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Vingt ans aprèsPart 13 of 95

Alexandre Dumas

French original · English translation

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Ces raisons parurent si bonnes à d'Artagnan, qu'il insista pas davantage, et que, vers les huit heures du soir, au moment où la brume commençait à s'épaissir dans les rues, il partit de l'hôtel de La Chevrette, et, suivi de Planchet, sortit de la capitale par la porte Saint-Denis.

À minuit, les deux voyageurs étaient à Dammartin.

C'était trop tard pour prendre des renseignements. L'hôte du Cygne de la Croix était couché. D'Artagnan remit donc la chose au lendemain.

Le lendemain il fit venir l'hôte. C'était un de ces rusés Normands qui ne disent ni oui ni non, et qui croient toujours qu'ils se compromettent en répondant directement à la question qu'on leur fait; seulement, ayant cru comprendre qu'il devait suivre tout droit, d'Artagnan se remit en marche sur ce renseignement assez équivoque. À neuf heures du matin, il était à Nanteuil; là il s'arrêta pour déjeuner.

Cette fois, l'hôte était un franc et bon Picard qui, reconnaissant dans Planchet un compatriote, ne fit aucune difficulté pour lui donner les renseignements qu'il désirait. La terre de Bracieux était à quelques lieues de Villers-Cotterêts.

D'Artagnan connaissait Villers-Cotterêts pour y avoir suivi deux ou trois fois la cour, car à cette époque Villers-Cotterêts était une résidence royale. Il s'achemina donc vers cette ville, et descendit à son hôtel ordinaire, c'est-à-dire au Dauphin d'or.

Là les renseignements furent des plus satisfaisants. Il apprit que la terre de Bracieux était située à quatre lieues de cette ville, mais que ce n'était point là qu'il fallait chercher Porthos. Porthos avait eu effectivement des démêlés avec l'évêque de Noyon à propos de la terre de Pierrefonds, qui limitait la sienne, et, ennuyé de tous ces démêlés judiciaires auxquels il ne comprenait rien, il avait, pour en finir, acheté Pierrefonds, de sorte qu'il avait ajouté ce nouveau nom à ses anciens noms. Il s'appelait maintenant du Vallon de Bracieux de Pierrefonds, et demeurait dans sa nouvelle propriété. À défaut d'autre illustration, Porthos visait évidemment à celle du marquis de Carabas.

Il fallait encore attendre au lendemain, les chevaux avaient fait dix lieues dans leur journée et étaient fatigués. On aurait pu en prendre d'autres, il est vrai, mais il y avait toute une grande forêt à traverser, et Planchet, on se le rappelle, n'aimait pas les forêts la nuit.

Il y avait une chose encore que Planchet n'aimait pas, c'était de se mettre en route à jeun: aussi en se réveillant, d'Artagnan trouva-t-il son déjeuner tout prêt. Il n'y avait pas moyen de se plaindre d'une pareille attention. Aussi d'Artagnan se mit-il à table; il va sans dire que Planchet, en reprenant ses anciennes fonctions, avait repris son ancienne humilité et n'était pas plus honteux de manger les restes de d'Artagnan que ne l'étaient madame de Motteville et madame du Fargis de ceux d'Anne d'Autriche.

On ne put donc partir que vers les huit heures. Il n'y avait pas à se tromper, il fallait suivre la route qui mène de Villers- Cotterêts à Compiègne, et en sortant du bois prendre à droite.

Il faisait une belle matinée de printemps, les oiseaux chantaient dans les grands arbres, de larges rayons de soleil passaient à travers les clairières et semblaient des rideaux de gaze dorée.

En d'autres endroits, la lumière perçait à peine la voûte épaisse des feuilles, et les pieds des vieux chênes, que rejoignaient précipitamment, à la vue des voyageurs, les écureuils agiles, étaient plongés dans l'ombre. Il sortait de toute cette nature matinale un parfum d'herbes, de fleurs et de feuilles qui réjouissait le coeur. D'Artagnan, lassé de l'odeur fétide de Paris, se disait à lui-même que lorsqu'on portait trois noms de terre embrochés les uns aux autres, on devait être bien heureux dans un pareil paradis; puis il secouait la tête en disant: «Si j'étais Porthos et que d'Artagnan me vînt faire la proposition que je vais faire à Porthos, je sais bien ce que je répondrais à d'Artagnan.»

Quant à Planchet, il ne pensait à rien, il digérait.

À la lisière du bois, d'Artagnan aperçut le chemin indiqué, et au bout du chemin les tours d'un immense château féodal.

— Oh! oh! murmura-t-il, il me semblait que ce château appartenait à l'ancienne branche d'Orléans; Porthos en aurait-il traité avec le duc de Longueville?

— Ma foi, monsieur, dit Planchet, voici des terres bien tenues; et si elles appartiennent à M. Porthos, je lui en ferai mon compliment.

— Peste, dit d'Artagnan, ne va pas l'appeler Porthos, ni même du Vallon; appelle-le de Bracieux ou de Pierrefonds. Tu me ferais manquer mon ambassade.

À mesure qu'il approchait du château qui avait d'abord attiré ses regards, d'Artagnan comprenait que ce n'était point là que pouvait habiter son ami: les tours, quoique solides et paraissant bâties d'hier, étaient ouvertes et comme éventrées. On eût dit que quelque géant les avait fendues à coup de hache.

Arrivé à l'extrémité du chemin, d'Artagnan se trouva dominer une magnifique vallée, au fond de laquelle on voyait dormir un charmant petit lac au pied de quelques maisons éparses çà et là et qui semblaient, humbles et couvertes les unes de tuile et les autres de chaume, reconnaître pour seigneur suzerain un joli château bâti vers le commencement du règne de Henri IV, que surmontaient des girouettes seigneuriales.

Cette fois, d'Artagnan ne douta pas qu'il fût en vue de la demeure de Porthos.

Le chemin conduisait droit à ce joli château, qui était à son aïeul le château de la montagne ce qu'un petit-maître de la coterie de M. le duc d'Enghien était à un chevalier bardé de fer du temps de Charles VII; d'Artagnan mit son cheval au trot et suivit le chemin, Planchet régla le pas de son coursier sur celui de son maître.

Au bout de dix minutes, d'Artagnan se trouva à l'extrémité d'une allée régulièrement plantée de beaux peupliers, et qui aboutissait à une grille de fer dont les piques et les bandes transversales étaient dorées. Au milieu de cette avenue se tenait une espèce de seigneur habillé de vert et doré comme la grille, lequel était à cheval sur un gros roussin. À sa droite et à sa gauche étaient deux valets galonnés sur toutes les coutures; bon nombre de croquants assemblés lui rendaient des hommages fort respectueux.

— Ah! se dit d'Artagnan, serait-ce là le seigneur du Vallon de Bracieux de Pierrefonds? Eh! mon Dieu! comme il est recroquevillé depuis qu'il ne s'appelle plus Porthos!

— Ce ne peut être lui, dit Planchet répondant à ce que d'Artagnan s'était dit à lui-même. M. Porthos avait près de six pieds, et celui-là en a cinq à peine.

— Cependant, reprit d'Artagnan, on salue bien bas ce monsieur.

À ces mots, d'Artagnan piqua vers le roussin, l'homme considérable et les valets. À mesure qu'il approchait, il lui semblait reconnaître les traits du personnage.

— Jésus Dieu! monsieur, dit Planchet, qui de son côté croyait le reconnaître, serait-il donc possible que ce fût lui?

À cette exclamation, l'homme à cheval se retourna lentement et d'un air fort noble, et les deux voyageurs purent voir briller dans tout leur éclat les gros yeux, la trogne vermeille et le sourire si éloquent de Mousqueton.

En effet, c'était Mousqueton, Mousqueton gras à lard, croulant de bonne santé, bouffi de bien-être, qui, reconnaissant d'Artagnan, tout au contraire de cet hypocrite de Bazin, se laissa glisser de son roussin par terre et s'approcha chapeau bas vers l'officier; de sorte que les hommages de l'assemblée firent un quart de conversion vers ce nouveau soleil qui éclipsait l'ancien.

— Monsieur d'Artagnan, monsieur d'Artagnan, répétait dans ses joues énormes Mousqueton tout suant d'allégresse, monsieur d'Artagnan! Oh! quelle joie pour mon seigneur et maître du Vallon de Bracieux de Pierrefonds!

— Ce bon Mousqueton! Il est donc ici, ton maître?

— Vous êtes sur ses domaines.

— Mais, comme te voilà beau, comme te voilà gras, comme te voilà fleuri! continuait d'Artagnan infatigable à détailler les changements que la bonne fortune avait apportés chez l'ancien affamé.

— Eh! oui, dieu merci! monsieur, dit Mousqueton, je me porte assez bien.

— Mais ne dis-tu donc rien à ton ami Planchet?

— À mon ami Planchet! Planchet, serait-ce toi par hasard? s'écria Mousqueton les bras ouverts et des larmes plein les yeux.

— Moi-même, dit Planchet toujours prudent, mais je voulais savoir si tu n'étais pas devenu fier.

— Devenu fier avec un ancien ami! Jamais, Planchet. Tu n'as pas pensé cela ou tu ne connais pas Mousqueton.

— À la bonne heure! dit Planchet en descendant de son cheval et en tendant à son tour les bras à Mousqueton: ce n'est pas comme cette canaille de Bazin, qui m'a laissé deux heures sous un hangar sans même faire semblant de me reconnaître.

Et Planchet et Mousqueton s'embrassèrent avec une effusion qui toucha fort les assistants et qui leur fit croire que Planchet était quelque seigneur déguisé, tant ils appréciaient à sa plus haute valeur la position de Mousqueton.

— Et maintenant, monsieur, dit Mousqueton lorsqu'il se fut débarrassé de l'étreinte de Planchet, qui avait inutilement essayé de joindre ses mains derrière le dos de son ami; et maintenant, monsieur, permettez-moi de vous quitter, car je ne veux pas que mon maître apprenne la nouvelle de votre arrivée par d'autres que par moi; il ne me pardonnerait pas de m'être laissé devancer.

— Ce cher ami, dit d'Artagnan, évitant de donner à Porthos ni son ancien ni son nouveau nom, il ne m'a donc pas oublié!

— Oublié! lui! s'écria Mousqueton, c'est-à-dire, monsieur, qu'il n'y a pas de jour que nous ne nous attendions à apprendre que vous étiez nommé maréchal, ou en place de M. de Gassion, ou en place de M. de Bassompierre.

D'Artagnan laissa errer sur ses lèvres un de ces rares sourires mélancoliques qui avaient survécu dans le plus profond de son coeur au désenchantement de ses jeunes années.

— Et vous, manants, continua Mousqueton, demeurez près de M. le comte d'Artagnan, et faites-lui honneur de votre mieux, tandis que je vais prévenir monseigneur de son arrivée.

Et remontant, aidé de deux âmes charitables, sur son robuste cheval, tandis que Planchet, plus ingambe, remontait tout seul sur le sien, Mousqueton prit sur le gazon de l'avenue un petit galop qui témoignait encore plus en faveur des reins que des jambes du quadrupède.

— Ah çà! mais voilà qui s'annonce bien! dit d'Artagnan; pas de mystère, pas de manteau, pas de politique par ici; on rit à gorge déployée, on pleure de joie, je ne vois que des visages larges d'une aune; en vérité, il me semble que la nature elle-même est en fête, que les arbres, au lieu de feuilles et de fleurs, sont couverts de petits rubans verts et roses.

— Et moi, dit Planchet, il me semble que je sens d'ici la plus délectable odeur de rôti, que je vois des marmitons se ranger en haie pour nous voir passer. Ah, monsieur! quel cuisinier doit avoir M. de Pierrefonds, lui qui aimait déjà tant et si bien manger quand il ne s'appelait encore que M. Porthos!

— Halte-là! dit d'Artagnan: tu me fais peur. Si la réalité répond aux apparences, je suis perdu. Un homme si heureux ne sortira jamais de son bonheur, et je vais échouer près de lui comme j'ai échoué près d'Aramis.

XIII. Comment d'Artagnan s'aperçut, en retrouvant Porthos, que la fortune ne fait pas le bonheur

D'Artagnan franchit la grille et se trouva en face du château; il mettait pied à terre quand une sorte de géant apparut sur le perron. Rendons cette justice à d'Artagnan, qu'à part tout sentiment d'égoïsme le coeur lui battit avec joie à l'aspect de cette haute taille et de cette figure martiale qui lui rappelaient un homme brave et bon.

Il courut à Porthos et se précipita dans ses bras; toute la valetaille, rangée en cercle à distance respectueuse, regardait avec une humble curiosité. Mousqueton, au premier rang, s'essuya les yeux, le pauvre garçon n'avait pas cessé de pleurer de joie depuis qu'il avait reconnu d'Artagnan et Planchet.

Porthos prit son ami par le bras.

— Ah! quelle joie de vous revoir, cher d'Artagnan, s'écria-t-il d'une voix qui avait tourné du baryton à la basse; vous ne m'avez donc pas oublié, vous?

— Vous oublier! ah! cher du Vallon, oublie-t-on les plus beaux jours de sa jeunesse et ses amis dévoués, et les périls affrontés ensemble! mais c'est-à-dire qu'en vous revoyant il n'y a pas un instant de notre ancienne amitié qui ne se présente à ma pensée.

— Oui, oui, dit Porthos en essayant de redonner à sa moustache ce pli coquet qu'elle avait perdu dans la solitude, oui, nous en avons fait de belles dans notre temps, et nous avons donné du fil à retordre à ce pauvre cardinal.

Et il poussa un soupir. D'Artagnan le regarda.

— En tout cas, continua Porthos d'un ton languissant, soyez le bienvenu, cher ami, vous m'aiderez à retrouver ma joie; nous courrons demain le lièvre dans ma plaine, qui est superbe, ou le chevreuil dans mes bois, qui sont fort beaux: j'ai quatre lévriers qui passent pour les plus légers de la province, et une meute qui n'a point sa pareille à vingt lieues à la ronde.

Et Porthos poussa un second soupir.

— Oh, oh! se dit d'Artagnan tout bas, mon gaillard serait-il moins heureux qu'il n'en a l'air?

Puis tout haut:

— Mais avant tout, dit-il, vous me présenterez à madame du Vallon, car je me rappelle certaine lettre d'obligeante invitation que vous avez bien voulu m'écrire, et au bas de laquelle elle avait bien voulu ajouter quelques lignes.

Troisième soupir de Porthos.

— J'ai perdu madame du Vallon il y a deux ans, dit-il, et vous m'en voyez encore tout affligé. C'est pour cela que j'ai quitté mon château du Vallon près de Corbeil, pour venir habiter ma terre de Bracieux, changement qui m'a amené à acheter celle-ci. Pauvre madame du Vallon, continua Porthos en faisant une grimace de regret; ce n'était pas une femme d'un caractère fort égal, mais elle avait fini cependant par s'accoutumer à mes façons et par accepter mes petites volontés.

— Ainsi, vous êtes riche et libre? dit d'Artagnan.

— Hélas! dit Porthos, je suis veuf et j'ai quarante mille livres de rente. Allons déjeuner, voulez-vous?

— Je le veux fort, dit d'Artagnan; l'air du matin m'a mis en appétit.

— Oui, dit Porthos, mon air est excellent.

Ils entrèrent dans le château; ce n'étaient que dorures du haut en bas, les corniches étaient dorées, les moulures étaient dorées, les bois des fauteuils étaient dorés.

Une table toute servie attendait.

— Vous voyez, dit Porthos, c'est mon ordinaire.

— Peste, dit d'Artagnan, je vous en fais mon compliment: le roi n'en a pas un pareil.

— Oui, dit Porthos, j'ai entendu dire qu'il était fort mal nourri par M. de Mazarin. Goûtez cette côtelette, mon cher d'Artagnan, c'est de mes moutons.

— Vous avez des moutons fort tendres, dit d'Artagnan, et je vous en félicite.

— Oui, on les nourrit dans mes prairies qui sont excellentes.

— Donnez-m'en encore.

— Non; prenez plutôt de ce lièvre que j'ai tué hier dans une de mes garennes.

— Peste! quel goût! dit d'Artagnan. Ah çà! vous ne les nourrissez donc que de serpolet, vos lièvres?

— Et que pensez-vous de mon vin? dit Porthos; il est agréable, n'est-ce pas?

— Il est charmant.

— C'est cependant du vin du pays.

— Vraiment!

— Oui, un petit versant au midi, là-bas sur ma montagne; il fournit vingt muids.

— Mais c'est une véritable vendange, cela!

Porthos soupira pour la cinquième fois. D'Artagnan avait compté les soupirs de Porthos.

— Ah çà! mais, dit-il curieux d'approfondir le problème, on dirait, mon cher ami, que quelque chose vous chagrine. Seriez-vous souffrant, par hasard? … Est-ce que cette santé…

— Excellente, mon cher, meilleure que jamais; je tuerais un boeuf d'un coup de poing.

— Alors, des chagrins de famille…

— De famille! par bonheur que je n'ai que moi au monde.

— Mais alors qu'est-ce donc qui vous fait soupirer?

— Mon cher, dit Porthos, je serai franc avec vous: je ne suis pas heureux.

— Vous, pas heureux, Porthos! vous qui avez un château, des prairies, des montagnes, des bois; vous qui avez quarante mille livres de rente, enfin, vous n'êtes pas heureux?

— Mon cher, j'ai tout cela, c'est vrai, mais je suis seul au milieu de tout cela.

— Ah! je comprends: vous êtes entouré de croquants que vous ne pouvez pas voir sans déroger.

Porthos pâlit légèrement, et vida un énorme verre de son petit vin du versant.

— Non pas, dit-il, au contraire; imaginez-vous que ce sont des hobereaux qui ont tous un titre quelconque et prétendent remonter à Pharamond, à Charlemagne, ou tout au moins à Hugues Capet. Dans le commencement, j'étais le dernier venu, par conséquent j'ai dû faire les avances, je les ai faites; mais vous le savez, mon cher, madame du Vallon…

Porthos, en disant ces mots, parut avaler avec peine sa salive.

— Madame du Vallon, reprit-il, était de noblesse douteuse, elle avait, en premières noces (je crois, d'Artagnan, ne vous apprendre rien de nouveau), épousé un procureur. Ils trouvèrent cela nauséabond. Ils ont dit nauséabond. Vous comprenez, c'était un mot à faire tuer trente mille hommes. J'en ai tué deux; cela a fait taire les autres, mais ne m'a pas rendu leur ami. De sorte que je n'ai plus de société, que je vis seul, que je m'ennuie, que je me ronge.

D'Artagnan sourit; il voyait le défaut de la cuirasse, et il apprêtait le coup.

— Mais enfin, dit-il, vous êtes par vous-même, et votre femme ne peut vous défaire.

— Oui, mais vous comprenez, n'étant pas de noblesse historique comme les Coucy, qui se contentaient d'être sires, et les Rohan, qui ne voulaient pas être ducs, tous ces gens-là, qui sont tous ou vicomtes ou comtes, ont le pas sur moi, à l'église, dans les cérémonies, partout, et je n'ai rien à dire. Ah! si j'étais seulement…