L'Affaire LerougePart 8 of 40
French original · English translation
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—Le vicomte, dit Noël ralentissant son débit, était à demi couché sur un divan lorsque j'entrai. Il était vêtu d'une jaquette de velours et d'un pantalon de chambre pareil, et avait autour du cou un immense foulard de soie blanche. Je ne lui en veux aucunement, à ce jeune homme, il ne m'a jamais fait sciemment le moindre mal, il ignorait le crime de notre père, je puis donc lui rendre justice. Il est bien, il a grand air et porte noblement le nom qui ne lui appartient pas. Il est de ma taille, brun comme moi et me ressemblerait peut-être s'il ne portait toute sa barbe. Seulement, il a l'air plus jeune que moi de cinq ou six ans. Cette apparence de jeunesse s'explique. Il n'a ni travaillé, ni lutté, ni souffert. Il est de ces heureux arrivés avant de partir, qui traversent la vie sur les coussins moelleux de leur équipage sans ressentir le plus léger cahot. En me voyant, il se leva et me salua gracieusement.
—Vous deviez être fameusement ému? demanda le bonhomme.
—Un peu moins que je le suis en ce moment. Quinze jours d'angoisses préparatoires usent bien des émotions. J'allai tout d'abord au-devant de la question que je lus sur ses lèvres: «Monsieur, lui dis-je, vous ne me connaissez aucunement, mais ma personnalité est la moindre des choses. Je viens à vous chargé d'une mission bien triste et bien grave, et qui intéresse l'honneur du nom que vous portez.» Sans doute, il ne me crut pas, car c'est d'un ton qui frisait l'impertinence qu'il me répondit: «Sera-ce long?» Je dis simplement: «Oui.»
—Je vous en prie, insista le père Tabaret devenu très attentif, n'omettez pas un détail. C'est très important, vous comprenez...
—Le vicomte, continua Noël, parut vivement contrarié. «C'est que, m'objecta-t-il, j'avais disposé de mon temps. C'est à cette heure que je suis admis près de la jeune fille que je dois épouser, mademoiselle d'Arlange; ne pourrions-nous remettre cet entretien?»
Bon! autre femme! se dit le bonhomme.
—Je répondis au vicomte que notre explication ne souffrait aucun retard, et comme je le voyais en disposition de m'envoyer promener, je sortis de ma poche la correspondance du comte et je lui présentai une des lettres. En reconnaissant l'écriture de son père il s'humanisa. Il me déclara qu'il allait être à moi, me demandant la permission de faire prévenir là où il était attendu. Il écrivit un mot à la hâte et le remit à son valet de chambre en lui ordonnant de le faire porter tout de suite chez madame la marquise d'Arlange. Il me fit alors passer dans une pièce voisine, sa bibliothèque...
—Un mot seulement, interrompit le bonhomme; s'était-il troublé en voyant les lettres?
—Pas le moins du monde. Après avoir fermé soigneusement la porte, il me montra un fauteuil, s'assit lui-même et me dit: «Maintenant, monsieur, expliquez-vous.» J'avais eu le temps de me préparer à cette entrevue dans l'antichambre. J'étais décidé à frapper immédiatement un grand coup. «Monsieur, lui dis-je, ma mission est pénible. Je vais vous révéler des faits incroyables. De grâce, ne me répondez rien avant d'avoir pris connaissance des lettres que voici. Je vous conjure aussi de ne vous point laisser aller à des violences qui seraient inutiles.» Il me regarda d'un air extrêmement surpris et répondit: «Parlez, je puis tout entendre.» Je me levai. «Monsieur, lui dis-je, apprenez que vous n'êtes pas le fils légitime de monsieur de Commarin. Cette correspondance vous le prouvera. L'enfant légitime existe, et c'est lui qui m'envoie.» J'avais les yeux sur les siens en parlant, et j'y vis passer un éclair de fureur. Je crus un instant qu'il allait me sauter à la gorge. Il se remit vite. «Ces lettres?» fit-il d'une voix brève. Je les lui remis.
—Comment! s'écria le père Tabaret, ces lettres-là, les vraies?... Imprudent!
—Pourquoi?
—Et s'il les avait... que sais-je, moi?...
L'avocat appuya sa main sur l'épaule de son vieil ami.
—J'étais là, répondit-il d'une voix sourde, et il n'y avait, je vous le promets, aucun danger.
La physionomie de Noël prit une telle expression de férocité que le bonhomme eut presque peur et se recula instinctivement.
Il l'aurait tué! pensa-t-il.
L'avocat reprit son récit:
—Ce que j'ai fait pour vous ce soir, mon ami, je le fis pour le vicomte Albert. Je lui évitai la lecture, au moins immédiate, de ces cent cinquante-six lettres. Je lui dis de ne s'arrêter qu'à celles qui étaient marquées d'une croix, et de s'attacher spécialement aux passages soulignés au crayon rouge.
—C'était abréger le supplice.
—Il était assis, continua Noël, devant un petit guéridon trop fragile pour qu'on pût s'appuyer dessus, et j'étais, moi, resté debout, adossé à la cheminée, où il y avait du feu. Je suivais ses moindres mouvements et j'épiais son visage. Non, de ma vie je n'ai vu un spectacle pareil et je ne l'oublierais pas quand je vivrais mille ans. En moins de cinq minutes, sa physionomie changea à ce point que son valet de chambre ne l'eût pas reconnu. Il avait saisi son mouchoir de poche, et de temps à autre, machinalement, il le portait à sa bouche. Il pâlissait à vue d'œil et ses lèvres blêmissaient jusqu'à paraître aussi blanches que son mouchoir.
»De grosses gouttes de sueur perlaient sur son front et ses yeux devenaient troubles comme si une taie les eût recouverts. D'ailleurs, pas une exclamation, pas une parole, pas un soupir, pas un geste, rien. À un moment il me fit tellement pitié que je faillis lui arracher les lettres des mains, les lancer dans le feu et le prendre dans mes bras en lui criant: «Va, tu es mon frère, oublions tout, restons chacun à notre place, aimons-nous!»
Le père Tabaret prit la main de Noël et la serra.
—Va! dit-il, je reconnais là mon généreux enfant!
—Si je ne l'ai pas fait, mon ami, c'est que je me suis dit: les lettres brûlées, me reconnaîtra-t-il encore pour son frère?
—C'est juste.
—Au bout d'une demi-heure environ, la lecture fut terminée. Le vicomte se leva et se plaça debout, bien en face de moi. «Vous avez raison, monsieur, me dit-il, si ces lettres sont bien de mon père, comme je le crois, tout tend à prouver que je ne suis pas le fils de la comtesse de Commarin.» Je ne répondis pas. «Cependant, reprit-il, ce ne sont là que des présomptions. Possédez-vous d'autres preuves?» Je m'attendais, certes, à bien d'autres objections. «Germain, dis-je, pourrait parler.» Il m'apprit que Germain était mort depuis plusieurs années. Alors, je lui parlai de la nourrice, de la veuve Lerouge. Je lui expliquai combien elle serait facile à trouver et à interroger. J'ajoutai qu'elle demeurait à La Jonchère.
—Et que dit-il, Noël, à cette ouverture? demanda avec empressement le père Tabaret.
—Il garda le silence d'abord et parut réfléchir. Puis, tout à coup, il se frappa le front en disant: «J'y suis, je la connais! J'ai accompagné mon père chez elle trois fois, et devant moi il lui a remis une somme assez forte.» Je lui fis remarquer que c'était encore une preuve. Il ne répliqua pas et se mit à arpenter la bibliothèque. Enfin, il revint à moi: «Monsieur, me dit-il, vous connaissez le fils légitime de monsieur de Commarin?» Je répondis: «C'est moi.» Il baissa la tête et murmura: «Je m'en doutais.» Il me prit la main et ajouta: «Mon frère, je ne vous en veux pas.»
—Il me semble, fit le père Tabaret, qu'il pouvait vous laisser le soin de dire cela, et avec un peu plus de justice et de raison.
—Non, mon ami, car le malheureux aujourd'hui, c'est lui. Je ne suis pas descendu, moi, je ne savais pas, tandis que lui!...
Le vieux policier hocha la tête; il ne devait rien laisser deviner de ses pensées et elles l'étouffaient quelque peu.
—Enfin, poursuivit Noël, après un assez long silence, je lui demandai à quoi il s'arrêtait. «Écoutez, prononça-t-il, j'attends mon père d'ici à huit ou dix jours. Vous m'accorderez bien ce délai. Aussitôt son retour, je m'expliquerai avec lui, et justice vous sera rendue, je vous en donne ma parole d'honneur. Reprenez vos lettres et permettez-moi de rester seul. Je suis comme un homme foudroyé, monsieur. En un moment je perds tout: un grand nom que j'ai toujours porté le plus dignement que j'ai pu, une position unique, une fortune immense, et plus que tout cela peut-être... une femme qui m'est plus chère que ma vie. En échange, il est vrai, je retrouverai une mère. Nous nous consolerons ensemble. Et je tâcherai, monsieur, de vous faire oublier, car elle doit vous aimer et elle vous pleurera.»
—Il a véritablement dit cela?
—Presque mot pour mot.
—Canaille! gronda le bonhomme entre ses dents.
—Vous dites? interrogea Noël.
—Je dis que c'est un brave jeune homme, répondit le père Tabaret, et je serais enchanté de faire sa connaissance.
—Je ne lui ai pas montré la lettre de rupture, ajouta Noël; il vaut autant qu'il ignore la conduite de madame Gerdy. Je me suis privé volontairement de cette preuve plutôt que de lui causer un très violent chagrin.
—Et maintenant?...
—Que faire? J'attends le retour du comte. Selon ce qu'il dira, j'agirai. Je passerai demain au parquet pour demander l'examen des papiers de Claudine. Si les lettres se retrouvent, je suis sauvé, sinon... Mais, je vous l'ai dit, je n'ai pas de parti pris depuis que je sais cet assassinat. Qui me conseillera?
—Le moindre conseil demande de longues réflexions, répondit le bonhomme, qui songeait à la retraite. Hélas! mon pauvre enfant, quelle vie vous avez dû mener!...
—Affreuse... Et joignez à cela des inquiétudes d'argent.
—Comment! vous qui ne dépensez rien...
—J'ai pris des engagements. Puis-je toucher à la fortune commune que j'administrais jusqu'ici? Je ne le pense pas.
—Vous ne le devez pas. Et tenez, je suis ravi que vous m'ayez parlé de cela, vous allez me rendre un service.
—Bien volontiers. Lequel?
—Imaginez-vous que j'ai dans mon secrétaire douze ou quinze mille francs qui me gênent abominablement. Vous comprenez, je suis vieux, je ne suis pas brave, si on venait à se douter...
—Je craindrais..., voulut objecter l'avocat.
—Quoi! fit le bonhomme. Dès demain je vous les apporte. Mais, songeant qu'il allait se mettre à la disposition de M. Daburon et que peut-être il ne serait pas libre quand il voudrait:
—Non! pas demain, reprit-il, ce soir même. Ce diable d'argent ne passera pas une nuit de plus chez moi.
Il s'élança dehors et bientôt reparut tenant à la main quinze billets de mille francs.
—S'ils ne suffisent pas, dit-il en les tendant à Noël, j'en ai d'autres.
—Je vais toujours, proposa l'avocat, vous donner un reçu.
—À moi! pour quoi faire? il sera temps demain.
—Et si je meurs cette nuit?
—Eh bien! fit le bonhomme, en songeant à son testament, j'hériterai encore de vous. Bonsoir! Vous m'avez demandé un conseil... il me faut la nuit pour réfléchir, j'ai présentement la cervelle à l'envers. Je vais même sortir un peu. Si je me couchais maintenant, j'aurais quelque horrible cauchemar. Allons, mon enfant, patience et courage. Qui sait si, à l'heure qu'il est, la Providence ne travaille pas pour vous!
Il sortit et Noël laissa sa porte entrouverte, écoutant le bruit des pas qui se perdait dans l'escalier. Bientôt le cri de: «Cordon, s'il vous plaît!» et le claquement de la porte lui apprirent que le père Tabaret était dehors.
Il attendit quelques instants encore et remonta sa lampe. Puis il prit un petit paquet dans un des tiroirs, glissa dans sa poche les billets de banque de son vieil ami et quitta son cabinet, dont il ferma la porte à double tour. Sur le palier, il s'arrêta. Il prêtait l'oreille comme si quelque gémissement de Mme Gerdy eût pu parvenir jusqu'à lui. N'entendant rien, il descendit sur la pointe du pied. Une minute plus tard, il était dans la rue.
V
Dans le bail de Mme Gerdy se trouvait compris, au rez-de-chaussée, un local qui autrefois servait de remise. Elle en avait fait comme un capharnaüm où elle entassait toutes les vieilleries du ménage, meubles inutiles, ustensiles hors de service, objets de rebut ou encombrants. On y serrait aussi la provision de bois et de charbon de l'hiver.
Cette ancienne remise avait, sur la rue, une petite porte longtemps condamnée. Depuis plusieurs années Noël l'avait fait réparer en secret, y avait adapté une serrure. Il pouvait, par là, entrer et sortir à toute heure, échappant ainsi au contrôle du concierge, c'est-à-dire de toute la maison.
C'est par cette porte que sortait l'avocat, non sans employer les plus grandes précautions pour l'ouvrir et pour la refermer.
Une fois dehors, il resta un moment immobile sur le trottoir, comme s'il eût hésité sur la route à prendre. Il se dirigeait lentement vers la gare Saint-Lazare, quand un fiacre vint à passer. Il fit signe au cocher, qui retint son cheval et amena la voiture sur le bord de la chaussée.
—Rue du Faubourg-Montmartre, au coin de la rue de Provence, dit Noël en montant, et bon train!
À l'endroit indiqué, l'avocat descendit du fiacre et paya le cocher. Quand il le vit assez loin, il s'engagea dans la rue de Provence, et après une centaine de pas, sonna à la porte d'une des plus belles maisons de la rue.
Le cordon fut immédiatement tiré.
Lorsque Noël passa devant la loge, le portier lui adressa un salut respectueusement protecteur, amical en même temps: un de ces saluts que les portiers de Paris tiennent en réserve pour les locataires selon leur cœur, mortels généreux à la main toujours ouverte.
Arrivé au second étage, l'avocat s'arrêta, tira une clé de sa poche, et entra comme chez lui dans l'appartement du milieu.
Mais au grincement, bien léger pourtant, de la clé dans la serrure, une femme de chambre, assez jeune, assez jolie, à l'œil effronté, était accourue.
—Ah! monsieur! s'écria-t-elle.
Cette exclamation lui échappa juste assez haut pour pouvoir être entendue à l'extrémité de l'appartement et servir de signal au besoin. C'était comme si elle eût crié «Gare!» Noël ne sembla pas le remarquer.
—Madame est là? fit-il.
—Oui, monsieur! et bien en colère après monsieur. Dès ce matin, elle voulait envoyer chez monsieur. Ce tantôt elle parlait d'y aller elle-même. J'ai eu bien du mal à l'empêcher de désobéir aux ordres de monsieur.
—C'est bien, dit l'avocat.
—Madame est dans le fumoir, continua la femme de chambre, je lui prépare une tasse de thé; monsieur en prendra-t-il une?
—Oui, répondit Noël. Éclairez-moi, Charlotte.
Il traversa successivement une magnifique salle à manger, un splendide salon doré, style Louis XIV; et pénétra dans le fumoir.
C'était une pièce assez vaste dont le plafond était remarquablement élevé. On devait s'y croire à trois mille lieues de Paris, chez quelque opulent sujet du Fils du Ciel. Meubles, tapis, tentures, tableaux, tout venait bien évidemment en droite ligne de Hong-Kong ou de Shang-Hai.
Une riche étoffe de soie à personnages vivement enluminés habillait les murs et se drapait devant les portes. Tout l'empire du Milieu y défilait dans des paysages vermillon, mandarins pansus, entourés de leurs porte-lanternes; lettrés abrutis par l'opium, endormis sous des parasols; jeunes filles aux yeux retroussés, trébuchant sur leurs pieds serrés de bandelettes.
Le tapis, d'un tissu dont la fabrication est un secret pour l'Europe, était semé de fruits et de fleurs d'une perfection à tromper une abeille. Sur la soie, qui cachait le plafond, quelque grand artiste de Péking avait peint de fantastiques oiseaux ouvrant sur un fond d'azur leurs ailes de pourpre et d'or.
Des baguettes de laque, précieusement incrustées de nacre, retenaient les draperies et dessinaient les angles de l'appartement.
Deux bahuts bizarres occupaient entièrement un des côtés de la pièce. Des meubles aux formes capricieuses et incohérentes, des tables à dessus de porcelaine, des chiffonnières de bois précieux encombraient les moindres recoins.
Puis c'étaient des étagères achetées chez Lien-Tsi, le Tahan de Sou-Tchéou, la ville artistique; mille curiosités impossibles et coûteuses, depuis les bâtons d'ivoire qui remplacent nos fourchettes jusqu'aux tasses de porcelaine plus mince qu'une bulle de savon, miracles du règne de Kien-Loung.
Un divan très large et très bas, avec des piles de coussins recouverts en étoffe pareille à la tenture, régnait au fond du fumoir. Il n'y avait pas de fenêtre, mais bien une grande verrière comme celle des magasins, double et à panneaux mobiles. L'espace vide, d'un mètre environ, ménagé entre les glaces de l'intérieur et celles de l'extérieur, était rempli de fleurs les plus rares. La cheminée absente était remplacée par des bouches de chaleur adroitement dissimulées qui entretenaient dans le fumoir une température à faire éclore des vers à soie, véritablement en harmonie avec l'ameublement.
Quand Noël entra, une femme jeune encore était pelotonnée sur le divan et fumait une cigarette. En dépit de la chaleur tropicale, elle était enveloppée de grands châles de cachemire.
Elle était petite, mais seules les femmes petites peuvent réunir toutes les perfections. Les femmes dont la taille dépasse la moyenne doivent être des essais ou des erreurs de la nature. Si belles qu'elles pussent être, toujours elles pèchent par quelque endroit, comme l'œuvre d'un statuaire qui, même ayant du génie, aborderait pour la première fois la grande sculpture.
Elle était petite mais son cou, ses épaules et ses bras avaient des rondeurs exquises. Ses mains aux doigts retroussés, aux ongles roses, semblaient des bijoux précieusement caressés. Ses pieds, chaussés de bas de soie presque aussi épais qu'une toile d'araignée, étaient une merveille. Ils rappelaient non le pied par trop fabuleux que Cendrillon fourrait dans une pantoufle de vair, mais le pied très réel, très célèbre et plus palpable dont une belle banquière aime à donner le modèle en marbre, en plâtre ou en bronze à ses nombreux admirateurs.