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Vingt ans aprèsPart 18 of 95

Alexandre Dumas

French original · English translation

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— C'est une proposition que vous me faites alors! dit Athos.

— Nette et franche.

— Pour rentrer en campagne?

— Oui.

— De la part de qui et contre qui demanda tout à coup Athos en attachant son oeil si clair et si bienveillant sur le Gascon.

— Ah diable! vous êtes pressant!

— Et surtout précis. Écoutez bien d'Artagnan. Il n'y a qu'une personne ou plutôt une cause à qui un homme comme moi puisse être utile: celle du roi.

— Voilà précisément, dit le mousquetaire.

— Oui; mais entendons-nous, reprit sérieusement Athos: si par la cause du roi vous entendez celle de M. de Mazarin, nous cessons de nous comprendre.

— Je ne dis pas précisément, répondit le Gascon embarrassé.

— Voyons, d'Artagnan, dit Athos, ne jouons pas au plus fin, votre hésitation, vos détours me disent de quelle part vous venez. Cette cause, en effet, on n'ose l'avouer hautement, et lorsqu'on recrute pour elle, c'est l'oreille basse et la voix embarrassée.

— Ah! mon cher Athos! dit d'Artagnan.

— Eh! vous savez bien, reprit Athos, que je ne parle pas pour vous, qui êtes la perle des gens braves et hardis, je vous parle de cet Italien mesquin et intrigant de ce cuistre qui essaie de mettre sur sa tête une couronnée qu'il a volée sous un oreiller, de ce faquin qui appelle son parti le parti du roi, et qui s'avise de faire mettre des princes du sang en prison, n'osant pas les tuer, comme faisait notre cardinal à nous, le grand cardinal; un fesse-mathieu qui pèse ses écus d'or et garde les rognés, de peur, quoiqu'il triche, de les perdre à son jeu du lendemain; un drôle enfin qui maltraite la reine, à ce qu'on assure; au reste, tant pis pour elle! et qui va d'ici à trois mois nous faire une guerre civile pour garder ses pensions. C'est là le maître que vous me proposez, d'Artagnan? Grand merci!

— Vous êtes plus vif qu'autrefois, Dieu me pardonne! dit d'Artagnan, et les années ont échauffé votre sang, au lieu de le refroidir. Qui vous dit donc que ce soit là mon maître et que je veuille vous l'imposer?

«Diable! s'était dit le Gascon, ne livrons pas nos secrets à un homme si mal disposé.»

— Mais alors, cher ami, reprit Athos, qu'est-ce donc que ces propositions?

— Eh, mon Dieu! rien de plus simple: vous vivez dans vos terres, vous, et il paraît que vous êtes heureux dans votre médiocrité dorée. Porthos a cinquante ou soixante mille livres de revenu peut-être; Aramis a toujours quinze duchesses qui se disputent le prélat, comme elles se disputaient le mousquetaire; c'est encore un enfant gâté du sort; mais moi, que fais-je en ce monde? Je porte ma cuirasse et mon buffle depuis vingt ans, cramponné à ce grade insuffisant, sans avancer, sans reculer, sans vivre. Je suis mort en un mot! Eh bien! lorsqu'il s'agit pour moi de ressusciter un peu, vous venez tous me dire: C'est un faquin! c'est un drôle! un cuistre! un mauvais maître! Eh, parbleu! je suis de votre avis, moi, mais trouvez-m'en un meilleur, ou faites-moi des rentes.

Athos réfléchit trois secondes, et pendant ces trois secondes il comprit la ruse de d'Artagnan, qui pour s'être trop avancé tout d'abord rompait maintenant afin de cacher son jeu. Il vit clairement que les propositions qu'on venait de lui faire étaient réelles, et se fussent déclarées dans tout leur développement, pour peu qu'il eût prêté l'oreille.

— Bon! se dit-il, d'Artagnan est à Mazarin.

De ce moment il s'observa avec une extrême prudence.

De son côté d'Artagnan joua plus serré que jamais.

— Mais, enfin, vous avez une idée? continua Athos.

— Assurément. Je voulais prendre conseil de vous tous et aviser au moyen de faire quelque chose, car les uns sans les autres nous serons toujours incomplets.

— C'est vrai. Vous me parliez de Porthos; l'avez-vous donc décidé à chercher fortune? Mais cette fortune, il l'a.

— Sans doute, il l'a; mais l'homme est ainsi fait, il désire toujours quelque chose.

— Et que désire Porthos?

— D'être baron.

— Ah! c'est vrai, j'oubliais, dit Athos en riant.

— C'est vrai? pensa d'Artagnan. Et d'où a-t-il appris cela? Correspondrait-il avec Aramis? Ah! si je savais cela, je saurais tout.

La conversation finit là, car Raoul entra juste en ce moment. Athos voulut le gronder sans aigreur; mais le jeune homme était si chagrin, qu'il n'en eut pas le courage et qu'il s'interrompit pour lui demander ce qu'il avait.

— Est-ce que notre petite voisine irait plus mal? dit d'Artagnan.

— Ah! monsieur, reprit Raoul presque suffoqué par la douleur, sa chute est grave, et, sans difformité apparente, le médecin craint qu'elle ne boite toute sa vie.

— Ah! ce serait affreux! dit Athos.

D'Artagnan avait une plaisanterie au bout des lèvres; mais en voyant la part que prenait Athos à ce malheur, il se retint.

— Ah! monsieur, ce qui me désespère surtout, reprit Raoul, c'est que ce malheur, c'est moi qui en suis cause.

— Comment vous, Raoul? demanda Athos.

— Sans doute, n'est-ce point pour accourir à moi qu'elle a sauté du haut de cette pile de bois?

— Il ne vous reste plus qu'une ressource, mon cher Raoul, c'est de l'épouser en expiation, dit d'Artagnan.

— Ah! monsieur, dit Raoul, vous plaisantez avec une douleur réelle: c'est mal, cela.

Et Raoul, qui avait besoin d'être seul pour pleurer tout à son aise, rentra dans sa chambre, d'où il ne sortit qu'à l'heure du déjeuner.

La bonne intelligence des deux amis n'avait pas le moins du monde été altérée par l'escarmouche du matin; aussi déjeunèrent-ils du meilleur appétit, regardant de temps en temps le pauvre Raoul, qui, les yeux tout humides et le coeur gros, mangeait à peine.

À la fin du déjeuner deux lettres arrivèrent, qu'Athos lut avec une extrême attention, sans pouvoir s'empêcher de tressaillir plusieurs fois. D'Artagnan, qui le vit lire ces lettres d'un côté de la table à l'autre, et dont la vue était perçante, jura qu'il reconnaissait à n'en pas douter la petite écriture d'Aramis. Quant à l'autre, c'était une écriture de femme, longue et embarrassée.

— Allons, dit d'Artagnan à Raoul, voyant qu'Athos désirait demeurer seul, soit pour répondre à ces lettres, soit pour y réfléchir; allons faire un tour dans la salle d'armes, cela vous distraira.

Le jeune homme regarda Athos, qui répondit à ce regard par un signe d'assentiment.

Tous deux passèrent dans une salle basse où étaient suspendus des fleurets, des masques, des gants, des plastrons, et tous les accessoires de l'escrime.

— Eh bien? dit Athos en arrivant un quart d'heure après.

— C'est déjà votre main, mon cher Athos, dit d'Artagnan, et s'il avait votre sang-froid, je n'aurais que des compliments à lui faire…

Quant au jeune homme, il était un peu honteux. Pour une ou deux fois qu'il avait touché d'Artagnan, soit au bras, soit à la cuisse, celui-ci l'avait boutonné vingt fois en plein corps.

En ce moment, Charlot entra porteur d'une lettre très pressée pour d'Artagnan qu'un messager venait d'apporter.

Ce fut au tour d'Athos de regarder du coin de l'oeil.

D'Artagnan lut la lettre sans aucune émotion apparente et après avoir lu, avec un léger hochement de tête:

— Voyez, mon cher ami, dit-il, ce que c'est que le service, et vous avez, ma foi, bien raison de n'en pas vouloir reprendre: M. de Tréville est malade, et voilà la compagnie qui ne peut se passer de moi; de sorte que mon congé se trouve perdu.

— Vous retournez à Paris? dit vivement Athos.

— Eh, mon Dieu, oui! dit d'Artagnan; mais n'y venez-vous pas vous-même?

Athos rougit un peu et répondit:

— Si j'y allais, je serais fort heureux de vous voir.

— Holà, Planchet! s'écria d'Artagnan de la porte, nous partons dans dix minutes: donnez l'avoine aux chevaux.

Puis se retournant vers Athos:

— Il me semble qu'il me manque quelque chose ici, et je suis vraiment désespéré de vous quitter sans avoir revu ce bon Grimaud.

— Grimaud! dit Athos. Ah! c'est vrai? je m'étonnais aussi que vous ne me demandassiez pas de ses nouvelles. Je l'ai prêté à un de mes amis.

— Qui comprendra ses signes? dit d'Artagnan.

— Je l'espère, dit Athos.

Les deux amis s'embrassèrent cordialement. D'Artagnan serra la main de Raoul, fit promettre à Athos de le visiter s'il venait à Paris, de lui écrire s'il ne venait pas, et il monta à cheval. Planchet, toujours exact, était déjà en selle.

— Ne venez-vous point avec moi, dit-il en riant à Raoul, je passe par Blois?

Raoul se retourna vers Athos qui le retint d'un signe imperceptible.

— Non, monsieur, répondit le jeune homme, je reste près de monsieur le comte.

— En ce cas, adieu tous deux, mes bons amis, dit d'Artagnan en leur serrant une dernière fois la main, et Dieu vous garde! comme nous nous disions chaque fois que nous nous quittions du temps du feu cardinal.

Athos lui fit un signe de la main, Raoul une révérence, et d'Artagnan et Planchet partirent.

Le comte les suivit des yeux, la main appuyée sur l'épaule du jeune homme, dont la taille égalait presque la sienne; mais aussitôt qu'ils eurent disparu derrière le mur:

— Raoul, dit le comte, nous partons ce soir pour Paris.

— Comment! dit le jeune homme en pâlissant.

— Vous pouvez aller présenter mes adieux et les vôtres à madame de Saint-Remy. Je vous attendrai ici à sept heures.

Le jeune homme s'inclina avec une expression mêlée de douleur et de reconnaissance, et se retira pour aller seller son cheval.

Quant à d'Artagnan, à peine hors de vue de son côté, il avait tiré la lettre de sa poche et l'avait relue:

«Revenez sur-le-champ à Paris.

«J.M…»

— La lettre est sèche, murmura d'Artagnan, et s'il n'y avait un post-scriptum, peut-être ne l'eussé-je pas comprise; mais heureusement il y a un_ post-scriptum._

Et il lut ce fameux post-scriptum qui lui faisait passer par- dessus la sécheresse de la lettre:

«P.-S. — Passez chez le trésorier du roi, à Blois: dites-lui votre nom et montrez-lui cette lettre: vous toucherez deux cents pistoles.»

— Décidément, dit d'Artagnan, j'aime cette prose, et le cardinal écrit mieux que je ne croyais. Allons, Planchet, allons rendre visite à monsieur le trésorier du roi, et puis piquons.

— Vers Paris, monsieur.

— Vers Paris.

Et tous deux partirent au plus grand trot de leurs montures.

XVIII. M. de Beaufort

Voici ce qui était arrivé et quelles étaient les causes qui nécessitaient le retour de d'Artagnan à Paris.

Un soir que Mazarin, selon son habitude, se rendait chez la reine à l'heure où tout le monde s'en était retiré, et qu'en passant près de la salle des gardes, dont une porte donnait sur ses antichambres, il avait entendu parler haut dans cette chambre, il avait voulu savoir de quel sujet s'entretenaient les soldats, s'était approché à pas de loup, selon son habitude, avait poussé la porte, et, par l'entrebâillement, avait passé la tête.

Il y avait une discussion parmi les gardes.

— Et moi je vous réponds, disait l'un d'eux, que si Coysel a prédit cela, la chose est aussi sûre que si elle était arrivée. Je ne le connais pas, mais j'ai entendu dire qu'il était non seulement astrologue, mais encore magicien.

— Peste, mon cher, s'il est de tes amis, prends garde! tu lui rends un mauvais service.

— Pourquoi cela?

— Parce qu'on pourrait bien lui faire un procès.

— Ah bah! on ne brûle plus les sorciers, aujourd'hui.

— Non! il me semble cependant qu'il n'y a pas si longtemps que le feu cardinal a fait brûler Urbain Grandier. J'en sais quelque chose, moi. J'étais de garde au bûcher, et je l'ai vu rôtir.

— Mon cher, Urbain Grandier n'était pas un sorcier, c'était un savant, ce qui est tout autre chose. Urbain Grandier ne prédisait pas l'avenir. Il savait le passé, ce qui quelquefois est bien pis.

Mazarin hocha la tête en signe d'assentiment; mais désirant connaître la prédiction sur laquelle on discutait, il demeura à la même place.

— Je ne te dis pas, reprit le garde, que Coysel ne soit pas un sorcier, mais je te dis que s'il publie d'avance sa prédiction c'est le moyen qu'elle ne s'accomplisse point.

— Pourquoi?

— Sans doute. Si nous nous battons l'un contre l'autre et que je te dise: «Je vais te porter ou un coup droit ou un coup de seconde», tu pareras tout naturellement. Eh bien si Coysel dit assez haut pour que le cardinal l'entende: «Avant tel jour, tel prisonnier se sauvera», il est bien évident que le cardinal prendra si bien ses précautions que le prisonnier ne se sauvera pas.

— Eh! mon Dieu, dit un autre qui semblait dormir, couché sur un banc, et qui, malgré son sommeil apparent, ne perdait pas un mot de la conversation; eh! mon Dieu, croyez-vous que les hommes puissent échapper à leur destinée? S'il est écrit là-haut que le duc de Beaufort doit se sauver, M. de Beaufort se sauvera, et toutes les précautions du cardinal n'y feront rien.

Mazarin tressaillit. Il était italien, c'est-à-dire superstitieux; il s'avança rapidement au milieu des gardes, qui, l'apercevant, interrompirent leur conversation.

— Que disiez-vous donc, messieurs? fit-il avec son air caressant, que M. de Beaufort s'était évadé, je crois?

— Oh! non, monseigneur, dit le soldat incrédule; pour le moment il n'a garde. On disait seulement qu'il devait se sauver.

— Et qui dit cela?

— Voyons, répétez votre histoire, Saint-Laurent, dit le garde se tournant vers le narrateur.

— Monseigneur, dit le garde, je racontais purement et simplement à ces messieurs ce que j'ai entendu dire de la prédiction d'un nommé Coysel, qui prétend que, si bien gardé que soit M. de Beaufort, il se sauvera avant la Pentecôte.

— Et ce Coysel est un rêveur, un fou? reprit le cardinal toujours souriant.

— Non pas, dit le garde, tenace dans sa crédulité, il a prédit beaucoup de choses qui sont arrivées, comme par exemple que la reine accoucherait d'un fils, que M. de Coligny serait tué dans son duel avec le duc de Guise, enfin que le coadjuteur serait nommé cardinal. Eh bien! la reine est accouchée non seulement d'un premier fils, mais encore, deux ans après, d'un second, et M. de Coligny a été tué.

— Oui, dit Mazarin; mais le coadjuteur n'est pas encore cardinal.

— Non, Monseigneur, dit le garde, mais il le sera.

Mazarin fit une grimace qui voulait dire: il ne tient pas encore la barrette. Puis il ajouta:

— Ainsi votre avis, mon ami, est que M. de Beaufort doit se sauver.

— C'est si bien mon avis, Monseigneur, dit le soldat, que si Votre Éminence m'offrait à cette heure la place de M. de Chavigny, c'est-à-dire celle de gouverneur du château de Vincennes, je ne l'accepterais pas. Oh! le lendemain de la Pentecôte, ce serait autre chose.

Il n'y a rien de plus convaincant qu'une grande conviction, elle influe même sur les incrédules; et, loin d'être incrédule, nous l'avons dit, Mazarin était superstitieux. Il se retira donc tout pensif.

— Le ladre! dit le garde qui était accoudé contre la muraille, il fait semblant de ne pas croire à votre magicien, Saint-Laurent, pour n'avoir rien à vous donner; mais il ne sera pas plus tôt rentré chez lui qu'il fera son profit de votre prédiction.

En effet, au lieu de continuer son chemin vers la chambre de la reine, Mazarin rentra dans son cabinet, et appelant Bernouin, il donna l'ordre que le lendemain, au point du jour, on lui allât chercher l'exempt qu'il avait placé auprès de M. de Beaufort, et qu'on l'éveillât aussitôt qu'il arriverait.

Sans s'en douter, le garde avait touché du doigt la plaie la plus vive du cardinal. Depuis cinq ans que M. de Beaufort était en prison, il n'y avait pas de jour que Mazarin ne pensât qu'à un moment ou à un autre, il en sortirait. On ne pouvait pas retenir prisonnier toute sa vie un petit-fils de Henri IV, surtout quand ce petit-fils de Henri IV avait à peine trente ans. Mais, de quelque façon qu'il en sortît, quelle haine n'avait-il pas dû, dans sa captivité, amasser contre celui à qui il la devait; qui l'avait pris riche, brave, glorieux, aimé des femmes, craint des hommes, pour retrancher de sa vie ses plus belles années, car ce n'est pas exister que de vivre en prison! En attendant, Mazarin redoublait de surveillance contre M. de Beaufort. Seulement, il était pareil à l'avare de la fable, qui ne pouvait dormir près de son trésor. Bien des fois la nuit il se réveillait en sursaut, rêvant qu'on lui avait volé M. de Beaufort. Alors il s'informait de lui, et à chaque information qu'il prenait, il avait la douleur d'entendre que le prisonnier jouait, buvait, chantait que c'était merveille; mais que tout en jouant, buvant et chantant, il s'interrompait toujours pour jurer que le Mazarin lui payerait cher tout ce plaisir qu'il le forçait de prendre à Vincennes.

Cette pensée avait fort préoccupé le ministre pendant son sommeil; aussi, lorsqu'à sept heures du matin Bernouin entra dans sa chambre pour le réveiller, son premier mot fut:

— Eh! qu'y a-t-il? Est-ce que M. de Beaufort s'est sauvé de Vincennes?

— Je ne crois pas, Monseigneur, dit Bernouin, dont le calme officiel ne se démentait jamais; mais en tout cas vous allez en avoir des nouvelles, car l'exempt La Ramée, que l'on a envoyé chercher ce matin à Vincennes, est là qui attend les ordres de Votre Éminence.

— Ouvrez et faites-le entrer ici, dit Mazarin en accommodant ses oreillers de manière à le recevoir assis dans son lit.

L'officier entra. C'était un grand et gros homme joufflu et de bonne mine. Il avait un air de tranquillité qui donna des inquiétudes à Mazarin.