La Princesse de ClèvesPart 14 of 18
French original · English translation
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Madame de Clèves étoit si éloignée de s'imaginer que son mari pût avoir des soupçons contre elle, qu'elle écouta toutes ces paroles sans les comprendre et sans avoir d'autre idée, sinon qu'il lui reprochoit son inclination pour Monsieur de Nemours. Enfin, sortant tout d'un coup de son aveuglement: "Moi, des crimes! s'écria-t-elle; la pensée même m'en est inconnue. La vertu la plus austère ne peut inspirer d'autre conduite que celle que j'ai eue, et je n'ai jamais fait d'action dont je n'eusse souhaité que vous eussiez été témoin."
"Eussiez-vous souhaité, répliqua Monsieur de Clèves en la regardant avec dédain, que je l'eusse été des nuits que vous avez passées avec Monsieur de Nemours? Ah! Madame, est-ce de vous dont je parle, quand je parle d'une femme qui a passé des nuits avec un homme?"
"Non, Monsieur, reprit-elle; non, ce n'est pas moi dont vous parlez; je n'ai jamais passé ni de nuits ni de moments avec Monsieur de Nemours; il ne m'a jamais vue en particulier; je ne l'ai jamais souffert ni écouté, et j'en ferois tous les serments."
"N'en dites pas davantage, interrompit Monsieur de Clèves; de faux serments ou un aveu me feroient peut-être une égale peine."
Madame de Clèves ne pouvoit répondre; ses larmes et sa douleur lui ôtoient la parole; enfin, faisant un effort: "Regardez-moi, du moins; écoutez-moi, lui dit-elle; s'il n'y alloit que de mon intérêt, je souffrirois ces reproches; mais il y va de votre vie. Écoutez-moi pour l'amour de vous-même; il est impossible qu'avec tant de vérité je ne vous persuade mon innocence."
"Plût à Dieu que vous me la puissiez persuader, s'écria-t-il; mais que me pouvez-vous dire? Monsieur de Nemours n'a-t-il pas été à Colomiers avec sa sœur, et n'avoit-il pas passé les deux nuits précédentes avec vous dans le jardin de la forêt?"
"Si c'est là mon crime, répliqua-t-elle, il m'est aisé de me justifier; je ne vous demande point de me croire; mais croyez tous vos domestiques, et sachez si j'allai dans le jardin de la forêt la veille que Monsieur de Nemours vint à Colomiers, et si je n'en sortis pas le soir d'auparavant deux heures plus tôt que je n'avois accoutumé."
Elle lui conta ensuite comme elle avoit cru voir quelqu'un dans ce jardin; elle lui avoua qu'elle avoit cru que c'étoit Monsieur de Nemours. Elle lui parla avec tant d'assurance, et la vérité se persuade si aisément lors même qu'elle n'est pas vraisemblable, que Monsieur de Clèves fut presque convaincu de son innocence.
"Je ne sais, lui dit-il, si je me dois laisser aller à vous croire: je me sens si proche de la mort, que je ne veux rien voir de ce qui me pourroit faire regretter la vie. Vous m'avez éclairci trop tard; mais ce me sera toujours un soulagement d'emporter la pensée que vous êtes digne de l'estime que j'ai eue pour vous. Je vous prie que je puisse encore avoir la consolation de croire que ma mémoire vous sera chère, et que, s'il eût dépendu de vous, vous eussiez eu pour moi les sentiments que vous avez pour un autre." Il voulut continuer, mais une foiblesse lui ôta la parole. Madame de Clèves fit venir les médecins; ils le trouvèrent presque sans vie. Il languit néanmoins encore quelques jours et mourut enfin avec une constance admirable.
Madame de Clèves demeura dans une affliction si violente qu'elle perdit quasi l'usage de la raison. La Reine la vint voir avec soin et la mena dans un couvent, sans qu'elle sût où on la conduisoit. Ses belles-sœurs la ramenèrent à Paris, qu'elle n'étoit pas encore en état de sentir distinctement sa douleur. Quand elle commença d'avoir la force de l'envisager, et qu'elle vit quel mari elle avoit perdu, qu'elle considéra qu'elle étoit la cause de sa mort, et que c'étoit par la passion qu'elle avoit eue pour un autre qu'elle en étoit cause, l'horreur qu'elle eut pour elle-même et pour Monsieur de Nemours ne se peut représenter.
Ce prince n'osa, dans ces commencements, lui rendre d'autres soins que ceux que lui ordonnoit la bienséance. Il connoissoit assez Madame de Clèves pour croire qu'un plus grand empressement lui seroit désagréable; mais ce qu'il apprit ensuite lui fit bien voir qu'il devoit avoir longtemps la même conduite.
Un écuyer qu'il avoit lui conta que le gentilhomme de Monsieur de Clèves, qui étoit son ami intime, lui avoit dit, dans sa douleur de la perte de son maître, que le voyage de Monsieur de Nemours à Colomiers étoit cause de sa mort. Monsieur de Nemours fut extrêmement surpris de ce discours; mais, après y avoir fait réflexion, il devina une partie de la vérité, et il jugea bien quels seroient d'abord les sentiments de Madame de Clèves, et quel éloignement elle auroit de lui, si elle croyoit que le mal de son mari eût été causé par la jalousie. Il crut qu'il ne falloit pas même la faire sitôt souvenir de son nom, et il suivit cette conduite, quelque pénible qu'elle lui parût.
Il fit un voyage à Paris, et ne put s'empêcher d'aller néanmoins à sa porte pour apprendre de ses nouvelles. On lui dit que personne ne la voyoit, et qu'elle avoit même défendu qu'on lui rendît compte de ceux qui l'iroient chercher. Peut-être que ces ordres si exacts étoient donnés en vue de ce prince et pour ne point entendre parler de lui. Monsieur de Nemours étoit trop amoureux pour pouvoir vivre si absolument privé de la vue de Madame de Clèves. Il résolut de trouver des moyens, quelque difficiles qu'ils pussent être, de sortir d'un état qui lui paroissoit si insupportable.
La douleur de cette princesse passoit les bornes de la raison. Ce mari mourant, et mourant à cause d'elle et avec tant de tendresse pour elle, ne lui sortoit point de l'esprit; elle repassoit incessamment tout ce qu'elle lui devoit, et elle se faisoit un crime de n'avoir pas eu de la passion pour lui, comme si c'eût été une chose qui eût été en son pouvoir. Elle ne trouvoit de consolation qu'à penser qu'elle le regrettoit autant qu'il méritoit d'être regretté, et qu'elle ne feroit, dans le reste de sa vie, que ce qu'il auroit été bien aise qu'elle eût fait s'il avoit vécu.
Elle avoit pensé plusieurs fois comment il avoit su que Monsieur de Nemours étoit venu à Colomiers; elle ne soupçonnoit pas ce prince de l'avoir conté, et il lui paroissoit même indifférent qu'il l'eût redit, tant elle se croyoit guérie et éloignée de la passion qu'elle avoit eue pour lui. Elle sentoit néanmoins une douleur vive de s'imaginer qu'il étoit cause de la mort de son mari, et elle se souvenoit avec peine de la crainte que Monsieur de Clèves lui avoit témoignée en mourant qu'elle ne l'épousât; mais toutes ces douleurs se confondoient dans celle de la perte de son mari, et elle croyoit n'en avoir point d'autre.
Après que plusieurs mois furent passés, elle sortit de cette violente affliction où elle étoit et passa dans un état de tristesse et de langueur. Un jour, ne pouvant demeurer avec elle-même, elle sortit et alla prendre l'air dans un jardin hors des faubourgs, où elle pensoit être seule. Elle crut, en y arrivant, qu'elle ne s'étoit pas trompée; elle ne vit aucune apparence qu'il y eût quelqu'un, et elle se promena assez longtemps.
Après avoir traversé un petit bois, elle aperçut au bout d'une allée, dans l'endroit le plus reculé du jardin, une manière de cabinet ouvert de tous côtés, où elle adressa ses pas. Comme elle en fut proche, elle vit un homme couché sur des bancs, qui paroissoit enseveli dans une rêverie profonde, et elle reconnut que c'étoit Monsieur de Nemours. Cette vue l'arrêta tout court; mais ses gens, qui la suivoient, firent quelque bruit qui tira Monsieur de Nemours de sa rêverie. Sans regarder qui avoit causé le bruit qu'il avoit entendu, il se leva de sa place pour éviter la compagnie qui venoit vers lui et tourna dans une autre allée, en faisant une révérence fort basse qui l'empêcha même de voir ceux qu'il saluoit.
S'il eût su ce qu'il évitoit, avec quelle ardeur seroit-il retourné sur ses pas! Mais il continua à suivre l'allée, et Madame de Clèves le vit sortir par une porte de derrière où l'attendoit son carrosse. Quel effet produisit cette vue d'un moment dans le cœur de Madame de Clèves! Quelle passion endormie se ralluma dans son cœur, et avec quelle violence! Elle s'alla asseoir dans le même endroit d'où venoit de sortir Monsieur de Nemours; elle y demeura comme accablée. Ce prince se présenta à son esprit, aimable au-dessus de tout ce qui étoit au monde, l'aimant depuis longtemps avec une passion pleine de respect et de fidélité, méprisant tout pour elle, respectant jusqu'à sa douleur, songeant à la voir sans songer à en être vu, quittant la Cour, dont il faisoit les délices, pour venir rêver dans des lieux où il ne pouvoit prétendre de la rencontrer, enfin un homme digne d'être aimé par son seul attachement, et pour qui elle avoit une inclination si violente, qu'elle l'auroit aimé quand il ne l'auroit pas aimée; mais de plus, un homme d'une qualité élevée et convenable à la sienne. Plus de devoir, plus de vertu, qui s'opposassent à ses sentiments: tous les obstacles étoient levés, et il ne restoit de leur état passé que la passion de Monsieur de Nemours pour elle et que celle qu'elle avoit pour lui.
Toutes ces idées furent nouvelles à cette princesse. L'affliction de la mort de Monsieur de Clèves l'avoit assez occupée pour avoir empêché qu'elle n'y eût jeté les yeux. La présence de Monsieur de Nemours les amena en foule dans son esprit; mais, quand il en eut été pleinement rempli et qu'elle se souvint aussi que ce même homme qu'elle regardoit comme pouvant l'épouser étoit celui qu'elle avoit aimé du vivant de son mari et qui étoit la cause de sa mort; que même en mourant il lui avoit témoigné de la crainte qu'elle ne l'épousât, son austère vertu étoit si blessée de cette imagination, qu'elle ne trouvoit guère moins de crime à épouser Monsieur de Nemours, qu'elle en avoit trouvé à l'aimer pendant la vie de son mari. Elle s'abandonna à ses réflexions si contraires à son bonheur; elle les fortifia encore de plusieurs raisons qui regardoient son repos et les maux qu'elle prévoyoit en épousant ce prince. Enfin, après avoir demeuré deux heures dans le lieu où elle étoit, elle s'en revint chez elle, persuadée qu'elle devoit fuir sa vue comme une chose entièrement opposée à son devoir.
Mais cette persuasion, qui étoit un effet de sa raison et de sa vertu, n'entraînoit pas son cœur. Il demeuroit attaché à Monsieur de Nemours avec une violence qui la mettoit dans un état digne de compassion et qui ne lui laissa plus de repos. Elle passa une des plus cruelles nuits qu'elle eût jamais passé.
Cependant, lassé d'un état si malheureux et si incertain, Monsieur de Nemours résolut de tenter quelque voie d'éclaircir sa destinée. "Que veux-je attendre? disoit-il, il y a longtemps que je sais que j'en suis aimé; elle est libre, elle n'a plus de devoir à m'opposer; pourquoi me réduire à la voir sans en être vu et sans lui parler? Est-il possible que l'amour m'ait si absolument ôté la raison et la hardiesse, et qu'il m'ait rendu si différent de ce que j'ai été dans les autres passions de ma vie? J'ai dû respecter la douleur de Madame de Clèves; mais je la respecte trop longtemps et je lui donne le loisir d'éteindre l'inclination qu'elle a pour moi."
Après ces réflexions il songea aux moyens dont il devoit se servir pour la voir. Il crut qu'il n'y avoit plus rien qui l'obligeât à cacher sa passion au vidame de Chartres; il résolut de lui en parler et de lui dire le dessein qu'il avoit pour sa nièce.
Le Vidame étoit alors à Paris; tout le monde y étoit venu donner ordre à son équipage et à ses habits pour suivre le Roi, qui devoit conduire la Reine d'Espagne. Monsieur de Nemours alla donc chez le Vidame et lui fit un aveu sincère de tout ce qu'il lui avoit caché jusque alors, à la réserve des sentiments de Madame de Clèves, dont il ne voulut pas paroître instruit.
Le Vidame reçut tout ce qu'il lui dit avec beaucoup de joie et l'assura que, sans savoir ses sentiments, il avoit souvent pensé, depuis que Madame de Clèves étoit veuve, qu'elle étoit la seule personne digne de lui. Monsieur de Nemours le pria de lui donner les moyens de lui parler et de savoir quelles étoient ses dispositions.
Le Vidame lui proposa de le mener chez elle; mais Monsieur de Nemours crut qu'elle en seroit choquée, parce qu'elle ne voyoit encore personne. Ils trouvèrent qu'il falloit que Monsieur le Vidame la priât de venir chez lui, sur quelque prétexte, et que Monsieur de Nemours y vînt par un escalier dérobé, afin de n'être vu de personne. Cela s'exécuta comme ils l'avoient résolu: Madame de Clèves vint; le Vidame l'alla recevoir et la conduisit dans un grand cabinet au bout de son appartement; quelque temps après Monsieur de Nemours entra, comme si le hasard l'eût conduit. Madame de Clèves fut extrêmement surprise de le voir; elle rougit et essaya de cacher sa rougeur. Le Vidame parla d'abord de choses indifférentes et sortit, supposant qu'il avoit quelque ordre à donner. Il dit à Madame de Clèves qu'il la prioit de faire les honneurs de chez lui et qu'il alloit rentrer dans un moment.
L'on ne peut exprimer ce que sentirent Monsieur de Nemours et Madame de Clèves de se trouver seuls et en état de se parler pour la première fois. Ils demeurèrent quelque temps sans rien dire; enfin Monsieur de Nemours rompant le silence: "Pardonnerez-vous à Monsieur de Chartres, Madame, lui dit-il, de m'avoir donné l'occasion de vous voir et de vous entretenir, que vous m'avez toujours si cruellement ôtée?"
"Je ne lui dois pas pardonner, répondit-elle, d'avoir oublié l'état où je suis et à quoi il expose ma réputation." En prononçant ces paroles elle voulut s'en aller, et Monsieur de Nemours la retenant: "Ne craignez rien, Madame, répliqua-t-il, personne ne sait que je suis ici, et aucun hasard n'est à craindre. Écoutez-moi, Madame, écoutez-moi; si ce n'est par bonté, que ce soit du moins pour l'amour de vous-même, et pour vous délivrer des extravagances où m'emporteroit infailliblement une passion dont je ne suis plus le maître."
Madame de Clèves céda pour la première fois au penchant qu'elle avoit pour Monsieur de Nemours, et le regardant avec des yeux pleins de douceur et de charmes: "Mais qu'espérez-vous, lui dit-elle, de la complaisance que vous me demandez? Vous vous repentirez peut-être de l'avoir obtenue, et je me repentirai infailliblement de vous l'avoir accordée. Vous méritez une destinée plus heureuse que celle que vous avez eue jusqu'ici, et que celle que vous pouvez trouver à l'avenir, à moins que vous ne la cherchiez ailleurs."
"Moi, Madame, lui dit-il, chercher du bonheur ailleurs! Et y en a-t-il d'autre que d'être aimé de vous? Quoique je ne vous aie jamais parlé, je ne saurois croire, Madame, que vous ignoriez ma passion, et que vous ne la connoissiez pour la plus véritable et la plus violente qui sera jamais. À quelle épreuve a-t-elle été par des choses qui vous sont inconnues, et à quelle épreuve l'avez-vous mise par vos rigueurs!"
"Puisque vous voulez que je vous parle, et que je m'y résous, répondit Madame de Clèves en s'asseyant, je le ferai avec une sincérité que vous trouverez malaisément dans les personnes de mon sexe. Je ne vous dirai point que je n'aie pas vu l'attachement que vous avez eu pour moi; peut-être ne me croiriez-vous pas quand je vous le dirois; je vous avoue donc, non-seulement que je l'ai vu, mais que je l'ai vu tel que vous pouvez souhaiter qu'il m'ait paru."
"Et si vous l'avez vu, Madame, interrompit-il, est-il possible que vous n'en ayez point été touchée, et oserois-je vous demander s'il n'a fait aucune impression dans votre cœur?"
"Vous en avez dû juger par ma conduite, répliqua-t-elle; mais je voudrois bien savoir ce que vous en avez pensé."
"Il faudroit que je fusse dans un état plus heureux pour vous l'oser dire, répliqua-t-il; et ma destinée a trop peu de rapport à ce que je vous dirois. Tout ce que je puis vous apprendre, Madame, c'est que j'ai souhaité ardemment que vous n'eussiez pas avoué à Monsieur de Clèves ce que vous me cachiez, et que vous lui eussiez caché ce que vous m'eussiez laissé voir."
"Comment avez-vous pu découvrir, reprit-elle en rougissant, que j'aie avoué quelque chose à Monsieur de Clèves?"
"Je l'ai su par vous-même, Madame, répondit-il; mais, pour me pardonner la hardiesse que j'ai eue de vous écouter, souvenez-vous si j'ai abusé de ce que j'ai entendu, si mes espérances en ont augmenté, et si j'ai eu plus de hardiesse à vous parler."
Il commença à lui conter comme il avoit entendu sa conversation avec Monsieur de Clèves; mais elle l'interrompit avant qu'il eût achevé. "Ne m'en dites pas davantage, lui dit-elle; je vois présentement par où vous avez été si bien instruit; vous ne me le parûtes déjà que trop chez Madame la Dauphine, qui avoit su cette aventure par ceux à qui vous l'aviez confiée."
Monsieur de Nemours lui apprit alors de quelle sorte la chose étoit arrivée. "Ne vous excusez point, reprit-elle; il y a longtemps que je vous ai pardonné, sans que vous m'ayez dit de raison; mais puisque vous avez appris par moi-même ce que j'avois eu dessein de vous cacher toute ma vie, je vous avoue que vous m'avez inspiré des sentiments qui m'étoient inconnus devant que de vous avoir vu, et dont j'avois même si peu d'idée qu'ils me donnèrent d'abord une surprise qui augmentoit encore le trouble qui les suit toujours. Je vous fais cet aveu avec moins de honte, parce que je le fais dans un temps où je le puis faire sans crime, et que vous avez vu que ma conduite n'a pas été réglée par mes sentiments."