Au Bonheur des DamesPart 26 of 50
French original · English translation
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Du reste, la situation allait empirer encore. En septembre, l'architecte, craignant de ne pas être prêt, se décida à faire travailler la nuit. De puissantes lampes électriques furent établies, et le branle ne cessa plus: des équipes se succédaient, les marteaux n'arrêtaient pas, les machines sifflaient continuellement, la clameur toujours aussi haute semblait soulever et semer le plâtre. Alors, les Baudu, exaspérés, durent même renoncer à fermer les yeux; ils étaient secoués dans leur alcôve, les bruits se changeaient en cauchemars, dès que la fatigue les engourdissait. Puis, s'ils se levaient pieds nus, pour calmer leur fièvre, et s'ils venaient soulever un rideau, ils restaient effrayés devant la vision du Bonheur des Dames flambant au fond des ténèbres, comme une forge colossale, où se forgeait leur ruine. Au milieu des murs, à moitié construits, troués de baies vides, les lampes électriques jetaient de larges rayons bleus, d'une intensité aveuglante. Deux heures du matin sonnaient, puis trois heures, puis quatre heures. Et, dans le sommeil pénible du quartier, le chantier agrandi par cette clarté lunaire, devenu colossal et fantastique, grouillait d'ombres noires, d'ouvriers retentissants, dont les profils gesticulaient, sur la blancheur crue des murailles neuves.
L'oncle Baudu l'avait dit, le petit commerce des rues voisines recevait encore un coup terrible. Chaque fois que le Bonheur des Dames créait des rayons nouveaux, c'étaient de nouveaux écroulements, chez les boutiquiers des alentours. Le désastre s'élargissait, on entendait craquer les plus vieilles maisons. Mlle Tatin, la lingère du passage Choiseul, venait d'être déclarée en faillite; Quinette, le gantier, en avait à peine pour six mois; les fourreurs Vanpouille étaient obligés de sous-louer une partie de leurs magasins; si Bédoré et soeur, les bonnetiers, tenaient toujours, rue Gaillon, ils mangeaient évidemment les rentes amassées jadis. Et voilà que, maintenant, d'autres ruines allaient s'ajouter à ces ruines prévues depuis longtemps: le rayon d'articles de Paris menaçait un bimbelotier de la rue Saint-Roch, Deslignières, un gros homme sanguin; tandis que le rayon des meubles atteignait les Piot et Rivoire, dont les magasins dormaient dans l'ombre du passage Sainte-Anne. On craignait même l'apoplexie pour le bimbelotier, car il ne dérageait pas, en voyant le Bonheur afficher les porte-monnaie à trente pour cent de rabais. Les marchands de meubles, plus calmes, affectaient de plaisanter ces calicots qui se mêlaient de vendre des tables et des armoires; mais des clientes les quittaient déjà, le succès du rayon s'annonçait formidable. C'était fini, il fallait plier l'échine: après ceux-là, d'autres encore seraient balayés, et il n'y avait plus de raison pour que tous les commerces ne fussent tour à tour chassés de leurs comptoirs. Le Bonheur seul, un jour, couvrirait le quartier de sa toiture.
À présent, le matin et le soir, lorsque les mille employés entraient et sortaient, ils s'allongeaient en une queue si longue sur la place Gaillon, que le monde s'arrêtait pour les regarder, comme on regarde défiler un régiment. Pendant dix minutes, les trottoirs en étaient encombrés; et les boutiquiers, devant leurs portes, songeaient à l'unique commis, qu'ils ne savaient déjà comment nourrir. Le dernier inventaire du grand magasin, ce chiffre de quarante millions d'affaires, avait aussi révolutionné le voisinage. Il courait de maison en maison, au milieu de cris de surprise et de colère. Quarante millions! songeait-on à cela? Sans doute, le bénéfice net se trouvait au plus de quatre pour cent, avec leurs frais généraux considérables et leur système de bon marché. Mais seize cent mille francs de gain était encore une jolie somme, on pouvait se contenter du quatre pour cent, lorsqu'on opérait sur des capitaux pareils. On racontait que l'ancien capital de Mouret, les premiers cinq cent mille francs augmentés chaque année de la totalité des bénéfices, un capital qui devait être à cette heure de quatre millions, avait ainsi passé dix fois en marchandises, dans les comptoirs. Robineau, quand il se livrait à ce calcul devant Denise, après le repas, restait un instant accablé, les yeux sur son assiette vide: elle avait raison, c'était ce renouvellement incessant du capital qui faisait la force invincible du nouveau commerce. Bourras seul niait les faits, refusait de comprendre, superbe et stupide comme une borne. Un tas de voleurs, voilà tout! Des gens qui mentaient! Des charlatans qu'on ramasserait dans le ruisseau, un beau matin!
Les Baudu, cependant, malgré leur volonté de ne rien changer aux habitudes du Vieil Elbeuf, tâchaient de soutenir la concurrence. La clientèle ne venant plus à eux, ils s'efforçaient d'aller à elle, par l'intermédiaire des courtiers. Il y avait alors, sur la place de Paris, un courtier, en rapport avec tous les grands tailleurs, qui sauvait les petites maisons de draps et de flanelles, lorsqu'il voulait bien les représenter. Naturellement, on se le disputait, il prenait une importance de personnage; et, Baudu, l'ayant marchandé, eut le malheur de le voir s'entendre avec les Matignon, de la rue Croix-des-Petits-Champs. Coup sur coup, deux autres courtiers le volèrent; un troisième, honnête homme, ne faisait rien. C'était la mort lente, sans secousse, un ralentissement continu des affaires, des clientes perdues une à une. Le jour vint où les échéances furent lourdes. Jusque-là, on avait vécu sur les économies d'autrefois; maintenant, la dette commençait. En décembre, Baudu, terrifié par le chiffre des billets souscrits, se résigna au plus cruel des sacrifices: il vendit sa maison de campagne de Rambouillet, une maison qui lui coûtait tant d'argent en réparations continuelles, et dont les locataires ne l'avaient pas même payé, lorsqu'il s'était décidé à en tirer parti. Cette vente tuait le seul rêve de sa vie, son coeur en saignait comme de la perte d'une personne chère. Et il dut céder, pour soixante-dix mille francs, ce qui lui en coûtait plus de deux cent mille. Encore fut-il heureux de trouver les Lhomme, ses voisins, que le désir d'augmenter leurs terres détermina. Les soixante-dix mille francs allaient soutenir la maison pendant quelque temps encore. Malgré tous les échecs, l'idée de la lutte renaissait: avec de l'ordre, à présent, on pouvait vaincre peut-être.
Le dimanche où les Lhomme donnèrent l'argent, ils voulurent bien dîner au Vieil Elbeuf. Mme Aurélie arriva la première; il fallut attendre le caissier, qui vint en retard, effaré par tout un après-midi de musique; quant au jeune Albert, il avait accepté l'invitation, mais il ne parut pas. Ce fut, d'ailleurs, une soirée pénible. Les Baudu, vivant sans air au fond de leur étroite salle à manger, souffrirent du coup de vent que les Lhomme y apportaient, avec leur famille débandée et leur goût de libre existence. Geneviève, blessée des allures impériales de Mme Aurélie, n'avait pas ouvert la bouche; tandis que Colomban l'admirait, pris de frissons, en songeant qu'elle régnait sur Clara.
Avant de se coucher, le soir, comme Mme Baudu était déjà au lit, Baudu se promena longtemps dans la chambre. Il faisait doux, un temps humide de dégel. Au-dehors, malgré les fenêtres closes et les rideaux tirés, on entendait ronfler les machines des travaux d'en face.
— Sais-tu à quoi je pense, Élisabeth? dit-il enfin. Eh bien! ces Lhomme ont beau gagner beaucoup d'argent, j'aime mieux être dans ma peau que dans la leur… Ils réussissent, c'est vrai. La femme a raconté, n'est-ce pas? qu'elle s'était fait près de vingt mille francs cette année, et cela lui a permis de me prendre ma pauvre maison. N'importe! je n'ai plus la maison, mais au moins je ne vais pas jouer de la musique d'un côté, tandis que tu cours la prétentaine de l'autre… Non, vois-tu, ils ne peuvent pas être heureux.
Il était encore dans la grosse douleur de son sacrifice, il gardait une rancune contre ces gens qui lui avaient acheté son rêve. Quand il arrivait près du lit, il gesticulait, penché vers sa femme; puis, de retour devant la fenêtre, il se taisait un instant, il écoutait la clameur du chantier. Et il reprenait ses vieilles accusations, ses doléances désespérées sur les temps nouveaux: on n'avait jamais vu ça, des commis gagnaient à cette heure plus que des commerçants, c'étaient les caissiers qui rachetaient les propriétés des patrons. Aussi tout craquait, la famille n'existait plus, on vivait à l'hôtel, au lieu de manger honnêtement la soupe chez soi. Enfin, il termina en prophétisant que le jeune Albert dévorerait plus tard la terre de Rambouillet avec des actrices.
Mme Baudu l'écoutait, la tête droite sur l'oreiller, si pâle, que son visage avait la couleur de la toile.
— Ils t'ont payé, finit-elle par dire doucement.
Du coup, Baudu resta muet. Il marcha quelques secondes, les yeux à terre. Puis, il reprit:
— Ils m'ont payé, c'est vrai; et, après tout, leur argent est aussi bon qu'un autre… Ce serait drôle, de relever la maison avec cet argent-là. Ah! si je n'étais pas si vieux, si fatigué!
Un long silence régna. Le drapier était envahi par des projets vagues. Brusquement, sa femme parla, les yeux au plafond, sans remuer la tête.
— As-tu remarqué ta fille, depuis quelque temps?
— Non, répondit-il.
— Eh bien! elle m'inquiète un peu… Elle pâlit, elle semble se désespérer.
Debout devant le lit, il était plein de surprise.
— Tiens! pourquoi donc? … Si elle est malade, elle devrait le dire. Demain il faudra faire venir le médecin.
Mme Baudu restait toujours immobile. Après une grande minute, elle déclara seulement de son air réfléchi:
— Ce mariage avec Colomban, je crois qu'il vaudrait mieux en finir.
Il la regarda, puis il se remit à marcher. Des faits lui revenaient: Était-ce possible que sa fille tombât malade, à cause du commis? Elle l'aimait donc au point de ne pouvoir attendre? Encore un malheur de ce côté! Cela le bouleversait, d'autant plus qu'il avait lui-même des idées arrêtées sur ce mariage. Jamais il n'aurait voulu le conclure dans les conditions présentes. Pourtant, l'inquiétude l'attendrissait.
— C'est bon, dit-il enfin, je parlerai à Colomban.
Et, sans ajouter une parole, il continua sa promenade. Bientôt les yeux de sa femme se fermèrent, elle dormait toute blanche, comme morte. Lui, marchait encore. Avant de se coucher, il écarta les rideaux, il jeta un coup d'oeil; de l'autre côté de la rue, les fenêtres béantes de l'ancien Hôtel Duvillard ouvraient des trous sur le chantier, où les ouvriers s'agitaient, dans l'éblouissement des lampes électriques.
Dès le lendemain matin, Boudu emmena Colomban au fond d'un étroit magasin de l'entresol. La veille, il avait arrêté ce qu'il aurait à dire.
— Mon garçon, commença-t-il, tu sais que j'ai vendu ma propriété de Rambouillet. Cela va nous permettre de donner un coup de collier… Mais, avant tout, je voudrais causer un peu avec toi.
Le jeune homme, qui semblait redouter l'entretien, attendait d'un air gauche. Ses petits yeux clignotaient dans sa large face, et il restait la bouche ouverte, signe chez lui d'une perturbation profonde.
— Écoute-moi bien, reprit le drapier. Quand le père Hauchecorne m'a cédé le Vieil Elbeuf, la maison était prospère; lui-même l'avait reçue autrefois du vieux Finet, en bon état… Tu connais mes idées: je croirais commettre une vilaine action, si je passais, diminué, à mes enfants ce dépôt de famille; et c'est pourquoi j'ai toujours reculé ton mariage avec Geneviève… Oui, je m'entêtais, j'espérais ramener la prospérité ancienne, je voulais te mettre les livres sous le nez, en disant:
«Tiens! l'année où je suis entré, on a vendu tant de drap, et cette année-ci, l'année où je sors, on en a vendu dix mille ou vingt mille francs de plus…» Enfin, tu comprends, un serment que je me suis fait, le désir bien naturel de me prouver que la maison n'a pas perdu entre mes mains. Autrement, il me semblerait que je vous vole.
Une émotion étranglait sa voix. Il se moucha pour se remettre, il demanda:
— Tu ne dis rien?
Mais Colomban n'avait rien à dire. Il hochait la tête, il attendait, de plus en plus troublé, croyant deviner où allait en venir le patron. C'était le mariage à bref délai. Comment refuser? Jamais il n'aurait la force. Et l'autre, celle dont il rêvait la nuit, la chair brûlée d'une telle flamme, qu'il se jetait tout nu sur le carreau, de peur d'en mourir!
— Aujourd'hui, continua Baudu, voilà un argent qui peut nous sauver. La situation devient plus mauvaise chaque jour, mais peut- être qu'en faisant un suprême effort… Enfin, je tenais à t'avertir. Nous allons risquer le tout pour le tout. Si nous sommes battus, eh bien! ça nous enterrera… Seulement, mon pauvre garçon, votre mariage, du coup, va être encore reculé, car je ne veux pas vous jeter tout seuls dans la bagarre. Ce serait trop lâche, n'est-ce pas?
Colomban, soulagé, s'était assis sur des pièces de molleton. Ses jambes gardaient un tremblement. Il craignait de laisser voir sa joie, il baissait la tête, en roulant les doigts sur les genoux.
— Tu ne dis rien? répéta Baudu.
Non, il ne disait rien, il ne trouvait rien à dire. Alors, le drapier reprit avec lenteur:
— J'étais sûr que ça te chagrinerait… Il te faut du courage. Secoue-toi un peu, ne reste pas écrasé ainsi… Surtout, comprends bien ma position. Puis-je vous attacher au cou un pareil pavé? Au lieu de vous laisser une bonne affaire, je vous laisserais une faillite peut-être. Non, les coquins seuls se permettent de ces tours-là… Sans doute, je ne désire que votre bonheur, mais jamais on ne me fera aller contre ma conscience.
Et il parla longtemps de la sorte, se débattant au milieu de phrases contradictoires, en homme qui aurait voulu être deviné à demi-mot et avoir la main forcée. Puisqu'il avait promis sa fille et la boutique, la stricte probité le forçait à donner les deux en bon état, sans tares ni dettes. Seulement, il était las, le fardeau lui semblait trop lourd, des supplications perçaient dans sa voix balbutiante. Les mots s'embrouillaient davantage sur ses lèvres, il attendait, chez Colomban, un élan, un cri du coeur, qui ne venait point.
— Je sais bien, murmura-t-il, que les vieux manquent de flamme… Avec des jeunes, les choses se rallument. Ils ont le feu au corps, c'est naturel… Mais, non, non, je ne puis pas, parole d'honneur! Si je vous cédais, vous me le reprocheriez plus tard.
Il se tut, frémissant; et, comme le jeune homme demeurait toujours la tête basse, il lui demanda pour la troisième fois, au bout d'un silence pénible:
— Tu ne dis rien?
Enfin, sans le regarder, Colomban répondit:
— Il n'y a rien à dire… Vous êtes le maître, vous avez plus de sagesse que nous tous. Puisque vous l'exigez, nous attendrons, nous tâcherons d'être raisonnables.
C'était fini, Baudu espérait encore qu'il allait se jeter dans ses bras, en criant: «Père, reposez-vous, nous nous battrons à notre tour, donnez-nous la boutique telle qu'elle est, pour que nous fassions le miracle de la sauver!» Puis, il le regarda, et il fut pris de honte, il s'accusa sourdement d'avoir voulu duper ses enfants. La vieille honnêteté maniaque du boutiquier se réveillait en lui; c'était ce garçon prudent qui avait raison, car il n'y a pas de sentiment dans le commerce, il n'y a que des chiffres.
— Embrasse-moi, mon garçon, dit-il pour conclure. C'est décidé, nous ne reparlerons du mariage que dans un an. Avant tout, il faut songer au sérieux.
Le soir, dans leur chambre, quand Mme Baudu questionna son mari sur le résultat de l'entretien, celui-ci avait retrouvé son obstination à combattre en personne, jusqu'au bout. Il fit un grand éloge de Colomban: un garçon solide, ferme dans ses idées, élevé d'ailleurs selon les bons principes, incapable par exemple de rire avec les clientes, ainsi que les godelureaux du Bonheur. Non, c'était honnête, c'était de la famille, ça ne jouait pas sur la vente comme sur une valeur de Bourse.
— Alors, à quand le mariage? demanda Mme Baudu.
— Plus tard, répondit-il, lorsque je serai en mesure de tenir mes promesses.
Elle n'eut pas un geste, elle dit seulement:
— Notre fille en mourra.
Baudu se retint, soulevé de colère. C'était lui, qui en mourrait, si on le bouleversait ainsi continuellement! Était-ce sa faute? Il aimait sa fille, il parlait de donner son sang pour elle; mais il ne pouvait cependant pas faire que la maison marchât quand elle ne voulait plus marcher. Geneviève devait avoir un peu de raison et patienter jusqu'à un meilleur inventaire. Que diable! Colomban restait là, personne ne le lui volerait!
— C'est incroyable! répétait-il, une fille si bien élevée!
Mme Baudu n'ajouta rien. Sans doute elle avait deviné les tortures jalouses de Geneviève; mais elle n'osa les confier à son mari. Une singulière pudeur de femme l'avait toujours empêchée d'aborder avec lui certains sujets de tendresse délicate. Quand il la vit muette, il tourna sa colère contre les gens d'en face, il tendait les poings dans le vide, du côté du chantier, où l'on posait, cette nuit-là, des charpentes de fer, à grands coups de marteau.
Denise allait rentrer au Bonheur des Dames. Elle avait compris que les Robineau, forcés de restreindre leur personnel, ne savaient comment la congédier. Pour tenir encore, il leur fallait tout faire par eux-mêmes; Gaujean, obstiné dans sa rancune, allongeait les crédits, promettait même de leur trouver des fonds; mais la peur les prenait, ils voulaient tenter de l'économie et de l'ordre. Pendant quinze jours, Denise les sentit gênés avec elle; et elle dut parler la première, dire qu'elle avait une place autre part. Ce fut un soulagement, Mme Robineau l'embrassa, très émue, en jurant qu'elle la regretterait toujours. Puis, lorsque, sur une question, la jeune fille répondit qu'elle retournait chez Mouret, Robineau devint pâle.
— Vous avez raison! cria-t-il violemment.