AlcoolsPart 4 of 5
French original · English translation
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- The meaning of every phrase
- Notes on idioms and grammar
- Every book in the catalog
Et je marche Je fuis ô nuit Lilith ulule Et clame vainement et je vois de grands yeux S'ouvrir tragiquement Ô nuit je vois tes cieux S'étoiler calmement de splendides pilules
Un squelette de reine innocente est pendu A un long fil d'étoile en désespoir sévère La nuit les bois sont noirs et se meurt l'espoir vert Quand meurt les jour avec un râle inattendu
Et je marche je fuis ô jour l'émoi de l'aube Ferma le regard fixe et doux de vieux rubis Des hiboux et voici le regard des brebis Et des truies aux tétins roses comme des lobes
Des corbeaux éployés comme des tildes font Une ombre vaine aux pauvres champs de seigle mûr Non loin des bourgs où des chaumières sont impures D'avoir des hiboux morts cloués à leur plafond
Mes kilomètres longs Mes tristesses plénières Les squelettes de doigts terminant les sapins Ont égaré ma route et mes rêves poupins Souvent et j'ai dormi au sol des sapinières
Enfin Ô soir pâmé Au bout de mes chemins La ville m'apparut très grave au son des cloches Et ma luxure meurt à présent que j'approche En entrant j'ai béni les foules des deux mains
Cité j'ai ri de tes palais tels que des truffes Blanches au sol fouillé de clairières bleues Or mes désirs s'en vont tous à la queue leu leu Ma migraine pieuse a coiffé sa cucuphe
Car toutes sont venues m'avouer leurs péchés Et Seigneur je suis saint par le voeu des amantes Zélotide et Lorie Louise et Diamante Ont dit Tu peux savoir ô toi l'effarouché
Ermite absous nos fautes jamais vénielles Ô toi le pur et le contrit que nous aimons Sache nos coeurs sache les jeux que nous aimons Et nos baisers quintessenciés comme du miel
Et j'absous les aveux pourpres comme leur sang Des poétesses nues des fées des formarines Aucun pauvre désir ne gonfle ma poitrine Lorsque je vois le soir les couples s'enlaçant
Car je ne veux plus rien sinon laisser se clore Mes yeux couple lassé au verger pantelant Plein du râle pompeux des groseillers sanglants Et de la sainte cruauté des passiflores
AUTOMNE
Dans le brouillard s'en vont un paysan cagneux Et son boeuf lentement dans le brouillard d'automne Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux
Et s'en allant là-bas le paysan chantonne Une chanson d'amour et d'infidélité Qui parle d'une bague et d'un coeur que l'on brise
Oh! l'automne l'automne a fait mourir l'été Dans le brouillard s'en vont deux silhouettes grises
L'ÉMIGRANT DE LANDOR ROAD
A André Billy.
Le chapeau à la main il entra du pied droit Chez un tailleur très chic et fournisseur du roi Ce commerçant venait de couper quelques têtes De mannequins vêtus comme il faut qu'on se vête
La foule en tous sens remuait en mêlant Des ombres sans amour qui se traînaient par terre Et des mains vers le ciel pleins de lacs de lumière S'envolaient quelquefois comme des oiseaux blancs
Mon bateau partira demain pour l'Amérique Et je ne reviendrai jamais Avec l'argent gardé dans les prairies lyriques Guider mon ombre aveugle en ces rues que j'aimais
Car revenir c'est bon pour un soldat des Indes Les boursiers ont vendu tous mes crachats d'or fin Mais habillé de neuf je veux dormir enfin Sous des arbres pleins d'oiseaux muets et de singes
Les mannequins pour lui s'étant déshabillés Battirent leurs habits puis les lui essayèrent Le vêtement d'un lord mort sans avoir payé Au rabais l'habilla comme un millionnaire
Au dehors les années Regardaient la vitrine Les mannequins victimes Et passaient enchaînées
Intercalées dans l'an c'étaient les journées neuves Les vendredis sanglants et lents d'enterrements De blancs et de tout noirs vaincus des cieux qui pleuvent Quand la femme du diable a battu son amant
Puis dans un port d'automne aux feuilles indécises Quand les mains de la foule y feuillolaient aussi Sur le pont du vaisseau il posa sa valise Et s'assit
Les vents de l'Océan en soufflant leurs menaces Laissaient dans ses cheveux de longs baisers mouillés Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses Et d'autres en pleurant s'étaient agenouillés
Il regarda longtemps les rives qui moururent Seuls des bateaux d'enfants tremblaient à l'horizon Un tout petit bouquet flottant à l'aventure Couvrit l'Océan d'une immense floraison
Il aurait voulu ce bouquet comme la gloire Jouer dans d'autres mers parmi tous les dauphins Et l'on tissait dans sa mémoire Une tapisserie sans fin Qui figurait son histoire
Mais pour noyer changées en poux Ces tisseuses têtues qui sans cesse interrogent Il se maria comme un doge Aux cris d'une sirène moderne sans époux
Gonfle-toi vers la nuit O Mer Les yeux des squales Jusqu'à l'aube ont guetté de loin avidement Des cadavres de jours rongés par les étoiles Parmi le bruit des flots et des derniers serments
ROSEMONDE
A André Derain
Longtemps au pied du perron de La maison où entra la dame Que j'avais suivie pendant deux Bonnes heures à Amsterdam Mes doigts jetèrent des baisers
Mais le canal était désert Le quai aussi et nul ne vit Comment mes baisers retrouvèrent Celle à qui j'ai donné ma vie Un jour pendant plus de deux heures
Je la surnommai Rosemonde Voulant pouvoir me rappeler Sa bouche fleurie en Hollande Puis lentement je m'en allai Pour quêter la Rose du Monde
LE BRASIER
A Paul-Napoléon Roinard
J'ai jeté dans le noble feu Que je transporte et que j'adore De vives mains et même feu Ce Passé ces têtes de morts Flamme je fais ce que tu veux
Le galop soudain des étoiles N'étant que ce qui deviendra Se même au hennissement mâle Des centaures dans leurs haras Et des grand'plaintes végétales
Où sont ces têtes que j'avais Où est le Dieu de ma jeunesse L'amour est devenu mauvais Qu'au brasier les flammes renaissent Mon âme au soleil se dévêt
Dans la plaine ont poussé des flammes Nos coeurs pendent aux citronniers Les têtes coupées qui m'acclament Et les astres qui ont saigné Ne sont que des têtes de femmes
Le fleuve épinglé sur la ville T'y fixe comme un vêtement Partant à l'amphion docile Tu subis tous les tons charmants Qui rendent les pierres agiles
Je flambe dans le brasier
Je flambe dans le brasier à l'ardeur adorable Et les mains des croyants m'y rejettent multiple innombrablement Les membres des intercis flambent auprès de moi Éloignez du brasier les ossements Je suffis pour l'éternité à entretenir le feu de mes délices Et des oiseaux protègent de leurs ailes ma face et le soleil
Ô Mémoire Combien de races qui forlignent Des Tyndarides aux vipères ardentes de mon bonheur Et les serpents ne sont-ils que les cous des cygnes Qui étaient immortels et n'étaient pas chanteurs Voici ma vie renouvelée De grands vaisseaux passent et repassent Je trempe une fois encore mes mains dans l'Océan
Voici le paquebot et ma vie renouvelée Ses flammes sont immenses Il n'y a plus rien de commun entre moi Et ceux qui craignent les brûlures
Descendant des hauteurs
Descendant des hauteurs où pense la lumière Jardins rouant plus haut que tous les ciels mobiles L'avenir masqué flambe en traversant les cieux
Nous attendons ton bon plaisir ô mon amie
J'ose à peine regarder la divine mascarade
Quand bleuira sur l'horizon la Désirade
Au-delà de notre atmosphère s'élève un théâtre Que construisit le ver Zamir sans instrument Puis le soleil revint ensoleiller les places D'une ville marine apparue contremont Sur les toits se reposaient les colombes basses
Et le troupeau de sphinx regagne la sphingerie A petits pas Il orra le chant du pâtre toute la vie Là-haut le théâtre est bâti avec le feu solide Comme les astres dont se nourrit le vide
Et voici le spectacle Et pour toujours je suis assis dans un fauteuil Ma tête mes genoux mes coudes vain pentacle Les flammes ont poussé sur moi comme des feuilles
Des acteurs inhumains claires bêtes nouvelles Donnent des ordres aux hommes apprivoisés Terre Ô Déchirée que les fleuves ont reprisée
J'aimerais mieux nuit et jour dans les sphingeries Vouloir savoir pour qu'enfin on m'y dévorât
RHENANES
Nuit rhénane
Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme Écoutez la chanson lente d'un batelier Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde Que je n'entende plus le chant du batelier Et mettez près de moi toutes les filles blondes Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter La voix chante toujours à en râle-mourir Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été
Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire
Mai
Le mai le joli mai en barque sur le Rhin Des dames regardaient du haut de la montagne Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne Qui donc a fait pleurer les saules riverains?
Or des vergers fleuris se figeaient en arrière Les pétales tombés des cerisiers de mai Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée Les pétales fleuris sont comme ses paupières
Sur le chemin du bord du fleuve lentement Un ours un singe un chien menés par des tziganes Suivaient une roulotte traînée par un âne Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes Sur un fifre lointain un air de régiment
Le mai le joli mai a paré les ruines De lierre de vigne vierge et de rosiers Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes
La synagogue
Ottomar Scholem et Abraham Loeweren Coiffés de feutres verts le matin du sabbat Vont à la synagogue en longeant le Rhin Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas
Ils se disputent et crient des choses qu'on ose à peine traduire Bâtard conçu pendant les règles ou Que le diable entre dans ton père Le vieux Rhin soulève sa face ruisselante et se détourne pour sourire Ottomar Scholem et Abraham Loeweren sont en colère
Parce que pendant le sabbat on ne doit pas fumer Tandis que les chrétiens passent avec des cigares allumés Et parce qu'Ottomar et Abraham aiment tous deux Lia aux yeux de brebis et dont le ventre avance un peu
Pourtant tout à l'heure dans la synagogue l'un après l'autre Ils baiseront la thora en soulevant leur beau chapeau Parmi les feuillards de la fête des cabanes Ottomar en chantant sourira à Abraham
Ils déchanteront sans mesure et les voix graves des hommes Feront gémir un Léviathan au fond du Rhin comme une voix d'automne Et dans la synagogue pleine de chapeaux on agitera les loulabim Hanoten ne Kamoth bagoim tholahoth baleoumim
Les cloches
Mon beau tzigane mon amant Écoute les cloches qui sonnent Nous nous aimions éperdument Croyant n'être vus de personne
Mais nous étions bien mal cachés Toutes les cloches à la ronde Nous ont vus du haut des clochers Et le disent à tout le monde
Demain Cyprien et Henri Marie Ursule et Catherine La boulangère et son mari Et puis Gertrude ma cousine
Souriront quand je passerai Je ne saurai plus où me mettre Tu seras loin Je pleurerai J'en mourrai peut-être
La Loreley
A Jean Sève
A Bacharach il y avait une sorcière blonde Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde
Devant son tribunal l'évêque la fit citer D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté
O belle Loreley aux yeux pleins de pierreries De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie
Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri
Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie
Je flambe dans ces flammes Ô belle Loreley Qu'un autre te condamne tu m'as ensorcelé
Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge Faites-moi donc mourir et que Dieu vous protège
Mon amant est parti pour un pays lointain Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien
Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure Si je me regardais il faudrait que j'en meure
Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla
L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances Menez jusqu'au couvent cette femme en démence
Va t'en Lore en folie va Lore aux yeux tremblants Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc
Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres
Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut Pour voir une fois encore mon beau château
Pour me mirer une fois encore dans le fleuve Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves
Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés Les chevaliers criaient Loreley Loreley
Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle
Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient Elle se penche alors et tombe dans le Rhin
Pour avoir vu dans l'eau la belle Loreley Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil
Schinderhannes
Dans la foret avec sa bande Schinderhannes s'est désarmé Le brigand près de sa brigande Hennit d'amour au joli mai
Benzel accroupi lit la Bible Sans voir que son chapeau pointu A plume d'aigle sert de cible A Jacob Born le mal foutu
Juliette Blaesius qui rote Fait semblant d'avoir le hoquet Hannes pousse une fausse note Quand Schulz vient portant un baquet
Et s'écrie en versant des larmes Baquet plein de vin parfumé Viennent aujourd'hui les gendarmes Nous aurons bu le vin de mai
Allons Julia la mam'zelle Bois avec nous ce clair bouillon D'herbes et de vin de Moselle Prosit Bandit en cotillon
Cette brigande est bientôt soûle Et veut Hannes qui n'en veut pas Pas d'amour maintenant ma poule Sers-nous un bon petit repas
Il faut ce soir que j'assassine Ce riche juif au bord du Rhin Au clair des torches de résine La fleur de mai c'est le florin
On mange alors toute la bande Pète et rit pendant le dîner Puis s'attendrit à l'allemande Avant d'aller assassiner
Rhénane d'automne
A Toussaint-Luca
Les enfants des morts vont jouer Dans le cimetière Martin Gertrude Hans et Henri Nul coq n'a chanté aujourd'hui Kikiriki
Les vieilles femmes Tout en pleurant cheminent Et les bons ânes Braillent hi han et se mettent à brouter les fleurs Des couronnes mortuaires
C'est le jour des morts et de toutes leurs âmes Les enfants et les vieilles femmes Allument des bougies et des cierges Sur chaque tombe catholique Les voiles des vieilles Les nuages du ciel Sont comme des barbes de biques
L'air tremble de flammes et de prières Le cimetière est un beau jardin Plein de saules gris et de romarins Il vous vient souvent des amis qu'on enterre ah! que vous êtes bien dans le beau cimetière Vous mendiants morts saouls de bière Vous les aveugles comme le destin Et vous petits enfants morts en prière
Ah! que vous êtes bien dans le beau cimetière Vous bourgmestres vous bateliers Et vous conseillers de régence Vous aussi tziganes sans papiers La vie vous pourrit dans la panse La croix vous pousse entre les pieds
Le vent du Rhin ulule avec tous les hiboux Il éteint les cierges que toujours les enfants rallument Et les feuilles mortes Viennent couvrir les morts
Des enfants morts parlent parfois avec leur mère Et des mortes parfois voudraient bien revenir
Oh! je ne veux pas que tu sortes L'automne est plein de mains coupées Non non ce sont des feuilles mortes Ce sont les mains des chères mortes Ce sont tes mains coupées Nous avons tant pleuré aujourd'hui Avec ces morts leurs enfants et les vieilles femmes Sous le ciel sans soleil Au cimetière plein de flammes
Puis dans le vent nous nous en retournâmes
A nos pieds roulaient des châtaignes Dont les bogues étaient Comme le coeur blessé de la madone Dont on doute si elle eut la peau Couleur des châtaignes d'automne
Les sapins
Les sapins en bonnets pointus De longues robes revêtu Comme des astrologues Saluent leurs frères abattus Les bateaux qui sur le Rhin voguent
Dans les sept arts endoctrinés Par les vieux sapins leurs aînés Qui sont de grands poètes Ils se savent prédestinés A briller plus que des planètes
A briller doucement changés En étoiles et enneigés Aux Noëls bienheureuses Fêtes des sapins ensongés Aux longues branches langoureuses
Les sapins beaux musiciens Chantent des noëls anciens Au vent des soirs d'automne Ou bien graves magiciens Incantent le ciel quand il tonne
Des rangées de blancs chérubins Remplacent l'hiver les sapins Et balancent leurs ailes L'été ce sont de grands rabbins Ou bien de vieilles demoiselles
Sapins médecins divagants Ils vont offrant leurs bons onguents Quand la montagne accouche De temps en temps sous l'ouragan Un vieux sapin geint et se couche
Les femmes
Dans la maison du vigneron les femmes cousent Lenchen remplis le poêle et mets l'eau du café Dessus — Le chat s'étire après s'être chauffé - Gertrude et son voisin Martin enfin s'épousent
Le rossignol aveugle essaya de chanter Mais l'effraie ululant il trembla dans sa cage Ce cyprès là-bas a l'air du pape en voyage Sous la neige — Le facteur vient de s'arrêter
Pour causer avec le nouveau maître d'école - Cet hiver est très froid le vin sera très bon - Le sacristain sourd et boiteux est moribond - La fille du vieux bourgmestre brode une étole
Pour la fête du curé La forêt là-bas Grâce au vent chantait à voix grave de grand orgue Le songe Herr Traum survint avec sa soeur Frau Sorge Kaethi tu n'as pas bien raccommodé ces bas
- Apporte le café le beurre et les tartines La marmelade le saindoux un pot de lait - Encore un peu de café Lenchen s'il te plaît - On dirait que le vent dit des phrases latines
- Encore un peu de café Lenchen s'il te plaît - Lotte es-tu triste O petit coeur — Je crois qu'elle aime - Dieu garde — Pour ma part je n'aime que moi-même - Chut A présent grand-mère dit son chapelet
- Il me faut du sucre candi Leni je tousse - Pierre mène son furet chasser les lapins Le vent faisait danser en rond tous les sapins Lotte l'amour rend triste — Ilse la vie est douce
La nuit tombait Les vignobles aux ceps tordus Devenaient dans l'obscurité des ossuaires En neige et repliés gisaient là des suaires Et des chiens aboyaient aux passants morfondus
Il est mort écoutez La cloche de l'église Sonnait tout doucement la mort du sacristain Lise il faut attiser le poêle qui s'éteint Les femmes se signaient dans la nuit indécise
Septembre 1901 — mai 1902
SIGNE
Je suis soumis au Chef du Signe de l'Automne Partant j'aime les fruits je déteste les fleurs Je regrette chacun des baisers que je donne Tel un noyer gaulé dit au vent ses douleurs