La Chartreuse de Parme Ch. 1/6 · 0%

La Chartreuse de ParmePart 2 of 60

Stendhal

French original · English translation

The Marquis del Dongo Le marquis del Dongo had eut a great position, une grande place, and, et, as comme he joined il joignait a sordid avarice une avarice sordide to à a host of other fine qualities, une foule d’autres belles qualités, he publicly boasted il se vanta publiquement of not sending de ne pas envoyer a crown un écu to his sister, à sa sœur, the Countess Pietranera: la comtesse Pietranera: always toujours mad with love, folle d’amour, she elle did not want to leave ne voulait pas quitter her husband, son mari, and et was dying of hunger mourait de faim in France with him. en France avec lui. The good Marchioness La bonne marquise was desperate; était désespérée; finally enfin she managed to steal elle réussit à dérober some small diamonds quelques petits diamants from her jewel case, dans son écrin, which que her husband son mari took back from her lui reprenait every evening tous les soirs to lock it pour l’enfermer under his bed sous son lit in an iron box: dans une caisse de fer: the Marchioness la marquise had brought avait apporté eight hundred thousand francs huit cent mille francs as a dowry de dot to her husband, à son mari, and et received recevait eighty francs quatre-vingts francs per month par mois for her personal expenses. pour ses dépenses personnelles. During Pendant the thirteen months les treize mois that que the French les Français spent passèrent outside Milan, hors de Milan, this so timid woman cette femme si timide found trouva pretexts des prétextes and et did not leave ne quitta pas mourning. le noir.

We will admit Nous avouerons that, que, following suivant the example l’exemple of many serious authors, de beaucoup de graves auteurs, we have begun nous avons commencé the story l’histoire of our hero de notre héros one year une année before his birth. avant sa naissance. This essential character Ce personnage essentiel is none other, n’est autre, in effect, en effet, than que Fabrice Valserra, Fabrice Valserra, marchesino del Dongo, marchesino del Dongo, as comme they say on dit in Milan 1. à Milan 1. He had just Il venait justement de taken the trouble to be born se donner la peine de naître when lorsque the French les Français were driven out, furent chassés, and et found himself, se trouvait, by par the chance le hasard of birth, de la naissance, the second son le second fils of this Marquis del Dongo, de ce marquis del Dongo so great a lord, si grand seigneur, and whose et dont vous connaissez déjà large pale face, le gros visage blême, false smile le sourire faux and et boundless hatred la haine sans bornes for new ideas you already know. pour les idées nouvelles. All the fortune of the house Toute la fortune de la maison was entailed était substituée to the eldest son au fils aîné Ascanio del Dongo, Ascanio del Dongo, the le worthy digne portrait portrait of de his son father. père. He Il was eight years old, avait huit ans, and et Fabrice Fabrice two, deux, when lorsque suddenly tout à coup this ce General général Bonaparte, Bonaparte, whom que all well-born people tous les gens bien nés believed long since croyaient hanged, pendu depuis longtemps, descended descendit from du Mont Saint-Bernard. mont Saint-Bernard. He entered Il entra Milan: dans Milan: this ce moment moment is est still encore unique unique in history; dans l’histoire; imagine figurez-vous an entire people tout un peuple madly in love. amoureux fou. A few days Peu de jours later, après, Napoleon Napoléon won gagna the battle of Marengo. la bataille de Marengo. The rest Le reste is est useless inutile to say. à dire. The intoxication L’ivresse of the Milanese des Milanais was fut at its peak; au comble; but, mais, this time, cette fois, it was mixed elle était mélangée with ideas of vengeance: d’idées de vengeance: hatred had been taught on avait appris la haine to this good people. à ce bon peuple. Soon Bientôt one saw arrive l’on vit arriver what remained ce qui restait of the patriots des patriotes deported déportés to the mouths of Cattaro; aux bouches de Cattaro; their return leur retour was celebrated fut célébré by par a national holiday. une fête nationale. Their Leurs pale faces, figures pâles, their leurs large astonished eyes, grands yeux étonnés, their leurs emaciated limbs, membres amaigris, made faisaient a strange contrast un étrange contraste with avec the joy la joie that burst forth qui éclatait from all sides. de toutes parts. Their arrival Leur arrivée was fut the signal le signal for departure du départ for pour the les most compromised families. familles les plus compromises. The Marquis del Dongo Le marquis del Dongo was fut among the first des premiers to flee à s’enfuir to his castle à son château of Grianta. de Grianta. The heads Les chefs of the great families des grandes familles were filled étaient remplis with hatred and fear; de haine et de peur; but mais their wives, leurs femmes, their daughters, leurs filles, recalled se rappelaient the joys les joies of the first stay du premier séjour of the French, des Français, and et regretted regrettaient Milan Milan and et the so gay balls, les bals si gais, which qui immediately aussitôt after Marengo après Marengo were organized s’organisèrent at Casa Tanzi. à la Casa Tanzi. A few days Peu de jours after the victory, après la victoire, the le French general, général français, charged chargé with maintaining de maintenir tranquility la tranquillité in Lombardy, dans la Lombardie, noticed s’aperçut that que all the farmers tous les fermiers of the nobles, des nobles, that que all the old women toutes les vieilles femmes of the countryside, de la campagne, far from bien loin de still thinking songer encore of à this astonishing victory cette étonnante victoire of Marengo de Marengo which qui had changed avait changé the destinies les destinées of Italy, de l’Italie, and reconquered et reconquis thirteen treize strongholds places fortes in one day, en un jour, had n’avaient their souls l’âme occupied occupée only by que a prophecy d’une prophétie of Saint Giovita, de saint Giovita, the first le premier patron patron of Brescia. de Brescia. According to Suivant this sacred word, cette parole sacrée, the prosperities les prospérités of the French des Français and of Napoleon et de Napoléon were to cease devaient cesser thirteen weeks treize semaines just after juste après Marengo. Marengo. What Ce qui excuses excuse a little un peu the Marquis del Dongo le marquis del Dongo and all et tous the sulking nobles les nobles boudeurs of the countryside, des campagnes, is that c’est que really réellement and et without pretense sans comédie they believed ils croyaient in à the prophecy. la prophétie. All those people Tous ces gens-là had not read n’avaient pas lu four volumes quatre volumes in their life; en leur vie; they ils were openly making faisaient ouvertement their preparations leurs préparatifs to return pour rentrer to Milan à Milan at the end of au bout des thirteen weeks, treize semaines, but mais time, le temps, as it passed, en s’écoulant, marked marquait new successes de nouveaux succès for the cause pour la cause of France. de la France. Back De retour in Paris, à Paris, Napoleon, Napoléon, by wise decrees, par de sages décrets, saved sauvait the revolution la révolution internally, à l’intérieur, as comme he had saved it il l’avait sauvée at Marengo à Marengo against foreigners. contre les étrangers. Then Alors the Lombard nobles, les nobles lombards, refugees réfugiés in their castles, dans leurs châteaux, discovered découvrirent that first que d’abord they had misunderstood ils avaient mal compris the prediction la prédiction of the patron saint du saint patron of Brescia: de Brescia: it was not about thirteen weeks, il ne s’agissait pas de treize semaines, but indeed mais bien about thirteen months. de treize mois. The thirteen months Les treize mois passed, s’écoulèrent, and et the prosperity la prospérité of France de la France seemed to increase semblait s’augmenter every day. tous les jours.

We glide over Nous glissons sur ten years dix années of progress and happiness, de progrès et de bonheur, from 1800 to 1810; de 1800 à 1810; Fabrice Fabrice spent the first ones passa les premières at the castle au château of Grianta, de Grianta, giving and receiving donnant et recevant many punches force coups de poing among the au milieu des small peasants petits paysans of the village, du village, and et learning nothing, n’apprenant rien, not even pas même to read. à lire. Later, Plus tard, he was sent on l’envoya to the Jesuit college au collège des jésuites in Milan. à Milan. The marquis his father Le marquis son père demanded exigea that he be shown Latin, qu’on lui montrât le latin, not from non point d’après those old authors ces vieux auteurs who always speak qui parlent toujours of republics, des républiques, but from mais sur a magnificent volume un magnifique volume adorned with more than orné de plus de a hundred engravings, cent gravures, a masterpiece chef-d’œuvre by 17th-century des artists; artistes du XVIIe siècle; it was c’était the Latin genealogy la généalogie latine of the Valserra, des Valserra, Marquis del Dongo, marquis del Dongo, published in 1650 publiée en 1650 by Fabrice del Dongo, par Fabrice del Dongo, Archbishop archevêque of Parma. de Parme. The fortune of the Valserra La fortune des Valserra being above all étant surtout military, militaire, the engravings les gravures represented représentaient many battles, force batailles, and always et toujours one saw on voyait some hero quelque héros of that name de ce nom giving great sword blows. donnant de grands coups d’épée. This book Ce livre pleased the young Fabrice plaisait greatly. fort au jeune Fabrice. His mother, Sa mère, who qui adored him, l’adorait, obtained obtenait from time to time de temps en temps permission la permission to come see him de venir le voir in Milan; à Milan; but mais her husband son mari never offering her ne lui offrant jamais money d’argent for these trips, pour ces voyages, it was c’était her sister-in-law, sa belle-sœur, the amiable l’aimable Countess Pietranera, comtesse Pietranera, who qui lent it to her. lui en prêtait. After Après the return le retour of the French, des Français, the Countess la comtesse had become one of était devenue l’une des femmes the most brilliant women les plus brillantes at the court de la cour of Prince Eugène, du prince Eugène, Viceroy vice-roi of Italy. d’Italie.

When Lorsque Fabrice Fabrice had made eut fait his first communion, sa première communion, she elle obtained obtint from the marquis, du marquis, still toujours a voluntary exile, exilé volontaire, permission la permission to let him leave his college de le faire sortir sometimes. quelquefois de son collège. She Elle found him le trouva singular, singulier, witty, spirituel, very fort serious, sérieux, but mais a handsome boy, joli garçon, and et not too much disfiguring ne déparant point trop the salon le salon of a fashionable woman; d’une femme à la mode; moreover, du reste, ignorant at will, ignorant à plaisir, and et barely knowing sachant à peine how to write. écrire. The Countess, La comtesse, who qui carried portait in all things en toutes choses her enthusiastic character, son caractère enthousiaste, promised promit her protection sa protection to the head au chef of the establishment, de l’établissement, if si her nephew Fabrice son neveu Fabrice made faisait astonishing progress, des progrès étonnants, and et at the end of the year à la fin de l’année won avait many prizes. beaucoup de prix. To Pour give him lui donner the means les moyens to deserve them, de les mériter, she elle sent for him l’envoyait chercher every Saturday evening, tous les samedis soir, and et often souvent only returned him ne le rendait to his masters à ses maîtres on Wednesday or Thursday. que le mercredi ou le jeudi. The Jesuits, Les jésuites, although quoique tenderly cherished tendrement chéris by the prince viceroy, par le prince vice-roi, were repelled étaient repoussés from Italy d’Italie by the laws par les lois of the kingdom, du royaume, and et the superior le supérieur of the college, du collège, a skillful man, homme habile, felt sentit all the advantage tout le parti he could draw qu’il pourrait tirer from his relations de ses relations with avec an all-powerful woman une femme toute-puissante at court. à la cour. He took care not to Il n’eut garde de complain se plaindre about Fabrice’s absences, des absences de Fabrice, who, qui, more ignorant plus ignorant than ever, que jamais, at the end of the year à la fin de l’année obtained obtint five cinq first prizes. premiers prix. On this condition, A cette condition, the brilliant Countess Pietranera, la brillante comtesse Pietranera, followed by her husband, suivie de son mari, a general commanding one général commandant une des divisions of the guard divisions, de la garde, and et by five or six de cinq ou six of the greatest personages des plus grands personnages of the viceroy’s court, de la cour du vice-roi, came to attend vint assister the prize distribution à la distribution des prix at the Jesuits’. chez les jésuites. The superior Le supérieur was complimented fut complimenté by his superiors. par ses chefs.

The Countess La comtesse led conduisait her nephew son neveu to all these brilliant festivities à toutes ces fêtes brillantes which marked qui marquèrent the too short reign le règne trop court of the amiable Prince Eugène. de l’aimable prince Eugène. She Elle had created him l’avait créé by her authority de son autorité an officer of hussars, officier de hussards, and Fabrice, et Fabrice, aged twelve, âgé de douze ans, wore portait this uniform. cet uniforme. One day, Un jour, the Countess, la comtesse, enchanted enchantée by his handsome figure, de sa jolie tournure, asked demanda for him pour lui from the Prince au prince a place as a page, une place de page, which ce qui meant voulait dire that que the del Dongo family la famille del Dongo was rallying. se ralliait. The next day, Le lendemain, she needed elle eut besoin all her credit de tout son crédit to obtain pour obtenir that que the viceroy le vice-roi would kindly voulût bien not remember this request, ne pas se souvenir de cette demande, to which à laquelle nothing was lacking rien ne manquait but que the consent le consentement of the father du père of the future page, du futur page, and et this consent ce consentement would have been refused eût été refusé with éclat. avec éclat. Following A la suite de this folly, cette folie, which qui made the fit sulky Marquis tremble, frémir le marquis boudeur, he found il trouva a pretext un prétexte to recall young Fabrice pour rappeler to Grianta. à Grianta le jeune Fabrice. The Countess La comtesse supremely despised méprisait souverainement her brother; son frère; she elle regarded him le regardait as comme a sad fool, un sot triste, and et who would be qui serait wicked méchant if ever si jamais he il had the power. en avait le pouvoir. But Mais she was mad about elle était folle de Fabrice, Fabrice, and, et, after après ten years dix ans of silence, de silence, she wrote elle écrivit to the Marquis au marquis to claim pour réclamer her nephew: son neveu: her letter sa lettre was left fut laissée unanswered. sans réponse.

Upon his return A son retour to this formidable palace, dans ce palais formidable, built by bâti par the most warlike of his ancestors, le plus belliqueux de ses ancêtres, Fabrice Fabrice knew nothing ne savait rien in the world au monde but que to exercise faire l’exercice and et ride a horse. monter à cheval. Often Souvent Count Pietranera, le comte Pietranera, as fond aussi fou of this child de cet enfant as que his wife, sa femme, made him le faisait ride a horse, monter à cheval, and et led him le menait with him avec lui to the parade. à la parade.

Upon arriving En arrivant at Grianta castle, au château de Grianta, Fabrice, Fabrice, his eyes les yeux still encore very red bien rouges from the tears shed des larmes répandues upon leaving en quittant his aunt's beautiful salons, les beaux salons de sa tante, found only ne trouva que the passionate caresses les caresses passionnées of his mother and his sisters. de sa mère et de ses sœurs. The Marquis Le marquis was shut était enfermé in his study dans son cabinet with his eldest son, avec son fils aîné, the marchesino Ascanio. le marchesino Ascanio. They were there fabricating Ils y fabriquaient coded letters des lettres chiffrées which qui had the honor of being sent avaient l’honneur d’être envoyées to Vienna; à Vienne; the father and the son le père et le fils appeared ne paraissaient only at qu’aux meal times. heures des repas. The Marquis Le marquis repeated répétait with affectation avec affectation that he qu’il was teaching apprenait his natural successor à son successeur naturel to keep, à tenir, in double entry, en partie double, the account le compte of the products des produits of each de chacune of his lands. de ses terres. In fact, Dans le fait, the Marquis le marquis was était too jealous trop jaloux of his power de son pouvoir to speak pour parler of such things de ces choses-là to a son, à un fils, necessary heir héritier nécessaire of all these entailed lands. de toutes ces terres substituées. He Il employed him l’employait to code à chiffrer dispatches des dépêches of fifteen or twenty pages de quinze ou vingt pages which que two or three times deux ou trois fois a week la semaine he il had sent faisait passer to Switzerland, en Suisse, from where d’où they were forwarded on les acheminait to Vienna. à Vienne. The Marquis Le marquis claimed prétendait to make known faire connaître to his legitimate sovereigns à ses souverains légitimes the internal state l’état intérieur of the kingdom of Italy du royaume d’Italie which he qu’il did not know ne connaissait pas himself, lui-même, and yet et toutefois his letters ses lettres had much success; avaient beaucoup de succès; here is how. voici comment. The Marquis Le marquis had counted faisait compter on the main road, sur la grande route, by par some reliable agent, quelque agent sûr, the number le nombre of soldiers des soldats of such and such de tel French or Italian regiment régiment français ou italien which qui was changing garrison, changeait de garnison, and, et, in reporting en rendant compte the fact du fait to the court of Vienna, à la cour de Vienne, he il took care to avait soin de diminish diminuer by a large quarter d’un grand quart the number le nombre of soldiers present. des soldats présents. These letters, Ces lettres, otherwise d’ailleurs ridiculous, ridicules, had the merit avaient le mérite of disproving d’en démentir others more truthful, d’autres plus véridiques, and they pleased. et elles plaisaient. Thus, Aussi, a short time before peu de temps avant Fabrice's arrival l’arrivée de Fabrice at the castle, au château, had the Marquis received le marquis avait-il reçu the plaque la plaque of a renowned order: d’un ordre renommé: it was c’était the fifth la cinquième which qui adorned his chamberlain's coat. ornait son habit de chambellan. In truth, A la vérité, he il had the sorrow avait le chagrin of not daring de ne pas oser to display arborer this coat cet habit outside his study; hors de son cabinet; but mais he never allowed himself il ne se permettait jamais to dictate de dicter a dispatch une dépêche without having donned sans avoir revêtu the embroidered costume, le costume brodé, adorned with garni de all his orders. tous ses ordres. He would have thought it disrespectful Il eût cru manquer de respect to act otherwise. d’en agir autrement.

The Marchioness La marquise was amazed fut émerveillée by the graces des grâces of her son. de son fils. But Mais she had kept the habit elle avait conservé l’habitude of writing d’écrire two or three times a year deux ou trois fois par an to au General Count d’A***; général comte d’A***; that was c’était the current name le nom actuel of Lieutenant du lieutenant Robert. Robert. The Marchioness La marquise abhorred avait horreur de lying mentir to the people aux gens she loved; qu’elle aimait; she questioned elle interrogea her son son fils and et was appalled fut épouvantée by de his ignorance. son ignorance.

«If he «S’il me seems semble little peu instructed to me, instruit, she said to herself, se disait-elle, to me à moi who qui knows nothing, ne sais rien, Robert, Robert, who qui is est so learned, si savant, would find trouverait his education son éducation absolutely failed; absolument manquée; now, however, merit is needed.» or maintenant il faut du mérite.» Another particularity Une autre particularité which qui astonished her l’étonna almost as much, presque autant, is that c’est que Fabrice Fabrice had taken seriously avait pris au sérieux all the religious things toutes les choses religieuses that qu’on had been taught to him lui avait enseignées by the Jesuits. chez les jésuites. Although Quoique very pious fort pieuse herself, elle-même, the fanaticism le fanatisme of this child de cet enfant made her tremble. la fit frémir. «If «Si the Marquis le marquis has the wit a l’esprit to guess de deviner this means of influence, ce moyen d’influence, he will il va take away m’enlever my son's love.» l’amour de mon fils.» She cried Elle pleura a lot, beaucoup, and et her passion sa passion for Fabrice pour Fabrice increased because of it. s’en augmenta.

The life of this castle, La vie de ce château, populated by peuplé de thirty or forty trente ou quarante servants, domestiques, was était very sad; fort triste; so aussi Fabrice Fabrice spent passait-il all his days toutes ses journées hunting à la chasse or ou sailing the lake à courir le lac in a boat. sur une barque. Soon Bientôt he was il fut closely linked étroitement lié with avec the coachmen les cochers and et stablemen; les hommes des écuries; all tous were étaient mad partisans partisans fous of the French des Français and et openly mocked se moquaient ouvertement the devout valets, des valets de chambre dévots, attached to attachés à the person of the Marquis la personne du marquis or to that ou à celle of his eldest son. de son fils aîné. The great subject of jest Le grand sujet de plaisanterie against contre these serious personages, ces personnages graves, is that they wore c’est qu’ils portaient powder de la poudre like à l’instar de their masters. leurs maîtres.

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CHAPITRE II

Le marquis professait une haine vigoureuse pour les lumières: «Ce sont les idées, disait-il, qui ont perdu l’Italie.» Il ne savait trop comment concilier cette sainte horreur de l’instruction, avec le désir de voir son fils Fabrice perfectionner l’éducation si brillamment commencée chez les jésuites. Pour courir le moins de risques possible, il chargea le bon abbé Blanès, curé de Grianta, de faire continuer à Fabrice ses études en latin. Il eût fallu que le curé lui-même sût cette langue; or elle était l’objet de ses mépris; ses connaissances en ce genre se bornaient à réciter, par cœur, les prières de son missel, dont il pouvait rendre à peu près le sens à ses ouailles. Mais ce curé n’en était pas moins fort respecté et même redouté dans le canton; il avait toujours dit que ce n’était point en treize semaines ni même en treize mois, que l’on verrait s’accomplir la célèbre prophétie de saint Giovita, le patron de Brescia. Il ajoutait, quand il parlait à des amis sûrs, que ce nombre treize devait être interprété d’une façon qui étonnerait bien du monde, s’il était permis de tout dire (1813).

Le fait est que l’abbé Blanès, personnage d’une honnêteté et d’une vertu primitives, et de plus homme d’esprit, passait toutes les nuits au haut de son clocher; il était fou d’astrologie. Après avoir usé ses journées à calculer des conjonctions et des positions d’étoiles, il employait la meilleure part de ses nuits à les suivre dans le ciel. Par suite de sa pauvreté, il n’avait d’autre instrument qu’une longue lunette à tuyau de carton. On peut juger du mépris qu’avait pour l’étude des langues un homme qui passait sa vie à découvrir l’époque précise de la chute des empires et des révolutions qui changent la face du monde. «Que sais-je de plus sur un cheval, disait-il à Fabrice, depuis qu’on m’a appris qu’en latin il s’appelle equus?»

Les paysans redoutaient l’abbé Blanès comme un grand magicien: pour lui, à l’aide de la peur qu’inspiraient ses stations dans le clocher, il les empêchait de voler. Ses confrères les curés des environs, fort jaloux de son influence, le détestaient; le marquis del Dongo le méprisait tout simplement parce qu’il raisonnait trop pour un homme de si bas étage. Fabrice l’adorait: pour lui plaire il passait quelquefois des soirées entières à faire des additions ou des multiplications énormes. Puis il montait au clocher: c’était une grande faveur et que l’abbé Blanès n’avait jamais accordée à personne; mais il aimait cet enfant pour sa naïveté.

—Si tu ne deviens pas hypocrite, lui disait-il, peut-être tu seras un homme.

Deux ou trois fois par an, Fabrice, intrépide et passionné dans ses plaisirs, était sur le point de se noyer dans le lac. Il était le chef de toutes les grandes expéditions des petits paysans de Grianta et de la Cadenabia. Ces enfants s’étaient procuré quelques petites clefs, et quand la nuit était bien noire, ils essayaient d’ouvrir les cadenas de ces chaînes qui attachent les bateaux à quelque grosse pierre ou à quelque arbre voisin du rivage. Il faut savoir que sur le lac de Côme l’industrie des pêcheurs place des lignes dormantes à une grande distance des bords. L’extrémité supérieure de la corde est attachée à une planchette doublée de liège, et une branche de coudrier très flexible, fichée sur cette planchette, soutient une petite sonnette qui tinte lorsque le poisson, pris à la ligne, donne des secousses à la corde.

Le grand objet de ces expéditions nocturnes, que Fabrice commandait en chef, était d’aller visiter les lignes dormantes, avant que les pêcheurs eussent entendu l’avertissement donné par les petites clochettes. On choisissait les temps d’orage; et, pour ces parties hasardeuses, on s’embarquait le matin, une heure avant l’aube. En montant dans la barque, ces enfants croyaient se précipiter dans les plus grands dangers, c’était là le beau côté de leur action; et, suivant l’exemple de leurs pères, ils récitaient dévotement un Ave Maria. Or, il arrivait souvent qu’au moment du départ, et à l’instant qui suivait l’Ave Maria, Fabrice était frappé d’un présage. C’était là le fruit qu’il avait retiré des études astrologiques de son ami l’abbé Blanès, aux prédictions duquel il ne croyait point. Suivant sa jeune imagination, ce présage lui annonçait avec certitude le bon ou le mauvais succès; et comme il avait plus de résolution qu’aucun de ses camarades, peu à peu toute la troupe prit tellement l’habitude des présages, que si, au moment de s’embarquer, on apercevait sur la côte un prêtre, ou si l’on voyait un corbeau s’envoler à main gauche, on se hâtait de remettre le cadenas à la chaîne du bateau, et chacun allait se recoucher. Ainsi l’abbé Blanès n’avait pas communiqué sa science assez difficile à Fabrice; mais à son insu, il lui avait inoculé une confiance illimitée dans les signes qui peuvent prédire l’avenir.

Le marquis sentait qu’un accident arrivé à sa correspondance chiffrée pouvait le mettre à la merci de sa sœur; aussi tous les ans, à l’époque de la Sainte-Angela, fête de la comtesse Pietranera, Fabrice obtenait la permission d’aller passer huit jours à Milan. Il vivait toute l’année dans l’espérance ou le regret de ces huit jours. En cette grande occasion, pour accomplir ce voyage politique, le marquis remettait à son fils quatre écus, et, suivant l’usage, ne donnait rien à sa femme, qui le menait. Mais un des cuisiniers, six laquais et un cocher avec deux chevaux, partaient pour Côme, la veille du voyage, et chaque jour, à Milan, la marquise trouvait une voiture à ses ordres, et un dîner de douze couverts.