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La Bête humainePart 40 of 42

Émile Zola

French original · English translation

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  • The meaning of every phrase
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Mais, arrivé à ce point, malgré sa conviction, malgré son flair qui, disait-il, le renseignait mieux que les preuves, M. Denizet éprouva un instant d'embarras. Dans une première perquisition, faite à la masure du prévenu, en pleine forêt de Bécourt, on n'avait absolument rien découvert. Le vol n'ayant pu être établi, il fallait trouver un autre motif au crime. Brusquement, au hasard d'un interrogatoire, Misard le mit sur la voie, en racontant qu'il avait vu, une nuit, Cabuche escalader le mur de la propriété, pour regarder, par la fenêtre de la chambre, madame Roubaud qui se couchait. Questionné à son tour, Jacques dit tranquillement ce qu'il savait, la muette adoration du carrier, le désir ardent dont il la poursuivait, toujours dans ses jupes, à la servir. Aucun doute n'était donc plus permis: seule, une passion bestiale l'avait poussé; et tout se reconstruisait très bien, l'homme revenant par la porte dont il pouvait avoir une clef, la laissant même ouverte dans son trouble, puis la lutte qui avait amené le meurtre, enfin le viol interrompu seulement par l'arrivée du mari. Pourtant, une objection dernière se présenta, car il était singulier que l'homme, sachant cette arrivée imminente, eût choisi justement l'heure où le mari pouvait le surprendre; mais, à bien réfléchir, cela se retournait contre le prévenu, achevait de l'accabler, en établissant qu'il devait avoir agi sous l'empire d'une crise suprême du désir, affolé par cette pensée que, s'il ne profitait pas de la minute où Séverine était seule encore, dans cette maison isolée, jamais plus il ne l'aurait, puisqu'elle partait le lendemain. Dès ce moment, la conviction du juge fut complète, inébranlable.

Harcelé d'interrogatoires, pris et repris dans l'écheveau savant des questions, insoucieux des pièges qui lui étaient tendus, Cabuche s'obstinait à sa version première. Il passait sur la route, il respirait l'air frais de la nuit, lorsqu'un individu l'avait frôlé en galopant, et d'une telle course, au fond des ténèbres, qu'il ne pouvait même dire de quel côté il fuyait. Alors, saisi d'inquiétude, ayant jeté un coup d'oeil sur la maison, il s'était aperçu que la porte en était restée grande ouverte. Et il avait fini par se décider à monter, et il avait trouvé la morte, chaude encore, qui le regardait de ses larges yeux, si bien que, pour la mettre sur le lit, la croyant vivante, il s'était empli de sang. Il ne savait que ça, il ne répétait que ça, jamais il ne variait d'un détail, ayant l'air de s'enfermer dans une histoire arrêtée d'avance. Lorsqu'on cherchait à l'en faire sortir, il s'effarait, gardait le silence, en homme borné qui ne comprenait plus. La première fois que M. Denizet l'avait interrogé sur la passion dont il brûlait pour la victime, il était devenu très rouge, ainsi qu'un tout jeune garçon à qui l'on reproche sa première tendresse; et il avait nié, il s'était défendu d'avoir rêvé de coucher avec cette dame, comme d'une chose très vilaine, inavouable, une chose délicate et mystérieuse aussi, enfouie au plus profond de son coeur, dont il ne devait l'aveu à personne. Non, non! il ne l'aimait pas, il ne la voulait pas, on ne le ferait jamais causer de ce qui lui semblait être une profanation maintenant qu'elle était morte. Mais cet entêtement à ne pas convenir d'un fait que plusieurs témoins affirmaient, tournait encore contre lui. Naturellement, d'après la version de l'accusation, il avait intérêt à cacher le désir furieux où il était de cette malheureuse, qu'il devait égorger pour s'assouvir. Et, quand le juge, réunissant toutes les preuves, voulant lui arracher la vérité en frappant le coup décisif, lui avait jeté à la face ce meurtre et ce viol, il était entré dans une rage folle de protestation. Lui, la tuer pour l'avoir! lui, qui la respectait comme une sainte! Les gendarmes, rappelés, avaient dû le maintenir, tandis qu'il parlait d'étrangler toute la sacrée boutique. Un gredin des plus dangereux en somme, sournois, mais dont la violence éclatait quand même, avouant pour lui les crimes qu'il niait.

L'instruction en était là, le prévenu entrait en fureur, criait que c'était l'autre, le fuyard mystérieux, chaque fois qu'on revenait à l'assassinat, lorsque M. Denizet fit une trouvaille, qui transforma l'affaire, en décupla soudain l'importance. Comme il le disait, il flairait des vérités; aussi voulut-il, par une sorte de pressentiment, procéder lui-même à une perquisition nouvelle, dans la masure de Cabuche; et il y découvrit, simplement derrière une poutre, une cachette où se trouvaient des mouchoirs et des gants de femme, sous lesquels était une montre d'or, qu'il reconnut tout de suite, avec un grand saisissement de joie: c'était la montre du président Grandmorin, tant cherchée par lui autrefois, une forte montre aux deux initiales entrelacées, portant à l'intérieur du boîtier le chiffre de fabrication 2516. Il en reçut le coup de foudre, tout s'illumina, le passé se reliait au présent, les faits qu'il rattachait l'enchantaient par leur logique. Mais les conséquences allaient porter si loin, que, sans parler de la montre d'abord, il interrogea Cabuche sur les gants et les mouchoirs. Celui-ci, un instant, eut l'aveu aux lèvres: oui, il l'adorait, oui, il la désirait, jusqu'à baiser les robes qu'elle avait portées, jusqu'à ramasser, à voler derrière elle tout ce qui tombait de sa personne, des bouts de lacets, des agrafes, des épingles. Puis, une honte, une pudeur invincible, le fit se taire. Et, lorsque le juge, se décidant, lui mit la montre sous les yeux, il la regarda d'un air ahuri. Il se souvenait bien: cette montre, il avait eu la surprise de la trouver nouée dans le coin d'un mouchoir, pris sous un traversin, emporté chez lui comme une proie; ensuite, elle était restée là, pendant qu'il se creusait la tête, à chercher de quelle façon la rendre. Seulement, à quoi bon raconter cela? Il faudrait confesser ses autres vols, ces chiffons, ce linge qui sentait bon, dont il était si honteux. Déjà on ne croyait rien de ce qu'il disait. D'ailleurs, lui-même commençait à ne plus comprendre, tout se brouillait dans son crâne d'homme simple, il entrait en plein cauchemar. Et il ne s'emportait même plus, à l'accusation de meurtre; il restait hébété, il répétait à chaque question qu'il ne savait pas. Pour les gants et les mouchoirs, il ne savait pas. Pour la montre, il ne savait pas. On l'embêtait, on n'avait qu'à le laisser tranquille et à le guillotiner tout de suite.

M. Denizet, le lendemain, fit arrêter Roubaud. Il avait lancé le mandat, fort de sa toute-puissance, dans une de ces minutes d'inspiration où il croyait au génie de sa perspicacité, avant même d'avoir, contre le sous-chef, des charges suffisantes. Malgré de nombreuses obscurités encore, il devinait dans cet homme le pivot, la source de la double affaire; et il triompha tout de suite, lorsqu'il eut saisi la donation au dernier vivant que Roubaud et Séverine s'étaient faite devant maître Colin, notaire au Havre, huit jours après être rentrés en possession de la Croix-de-Maufras. Dès lors, l'histoire entière se reconstruisit dans son crâne, avec une certitude de raisonnement, une force d'évidence, qui donna à son échafaudage d'accusation une solidité si indestructible, que la vérité elle-même aurait semblé moins vraie, entachée de plus de fantaisie et d'illogisme. Roubaud était un lâche, qui, à deux reprises, n'osant tuer lui-même, s'était servi du bras de Cabuche, cette bête violente. La première fois, ayant hâte d'hériter du président Grandmorin, dont il connaissait le testament, sachant d'autre part la rancune du carrier contre celui-ci, il l'avait poussé à Rouen dans le coupé, après lui avoir mis le couteau au poing. Puis, les dix mille francs partagés, les deux complices ne se seraient peut-être jamais revus, si le meurtre ne devait engendrer le meurtre. Et c'était ici que le juge avait montré cette profondeur de psychologie criminelle qu'on admirait tant; car il le déclarait aujourd'hui, jamais il n'avait cessé de surveiller Cabuche, sa conviction était que le premier assassinat en amènerait mathématiquement un second. Dix-huit mois venaient de suffire: le ménage des Roubaud s'était gâté, le mari avait mangé les cinq mille francs au jeu, la femme en était arrivée à prendre un amant, pour se distraire. Sans doute elle refusait de vendre la Croix-de-Maufras, de crainte qu'il n'en dissipât l'argent; peut-être, dans leurs continuelles disputes, menaçait-elle de le livrer à la justice. En tout cas, de nombreux témoignages établissaient l'absolue désunion des deux époux; et là, enfin, la conséquence lointaine du premier crime s'était produite: Cabuche reparaissait avec ses appétits de brute, le mari dans l'ombre lui remettait le couteau au poing, pour s'assurer définitivement la propriété de cette maison maudite, qui avait déjà coûté une vie humaine. Telle était la vérité, l'aveuglante vérité, tout y aboutissait: la montre trouvée chez le carrier, surtout les deux cadavres, frappés du même coup à la gorge, par la même main, avec la même arme, ce couteau ramassé dans la chambre. Pourtant, sur ce dernier point, l'accusation émettait un doute, la blessure du président paraissant avoir été faite par une lame plus petite et plus tranchante.

Roubaud, d'abord, répondit par oui et par non, de l'air somnolent et alourdi qu'il avait maintenant. Il ne semblait pas étonné de son arrestation, tout lui était devenu égal, dans la lente désorganisation de son être. Pour le faire causer, on lui avait donné un gardien à demeure, avec lequel il jouait aux cartes du matin au soir; et il était parfaitement heureux. D'ailleurs, il restait convaincu de la culpabilité de Cabuche: lui seul pouvait être l'assassin. Interrogé sur Jacques, il avait haussé les épaules en riant, montrant ainsi qu'il connaissait les rapports du mécanicien et de Séverine. Mais, lorsque M. Denizet, après l'avoir tâté, finit par développer son système, le poussant, le foudroyant de sa complicité, s'efforçant de lui arracher un aveu, dans le saisissement de se voir découvert, il était devenu très circonspect. Que lui racontait-on là? Ce n'était plus lui, c'était le carrier qui avait tué le président, comme il avait tué Séverine; et, les deux fois, c'était pourtant lui le coupable, puisque l'autre frappait pour son compte et à sa place. Cette aventure compliquée le stupéfiait, l'emplissait de méfiance: sûrement, on lui tendait un piège, on mentait pour le forcer à confesser sa part de meurtre, le premier crime. Dès son arrestation, il s'était bien douté que la vieille histoire repoussait. Confronté avec Cabuche, il déclara ne pas le connaître. Seulement, comme il répétait qu'il l'avait trouvé rouge de sang, sur le point de violer sa victime, le carrier s'emporta, et une scène violente, d'une confusion extrême, vint encore embrouiller les choses. Trois jours se passèrent, le juge multipliait les interrogatoires, certain que les deux complices s'entendaient pour lui jouer la comédie de leur hostilité. Roubaud, très las, avait pris le parti de ne plus répondre, lorsque, tout d'un coup, dans une minute d'impatience, voulant en finir, cédant à un sourd besoin qui le travaillait depuis des mois, il lâcha la vérité, rien que la vérité, toute la vérité.

Ce jour-là, justement, M. Denizet luttait de finesse, assis à son bureau, voilant ses yeux de ses lourdes paupières, tandis que ses lèvres mobiles s'amincissaient, dans un effort de sagacité. Il s'épuisait depuis une heure en ruses savantes, avec ce prévenu épaissi, envahi d'une mauvaise graisse jaune, qu'il jugeait d'une astuce très déliée, sous cette pesante enveloppe. Et il crut l'avoir traqué pas à pas, enlacé de toutes parts, pris au piège enfin, quand l'autre, avec un geste d'homme poussé à bout, s'écria qu'il en avait assez, qu'il préférait avouer, pour qu'on ne le tourmentât pas davantage. Puisque, quand même, on le voulait coupable, qu'il le fût au moins des vraies choses qu'il avait faites. Mais, à mesure qu'il contait l'histoire, sa femme souillée toute jeune par Grandmorin, sa rage de jalousie en apprenant ces ordures, et comment il avait tué, et pourquoi il avait pris les dix mille francs, les paupières du juge se relevaient, dans un froncement de doute, tandis qu'une incrédulité irrésistible, l'incrédulité professionnelle, distendait sa bouche, en une moue goguenarde. Il souriait tout à fait, lorsque l'accusé se tut. Le gaillard était encore plus fort qu'il ne pensait: prendre le premier meurtre pour lui, en faire un crime purement passionnel, se laver ainsi de toute préméditation de vol, surtout de toute complicité dans l'assassinat de Séverine, c'était certes une manoeuvre hardie, qui indiquait une intelligence, une volonté peu communes. Seulement, cela ne tenait pas debout.

—Voyons, Roubaud, il ne faut pas nous croire des enfants… Vous prétendez alors que vous étiez jaloux, ce serait dans un transport de jalousie que vous auriez tué?

—Certainement.

—Et si nous admettons ce que vous racontez, vous auriez épousé votre femme, en ne sachant rien de ses rapports avec le président… Est-ce vraisemblable? Tout au contraire prouverait, dans votre cas, la spéculation offerte, discutée, acceptée. On vous donne une jeune fille élevée comme une demoiselle, on la dote, son protecteur devient le vôtre, vous n'ignorez pas qu'il lui laisse une maison de campagne par testament, et vous prétendez que vous ne vous doutiez de rien, absolument de rien! Allons donc, vous saviez tout, autrement votre mariage ne s'explique plus… D'ailleurs, la constatation d'un simple fait suffit à vous confondre. Vous n'êtes pas jaloux, osez dire encore que vous êtes jaloux.

—Je dis la vérité, j'ai tué dans une rage de jalousie.

—Alors, après avoir tué le président pour des rapports anciens, vagues, et que vous inventez du reste, expliquez-moi comment vous avez pu tolérer un amant à votre femme, oui, ce Jacques Lantier, un gaillard solide, celui-là! Tout le monde m'a parlé de cette liaison, vous-même ne m'avez pas caché que vous la connaissiez… Vous les laissiez libres d'aller ensemble, pourquoi?

Affaissé, les yeux troubles, Roubaud regardait fixement le vide, sans trouver une explication. Il finit par bégayer:

—Je ne sais pas… J'ai tué l'autre, je n'ai pas tué celui-ci.

—Ne me dites donc plus que vous êtes un jaloux qui se venge, et je ne vous conseille pas de répéter ce roman à messieurs les jurés, car ils en hausseraient les épaules… Croyez-moi, changez de système, la vérité seule vous sauverait.

Dès ce moment, plus Roubaud s'entêta à la dire, cette vérité, plus il fut convaincu de mensonge. Tout, d'ailleurs, tournait contre lui, à ce point que son ancien interrogatoire, lors de la première enquête, qui aurait dû appuyer sa nouvelle version, puisqu'il y avait dénoncé Cabuche, devint au contraire la preuve d'une entente extraordinairement habile entre eux. Le juge raffinait la psychologie de l'affaire, avec un véritable amour du métier. Jamais, disait-il, il n'était descendu si à fond de la nature humaine; et c'était de la devination plus que de l'observation, car il se flattait d'être de l'école des juges voyeurs et fascinateurs, ceux qui d'un coup d'oeil démontent un homme. Les preuves, du reste, ne manquaient plus, un ensemble écrasant. Désormais, l'instruction avait une base solide, la certitude éclatait éblouissante, comme la lumière du soleil.

Et ce qui accrut encore la gloire de M. Denizet, ce fut qu'il apporta la double affaire d'un bloc, après l'avoir reconstituée patiemment, dans le secret le plus profond. Depuis le succès bruyant du plébiscite, une fièvre ne cessait d'agiter le pays, pareille à ce vertige qui précède et annonce les grandes catastrophes. C'était, dans la société de cette fin d'empire, dans la politique, dans la presse surtout, une continuelle inquiétude, une exaltation où la joie elle-même prenait une violence maladive. Aussi, lorsque, après l'assassinat d'une femme, au fond de cette maison isolée de la Croix-de-Maufras, on apprit par quel coup de génie le juge d'instruction de Rouen venait d'exhumer la vieille affaire Grandmorin et de la relier au nouveau crime, y eut-il une explosion de triomphe parmi les journaux officieux. De temps à autre, en effet, reparaissaient encore, dans les feuilles de l'opposition, les plaisanteries sur l'assassin légendaire, introuvable, cette invention de la police, mise en avant pour cacher les turpitudes de certains grands personnages compromis. Et la réponse allait être décisive, l'assassin et son complice étaient arrêtés, la mémoire du président Grandmorin sortirait intacte de l'aventure. Les polémiques recommencèrent, l'émotion grandit de jour en jour, à Rouen et à Paris. En dehors de ce roman atroce qui hantait les imaginations, on se passionnait, comme si la vérité enfin découverte, irréfutable, devait consolider l'État. Pendant toute une semaine, la presse déborda de détails.

Mandé à Paris, M. Denizet se présenta rue du Rocher, au domicile personnel du secrétaire général, M. Camy-Lamotte. Il le trouva debout, au milieu de son cabinet sévère, le visage amaigri, fatigué davantage; car il déclinait, envahi d'une tristesse dans son scepticisme, comme s'il eût pressenti, sous cet éclat d'apothéose, l'écroulement prochain du régime qu'il servait. Depuis deux jours, il était en proie à une lutte intérieure, ne sachant encore quel usage il ferait de la lettre de Séverine, qu'il avait gardée, cette lettre qui aurait ruiné tout le système de l'accusation, en appuyant la version de Roubaud d'une preuve irrécusable. Personne au monde ne la connaissait, il pouvait la détruire. Mais, la veille, l'empereur lui avait dit qu'il exigeait, cette fois, que la justice suivît son cours, en dehors de toute influence, même si son gouvernement devait en souffrir: un simple cri d'honnêteté, peut-être la superstition qu'un seul acte injuste, après l'acclamation du pays, changerait le destin. Et, si le secrétaire général n'avait pas pour lui de scrupules de conscience, ayant réduit les affaires de ce monde à une simple question de mécanique, il était troublé de l'ordre reçu, il se demandait s'il devait aimer son maître jusqu'au point de lui désobéir.

Tout de suite, M. Denizet triompha.

—Eh bien, mon flair ne m'avait pas trompé, c'était ce Cabuche qui avait frappé le président… Seulement, je l'accorde, l'autre piste aussi contenait un peu de la vérité, et je sentais moi-même que le cas de Roubaud restait louche… Enfin, nous les tenons tous les deux.

M. Camy-Lamotte le regardait fixement, de ses yeux pâles.

—Alors, tous les faits du dossier qu'on m'a transmis sont prouvés, et votre conviction est absolue?