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Le Petit ChosePart 16 of 27

Alphonse Daudet

French original · English translation

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  • The meaning of every phrase
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Quel était donc ce là-bas si séduisant qui tenait tant à coeur à ma mère Jacques? … Je n'aurais pas été fâché de le connaître. Malheureusement on ne me proposait jamais de m'emmener; et moi, j'étais trop fier pour le demander. Le moyen d'ailleurs d'aller quelque part, avec mes caoutchoucs? … Un dimanche pourtant, au moment de partir chez Pierrotte, Jacques me dit avec un peu d'embarras:

«Est-ce que tu n'aurais pas envie de m'accompagner là-bas, petit Daniel? Tu leur ferais sûrement un grand plaisir.

—Mais, mon cher, tu plaisantes….

—Oui, je le sais bien…. Le salon de Pierrotte n'est guère la place d'un poète…. Ils sont là un tas de vieilles peaux de lapins….

—Oh! ce n'est pas pour cela, Jacques; c'est seulement à cause de mon costume….

—Tiens! au fait… je n'y songeais pas», dit Jacques.

Et il partit comme enchanté d'avoir une vraie raison pour ne pas m'emmener.

A peine au bas de l'escalier, le voilà qui remonte et vient vers moi tout essoufflé.

«Daniel, me dit-il, si tu avais eu des souliers et une jaquette présentable, m'aurais-tu accompagné chez Pierrotte?

—Pourquoi pas?

—Eh bien: alors, viens… je vais t'acheter tout ce qu'il te faut, nous irons là-bas.»

Je le regardai, stupéfait. «C'est la fin du mois, j'ai de l'argent», ajouta-t-il pour me convaincre. J'étais si content de l'idée des nippes fraîches que je ne remarquai pas l'émotion de Jacques ni le ton singulier dont il parlait. Ce n'est que plus tard que je songeai à tout cela. Pour le moment, je lui sautai au cou, et nous partîmes chez Pierrotte, en passant par le Palais-Royal, où je m'habillai de neuf chez un fripier.

VI

LE ROMAN DE PIERROTTE

Quand Pierrotte avait vingt ans, si on lui avait prédit qu'un jour il succéderait à M. Lalouette dans le commerce des porcelaines, qu'il aurait deux cent mille francs chez son notaire—Pierrotte, un notaire—et une superbe boutique à l'angle du passage du Saumon, on l'aurait beaucoup étonné.

Pierrotte, à vingt ans, n'était jamais sorti de son village, portait de gros esclots en sapin des Cévennes, ne savait pas un mot de français et gagnait cent écus par an à élever des vers à soie; solide compagnon du reste, beau danseur de bourrée, aimant rire et chanter la gloire, mais toujours d'une manière honnête et sans faire de tort aux cabaretiers. Comme tous les gars de son âge, Pierrotte avait une bonne amie, qu'il allait attendre le dimanche à la sortie des vêpres pour l'emmener danser des gavottes sous les mûriers. La bonne amie de Pierrotte s'appelait Roberte, la grande Roberte. C'était une belle magnanarelle de dix-huit ans, orpheline comme lui, pauvre comme lui, mais sachant très bien lire et écrire, ce qui, dans les villages cévenols, est encore plus rare qu'une dot. Très fier de sa Roberte, Pierrotte comptait l'épouser dès qu'il aurait tiré au sort; mais, le jour du tirage arrivé, le pauvre Cévenol—bien qu'il eût trempé trois fois sa main dans l'eau bénite avant d'aller à l'urne—amena le n° 4… Il fallait partir. Quel désespoir! … Heureusement Mme Eyssette, qui avait été nourrie, presque élevée par la mère de Pierrotte, vint au secours de son frère de lait et lui prêta deux mille francs pour s'acheter un homme.—On était riche chez les Eyssette dans ce temps-là!—L'heureux Pierrotte ne partit donc pas et put épouser sa Roberte; mais comme ces braves gens tenaient avant tout à rendre l'argent de Mme Eyssette et qu'en restant au pays ils n'y seraient jamais parvenus, ils eurent le courage de s'expatrier et marchèrent sur Paris pour y chercher fortune.

Pendant un an, on n'entendit plus parler de nos montagnards; puis, un beau matin, Mme Eyssette reçut une lettre touchante, signée «Pierrotte et sa femme», qui contenait 300 francs, premiers fruits de leurs économies. La seconde année, nouvelle lettre de «Pierrotte et sa femme» avec un dernier envoi de 1200 francs et des rien.—Sans doute, les affaires ne marchaient pas.—La quatrième année, troisième lettre de «Pierrotte et sa femme» avec un dernier envoi de 1200 francs et des bénédictions pour toute la famille Eyssette. Malheureusement, quand cette lettre arriva chez nous, nous étions en pleine débâcle: on venait de vendre la fabrique, et nous aussi nous allions nous expatrier…. Dans sa douleur, Mme Eyssette oublia de répondre à «Pierrotte et sa femme». Depuis lors, nous n'en eûmes plus de nouvelles, jusqu'au jour où Jacques, arrivant à Paris, trouva le bon Pierrotte—Pierrotte sans sa femme, hélas!—installé dans le comptoir de l'ancienne maison Lalouette.

Rien de moins poétique, rien de plus touchant que l'histoire de cette fortune. En arrivant à Paris, la femme de Pierrotte s'était mise bravement à faire des ménages. La première maison fut justement la maison Lalouette. Ces Lalouette étaient de riches commerçants avares et maniaques, qui n'avaient jamais voulu prendre ni un commis ni une bonne, parce qu'il faut tout faire par soi-même («Monsieur, jusqu'à cinquante ans, j'ai fait mes culottes moi-même!» disait le père Lalouette avec fierté), et qui, sur leurs vieux jours seulement, se donnaient le luxe flamboyant d'une femme de ménage à douze francs par mois. Dieu sait que ces douze francs-là, l'ouvrage les valait bien! La boutique, l'arrière-boutique, un appartement au quatrième, deux seilles d'eau pour la cuisine à remplir tous les matins! Il fallait venir des Cévennes pour accepter de pareilles conditions; mais bah! la Cévenole était jeune, alerte, rude au travail et solide des reins comme une jeune taure; en un tour de main, elle expédiait ce gros ouvrage et, par-dessus le marché, montrait tout le temps aux deux vieillards son joli rire, qui valait plus de douze francs à lui tout seul… A force de belle humeur et de vaillance cette courageuse montagnarde finit par séduire ses patrons. On s'intéressa à elle; on la fit causer; puis, un beau jour, spontanément—les coeurs les plus secs ont parfois de ces soudaines floraisons de bonté—, le vieux Lalouette offrit de prêter un peu d'argent à Pierrotte pour qu'il pût entreprendre un commerce à son idée.

Voici quelle fut l'idée de Pierrotte: il se procura un vieux bidet, une carriole, et s'en alla d'un bout de Paris à l'autre en criant de toutes ses forces: «Débarrassez-vous de ce qui vous gêne!» Notre finaud de Cévenol ne vendait pas, il achetait… quoi? … tout… Les pots cassés, les vieux fers, les papiers, les bris de bouteilles, les meubles hors de service qui ne valent pas la peine d'être vendus, les vieux galons dont les marchands ne veulent pas, tout ce qui ne vaut rien et qu'on garde chez soi par habitude, par négligence, parce qu'on ne sait qu'en faire, tout ce qui gêne! … Pierrotte ne faisait fi de rien, il achetait tout, ou du moins il acceptait tout; car le plus souvent on ne lui vendait pas, on lui donnait, on se débarrassait. «Débarrassez-vous de ce qui vous gêne!»

Dans le quartier Montmartre, le Cévenol était très populaire. Comme tous les petits commerçants ambulants qui veulent faire trou dans le brouhaha de la rue, il avait adopté une mélopée personnelle et bizarre, que les ménagères connaissaient bien… C'était d'abord à pleins poumons le formidable: «Débarrassez-vous de ce qui vous gèèène!» Puis, sur un ton lent et pleurard, de longs discours tenus à sa bourrique, à son Anastagille, comme il l'appelait. Il croyait dire Anastasie. «Allons! viens, Anastagille; allons! viens, mon enfant…» Et la bonne Anastagille suivait, la tête basse, longeant les trottoirs d'un air mélancolique; et, de toutes les maisons on criait: «Pst! Pst! Anastagille! …» La carriole se remplissait, il fallait voir! Quand elle était bien pleine, Anastagille et Pierrotte s'en allaient à Montmartre déposer la cargaison chez un chiffonnier en gros, qui payait bel et bien tous ces «débarrassez-vous de ce qui vous gêne», qu'on avait eus pour rien ou pour presque rien.

A ce métier singulier, Pierrotte ne fit pas fortune mais il gagna sa vie, et largement. Dès la première année, on rendit l'argent des Lalouette et on envoya trois cents francs à mademoiselle,—c'est ainsi que Pierrotte appelait Mme Eyssette du temps qu'elle était jeune fille, et depuis il n'avait jamais pu se décider à la nommer autrement.—La troisième année, par exemple, ne fut pas heureuse. C'était en plein 1830. Pierrotte avait beau crier: «Débarrassez-vous de ce qui vous gêne!» les Parisiens, en train de se débarrasser d'un vieux roi qui les gênait, étaient sourds aux cris de Pierrotte et laissaient le Cévenol s'égosiller dans la rue; et, chaque soir, la petite carriole rentrait vide. Pour comble de malheur, Anastagille mourut. C'est alors que les vieux Lalouette, qui commençaient à ne plus pouvoir tout faire par eux-mêmes, proposèrent à Pierrotte d'entrer chez eux comme garçon de magasin. Pierrotte accepta, mais il ne garda pas longtemps ces modestes fonctions. Depuis leur arrivée à Paris, sa femme lui donnait tous les soirs des leçons d'écriture et de lecture; il savait déjà se tirer d'une lettre et s'exprimer en français d'une façon compréhensible. En entrant chez Lalouette, il redoubla d'efforts, s'en alla dans une classe d'adultes apprendre le calcul, et fit si bien qu'au bout de quelques mois il pouvait suppléer au comptoir M. Lalouette devenu presque aveugle, et à la vente Mme Lalouette dont les vieilles jambes trahissaient le grand coeur. Sur ces entrefaites, Mlle Pierrotte vint au monde et, dès lors, la fortune du Cévenol alla toujours croissant. D'abord intéressé dans le commerce des Lalouette, il devint plus tard leur associé; puis, un beau jour, le père Lalouette, ayant complètement perdu la vue, se retira du commerce et céda son fonds à Pierrotte, qui le paya par annuités. Une fois seul, le Cévenol donna une telle extension aux affaires qu'en trois ans il eut payé les Lalouette, et se trouva, franc de toute redevance, à la tête d'une belle boutique admirablement achalandée… Juste à ce moment, comme si elle eût attendu pour mourir que son homme n'eût plus besoin d'elle, la grande Roberte tomba malade et mourut d'épuisement.

Voilà le roman de Pierrotte, tel que Jacques me le racontait ce soir-là en nous en allant au passage du Saumon; et comme la route était longue—on avait pris le plus long pour montrer aux Parisiens ma jaquette neuve—, je connaissais mon Cévenol à fond avant d'arriver chez lui. Je savais que le bon Pierrotte avait deux idoles auxquelles il ne fallait pas toucher, sa fille et M. Lalouette. Je savais aussi qu'il était un peu bavard et fatigant à entendre, parce qu'il parlait lentement, cherchait ses phrases, bredouillait et ne pouvait pas dire trois mots de suite sans y ajouter: «C'est bien le cas de le dire….» Ceci tenait à une chose: le Cévenol n'avait jamais pu se faire à notre langue. Tout ce qu'il pensait lui venant aux lèvres en patois du Languedoc, il était obligé de mettre à mesure ce languedocien en français, et les «C'est bien le cas de le dire….» dont il émaillait ses discours, lui donnaient le temps d'accomplir intérieurement ce petit travail. Comme disait Jacques, Pierrotte ne parlait pas, il traduisait…. Quant à Mlle Pierrotte, tout ce que j'en pus savoir, c'est qu'elle avait seize ans et qu'elle s'appelait Camille, rien de plus; sur ce chapitre-là mon Jacques restait muet comme un esturgeon.

Il était environ neuf heures quand nous fîmes notre entrée dans l'ancienne maison Lalouette. On allait fermer. Boulons, volets, barres de fer, tout un formidable appareil de clôture gisait par tas sur le trottoir, devant la porte entrebâillée… Le gaz était éteint et tout le magasin dans l'ombre, excepté le comptoir, sur lequel posait une lampe en porcelaine éclairant des piles d'écus et une grosse face rouge qui riait. Au fond, dans l'arrière-boutique, quelqu'un jouait de la flûte.

«Bonjour, Pierrotte! cria Jacques en se campant devant le comptoir…. (J'étais à côté de lui, dans la lumière de la lampe….) Bonjour, Pierrotte!»

Pierrotte, qui faisait sa caisse, leva les yeux à la voix de Jacques; puis, en m'apercevant, il poussa un cri, joignit les mains, et resta là, stupide, la bouche ouverte, à me regarder.

«Eh bien, fit Jacques d'un air de triomphe, que vous avais-je dit?

—Oh! mon Dieu! mon Dieu! murmura le bon Pierrotte, il me semble que… C'est bien le cas de le dire… Il me semble que je la vois.

—Les yeux surtout, reprit Jacques, regardez les yeux, Pierrotte.

—Et le menton, monsieur Jacques, le menton avec la fossette», répondit Pierrotte, qui pour mieux me voir avait levé l'abat-jour de la lampe.

Moi, je n'y comprenais rien. Ils étaient là tous les deux à me regarder, à cligner de l'oeil, à se faire des signes…. Tout à coup Pierrotte se leva, sortit du comptoir et vint à moi les bras ouverts:

«Avec votre permission, monsieur Daniel, il faut que je vous embrasse… C'est bien le cas de le dire. Je vais croire embrasser mademoiselle.»

Ce dernier mot m'expliqua tout. A cet âge-là, je ressemblais beaucoup à Mme Eyssette, et pour Pierrotte, qui n'avait pas vu mademoiselle depuis quelque vingt-cinq ans, cette ressemblance était encore plus frappante. Le brave homme ne pouvait pas se lasser de me serrer les mains, de m'embrasser, de me regarder en riant avec ses gros yeux pleins de larmes; il se mit ensuite à nous parler de notre mère, des deux mille francs, de sa Roberte, de sa Camille, de son Anastagille, et cela avec tant de longueurs, tant de périodes, que nous serions encore—c'est bien le cas de le dire—debout dans le magasin, à l'écouter, si Jacques ne lui avait pas dit d'un ton d'impatience: «Et votre caisse, Pierrotte!»

Pierrotte s'arrêta net. Il était un peu confus d'avoir tant parlé:

«Vous avez raison, monsieur Jacques, je bavarde… je bavarde… et puis la petite… c'est bien le cas de le dire… la petite me grondera d'être monté si tard.

—Est-ce que Camille est là-haut? demanda Jacques d'un petit air indifférent.

—Oui… oui, monsieur Jacques… la petite est là-haut… Elle languit… C'est bien le cas de le dire… Elle languit joliment de connaître M. Daniel. Montez donc la voir… je vais faire ma caisse et je vous rejoins… c'est bien le cas de le dire.»

Sans en écouter davantage, Jacques me prit le bras et m'entraîna vite vers le fond, du côté où on jouait de la flûte… Le magasin de Pierrotte était grand et bien garni. Dans l'ombre, on voyait miroiter le ventre des carafes, les globes d'opale, l'or fauve des verres de Bohême, les grandes coupes de cristal, les soupières rebondies, puis de droite et de gauche, de longues piles d'assiettes qui montaient jusqu'au plafond. Le palais de la fée Porcelaine vu de nuit. Dans l'arrière-boutique, un bec de gaz ouvert à demi veillait encore, laissant sortir d'un air ennuyé un tout petit bout de langue… Nous ne fîmes que traverser. Il y avait là, assis sur le bord d'un canapé-lit, un grand jeune homme blond qui jouait mélancoliquement de la flûte. Jacques, en passant, dit un «bonjour» très sec, auquel le jeune homme blond répondit par deux coups de flûte très secs aussi, ce qui doit être la façon de se dire bonjour entre flûtes qui s'en veulent.

«C'est le commis, me dit Jacques, quand nous fûmes dans l'escalier… Il nous assomme, ce grand blond, à jouer toujours de la flûte… Est-ce que tu aimes la flûte, toi, Daniel?»

J'eus envie de lui demander: «Et la petite, l'aime-t-elle?» Mais j'eus peur de lui faire de la peine et je lui répondis très sérieusement: «Non, Jacques, je n'aime pas la flûte.»

L'appartement de Pierrotte était au quatrième étage, dans la même maison que le magasin. Mlle Camille, trop aristocrate pour se montrer à la boutique, restait en haut et ne voyait son père qu'à l'heure des repas. «Oh! tu verras! me disait Jacques en montant, c'est tout à fait sur un pied de grande maison. Camille a une dame de compagnie, Mme Veuve Tribou, qui ne la quitte jamais…. Je ne sais pas trop d'où elle vient cette Mme Tribou, mais Pierrotte la connaît et prétend que c'est une dame de grand mérite…. Sonne, Daniel, nous y voilà!» Je sonnai; une Cévenole à grande coiffe vint nous ouvrir, sourit à Jacques comme à une vieille connaissance, et nous introduisit dans le salon.

Quand nous entrâmes, Mlle Pierrotte était au piano. Deux vieilles dames un peu fortes, Mme Lalouette et la veuve Tribou, dame de grand mérite, jouaient aux cartes dans un coin. En nous voyant, tout le monde se leva. Il y eut un moment de trouble et de brouhaha; puis, les saluts échangés, les présentations faites, Jacques invita Camille—il disait Camille tout court—à se remettre au piano; et la dame de grand mérite profita de l'invitation pour continuer sa partie avec Mme Lalouette. Nous avions pris place, Jacques et moi, chacun d'un côté de Mlle Pierrotte, qui, tout en faisant trotter ses petits doigts sur le piano, causait et riait avec nous. Je la regardais pendant qu'elle parlait. Elle n'était pas jolie. Blanche, rose, l'oreille petite, le cheveu fin, mais trop de joues, trop de santé; avec cela, les mains rouges, et les grâces un peu froides d'une pensionnaire en vacances. C'était bien la fille de Pierrotte, une fleur des montagnes, grandie sous la vitrine du passage du Saumon.

Telle fut, du moins, ma première impression; mais, soudain, sur un mot que je lui dis, Mlle Pierrotte, dont les yeux étaient restés baissés jusque-là, les leva lentement sur moi, et, comme par magie, la petite bourgeoise disparut. Je ne vis plus que ses yeux, deux grands yeux noirs éblouissants, que je reconnus tout de suite….