle m'a montré de l'indulgence, elle m'a consolé quand on me méprisait... Je puis ne pas avoir une foi illimitée en de certaines apparences extrêmement flatteuses sans doute, mais peut-être aussi bien peu durables.
—Ah! grand Dieu! s'écria Mathilde.
—Eh bien! quelle garantie me donnerez-vous? reprit Julien avec un accent vif et ferme, et qui semblait abandonner pour un instant les formes prudentes de la diplomatie. Quelle garantie, quel dieu me répondra que la position que vous semblez disposée à me rendre en cet instant vivra plus de deux jours?
—L'excès de mon amour et de mon malheur si vous ne m'aimez plus, lui dit-elle en lui prenant les mains et se tournant vers lui.
Le mouvement violent qu'elle venait de faire avait un peu déplacé sa pèlerine; Julien apercevait ses épaules charmantes. Ses cheveux un peu dérangés lui rappelèrent un souvenir délicieux...
Il allait céder. Un mot imprudent, se dit-il, et je fais recommencer cette longue suite de journées passées dans le désespoir. Mme de Rênal trouvait des raisons pour faire ce que son cœur lui dictait: cette jeune fille du grand monde ne laisse son cœur s'émouvoir que lorsqu'elle s'est prouvé par bonnes raisons qu'il doit être ému.
Il vit cette vérité en un clin d'œil et, en un clin d'œil aussi, retrouva du courage.
Il retira ses mains que Mathilde pressait dans les siennes et, avec un respect marqué, s'éloigna un peu d'elle. Un courage d'homme ne peut aller plus loin. Il s'occupa ensuite à réunir toutes les lettres de Mme de Fervaques qui étaient éparses sur le divan, et ce fut avec l'apparence d'une politesse extrême et si cruelle en ce moment qu'il ajouta:
—Mademoiselle de La Mole daignera me permettre de réfléchir sur tout ceci.
Il s'éloigna rapidement et quitta la bibliothèque; elle l'entendit refermer successivement toutes les portes.
Le monstre n'est point troublé, se dit-elle.
Mais que dis-je, monstre! il est sage, prudent, bon; c'est moi qui ai plus de torts qu'on ne pourrait imaginer.
Cette manière de voir dura. Mathilde fut presque heureuse ce jour-là, car elle fut toute à l'amour; on eût dit que jamais cette âme n'avait été agitée par l'orgueil, et quel orgueil!
Elle tressaillit d'horreur quand, le soir au salon, un laquais annonça Mme de Fervaques, la voix de cet homme lui parut sinistre. Elle ne put soutenir la vue de la maréchale et s'éloigna bien vite. Julien, peu enorgueilli de sa pénible victoire, avait craint ses propres regards, et n'avait pas dîné à l'hôtel de La Mole.
Son amour et son bonheur augmentaient rapidement à mesure qu'il s'éloignait du moment de la bataille; il en était déjà à se blâmer. Comment ai-je pu lui résister! se disait-il, si elle allait ne plus m'aimer! un moment peut changer cette âme altière, et il faut convenir que je l'ai traitée d'une façon affreuse.
Le soir, il sentit bien qu'il fallait absolument paraître aux Bouffes, dans la loge de Mme de Fervaques. Elle l'avait expressément invité: Mathilde ne manquerait pas de savoir sa présence ou son absence impolie. Malgré l'évidence de ce raisonnement, il n'eut pas la force, au commencement de la soirée, de se plonger dans la société. En parlant, il allait perdre la moitié de son bonheur.
Dix heures sonnèrent: il fallut absolument se montrer.
Par bonheur, il trouva la loge de la maréchale remplie de femmes et fut relégué près de la porte, et tout à fait caché par les chapeaux. Cette position lui sauva un ridicule; les accents divins du désespoir de Caroline dans le Matrimonio segreto le firent fondre en larmes. Mme de Fervaques vit ces larmes, elles faisaient un tel contraste avec la mâle fermeté de sa physionomie habituelle, que cette âme de grande dame, dès longtemps saturée de tout ce que la fierté de parvenue a de plus corrodant, en fut touchée. Le peu qui restait chez elle d'un cœur de femme la porta à parler. Elle voulut jouir du son de sa voix en ce moment.
—Avez-vous vu les dames de La Mole, lui dit-elle, elles sont aux troisièmes. A l'instant, Julien se pencha dans la salle en s'appuyant assez impoliment sur le devant de la loge: il vit Mathilde; ses yeux étaient brillants de larmes.
Et cependant ce n'est pas leur jour d'opéra, pensa Julien, quel empressement!
Mathilde avait décidé sa mère à venir aux Bouffes, malgré l'inconvenance du rang de la loge qu'une complaisante de la maison s'était empressée de leur offrir. Elle voulait voir si Julien passerait cette soirée avec la maréchale.
CHAPITRE XXXI LUI FAIRE PEUR
Voilà donc le beau miracle de votre civilisation! De l'amour vous avez fait une affaire ordinaire. BARNAVE.
Julien courut dans la loge de Mme de La Mole. Ses regards rencontrèrent d'abord les yeux en larmes de Mathilde; elle pleurait sans nulle retenue, il n'y avait là que des personnages subalternes, l'amie qui avait prêté la loge et des hommes de sa connaissance. Mathilde posa sa main sur celle de Julien; elle avait comme oublié toute crainte de sa mère. Presque étouffée par ses larmes, elle ne lui dit que ce seul mot:
—Des garanties!
Au moins, que je ne lui parle pas, se disait Julien fort ému lui-même, et se cachant tant bien que mal les yeux avec la main, sous prétexte du lustre qui éblouit le troisième rang de loges. Si je parle, elle ne peut plus douter de l'excès de mon émotion, le son de ma voix me trahira, tout peut être perdu encore.
Ses combats étaient bien plus pénibles que le matin, son âme avait eu le temps de s'émouvoir. Il craignait de voir Mathilde se piquer de vanité. Ivre d'amour et de volupté, il prit sur lui de ne pas lui parler.
C'est, selon moi, l'un des plus beaux traits de son caractère, un être capable d'un tel effort sur lui-même peut aller loin, si fata sinant.
Mlle de La Mole insista pour ramener Julien à l'hôtel. Heureusement il pleuvait beaucoup. Mais la marquise le fit placer vis-à-vis d'elle, lui parla constamment et empêcha qu'il ne pût dire un mot à sa fille. On eût pensé que la marquise soignait le bonheur de Julien; ne craignant plus de tout perdre par l'excès de son émotion, il s'y livrait avec folie.
Oserai-je dire qu'en rentrant dans sa chambre, Julien se jeta à genoux et couvrit de baisers les lettres d'amour données par le prince Korasoff?
O grand homme! que ne te dois-je pas? s'écria-t-il dans sa folie.
Peu à peu quelque sang-froid lui revint. Il se compara à un général qui vient de gagner à demi une grande bataille. L'avantage est certain, immense, se dit-il; mais que se passera-t-il demain? Un instant peut tout perdre.
Il ouvrit d'un mouvement passionné les Mémoires dictés à Sainte-Hélène par Napoléon, et pendant deux longues heures se força à les lire, ses yeux seuls lisaient n'importe, il s'y forçait. Pendant cette singulière lecture sa tête et son cœur montés au niveau de tout ce qu'il y à de plus grand, travaillaient à son insu. Ce cœur est bien différent de celui de Mme de Rênal, se disait-il, mais il n'allait pas plus loin.
LUI FAIRE PEUR s'écria-t-il tout à coup en jetant le livre au loin. L'ennemi ne m'obéira qu'autant que je lui ferai peur, alors il n'osera me mépriser.
Il se promenait dans sa petite chambre ivre de joie. A la vérité, ce bonheur était plus d'orgueil que d'amour.
Lui faire peur! se répétait-il fièrement, et il avait raison d'être fier. Même dans ses moments les plus heureux, Mme de Rênal doutait toujours que mon amour fût égal au sien. Ici, c'est un démon que je subjugue, donc il faut subjuguer.
Il savait bien que le lendemain dès huit heures du matin, Mathilde serait à la bibliothèque; il n'y parut qu'à neuf heures, brûlant d'amour, mais sa tête dominait son cœur. Une seule minute peut-être ne se passa pas sans qu'il ne se répétât: la tenir toujours occupée de ce grand doute, m'aime-t-il? Sa brillante position, les flatteries de tout ce qui lui parle la portent un peu trop à se rassurer.
Il la trouva pâle, calme, assise sur le divan, mais hors d'état apparemment de faire un seul mouvement. Elle lui tendit la main:
—Ami, je t'ai offensé, il est vrai; tu peux être fâché contre moi.
Julien ne s'attendait pas à ce ton si simple. Il fut sur le point de se trahir.
—Vous voulez des garanties, mon ami, ajouta-t-elle après un silence qu'elle avait espéré voir rompre; il est juste. Enlevez-moi, partons pour Londres... Je serai perdue à jamais, déshonorée...
Elle eut le courage de retirer sa main à Julien pour s'en couvrir les yeux. Tous les sentiments de retenue et de vertu féminine étaient rentrés dans cette âme...
—Eh bien! déshonorez-moi, dit-elle enfin avec un soupir; c'est une garantie.
Hier j'ai été heureux, parce que j'ai eu le courage d'être sévère avec moi-même, pensa Julien. Après un petit moment de silence, il eut assez d'empire sur son cœur pour dire d'un ton glacial:
—Une fois en route pour Londres, une fois déshonorée, pour me servir de vos expressions, qui me répond que vous m'aimerez? que ma présence dans la chaise de poste ne vous semblera point importune? Je ne suis pas un monstre, vous avoir perdue dans l'opinion ne sera pour moi qu'un malheur de plus. Ce n'est pas votre position avec le monde qui fait obstacle, c'est par malheur votre caractère. Pouvez-vous vous répondre à vous-même que vous m'aimerez huit jours?
Ah! qu'elle m'aime huit jours, huit jours seulement, se disait tout bas Julien, et j'en mourrai de bonheur. Que m'importe l'avenir, que m'importe la vie? et ce bonheur divin peut commencer en cet instant si je veux, il ne dépend que de moi!
Mathilde le vit pensif.
—Je suis donc tout à fait indigne de vous, dit-elle en lui prenant la main.
Julien l'embrassa, mais à l'instant la main de fer du devoir saisit son cœur. Si elle voit combien je l'adore, je la perds. Et, avant de quitter ses bras, il avait repris toute la dignité qui convient à un homme.
Ce jour-là et les suivants, il sut cacher l'excès de sa félicité; il y eut des moments où il se refusait jusqu'au plaisir de la serrer dans ses bras.
Dans d'autres instants, le délire du bonheur l'emportait sur tous les conseils de la prudence.
C'était auprès d'un berceau de chèvrefeuilles disposé pour cacher l'échelle, dans le jardin, qu'il avait coutume d'aller se placer pour regarder de loin la persienne de Mathilde, et pleurer son inconstance. Un fort grand chêne était tout près, et le tronc de cet arbre l'empêchait d'être vu des indiscrets.