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Le Petit ChosePart 7 of 27

Alphonse Daudet

French original · English translation

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Pour ma part, même avant de le connaître, je me sentais une grande sympathie pour cet étrange abbé. Son horrible et beau visage, tout resplendissant d'intelligence, m'attirait. Seulement, on m'avait tant effrayé par le récit de ses bizarreries et de ses brutalités, que je n'osais pas aller vers lui. J'y allai cependant, et pour mon bonheur.

Voici dans quelles circonstances…

Il faut vous dire qu'en ce temps-là j'étais plongé jusqu'au cou dans l'histoire de la philosophie… Un rude travail pour le petit Chose!

Or, certain jour, l'envie me vint de lire Condillac. Entre nous, le bonhomme ne vaut même pas la peine qu'on le lise; c'est un philosophe pour rire, et tout son bagage philosophique tiendrait dans le chaton d'une bague à vingt-cinq sous; mais, vous savez, quand on est jeune, on a sur les choses et sur les hommes des idées tout de travers.

Je voulais donc lire Condillac. Il me fallait un Condillac coûte que coûte. Malheureusement, la bibliothèque du collège en était absolument dépourvue, et les libraires de Sarlande ne tenaient pas cet article-là. Je résolus de m'adresser à l'abbé Germane. Ses frères m'avaient dit que sa chambre contenait plus de deux mille volumes, et je ne doutais pas de trouver chez lui le livre de mes rêves. Mais ce diable d'homme m'épouvantait, et pour me décider à monter à son réduit ce n'était pas trop de tout mon amour pour M. de Condillac.

En arrivant devant la porte, mes jambes tremblaient de peur… Je frappai deux fois très doucement.

«Entrez!» répondit une voix de Titan.

Le terrible abbé Germane était assis à califourchon sur une chaise basse, les jambes étendues, la soutane retroussée et laissant voir de gros muscles qui saillaient vigoureusement dans des bas de soie noire. Accoudé sur le dossier de sa chaise, il lisait un in-folio à tranches rouges, et fumait à grand bruit une petite pipe courte et brune, de celles qu'on appelle «brûle-gueule».

«C'est toi! me dit-il en levant à peine les yeux de dessus son in-folio… Bonjour! Comment vas-tu? … Qu'est-ce que tu veux?»

Le tranchant de sa voix, l'aspect sévère de cette chambre tapissée de livres, la façon cavalière dont il était assis, cette petite pipe qu'il tenait aux dents, tout cela m'intimidait beaucoup.

Je parvins cependant à expliquer tant bien que mal l'objet de ma visite et à demander le fameux Condillac.

«Condillac! tu veux lire Condillac! me répondit l'abbé Germane en souriant. Quelle drôle d'idée! … Est-ce que tu n'aimerais pas mieux fumer une pipe avec moi! décroche-moi ce joli calumet qui est pendu là-bas, contre la muraille, et allume-le…; tu verras, c'est bien meilleur que tous les Condillac de la terre.»

Je m'excusai du geste, en rougissant.

«Tu ne veux pas? … A ton aise, mon garçon… Ton Condillac est là-haut, sur le troisième rayon à gauche… tu peux l'emporter; je te le prête. Surtout ne le gâte pas, ou je te coupe les oreilles.»

J'atteignis le Condillac sur le troisième rayon à gauche, et je me disposais à me retirer; mais l'abbé me retint.

«Tu t'occupes donc de philosophie? me dit-il en me regardant dans les yeux… Est-ce que tu y croirais par hasard? … Des histoires, mon cher, de pures histoires! Et dire qu'ils ont voulu faire de moi un professeur de philosophie! Je vous demande un peu! … Enseigner quoi? zéro, néant… Ils auraient pu tout aussi bien, pendant qu'ils y étaient, me nommer inspecteur général des étoiles ou contrôleur des fumées de pipe… Ah! misère de moi! Il faut faire parfois de singuliers métiers pour gagner sa vie… Tu en connais quelque chose, toi aussi, n'est-ce pas? … Oh! tu n'as pas besoin de rougir. Je sais que tu n'es pas heureux, mon pauvre petit pion, et que les enfants te font une rude existence.»

Ici l'abbé Germane s'interrompit un moment. Il paraissait très en colère et secouait sa pipe sur son ongle avec fureur. Moi, d'entendre ce digne homme s'apitoyer ainsi sur mon sort, je me sentais tout ému, et j'avais mis le Condillac devant mes yeux, pour dissimuler les grosses larmes dont ils étalent remplis.

Presque aussitôt l'abbé reprit:

«A propos! j'oubliais de te demander… Aimes-tu le Bon Dieu? … Il faut l'aimer, vois-tu! mon cher, et avoir confiance en lui, et le prier ferme; sans quoi tu ne t'en tireras jamais… Aux grandes souffrances de la vie, je ne connais que trois remèdes: le travail, la prière et la pipe, la pipe de terre, très courte, souviens-toi de cela… Quant aux philosophes, n'y compte pas; ils ne te consoleront jamais de rien. J'ai passé par là, tu peux m'en croire.

—Je vous crois, monsieur l'abbé.

—Maintenant, va-t'en, tu me fatigues… Quand tu voudras des livres, tu n'auras qu'à venir en prendre. La clef de ma chambre est toujours sur la porte, et les philosophes toujours sur le troisième rayon à gauche… Ne me parle plus… Adieu!»

Là-dessus, il se remit à sa lecture et me laissa sortir, sans même me regarder.

A partir de ce jour, j'eus tous les philosophes de l'univers à ma disposition; j'entrais chez l'abbé Germane sans frapper, comme chez moi. Le plus souvent, aux heures où je venais, l'abbé faisait sa classe, et la chambre était vide. La petite pipe dormait sur le bord de la table, au milieu des in-folio à tranches rouges et d'innombrables papiers couverts de pattes de mouches… Quelquefois aussi l'abbé Germane était là. Je le trouvais lisant, écrivant, marchant de long en large, à grandes enjambées. En entrant, je disais d'une voix timide:

«Bonjour, monsieur l'abbé!»

La plupart du temps, il ne me répondait pas… Je prenais mon philosophe sur le troisième rayon à gauche, et je m'en allais, sans qu'on eût seulement l'air de soupçonner ma présence… Jusqu'à la fin de l'année, nous n'échangeâmes pas vingt paroles; mais n'importe! quelque chose en moi-même m'avertissait que nous étions de grands amis…

Cependant les vacances approchaient. On entendait tout le jour les élèves de la musique répétant, dans la classe de dessin, des polkas et des airs de marche pour la distribution des prix. Ces polkas réjouissaient tout le monde. Le soir, à la dernière étude, on voyait sortir des pupitres une foule de petits calendriers, et chaque enfant rayait sur le sien le jour qui venait de finir: «Encore un de moins!» Les cours étaient pleines de planches pour l'estrade; on battait des fauteuils, on secouait les tapis… plus de travail, plus de discipline. Seulement, toujours, jusqu'au bout, la haine du pion et les farces, les terribles farces.

Enfin, le grand jour arriva. Il était temps; je n'y pouvais plus tenir.

On distribua les prix dans ma cour, la cour des moyens… je la vois encore avec sa tente bariolée, ses murs couverts de draperies blanches, ses grands arbres verts pleins de drapeaux, et là-dessous tout un fouillis de toques, de képis, de shakos, de casques, de bonnets à fleurs, de claques brodés, de plumes, de rubans, de pompons, de panaches… Au fond, une longue estrade où étaient installées les autorités du collège dans des fauteuils en velours grenat… Oh! cette estrade, comme on se sentait petit devant elle! Quel grand air de dédain et de supériorité elle donnait à ceux qui étaient dessus! Aucun de ces messieurs n'avait plus sa physionomie habituelle.

L'abbé Germane était sur l'estrade, lui aussi, mais il ne paraissait pas s'en douter. Allongé dans son fauteuil, la tête renversée, il écoutait ses voisins d'une oreille distraite et semblait suivre de l'oeil, à travers le feuillage, la fumée d'une pipe imaginaire.

Aux pieds de l'estrade, la musique, trombones et ophicléides, reluisant au soleil; les trois divisions entassées sur des bancs, avec les maîtres en serre-file; puis, derrière, la cohue des parents, le professeur de seconde offrant le bras aux dames en criant: «Place! place!» et enfin, perdues au milieu de la foule, les clefs de M. Viot qui couraient d'un bout de la cour à l'autre et qu'on entendait—frinc! frinc! frinc!—à droite, à gauche, ici, partout en même temps.

La cérémonie commença, il faisait chaud. Pas d'air sous la tente… il y avait de grosses dames cramoisies qui sommeillaient à l'ombre de leurs marabouts, et des messieurs chauves qui s'épongeaient la tête avec des foulards ponceau. Tout était rouge: les visages, les tapis, les drapeaux, les fauteuils… Nous eûmes trois discours, qu'on applaudit beaucoup; mais moi, je ne les entendis pas. Là-haut, derrière la fenêtre du premier étage, les yeux noirs cousaient à leur place habituelle, et mon âme allait vers eux… Pauvres yeux noirs! même ce jour-là, la fée aux lunettes ne les laissait pas chômer.

Quand le dernier nom du dernier accessit de la dernière classe eut été proclamé, la musique entama une marche triomphale et tout se débanda. Tohu-bohu général. Les professeurs descendaient de l'estrade; les élèves sautaient par-dessus les bancs pour rejoindre leurs familles. On s'embrassait, on s'appelait: «Par ici! par ici!» Les soeurs des lauréats s'en allaient fièrement avec les couronnes de leurs frères. Les robes de soie faisaient froufrou à travers les chaises… Immobile derrière un arbre, le petit Chose regardait passer les belles dames, tout malingre et tout honteux dans son habit râpé.

Peu à peu la cour se désemplit. A la grande porte, le principal et M. Viot se tenaient debout, caressant les enfants au passage, saluant les parents jusqu'à terre.

«A l'année prochaine, à l'année prochaine!» disait le principal avec un sourire câlin… les clefs de M. Viot tintaient, pleines de caresses: «Frinc! frinc! frinc! Revenez-nous l'année prochaine.»

Les enfants se laissaient embrasser négligemment et franchissaient l'escalier d'un bond.

Ceux-là montaient dans de belles voitures armoriées, où les mères et les soeurs rangeaient leurs grandes jupes pour faire place: clic! clac! … en route vers le château! … Nous allons revoir nos parcs, nos pelouses, l'escarpolette sous les acacias, les volières pleines d'oiseaux rares, la pièce d'eau avec ses deux cygnes, et la grande terrasse à balustres où l'on prend des sorbets le soir.

D'autres grimpaient dans les chars à banc de famille, à côté de jolies filles riant à belles dents sous leurs coiffes blanches. La fermière conduisait avec sa chaîne d'or autour du cou… Fouette, Mathurine! On retourne à la métairie; on va manger des beurrées, boire du vin muscat, chasser à la pipée tout le jour et se rouler dans le foin qui sent bon!

Heureux enfants! Ils s'en allaient, ils partaient tous… Ah! si j'avais pu partir moi aussi…

VIII

LES YEUX NOIRS

MAINTENANT le collège est désert. Tout le monde est parti… D'un bout des dortoirs à l'autre, des escadrons de gros rats font des charges de cavalerie en plein jour. Les écritoires se dessèchent au fond des pupitres. Sur les arbres des cours, la division des moineaux est en fête; ces messieurs ont invité tous leurs camarades de la ville, ceux de l'évêché, ceux de la sous-préfecture, et, du matin jusqu'au soir, c'est un pépiage assourdissant.

De sa chambre, sous les combles, le petit Chose les écoute en travaillant. On l'a gardé par charité, dans la maison, pendant les vacances. Il en profite pour étudier à mort les philosophes grecs. Seulement, la chambre est trop chaude et les plafonds trop bas. On étouffe là-dessous… Pas de volets aux fenêtres. Le soleil entre comme une torche et met le feu partout. Le plâtre des solives craque, se détache… De grosses mouches, alourdies par la chaleur, dorment collées aux vitres… Le petit Chose lui, fait de grands efforts pour ne pas dormir. Sa tête est lourde comme du plomb; ses paupières battent.

Travaille donc, Daniel Eyssette! … Il faut reconstruire le foyer… Mais non! Il ne peut pas… Les lettres de son livre dansent devant ses yeux, puis, ce livre qui tourne, puis la table, puis la chambre. Pour chasser cet étrange assoupissement, le petit Chose se lève, fait quelques pas; arrivé devant la porte, il chancelle et tombe à terre comme une masse, foudroyé par le sommeil.

Au-dehors, les moineaux piaillent; les cigales chantent à tue-tête; les platanes, blancs de poussière, s'écaillent au soleil en étirant leur mille branches.

Le petit Chose fait un rêve singulier; il lui semble qu'on frappe à la porte de sa chambre, et qu'une voix éclatante l'appelle par son nom: «Daniel, Daniel! …» Cette voix, il la reconnaît. C'est du même ton qu'elle criait autrefois: «Jacques, tu es un âne!»

Les coups redoublent à la porte: «Daniel, mon Daniel, c'est ton père; ouvre vite.»

Oh! l'affreux cauchemar. Le petit Chose veut répondre, aller ouvrir. Il se redresse sur son coude: mais sa tête est trop lourde, il retombe et perd connaissance…

Quand le petit Chose revient à lui, il est tout étonné de se trouver dans une couchette bien blanche, entourée de grands rideaux bleus qui font de l'ombre tout autour… Lumière douce, chambre tranquille. Pas d'autre bruit que le tic-tac d'une horloge et le tintement d'une cuiller dans la porcelaine… Le petit Chose ne sait pas où il est; mais il se trouve très bien. Les rideaux s'entrouvrent. M. Eyssette père, une tasse à la main, se penche vers lui avec un bon sourire et des larmes plein les yeux. Le petit Chose peut continuer son rêve.

«Est-ce vous, père? Est-ce bien vous?

—Oui, mon Daniel; oui, mon cher enfant, c'est moi

—Où suis-je donc?

—A l'infirmerie, depuis huit jours…; maintenant tu es guéri, mais tu as été bien malade…

—Mais vous, mon père, comment êtes-vous là? Embrassez-moi donc encore! … Oh! tenez! de vous voir, il me semble que je rêve toujours.»

M. Eyssette père l'embrasse:

«Allons! couvre-toi, sois sage… Le médecin ne veut pas que tu parles.»

Et pour empêcher l'enfant de parler, le brave homme parle tout le temps.

«Figure-toi qu'il y a huit jours, la Compagnie vinicole m'envoie faire une tournée dans les Cévennes. Tu penses si j'étais content: une occasion de voir mon Daniel! J'arrive au collège… On t'appelle, on te cherche… Pas de Daniel. Je me fais conduire à ta chambre: la clef était en dedans… Je frappe: personne. Vlan! j'enfonce ta porte d'un coup de pied, et je te trouve là, par terre, avec une fièvre de cheval! … Ah! pauvre enfant, comme tu as été malade! Cinq jours de délire! Je ne t'ai pas quitté d'une minute… Tu battais la campagne tout le temps; tu parlais toujours de reconstruire le foyer. Quel foyer? dis! … Tu criais: «Pas de clefs! ôtez les clefs des serrures!» Tu ris? Je te jure que je ne riais pas, moi. Dieu! quelles nuits tu m'as fait passer! … Comprends-tu cela! M. Viot—c'est bien M. Viot, n'est-ce pas?—qui voulait m'empêcher de coucher dans le collège! Il invoquait le règlement… Ah! bien oui, le règlement! Est-ce que je le connais, moi, son règlement? Ce cuistre-là croyait me faire peur en me remuant ses clefs sous le nez. Je l'ai poliment remis à sa place, va!»

Le petit Chose frémit de l'audace de M. Eyssette; puis oubliant bien vite les clefs de M. Viot: «Et ma mère?» demande-t-il, en étendant ses bras comme si sa mère était là, à portée de ses caresses.

«Si tu te découvres, tu ne sauras rien, répondit M. Eyssette d'un ton fâché. Voyons! couvre-toi… Ta mère va bien, elle est chez l'oncle Baptiste.

—Et Jacques?

—Jacques? c'est un âne! … Quand je dis un âne, tu comprends, c'est une façon de parler… Jacques est un très brave enfant, au contraire… Ne te découvre donc pas, mille diables! … Sa position est fort jolie. Il pleure toujours, par exemple. Mais, du reste, il est très content. Son directeur l'a pris pour secrétaire… Il n'a rien à faire qu'à écrire sous la dictée… Une situation fort agréable.

—Il sera donc toute sa vie condamné à écrire sous la dictée, ce pauvre Jacques!…»

Disant cela, le petit Chose se met à rire de bon coeur, et M. Eyssette rit de le voir rire, tout en le grondant à cause de cette maudite couverture qui se dérange toujours…

Oh! bienheureuse infirmerie! Quelles heures charmantes le petit Chose passe entre les rideaux bleus de sa couchette! … M. Eyssette ne le quitte pas; il reste là tout le jour, assis près du chevet, et le petit Chose voudrait que M. Eyssette ne s'en allât jamais… Hélas! c'est impossible. La Compagnie vinicole a besoin de son voyageur. Il faut reprendre la tournée des Cévennes…

Après le départ de son père, l'enfant reste seul, dans l'infirmerie silencieuse… Il passe ses journées à lire, au fond d'un grand fauteuil roulé près de la fenêtre. Matin et soir, la jaune Mme Cassagne lui apporte ses repas. Le petit Chose boit le bol de bouillon, suce l'aileron de poulet, et dit: «Merci, madame!» Rien de plus. Cette femme sent les fièvres et lui déplaît; il ne la regarde même pas.

Or, un matin qu'il vient de faire son: «Merci, madame!» tout sec comme à l'ordinaire, sans quitter son livre des yeux, il est bien étonné d'entendre une voix très douce lui dire: «Comment cela va-t-il aujourd'hui, monsieur Daniel?»

Le petit Chose lève la tête, et devinez ce qu'il voit? … Les yeux noirs, les yeux noirs en personne, immobiles et souriants devant lui!…

Les yeux noirs annoncent à leur ami que la femme jaune est malade et qu'ils sont chargés de faire son service. Ils ajoutent en se baissant qu'ils éprouvent beaucoup de joie à voir M. Daniel rétabli; puis ils se retirent avec une profonde révérence, en disant qu'ils reviendront le même soir. Le même soir, en effet, les yeux noirs sont revenus, et le lendemain matin aussi, et, le lendemain soir encore. Le petit Chose est ravi. Il bénit sa maladie, la maladie de la femme jaune, toutes les maladies du monde; si personne n'avait été malade, il n'aurait jamais eu de tête-à-tête avec les yeux noirs.