Les Petites Filles modèlesPart 12 of 17
French original · English translation
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On continua la promenade, et l'on finit par s'asseoir à l'ombre des vieux chênes chargés de glands. Pendant que les enfants s'amusaient à en ramasser et à remplir leurs poches, elles crurent entendre un léger bruit; elles s'arrêtèrent et écoutèrent: des gémissements et des sanglots arrivèrent distinctement à leurs oreilles.
«Allons voir qui est-ce qui pleure», dit Camille.
Et toutes quatre s'élancèrent dans le bois, du côté où elles entendaient gémir. À peine eurent-elles fait quelques pas, qu'elles virent une petite fille de douze à treize ans, couverte de haillons, assise par terre; sa tête était cachée dans ses mains; les sanglots soulevaient sa poitrine, et elle était si absorbée dans son chagrin, qu'elle n'entendit pas venir les enfants.
«Pauvre petite, dit Madeleine, comme elle pleure!»
La petite fille releva la tête et parut effrayée à la vue des quatre enfants qui l'entouraient; elle se leva et fit un mouvement pour s'enfuir.
CAMILLE.—Ne te sauve pas, ma petite fille; n'aie pas peur, nous ne te ferons pas de mal.
MADELEINE.—Pourquoi pleures-tu, ma pauvre petite?
Le son de voix si plein de douceur et de pitié avec lequel avaient parlé Camille et Madeleine attendrit la petite fille, qui recommença à sangloter plus fort qu'auparavant. Marguerite et Sophie, touchées jusqu'aux larmes, s'approchèrent de la pauvre enfant, la caressèrent, l'encouragèrent et réussirent enfin, aidées de Camille et de Madeleine, à sécher ses pleurs et à obtenir d'elle quelques paroles.
LA PETITE FILLE.—Mes bonnes petites demoiselles, nous sommes dans le pays depuis un mois: ma pauvre maman est tombée malade en arrivant; elle ne peut plus travailler. J'ai vendu tout ce que nous avions pour avoir du pain, je n'ai plus rien; j'avais pourtant bien espéré qu'on m'achèterait au moulin ma pauvre robe qui cache mes haillons, mais on n'en a pas voulu; j'ai été chassée, et même une petite fille m'a lancé des pierres.
MARGUERITE.—Je suis sûre que c'est la méchante Jeannette.
LA PETITE FILLE.—Oui, tout juste; sa mère l'a appelée de ce nom et lui a dit de finir, mais elle m'a encore attrapée au bras, si fort que j'en ai saigné. Ce ne serait rien si j'avais pu avoir quelque argent pour rapporter du pain à ma pauvre maman; elle est si faible, et elle n'a rien mangé depuis hier!
SOPHIE.—Rien mangé! … Mais alors… toi aussi, ma pauvre petite, tu n'as rien mangé!
LA PETITE FILLE.—Oh moi! mademoiselle, je ne suis pas malade: je puis bien supporter la faim; d'ailleurs, en allant au moulin, j'ai ramassé et mangé quelques glands.
CAMILLE.—Des glands! Pauvre, pauvre enfant! attends-nous un instant, ma petite; nous avons dans un panier du pain et des prunes, nous allons t'en apporter.
—Oui, oui, s'écrièrent tout d'une voix Madeleine, Marguerite et Sophie, donnons-lui notre goûter, et demandons de l'argent à nos mamans pour elle.
Elles coururent rejoindre leurs mamans; elles arrivèrent toutes haletantes, et, pendant que Camille et Madeleine racontaient ce que leur avait dit la petite fille, Sophie et Marguerite couraient lui porter le panier qui renfermait les provisions; elles virent bientôt arriver Mme de Fleurville et Mme de Rosbourg. La petite fille n'avait pas encore touché au pain ni aux fruits.
MADAME DE FLEURVILLE.—Mange, ma petite fille; tu nous diras ensuite où tu demeures et qui tu es.
LA PETITE FILLE, _faisant une révérence.—_Je vous remercie bien, madame, vous êtes bien bonne; j'aime mieux garder le pain et les fruits pour les donner à maman; je vais tout de suite les lui porter.
MADAME DE ROSBOURG.—Et toi, ma petite, tu n'en mangeras donc pas?
LA PETITE FILLE.—Oh! madame, merci bien, je n'en ai pas besoin; je ne suis pas malade, je suis forte.
En disant ces mots, la petite fille, pâle, maigre et à peine assez forte pour se soutenir, essaya de porter le panier et fléchit sous son poids; elle se retint au buisson, rougit et répéta d'une voix faible et éteinte:
«Je suis forte, mesdemoiselles, ne vous inquiétez pas de moi.»
MADAME DE ROSBOURG, _se mettant en marche.—_Donne-moi ce panier, ma pauvre enfant, je le porterai jusque chez toi; où demeures-tu?
LA PETITE FILLE.—Ici, tout près, madame, sur la lisière du bois.
MADAME DE FLEURVILLE.—Comment s'appelle ta maman?
LA PETITE FILLE.—On l'appelle la mère la Frégate, mais son vrai nom est Françoise Lecomte.
MADAME DE FLEURVILLE.—Et pourquoi donc, mon enfant, l'appelle-t-on la mère la Frégate?
LA PETITE FILLE.—Parce qu'elle est la femme d'un marin.
MADAME DE ROSBOURG, _avec intérêt.—_Où est ton père? N'est-il pas avec vous?
LA PETITE FILLE.—Hélas! non, madame, et c'est pour cela que nous sommes si malheureuses. Mon père est parti il y a quelques années; on dit que son vaisseau a péri; nous n'en avons plus entendu parler; maman en a eu tant de chagrin qu'elle a fini par tomber malade. Nous avons vendu tout ce que nous avions pour acheter du pain, et maintenant nous n'avons plus rien à vendre. Que va devenir ma pauvre mère? Que pourrais-je faire pour la sauver?
Et la petite fille recommença à sangloter.
Mme de Rosbourg avait été fort émue et fort agitée par ce récit.
«Sur quel vaisseau était monté ton père, demanda-t-elle d'une voix tremblante, et comment s'appelait le commandant?»
LA PETITE FILLE.—C'était la frégate la _Sibylle, _commandant de Rosbourg.
Mme de Rosbourg poussa un cri et saisit dans ses bras la petite fille effrayée.
«Mon mari! … son vaisseau! … répétait-elle. Pauvre enfant, toi aussi, tu es restée orpheline comme ma pauvre Marguerite! Ta pauvre mère pleure comme moi un mari perdu, mais vivant peut-être. Ah! ne t'inquiète plus de ta mère ni de ton avenir; vite, conduis-moi près d'elle, que je la voie, que je la console!»
Et elle pressa le pas, tenant par la main, la petite Lucie (c'était son nom); Mme de Fleurville et les enfants suivaient en silence. Lucie n'avait pas bien compris l'exclamation et les promesses de Mme de Rosbourg, mais elle sentait que c'était du bonheur qui lui arrivait et que sa mère serait secourue; elle marchait aussi vite que le lui permettait sa faiblesse; en peu d'instants elles arrivèrent à une vieille masure.
C'était une cabane, une hutte de bûcheron, abandonnée et délabrée. Le toit était percé de tous côtés; il n'y avait pas de fenêtre; la porte était si peu élevée que Mme de Rosbourg dut se baisser pour y entrer; l'obscurité ne lui permit pas au premier moment de distinguer, au fond de la cabane, une femme, à peine couverte de mauvais haillons, étendue sur un tas de mousse: c'était le lit de la mère et de la fille. Aucun meuble, aucun ustensile de ménage ne garnissait la cabane; aucun vêtement n'était accroché aux murs. Mme de Rosbourg eut peine à retenir ses larmes à la vue d'une si profonde misère; elle s'approcha de la malheureuse femme pâle, amaigrie, qui attendait avec anxiété le retour de Lucie et la nourriture qu'elle devait acheter avec le prix de sa pauvre vieille robe. Mme de Rosbourg comprit que la faim était en ce moment la plus cruelle souffrance de la mère et de la fille; elle fit approcher Lucie, ouvrit le panier et partagea entre elles le pain et les fruits, qu'elles dévorèrent avec avidité. Elle attendit la fin de ce petit repas pour expliquer à la pauvre femme qu'elle était Mme de Rosbourg, femme du commandant de la _Sibylle, _et que la petite Lucie lui avait raconté leur misère, leur chagrin depuis la perte du vaisseau que montait son mari.
«Je me charge de votre avenir, ma pauvre Françoise, ajouta-t-elle; ne vous inquiétez ni de votre petite Lucie ni de vous-même. En rentrant à Fleurville, je vais immédiatement vous envoyer une charrette qui vous amènera au village. Je m'occuperai de vous loger, de vous faire soigner, de vous procurer tout ce qui vous est nécessaire. Dans deux heures vous aurez quitté cette habitation malsaine et misérable.»
Mme de Rosbourg ne donna ni à Françoise ni à Lucie le temps de revenir de leur surprise; elle sortit précipitamment, emmenant avec elle Mme de Fleurville et les enfants, qui étaient restés à la porte de la cabane. Aucune d'elles ne parla; Mme de Rosbourg était absorbée dans ses tristes souvenirs, Mme de Fleurville et les enfants respectaient sa douleur. En approchant du village, Mme de Rosbourg proposa à Mme de Fleurville de venir avec elle visiter une maison qui était à louer depuis quelque temps et qui pouvait convenir à la pauvre femme. Mme de Fleurville accepta la proposition avec empressement, et l'on se dirigea vers une maison petite, mais propre, et entièrement mise à neuf. Il y avait trois pièces, une cave et un grenier, un joli jardin et un potager planté d'arbres fruitiers; les chambres étaient claires, assez grandes pour servir, l'une de cuisine et de salle à manger, l'autre de chambre pour la mère Françoise et sa fille, la troisième de pièce de réserve.
«Chère amie, dit Mme de Rosbourg à Mme de Fleurville, pendant que j'irai chez le propriétaire de cette maison, ayez la bonté de rentrer au château et d'envoyer une charrette qui ramènera la femme Lecomte, et une seconde voiture qui apportera ici les meubles et les effets indispensables pour ce soir. La pauvre femme pourra dès aujourd'hui passer la nuit dans un bon lit, en attendant que je lui achète de quoi se meubler convenablement.»
Mme de Fleurville et les enfants partirent sans plus attendre. Les enfants, aidés d'Élisa, se chargèrent de rassembler tout ce qu'il fallait pour le coucher et le dîner de Françoise et de Lucie. Mais, quand chacune d'elles eut fait apporter les objets qu'elle croyait absolument nécessaires, il y en avait une telle quantité, qu'une seule charrette n'aurait pu en contenir même la moitié. C'étaient des tables, des chaises, des fauteuils, des tabourets, des flambeaux, des vases, des casseroles, des cafetières, des tasses, des verres, des assiettes, des carafes, des balais, des brosses, des tapis, un pain de sucre, deux pains de six livres chacun, une marmite pleine de viande, une cruche de lait, une motte de beurre, un panier d'oeufs, dix bouteilles de vin, toutes sortes de provisions en légumes en fruits, en saucissons, jambons, etc…, etc.
Quand Élisa vit cet amas d'objets inutiles, elle se mit à rire si fort que Marguerite et Sophie se fâchèrent, pendant que Camille et Madeleine rougissaient de contrariété.
ÉLISA, _riant encore.—_Et vous croyez que votre maman enverra tout cet amas de choses inutiles?
SOPHIE, _piquée.—_Il n'y a rien que de très utile dans ce que nous avons fait apporter.
ÉLISA.—Utile pour une maison comme la nôtre; mais pour une pauvre femme qui n'a pas seulement un lit à elle, que voulez-vous qu'elle fasse de tout cela? Et comment viendrait-elle à bout de ranger et de nettoyer tous ces meubles? et comment mangerait-elle tout ce pain, qui serait dur comme une pierre avant qu'elle arrivât à la dernière bouchée? cette viande, qui serait gâtée avant qu'elle en eût mangé la moitié? ce beurre, ces oeufs, ces légumes? Tout serait perdu, vous le voyez bien.
CAMILLE.—Mais toi-même, Élisa, tu as préparé des matelas, des oreillers, des draps, des couvertures.
ÉLISA.—Certainement, parce que c'est nécessaire pour le coucher de la mère Lecomte et de sa fille. Mais tout cela? … Allons, laissez-moi faire; je vais arranger les choses pour le mieux. Joseph, venez nous aider à ranger nos affaires dans la charrette pour la petite maison blanche du village. Tenez, voilà Nicaise qui passe; appelez-le, qu'il nous donne un coup de main… Bon…; prenez les matelas… c'est cela…; à présent, le paquet de couvertures, de draps et d'oreillers…, très bien… Placez dans un coin ce pain, ce petit pot de beurre, ces six oeufs…; bon… et puis la petite marmite de bouillon…, une bouteille de vin à présent…, un paquet de chandelles et un flambeau. Là…, ajoutez cette petite table, deux chaises de paille, deux verres, deux assiettes…, et c'est tout. Allez, maintenant, et attendez madame pour décharger la voiture.
XXI. Installation de Françoise et Lucie.
CAMILLE.—Maman, voulez-vous nous permettre d'aller avec Élisa à la petite maison blanche, pour préparer les lits et les provisions de la pauvre Lucie et de sa maman? Nous la verrons arriver et nous jouirons de sa surprise.
MADAME DE FLEURVILLE.—Oui, chères enfants, allez achever votre bonne oeuvre et arrangez tout pour le mieux. Vous achèterez au village ce qui manquera pour leur petit repas du soir. Moi, je reste ici pour écrire des lettres et préparer vos leçons pour demain; vous me raconterez la joie de la pauvre femme et de sa fille.
MADELEINE.—Maman, pouvons-nous emporter une de nos chemises, un jupon, une robe, des bas, des souliers et un mouchoir pour la pauvre Lucie qui est en haillons?
MADAME DE FLEURVILLE.—Certainement, ma petite Madeleine; tu as là une bonne et charitable pensée. Emportez aussi du linge pour la pauvre mère, et ma vieille robe de chambre, en attendant que Mme de Rosbourg achète ce qui est nécessaire pour les habiller.
MADELEINE.—Merci, ma chère maman; que vous êtes bonne!
Mme de Fleurville embrassa tendrement Madeleine, qui courut annoncer cette heureuse nouvelle à ses amies. Élisa fit un petit paquet des effets qu'elles emportaient, et elles se remirent gaiement en route. En arrivant à la maison blanche, elles y trouvèrent Mme de Rosbourg qui faisait décharger la charrette; les enfants aidèrent Élisa à faire les lits et à placer les objets qu'on avait apportés.
ÉLISA.—Il nous faut du bois pour faire cuire la soupe.
CAMILLE.—Et du sel pour mettre dedans!
MADELEINE.—Et des cuillers pour la manger!
SOPHIE.—Et des couteaux pour couper le pain!
MARGUERITE.—Et des terrines et des plats pour mettre le beurre et les oeufs.
MADAME DE ROSBOURG.—Ma chère Élisa, voulez-vous aller au village acheter ce qui est nécessaire?
ÉLISA.—Oui, madame, avec grand plaisir. Attendez-moi, enfants, je serai revenue dans cinq minutes.
Les enfants s'occupèrent à mettre le couvert, ce qui ne leur prit pas beaucoup de temps; elles placèrent la table au milieu de la cuisine, les deux chaises en face l'une de l'autre, les assiettes, les verres et la bouteille de vin sur la table, ainsi que le pain. Élisa revint en courant; elle apportait ce qui manquait et, de plus, du sucre pour le vin chaud qu'elle voulait faire boire à Françoise.
«Voici encore une cruche pour mettre de l'eau, ajouta-t-elle; nous n'y avions pas pensé.»
Après une attente de quelques minutes, pendant lesquelles Élisa eut le temps d'allumer le feu et de faire une bonne soupe et une omelette, on vit enfin arriver la charrette, dans laquelle était étendue la pauvre Françoise, la tête appuyée sur les genoux de la petite Lucie. Quand la voiture s'arrêta devant la porte, Mme de Rosbourg, aidée d'Élisa, en fit descendre Françoise plus faible, plus pâle encore que quelques heures auparavant. La pauvre femme n'eut pas la force de remercier Mme de Rosbourg; mais son regard attendri indiquait assez la reconnaissance dont son coeur débordait. Lucie était si inquiète de cette grande faiblesse, qu'elle ne songea pas à regarder la maison ni la chambre où on la faisait entrer. Mais quand, rassurée sur sa mère, elle la vit couverte de linge blanc, couchée dans un bon lit avec des draps, des couvertures, son visage, si inquiet jusqu'alors, devint radieux; sa tête penchée vers sa mère se redressa; ses yeux fixés sur ce pâle visage changèrent de direction; elle regarda autour d'elle: la douleur et l'inquiétude firent place au bonheur; ses joues se colorèrent; des larmes de joie coulèrent sur sa figure; l'émotion lui coupa la parole; elle ne put que se jeter à genoux et saisir la main de Mme de Rosbourg, qu'elle tint appuyée sur ses lèvres en éclatant en sanglots.
«Remets-toi, mon enfant, lui dit Mme de Rosbourg avec bonté en la relevant; ce n'est pas à moi que tu dois adresser de tels remerciements, mais au bon Dieu, qui m'a permis de te rencontrer et de soulager votre misère. Calme-toi pour ne pas agiter ta mère; avec du repos et une bonne nourriture elle se remettra promptement. Voici Élisa qui lui apporte une soupe et un verre de vin chaud sucré. Et toi, ma pauvre enfant, qui es presque aussi exténuée que ta mère, mets-toi à table et mange le petit repas que t'a préparé Élisa.»
Les enfants entraînèrent Lucie dans la pièce à côté et lui servirent son dîner, pendant qu'Élisa et Mme de Rosbourg faisaient manger Françoise. Camille lui servit de la soupe, Madeleine un morceau de boeuf, Sophie de l'omelette, et Marguerite lui versait à boire. Lucie ne se lassait pas de regarder, d'admirer, de remercier; elle appelait les enfants: _mes chères bienfaitrices, _ce qui amusa beaucoup Marguerite.
Quand Lucie eut fini de manger, les quatre petites se précipitèrent pour l'habiller; elles faillirent la mettre en pièces, tant elles se dépêchaient de la débarrasser de ses haillons et de la revêtir des effets qu'elles avaient apportés. Lucie ne put s'empêcher de pousser quelques petits cris tandis que l'une lui arrachait des cheveux en enlevant son bonnet sale, que l'autre lui enfonçait une épingle dans le dos, que la troisième la pinçait en lui passant ses manches, et que la quatrième l'étranglait en lui nouant son bonnet blanc. Elle finit pourtant par se trouver admirablement habillée, et elle courut se faire voir à sa maman, qui, joignant les mains, regardait Lucie avec admiration. Elle dit enfin d'une voix un peu plus forte: